Les aimants : des pièges pour les requins bleus ?

Jeudi, 22 octobre 2015

Dans un souci de préservation des requins peau bleue, une espèce aujourd’hui presque menacée d’extinction, des chercheurs de l’Institut méditerranéen d’océanographie (MIO/PYTHÉAS, CNRS / AMU / IRD / UTLN) et de l’Institut de recherche sur les phénomènes hors équilibre (IRPHE, AMU / CNRS / École centrale Marseille) se sont intéressés à l’utilisation d’aimants pour limiter leur prise au cours de la pêche à la palangre. Hélas ! Il s’avère que ces aimants attirent les requins peau bleue plutôt qu’ils ne les repoussent.

Requin peau bleue capturé par la palangre de surface en Atlantique Nord-Est. © Sébastien Biton Porsmoguer

Fortement exploité depuis plusieurs années par rapport à son abondance dans l’Atlantique Nord, le requin peau bleue (Prionace glauca) est une espèce presque menacée d’extinction (statut IUCN 2013). Il constitue en effet l’une des principales prises de la pêche à la palangre(1) que mènent les armateurs espagnols et portugais dans l’Atlantique Nord, même lorsqu’il n’est pas l’espèce ciblée par les pêcheurs qui préféreraient trouver sur leurs hameçons, pour des raisons de rentabilité, des espadons ou des thons.

Les requins sont dotés d’un organe électro-sensoriel appelé ampoules de Lorenzini, constitué d’un système complexe de capteurs reliés à des récepteurs positionnés autour de leur museau et de leur tête et capables de détecter les ondes électromagnétiques. Du fait que tout être vivant émet un faible champ magnétique, les requins peuvent ainsi localiser leurs proies.

Des chercheurs ayant remarqué de manière fortuite en laboratoire que leur requin cherchait à fuir un aimant placé près de lui, des tests ont été réalisés avec différentes espèces de requins. Il s’avère que ce comportement vis-à-vis des aimants n’est pas le même pour toutes les espèces. Qu’en est-il pour le requin peau bleue ? Ce requin ne pouvant vivre en captivité, son comportement n’a jamais été testé. Se pourrait-il que les aimants fassent fuir ces requins et puissent ainsi être utilisés dans la pêche à la palangre pour en limiter la prise ?

Position de l´aimant sur l´hameçon. © Christophe Almarcha

C’est à cette question que des chercheurs du MIO et de l’IRPHE ont cherché à répondre en testant pendant 3 jours, dans des conditions réelles de pêche à la palangre, l’effet de deux modèles d’aimants en néodyme, à haute résistance dans le temps et à puissance magnétique élevée, mais de taille différente. Un hameçon sur deux a été équipé d’un aimant. La palangre a été divisée en trois zones qui ont été plongées dans l’eau successivement, de manière à pouvoir étudier trois durées d’immersion.

Ces tests ont permis de montrer que, quelle que soit la durée d’immersion des hameçons, les captures de requins peau bleue étaient plus élevées au niveau des hameçons munis d’aimants qu’au niveau des hameçons sans aimant, et d’autant plus élevées que l’aimant utilisé était plus grand et donc plus puissant. Ainsi, les aimants auraient un effet attractif sur les requins peau bleue et leur utilisation dans la pêche à la palangre ne pourrait que les piéger !
En outre, les mesures physiques réalisées durant cette étude ont révélé un aspect pratique important à prendre en compte : à leur sortie de l´usine de fabrication, les hameçons sont déjà légèrement aimantés et pourraient donc attirer le requin peau bleue, même en l’absence d’aimant !

Note(s): 
  1. La palangre de surface est une ligne-mère de 50-90 km de long sur laquelle sont fixées des lignes dotées à leur extrémité d´un hameçon et d´un appât, qui est plongée dans l’eau à une profondeur de 20 m environ.
Source(s): 

Hooks equipped with magnets can increase catches of blue shark (Prionace glauca) by longline fishery S. Biton Porsmoguer, D. Banaru, C. F. Boudouresque, I. Dekeyser, C. Almarcha, Fisheries Research, 172 (2015) 345–351

J’accuse…

Île de la Réunion, le 30 septembre 2015

J’ACCUSE ou questions à Monsieur le Préfet

Des  apnéistes qui fréquentent intensément le Cap La Houssaye depuis des années y ont filmé pour la première fois un requin bouledogue.

La carte des prélèvements 2014  fournie par la préfecture montre que cet endroit est exactement au centre de la zone qui a été le plus appâtée et pêchée au monde sous prétexte de sécurisation.

La carte 2015 montre qu’avec Cap Requin 2, cette pêche a été intensifiée et  rapprochée du bord.

Dès le lancement de Cap requin2, deux  tragiques accidents se sont produits, juste à côté des emplacements  appâtés.

Les apnéistes viennent d’observer un bouledogue où il n’en avait jamais vu, au centre exact  de la zone où on pêche le requin depuis plus d’un an !!

La conclusion est que plus on pêche et appâte, plus on voit de requins !

Ce requin qui n’a pas été pris  a été attiré à la côte par les appâts des drumlines et palangres de fond , qui ont multiplié par VINGT CINQ la quantité d’appâts utilisés par ligne !!!.

Avec l’extension du programme Cap requin 2, c’est par PLUSIEURS CENTAINES  que la quantité totale d’appât a été multipliée près des côtes réunionnaises !!

Il est très dangereux d’appâter les requins près des côtes et personne de sensé ne croit honnêtement que l’on puisse sécuriser l’Océan immense qui entoure notre ile minuscule avec quelques pêches.

Victimes de la majorité des accidents, les surfers sont aussi les premières victimes  de ces programmes mensongers qui les mettent davantage en danger.

J’ACCUSE le programme Cap requin 2, qui n’a reçu aucune validation scientifique de mettre en danger les baigneurs et surfers et de ne servir qu’à apporter une rente de centaine des milliers d’euros au comité des pêches, et une carrière inespérée à quelques fonctionnaires.

Monsieur le Préfet,si vous croyez vraiment à leur efficacité,  vous voudrez bien nous expliquer comment ces pêches peuvent sécuriser un milieu ouvert où les requins circulent , et t  à quelles conditions vous considèrerez que ces pêches ont rendu l’Océan suffisamment sur pour que vous y autorisiez la baignade et le surf .

Votre silence serait, Monsieur le Préfet, la plus éloquente des réponses.

Jean Bernard Galvès

Porte-parole du collectif des associations Aspas , fondation Brigitte Bardot, Longitude 181, Requin Intégration, Sauvegarde des requins, Sea Shepherd, Tendua ,Vagues,

Prélèvements 2015
Prélèvements 2015
Prélèvements 2014
Prélèvements 2014

En Indonésie, la chasse aux requins est un business juteux

Bien que certains squales soient protégés, les chasseurs indonésiens pratiquent une chasse intense. Les ailerons de requins valent en effet une fortune.

Reportage de France 2
http://api.dmcloud.net/player/embed/4e7343f894a6f677b10006b4/556cb08406361d5c6cc8c4b7/f95a10bda83c4f39ae1ebac0ed7a6af4?exported=1 » target= »_blank »>ARTICLESur l’île de Lombok, en Indonésie, la chasse aux requins est une activité intense. Et pour cause, le requin est une marchandise très prisée car très rentable. Un pêcheur touche 1 million de roupies par squale pêché, soit un peu moins de 100 euros. En Indonésie, c’est une somme très importante.

L’aileron, un produit de luxe exporté en Chine

Chaque année, 110 000 tonnes sont pêchées en Indonésie, premier pays chasseur de requins au monde. Suhadang, négociant, explique à France 2 : « La viande peut valoir 1,50 euro par kilo. La peau peut être utilisée une fois séchée. Son prix est de 10 euros par kilo. Les ailerons, c’est ce qui vaut le plus cher. » En effet, le kilo d’ailerons vaut 270 euros, plus que le salaire mensuel d’un policier.

Les ailerons sont presque tous exportés en Chine, où ils sont considérés comme un produit de luxe aux vertus thérapeutiques. À cause de cette croyance infondée, plusieurs espèces de requin sont menacées d’extinction.

Communiqué CAPREQUINS #6

22 octobre 2014 Les partenaires financiers et opérationnels de CapRequins se sont de nouveau réunis le 9 octobre dernier  en présence du comité indépendant d’experts scientifiques pour établir un bilan intermédiaire du programme débuté depuis 9 mois en baie de Saint Paul et confirmer les modalités du déploiement, toujours dans un cadre expérimental, en zone corallienne sur le site des Roches Noires.

Avec la technique des « smart drumlines », dix-huit nouvelles captures ont été comptabilisées sur les quatre derniers mois, dont cinq seulement ont concerné les espèces accessoires suivantes :
– Une grande raie guitare femelle, capturée le 22 mai 2014 à 18h25, puis relâchée vivante après
marquage externe « spaghetti » ;
– Deux requins nourrice fauve mâles, déjà marqués dans CapRequins, capturés de nouveau
respectivement le 28 mai à 19h10 et le 4 août 2014 à 18h40, puis relâchés vivants. Il s’agissait pour l’un des deux animaux d’une deuxième recapture sur les « smart drumlines » ;
– Deux requins gris « d’estuaire » (Carcharhinus plumbeus ; 1 mâle et un individu de sexe non identifié), capturés respectivement dans la nuit du 19 juin 2014 et du 24 septembre 2014 à 4h20. Le premier a été retrouvé, sur l’hameçon au petit matin sans avoir déclenché le système d’alerte, vivant mais blessé à la queue par une petite morsure vraisemblablement le fait d’un congénère. Le choix de son prélèvement a été décidé aux fins d’analyses de détermination précise de l’espèce et scientifiques. Le second a été récupéré mort et à moitié mangé, vraisemblablement par un requin bouledogue au vu des traces de morsures et des détections acoustiques observées pendant cette période. Il s’agissait du premier phénomène constaté de déprédation par un requin de plus grande taille depuis le lancement du programme en janvier dernier. La majorité des captures opérée sur les drumlines s’est ainsi faite sur les deux espèces de requins ciblées pour la réduction du risque.

Sur les sept tigres capturés, trois de moins de 3,00 mètres (1,50 m ; 2,36 m ; 2,85 m) ont été marqués en acoustique externe afin d’être suivis dans le réseau des stations d’écoute déployées sur le littoral réunionnais. Les quatre autres tigres prélevés de 3,30 mètres de longueur moyenne ont tous été valorisés dans le cadre du programme Valorequins.
Sur les six bouledogues capturés, seule une femelle de 1,50 mètre a été marquée en acoustique interne ; tous les autres spécimens, de 2,83 mètres de longueur moyenne, ont été versés aux échantillons d’analyse de Valorequins.

Ainsi, après 9 mois d’expérimentation, le programme CapRequins en Baie de Saint-Paul affiche un taux de survie global après captures non ciblées sur les « smart drumlines » de 92,7%, avec 4 animaux récupérés morts sur 54 prises. S’agissant des relevés
des stations d’écoute acoustique autour de la zone d’étude de la Baie de Saint Paul, il a été constaté du début de la période hivernale jusqu’à la fin du mois de juin une recrudescence des détections de requins bouledogue.

Ce constat n’est pas différent de celui observé sur cette même zone, en 2013. Plusieurs jours à la fin du mois de juin 2014, des mâles et des femelles marqués ont ainsi été détectés, leur fréquentation de la zone d’expérimentation est ensuite devenue quasiment quotidienne en août puis en septembre. C’est aussi
sur cette période que les captures de requins bouledogue ont été les plus fréquentes sur les « smart drumlines » avec 5 spécimens capturés. Les premières analyses conduites sur les individus prélevés ont permis de relever la maturité certaine de leurs organes
sexuels et des signes probants d’une phase active de reproduction précédant leurs captures. Au niveau des premières hypothèses avancées, le principe de l’effarouchement n’a pas encore pu être confirmé. Sur les quatre requins marqués, seul le requin bouledogue juvénile femelle a été redétecté rapidement après son marquage à la côte dans la Baie de Saint-Paul.
Il peut s’agir d’un comportement de fidélisation à la zone, sur le même schéma que ce qui avait été observé par
l’Institut de recherche pour le développement (IRD) avec un jeune spécimen au niveau de l’Etang du Gol à Saint Louis. Néanmoins, cette fidélisation d’un jeune requin au site du projet, également riche en apports d’eau douce et en rejets terrigènes comme à Saint Louis, ne permet pas d’écarter définitivement l’hypothèse « d’effarouchement après capture » telle qu’émise sur les premiers mois de l’expérimentation. Il ne s’agit pas, contrairement à ce qui peut être lu ici et là, d’effaroucher des requins avec des appâts mais de vérifier que la capture de spécimens ne diminue pas la fréquentation de la zone d’étude par les congénères, comme
cela a pu s’observer en début d’expérimentation. Sur la base des données collectées au cours des 9 premiers mois expérimentation, d’une part, et de la recrudescence des détections dès le mois de juin, d’autre part, le comité scientifique indépendant, s’est penché sur la question de l’attractivité et de la fixation des requins dans la zone de déploiement des « smart drumlines ». L’interprétation de ces données semble écarter unanimement un quelconque phénomène d’attractivité à grande distance des requins dans la zone d’étude. Les visites de requins marqués ne semblent en effet pas plus fréquentes en présence d’appâts qu’en leur absence. La durée des visites continues de ces requins en période d’appâtage n’est pas non plus significativement différente de celles lorsque les appâts sont absents.

Néanmoins, le comité scientifique a invité à la plus grande prudence sur ces premières interprétations au regard de phénomènes encore peu statistiquement éprouvés et de la possibilité de phénomènes marginaux, masqués par des facteurs exogènes (comportement différent entre le jour et la nuit, influence des apports d’eau douce, phase de reproduction, …).

En accord avec les financeurs de CapRequins, le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) et ses partenaires (Prévention Requins Réunion, la Ligue réunionnaise de surf, l’association Squal’idées) ont ainsi engagé la phase de déploiement des « smart drumlines » dans les zones d’activités nautiques depuis le mardi 30 septembre 2014, en commençant par la zone des Roches Noires.
L’encadrement et la vigilance sont les maîtres-mots de ce déploiement progressif, sécurisé et sous suivi scientifique des smart drumlines en zone corallienne. Des médiateurs de surveillance et de prévention (MSP) de PRR sont mobilisés quotidiennement de 9 à 17 heures sur la nouvelle zone d’expérimentation
pour sensibiliser les usagers à la présence de drumlines, prévenir les comportements à risques et sécuriser les autres pratiquants. Des observateurs indépendants, issus d’associations d’usagers, de protection  de  l’environnement, des professionnels de la plongée, restent participatifs aux opérations et aux interventions. Un cahier d’informations et d’observations est disponible en consultation publique au secrétariat du service des plages de la mairie de Saint-Paul, au niveau de la base nautique de Saint-Gilles.

Les premiers résultats dans cette nouvelle zone d’expérimentation seront présentés au cours du mois de novembre 2014.

Avec la technique de la palangre de fond du programme WEST, 40 sorties ont été réalisées entre le 14 janvier et le 3 juillet 2014 pour un total de 4285 hameçons déployés au cours de 91 filages. Au cours de ces opérations, menées entre le Sec de Saint-Gilles et le large de Saint-Leu, on a compté 28 captures de requins tigre et 2 de requins bouledogue, tous vivants à la récupération au navire. Seuls deux requins ont été prélevés et valorisés au titre de Valorequins, les autres ont fait l’objet d’une relâche viable dans le milieu après, dans  certains cas, un marquage interne avec le concours des équipes de Squal’idées. Ces résultats ont été observés dans un contexte général de faibles détections de requins bouledogue dans la zone au large du port de Saint-Gilles pendant toute la durée de l’expérimentation. Les captures accessoires ont été nombreuses (70 poissons
dont 36% de raies pastenague, 26% de carangues gros-tête, 13% de raies guitare et 9% de requins pointe-blanche de récif Carcharhinus albimarginatus), pour la plupart libérées vivantes grâce aux opérations de pêche courtes.
Au total, le taux de survie des captures s’établit à 93% pour la technique de la palangre de fond du programme West. Les prochains travaux sur cette technique devront se concentrer sur une meilleure appréhension de la capturabilité de la palangre de fond envers les requins marqués en équipant la ligne de pêche de stations  d’écoute.

Concernant le respect de l’équilibre initial visé entre « prélèvements » et marquages, 25 spécimens des deux espèces ciblées sur les 51 capturés lors des opérations à la « drumlines » et à la palangre de fond, ont été relâchés après marquage.
Réitérant leur message de prudence en direction de tous les usagers, le CRPMEM de La Réunion et ses partenaires indiquent sur les prochaines semaines vouloir poursuivre l’expérimentation en cours en se focalisant sur les conditions d’efficacité de la drumline comme engin de pêche de réduction du risque requins.

We Want a Worldwide Shark Fin Ban

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English version here :

We Want a Worldwide Shark Fin Ban

 

Nous voulons une interdiction des ailerons de requin dans le monde entier

“Si nous voulons sauver les requins du monde et mettre fin à cette pratique cruelle nous avons besoin d’une interdiction mondiale adoptée par chaque nation et appliquée par les Nations Unies. Informer les Nations Unies pour l’environnement que vous voulez un engagement fort et faire de l’interdiction du commerce des nageoires de requins dans le monde entier un objectif central de leurs programmes”

Merci de signer et de partager cette pétition : ici

Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requin à La Réunion (CO4R), 7 octobre 2014

Le CO4R s’est réuni le 7 octobre 2014 sous la présidence de Chantal Ambroise, sous-préfète de Saint Paul.

Les signalements et prélèvements font l’objet d’un suivi régulier

• Les signalements : 43 observations depuis le 1er janvier 2014. Une nette hausse des signalements est observée depuis le début de l’hiver austral.
• Les prélèvements : depuis le 1er janvier 2014, 35 prélèvements ont été effectués (12 requins bouledogues, 23 requins tigres). Sur les 90 requins prévus dans le cadre du programme Valorequin, initié en fin d’année 2013, 41 captures ont été réalisées.
Ces informations sont disponibles sur le site info-requin.re

Les mesures mises en oeuvre par les mairies

Les communes de Saint-Paul et de l’Etang-Salé ont respectivement rappelé la pose de filets de protection pour la baignade. La commune de Saint-Paul a fait état de l’installation des drumlines, début octobre, en zone récifale des Roches Noires. Par ailleurs, les sept communes invitées au CO4R ont confirmé leur intérêt pour un déploiement du programme CapRequin 2 sur leur littoral.
Les communes de Saint-Paul, Saint-Leu et Saint-Pierre poursuivent, en outre, leurs procédures d’appels d’offres en vue de rechercher des dispositifs innovants de sécurisation.

Afin d’accompagner la mise en oeuvre des projets de réduction du risque sur son littoral, la commune de Saint Paul a recruté plusieurs Médiateurs de Surveillance et de Prévention (MSP) : ces personnes (embauchées sous le régime des contrats aidés) patrouillent le long du littoral de la commune. Leur mission est complémentaire à celle des maîtres nageurs sauveteurs, essentiellement axée sur le rappel de la réglementation et le conseil aux usagers de la mer.

Point d’étape relatif aux projets en cours

Point d’avancement de l’étude CHARC

Confiée à l’institut de recherche pour le développement (IRD), cette étude prévue sur 30 mois, vise à définir grâce au suivi de requins marqués, le comportement et la dimension des habitats des requins tigre et bouledogue qui fréquentent les côtes de La Réunion.
Une restitution de l’étude CHARC aura lieu en novembre 2014. Elle sera suivie d’un séminaire qui pourrait se tenir en février 2015.

Évaluation du dispositif « Vigies requins »

Le dispositif « vigies requins » est un moyen innovant de surveillance des spots de surfs qui s’appuie sur l’occupation de la colonne d’eau par des apnéistes.
Le premier rapport issu de l’évaluation de ce dispositif « vigies requins » conduite au cours du premier semestre 2014 est en cours d’expertise par le Muséum d’Histoire Naturelle (MHN), les conclusions cette expertise seront prochainement présentées aux acteurs locaux.

Projet « Cap Requin »

Ce dispositif, déployé dans un objectif de réduction du risque requin et expérimenté en baie de Saint-Paul depuis le mois de janvier 2014, se poursuit. Soutenu par l’État, le conseil régional et la commune de Saint-Paul, il fait appel à deux techniques de pêche dont la « smart Drumline », innovante, et la « palangre de fond ».

Le programme Caprequin comporte deux volets :
Caprequin 1 : l’expérimentation conduite depuis 9 mois en baie de Saint-Paul se poursuit avec une évaluation scientifique régulière. Ce dispositif a été étendu au secteur de Roches Noires, en zone corallienne, début octobre 2014.
Caprequin 2 : il s’agit de l’extension, au cours de l’année, de l’expérimentation à la demande de sept communes littorales (Saint-Paul, Trois-Bassins, Saint-Leu, Etang-Salé, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Saint- Benoît).

Programme « Valorequin »

Ce programme vise à examiner l’ensemble des débouchés en terme de valorisation des captures de poissons. Il comprend un volet qui a pour objectif de mesurer l’atteinte des requins tigre et bouledogue par la toxine Ciguatera, en vue d’une éventuelle reprise de la commercialisation de ces espèces.
Le 9 juillet 2014, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (ANSES), dans un avis publié, a rappelé, au titre du principe de précaution, que les requins tigre et bouledogue étaient potentiellement porteurs de la ciguatera.
Ce programme se poursuivra, dans l’objectif d’accroître notamment la connaissance sur les bio toxines marines ainsi que sur la connectivité des stocks de requins à l’échelle régionale et internationale.

Projet de plan d’actions 2015-2020 comprenant la mise en place d’un observatoire, centre de ressources et d’appui dans le domaine de la gestion du risque requins

Élément essentiel du plan gouvernemental « pour une politique active de prévention du risque requin », la mise en place du centre de ressources et d’appui est engagée depuis le 1er septembre 2014.

L’objectif de ce centre de ressources et d’appui est de mettre en oeuvre les actions les plus pertinentes en matière de réduction du risque requin, en prenant appui sur l’expérience acquise depuis 2011 et sur les compétences disponibles à La Réunion. Il s’agira pour le centre de ressources et d’appui d’animer et de mettre en oeuvre un plan d’actions pluriannuel, principalement composé de mesures opérationnelles de sécurisation et de prévention, soutenues par la connaissance scientifique et l’innovation technologique. L’ensemble des acteurs sera associé, au côté de l’équipe projet, à la mise en place de cette structure et à la définition du plan d’actions opérationnel.

Saint-Paul : dégustation de requin improvisée
Saint-Paul : dégustation de requin improvisée Ce mardi 7 octobre 2014, le collectif « Rend a nou la mer, rend a nou la Réunion » a organisé une dégustation de requins côtiers lors de la réunion du CO4R (Comité opérationnel de réduction du risque requin à La Réunion) devant la sous-préfecture de Saint-Paul.

Requins : captures mondiales 2012

Les données FAO

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Food and Agriculture Organization of the United Nations) vient d’éditer ces statistiques pour l’année 2012.

Ces données concernent les captures débarquées déclarées.

FAO : « La FAO essaie autant que possible, avec le plus grand soin, d’assurer la qualité des données présentées dans cet Annuaire, en complétant les données communiquées par les pays par des informations provenant d’autres sources telles que: organes régionaux des pêches, projets de terrain, enquêtes indépendantes, documents rédigés par des spécialistes et sources extérieures au secteur des pêches. Néanmoins, la précision et la fiabilité des agrégats mondiaux des statistiques des pêches dépendent en dernière analyse de la qualité des sources nationales de données, des méthodes de collecte, de la périodicité de leur mise à jour et de leur présentation. La qualité des données halieutiques peut être fort inégale d’un pays à l’autre. Même si la FAO s’engage à améliorer constamment la qualité des données, il ne fait pas de doute que nombre d’autres améliorations peuvent être apportées. Toute contribution des utilisateurs des données à cet égard sera la bienvenue. »

Ces chiffres ne représentent qu’une tendance et un minima  car ces données ne tiennent donc pas compte :

  • de toute capture non déclarée pour différentes raisons : braconnage, omissions ou rejets pour respect des quotas, prises accessoires non ciblées donc rejetées à l’eau…
  • des erreurs d’identification
  • des pays qui n’ont pas les structures/outils/informations nécessaires à une bonne identification ou à des déclarations de captures…

De plus :

  • certaines espèces ne sont identifiées que dans leur famille (spp)
  • certains pays ne déclarent que le total « requins, raies, chimères »

Cependant, les outils, la sensibilisation a permis de rendre ces statistiques de plus en plus fiables et d’aider les organisations, pays à mettre en place des actions pour évaluer au mieux captures, stocks et préservation.

Les tendances

Dans le monde :

En 1950 : 273 965 tonnes déclarées, en 2012 : 765 422 tonnes déclarées.

La tendance est à la baisse depuis 2000, cette année a connu le chiffre en terme de captures le plus important depuis 1950. Depuis 1950, les captures enregistraient une augmentation constante et importante pour ensuite voir une baisse générale s’amorcer à compter de 2001 et enfin ( ?) descendre sous la barre des 800 000 tonnes en 2005.

Pourquoi une telle augmentation ?

Les engins de pèches deviennent de plus en plus efficaces et ne laissent aucune chance aux poissons « de passer entre les mailles du filet ». La pêche industrielle est alors en plein essor et concentre ses efforts sur les nouvelles technologies. De plus, dans les années 90, la population asiatique est de plus en plus nombreuse à pouvoir profiter des produits « requins » (et du coup de la soupe aux ailerons de requins) avec l’émergence de ces pays.

La baisse est-elle un bon signe ?

Des efforts, sous la pression des associations, sont réalisés pour protéger les requins ; la Cites, les quotas, par exemple, doivent permettre de diminuer la capture de certaines espèces de requins les plus menacées. Cependant, les requins sont  aussi victimes des prises accessoires et leur protection ou les quotas à respecter ne les protègent pas.

Les lois pour leur protection sont régulièrement détournées ou simplement non respectées (cf : le détournement du finning)

Les populations de requins ont fortement diminué et face à cette surpêche elles n’ont pas le temps de se reconstituer. Aujourd’hui, les captures concernent de plus en plus les juvéniles.

Aussi, cette diminution est-elle due à une volonté commune ou simplement à une diminution de la population ?

Pourquoi les requins sont-ils plus sensibles à la surpêche que certaines autres espèces de poissons ? La nature n’a pas prévu un prédateur aussi « insatiable » que l’homme, aussi elle a pourvu le requin d’une biologie spécifique propre à son statut de super prédateur : croissance lente, maturité sexuelle tardive (plusieurs années), faible potentiel reproductif et longue gestation (des mois jusqu’à 2 ans).

Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO

L’Espagne se hisse désormais au 1er rang mondial en terme de capture, supplantant ainsi  l’Indonésie, historiquement en tête. En effet, l’Espagne augmente ces captures d’environ  7,02% soit 6 910 T de plus, alors que l’Indonésie enregistre (officiellement !) une baisse d’environ 1,15% soit – 1 191 tonnes. Autres pays en augmentation dans ce top 5 mondial par rapport à 2011, l’Inde +6,70%environ,  et les USA +5,09%environ.

Arrive en 6ème position Mexico puis l’Argentine, la Malaisie, l’Iran et le Nigéria.

Les espèces les + ciblées

Données FAO
Données FAO

Le requin peau bleue représente 13% des captures totales dans le monde. Cette espèce a toujours été très prisée par les pêcheries. Elle est considérée comme « quasi menacée » dans le monde. Captures : 114 829 t en 2011  et 92 708 t en 2010.

L’aiguillat commun (nom commercial : saumonette) : espèce classée « en danger » en France et dans les zones suivantes : pacifique NO, atlantique NO, atlantique NE, méditerranée. « Vulnérable » dans le monde. Captures : 14 435 t en 2011 et 12 559 t en 2010

Le requin à queue tachetée : espèce classée « quasi menacée » dans le monde. Captures : 10 128 t  en 2011  et 9 698 t en 2010

Le requin taupe bleue ou mako : espèce classée « vulnérable » dans le monde (pacifique NE : « quasi menacée »). Captures : 12 002 t en 2011  et 10 287 t en 2010. En France, en 2010, ces captures représentaient 16 tonnes, 5 en 2011 et 1 en 2012.

La difficulté est qu’en protégeant une espèce au travers de quotas ou d’interdiction de pêches, d’autres espèces vont devenir la cible de ce commerce. De plus, ces espèces dites protégées sont toujours victimes des prises accidentelles, des filets ou autres dangers créés par l’Homme. Il est aujourd’hui nécessaire d’avoir une vision globale autant pour l’ensemble des espèces de requins que pour les océans eux-mêmes. Pour protéger les requins, il faut protéger les océans et pour protéger les océans, il faut sauver les requins. Se concentrer sur certaines espèces, c’est oublier la place de chacune dans cet écosystème complexe où tout organisme interagit.  Nous devons opter pour une approche systémique pour la préservation de l’écosystème marin, seule approche à mon sens efficace sur du long terme.

La France

Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO

La France malgré une baisse se retrouve désormais en 2ème rang en Europe et 11ème position dans le monde, en effet le Portugal enregistre une baisse dans ces captures beaucoup plus importante.

Données FAO
Données FAO

Les français sont surtout friands des « saumonettes » et raies. Aussi, les pêcheries ciblent surtout la petite roussette, les émissoles et les raies.

La petite roussette est classée « préoccupation mineure » en France métropolitaine et dans le monde.

Les émissoles : les données sont insuffisantes pour estimer leur population et évaluer le degré de menace qui pèse sur les Mustelus. Dans le monde, l’émissole tachetée est classé « préoccupation mineure », l’émissole lisse « vulnérable ». Les émissoles sont  devenues les nouvelles cibles suite à la protection de l’aiguillat commun.

Les raies : la raie fleurie et la raie bouclée sont considérées comme « vulnérables » en France métropolitaine et dans le monde comme « préoccupation mineure » pour la première et « quasi menacée » pour la seconde. Quant à la raie douce, les données sont insuffisantes pour la France et l’espèce est considérée comme « préoccupation mineure » dans le monde.

A consulter

Un quart des requins et des raies menacés d’extinction

Les requins et raies de France métropolitaine menacés par une pêche non durable

Les requins de la Méditerranée et de la mer Noire menacés d’extinction

Entre 63 et 273 millions de requins sont tués chaque année

Article de Sauvegarde des requins, mai 2014

Données : FAO et UICN

Les programmes mis en place à La Réunion face à la « crise requin » : décryptage

I) Le contexte

La Réunion a connu sur 3 ans un nombre d’attaques de requin auquel elle n’était pas habituée. L’inexpérience de la France face à ce type d’événements a engendré « la crise requin » et son lot de décisions bonnes et mauvaises (surtout mauvaises).

Les attaques sur l'île depuis 1972
Les attaques sur l’île depuis 1972
Les attaques mortelles dans le monde depuis 2004
Les attaques mortelles dans le monde depuis 2004

63 décès au total dans le monde sur 10 ans, soit une moyenne de 6,3/an.

Tour d’horizon de ces différentes décisions.

II) Les principaux programmes

2012

Etude CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de 2 espèces de Requins Côtiers)

Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R)

Réévaluation du risque Ciguatera Phase 1

Dispositif post-attaque : Opérations de capture de requins dans un espace et sur une période limités en cas d’attaques.

Vigies-requins

2013

Filets anti-requins

Réévaluation du risque Ciguatera Phase 2

Interdictions des activités nautiques : depuis août 2013, renouvelé  jusqu’au 15 septembre 2014 (en savoir plus : ici )

Site internet « info Requin », accessible depuis le 1er octobre : http://www.info-requin.re/

2014

Filets anti-requins

CapRequins

Etude sociologique « Mieux connaître pour mieux gérer » sur les perceptions des usagers de la mer du risque requin. Début : janvier 2014, durée : 1 an

Dispositif « vigies-requins  renforcées »

III) Décryptage

Etude CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de 2 espèces de Requins Côtiers)

Financement : Conseil Régional, Etat, FEDER (Fonds Européen de Développement Régional)

Durée : 30 mois. Débuté en octobre 2011

Objectif : Définir les caractéristiques et la dimension des habitats des requins Tigre et Bouledogue

Mise en œuvre : L’IRD (Institut de Recherche pour le Développement)

1er résultats : Marquage de 80 requins : 38 bouledogues et 42 tigres.

Octobre 2013 : « La présence des requins Tigre et Bouledogue sur les côtes de la Réunion sont saisonnières avec davantage de requins marqués détectés l’hiver que l’été et des pics de présence dans certaines zones au cours des périodes de transition (hiver-été ou été-hiver). »  «  Certains sites autour de l’île pourraient être soit des zones de repos, soit des zones de reproduction »

Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R)

Date : Crée le 1er février 2012

Objectif : Offrir un cadre approprié de dialogue et de concertation sur la réduction du risque requin à la Réunion.

Les acteurs : Les services de l’état, les représentants des services de secours, les représentants des collectivités territoriales, les représentants des usagers de la mer, la communauté scientifique, les associations…

Réévaluation du risque Ciguatera

o   Phase 1 : Débuté en Septembre 2012, 24 requins péchés

Objectif : « Afin de permettre une éventuelle reprise de la commercialisation des requins tigres et bouledogues, espèces non protégées, il a été décidé d’engager en août 2012 une campagne de prélèvements visant à mesurer la présence éventuelle de biotoxines marines dans la chair de ces squales. » (info-requin.re)

o   Phase 2 (Protocole du CRPMEM)

Début : Novembre 2013 via CapRequins, en cours de lancement pour le programme spécifique « Ciguatera »

Pilotage : Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins

Analyse : ARVAM

Budget : 260 000€ financé par l’Etat. Détails : Défraiement des pêcheurs : 4€ le kg dans la limite de 900€/prise. Défraiement en cas d’absences de captures : 50€/heure (6H max et 20 000€ max sur la durée du programme)

Cibles : Requins Bouledogue et Tigre en pêche ciblée (44 bouledogues et 44 tigres), 10 carangues bleues collectées de manière opportuniste auprès des pêcheurs.

Objectif :

*Réévaluer le risque pour la sécurité sanitaires des aliments de certaines espèces de poissons avant d’entrevoir l’éventuelle levée d’interdiction de leur commercialisation sur le marché réunionnais (présence de carchatoxine, de métaux lourds, etc…).

*Recueillir un maximum d’informations sur les 2 espèces de requins pouvant servir à l’étude CHARC (contenus stomacaux, maturation sexuelles et reproduction, répartition, etc…)

Mise à jour juillet 2014 : « L’étude Ciguatera 2 a été renommée VALO requin car les analyses vont être menées au-delà de la seule commercialisation à des fins alimentaires, pour étudier d’autres potentialités de valorisation des squales comme la pet food, l’artisanat… », explique Ludovic Courtois (CRPMEM Réunion). »

L’Etat souhaite donc ouvrir de nouveaux marchés pour écouler les futures captures!!

La ciguatera : « Intoxication alimentaire résulte de la consommation de poissons ou de bénitiers contaminés par des toxines marines, les ciguatoxines, produites par une algue microscopique (Gamberdiscus spp) . Comme de nombreuses toxines, celles-ci s’accumulent dans les organismes et leur concentration augmente au fur et à mesure des échelons de la chaîne alimentaire. » (IRD)

« Une réglementation locale spécifique existe depuis 1966 et évolue  régulièrement en fonction de l’état des connaissances, de la situation épidémiologique locale et régionale. Une révision majeure a été entreprise en 1999, afin de prendre en compte la situation épidémiologique à Madagascar où de nouvelles formes d’intoxications sévères mettant en cause des toxines d’origine méconnue ont été observées (clupéotoxisme, intoxication par certaines sardines et carchatoxisme, par certains requins) (Champetier et al. 1997). L’arrêté préfectoral intègre ainsi les espèces de sardines et de requins les plus souvent mis en cause dans ces formes d’intoxications. » (Bulletin épidémiologique 2013)

Comprendre la Ciguatera et les Intoxications par Consommation d’Animaux Marins (ICAM) = brochure de l’IRVAM (Agence pour la Recherche et la VAlorisation Marines) Vous pouvez télécharger la brochure dans son intégralité : ici )

 Diapositive3

Note de Sauvegarde des requins

Où est le principe de précaution si l’Etat décide de la commercialisation de ces espèces ?

Si la commercialisation de ces 2 espèces a été interdite dès 1999, la pêche quant à elle est toujours présente sur l’île

Se concentrer sur l’échantillonnage dans les eaux de la Réunion pour prendre une telle décision, c’est oublier volontairement ce qui se passe chez nos voisins (Madagascar). De plus, c’est partir du principe que les requins sont sédentaires or aujourd’hui, aucune étude ne le confirme. Le programme Charc  indique le contraire dans ses 1ers résultats.

Cette étude n’aurait d’intérêt que si elle concernait l’ensemble des espèces (dont coraux, algues…) incriminées dans cette intoxication et devrait s’étendre sur l’ensemble des territoires touchés.

De plus, les autorités ont signalé à plusieurs reprises que ces prélèvements s’intégraient une politique de régulation des Tigres et Bouledogues

Vigies-requins « renforcées »

Financement : Conseil régional (85%), DJSCS (Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale de la Réunion)

Début : janv 2014, durée estimée : 3 mois

Objectif : Évaluation du dispositif sous contrôle scientifique pour en mesurer l’impact au plan opérationnel et les éventuelles limites (expositions des vigies et des pratiquants au risque)

Résultats : rapport d’évaluation juin 2014

Acteurs : Ligue de surf en collaboration avec l’IRD

Mise en œuvre : Roches Noires, environ 300 mètres du rivage. Carré de 30 m de côtés délimité par des corps morts équipés de caméras. Attractant auditif : boîtier qui émet des sons similaires à ceux des carangues. Attractif olfactif : maquereaux dans un tambour de machine.

1ère phase : Évaluation des réactions des requins face aux vigies représentées par un mannequin muni d’une caméra.

2ème phase : Évaluation des réactions des requins : interactions Homme/Requin (objectif de 20 interactions).

A ce jour, pas d’interactions avec les requins. Le programme est donc prolongé

Cap Requins : Compréhension de la CAPturabilité des REQUINS côtiers pour une gestion du risque par la pêche professionnelle à Saint Paul (Doc du CRPMEM)

Financement : +160 000€ (dont environ 120 000€ de prestations) hors programme Ciguatera 2. Etat, Conseil Régional de la Réunion, mairie de St Paul

Durée : 6 mois

Objectif : Expérimenter une pêche pour protéger les côtes (pression de pêche). Les différents dispositifs une fois évalués (efficacité) seront utilisés dans le cadre d’une pêche régulière (pêche de régulation).

*Pêches « létales » (=prélèvements) : requins de +2 mètres (Tigres, Bouledogues). Cette pêche alimentera, dans un 1er temps, le programme Ciguatera 2 (90 requins)

*Pêches « non létales » (=marquages) : les requins non ciblés et requins ciblés de -2m sont marqués et relâchés hors de la zone de capture

Mise en œuvre :

*Les engins de pêche utilisés :

-Drumlines dites « intelligentes » (Smart drumline) : en zone côtière, reliées à une bouée GPS (intervention dans les 2h). Actuellement 1 pêcheur

-Palangres de fond (programme West) : éloigné des activités nautiques= pèche de régulation. Actuellement 1 pêcheur

*Les observateurs : Après avoir suivi une formation payante, les observateurs peuvent embarquer sur les bateaux

*Comité scientifique : Émettre un avis indépendant sur la méthode mise en œuvre et sur ses résultats

Mise à jour Août 2014 : le comité scientifique a souhaité quitter ce programme

Bilan à ce jour :

* Cibles :

Requin tigre mâle de 3,19 m et d’un poids de 186 kg, capturé vivant le lundi 21 janvier à 23h44 puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

Requin tigre mâle de 3,53 m et d’un poids estimé de 360 kg, capturé vivant le mardi 22 janvier à 20h58 puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

– Requin tigre femelle, capturé le 23 janvier à 9h00 mais échappé vivant

– Requin tigre mâle de 3,85 m, capturé le 4 février à 5h00 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

Requin tigre mâle de 2,80 mètres, capturé le 7 mars à 3h00, et relâché vivant et bien vif, après marquage acoustique externe

-Requin bouledogue mâle de 3 m capturé le 14 février à 1h05 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

– Requin bouledogue femelle de 2.05 m capturé le 19 mars et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

-Requin bouledogue femelle de 3 m capturé le 14 avril et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

Requin bouledogue femelle de 3 m capturé le 28 avril et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

*Prises accessoires (Liste officielle à Avril 2014):

– Raie guitare de 3,47 m, capturée le 30 janvier à 19h50 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Raie guitare d’environ 1,50 mètres,  capturée le 18 mars à 17h00, relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1,20 m, capturée le 24 janvier à 6h25 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 27 janvier à 10h20 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1 m capturée le 4 février à 7h02 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1,70 m, capturée le 10 février et relâchée vivante

Raie pastenague d’environ 80 cm capturée le 19 mars à 22h20 et relâchée vivante

Raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 25 mars à 21h55 et relâchée vivante

Requin marteau mâle de 2,50 m et d’un poids estimé de moins de 100 kg, capturé vivant le mercredi 22 janvier à 00h09 puis relâché après un marquage externe de type « spaghetti » non acoustique

Requin marteau mâle d’environ 3m, capturé le mercredi 22 janvier à 19h49 mais retrouvé mort malgré l’intervention dans les deux heures après déclenchement de l’alerte. Des échantillons de tissus ont été prélevés sur l’animal pour analyses biologiques et éco-trophiques

Requin marteau halicorne retrouvé mort

Requin nourrice mâle de 3,05m, capturé vivant le mercredi 22 janvier à 20h25 puis relâché après un marquage externe de type « spaghetti » non acoustique

– Requin nourrice fauve mâle d’environ 3,50 m, capturé le 31 janvier 2014 à 19h50 puis relâché vivant après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Carangue gros-tête de 36 kg, capturée vivante le jeudi 16 janvier à 09h40 puis prélevée pour être versée aux échantillons d’analyse sur la déprédation des espèces côtières

– Carangue gros-tête capturée le 28 janvier à 13h15 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Note de Sauvegarde des requins

Ce programme est mis en œuvre sans protocole «  …Par ailleurs, vous avez souhaité obtenir le protocole du projet expérimental CapRequins, je vous informe que ce document n’existe pas… » (Courrier du Préfet de la Réunion le 13 mars 2014)

La transparence est-elle réellement de mise ?

Pas de compte rendu du Comité scientifique, pas de noms

Les observateurs ne peuvent embarquer sur l’un des 2 bateaux si la clause de confidentialité n’est pas signée. Pourquoi une telle clause ?

Les communiqués sont succincts

Comment les requins sont-ils tués après capture?

Quels sont réellement les objectifs de ce programme ?

« Il permettra d’amorcer la seconde phase du programme de réévaluation du risque Ciguatera » Préfet de la Réunion « La gestion du risque requin à la Réunion, 27 janv 2014 »

 « Le marquage des requins » « Le marquage des requins de récifs afin de les réintroduire », il n’existe pas de protocole scientifique concernant ces marquages. Ces marquages ne serviraient-ils pas à « justifier » les prises accessoires ?

Pour réintroduire les requins de récifs, il serait intéressant de connaître les causes de leur départ (sans prendre comme bouc émissaire le requin bouledogue). De plus, pourquoi ne pas mettre en place un programme de marquage (comme pour CHARC), avec protocole et suivi scientifique ?

« Les drumlines dissuadent les requins de s’approcher » : A l’heure actuelle rien ne corrobore cette hypothèse. Les drumlines sont appâtées pour justement attirer les requins pour les capturer. De plus, les prises deviennent des proies potentielles pour les requins.

« Expérimenter une pêche pour protéger les côtes (pression de pêche). Les différents dispositifs une fois évalués (efficacité) seront utilisés dans le cadre d’une pêche régulière (pêche de régulation). » (CRPMEM)

C’est bien le seul objectif de ce programme : mettre en place des engins de pêches efficaces pour pêcher un maximum de requins (et de prises accessoires)

Quels sont les acteurs de ce programme ?

Toujours les mêmes et seuls 2 pécheurs jouissent actuellement de ce programme

Les prises accessoires

« Le taux de survie global après capture sur les « smart drumlines » a ainsi été réévalué à 91% depuis le lancement de CAPREQUINS. Sur les 23 animaux capturés, seuls deux requins marteau halicorne ont été retrouvés morts après déclenchement. » Espèce classée EN DANGER sur la liste rouge de l’ IUCN

 « Des prises accessoires sont victimes de « déprédation » (prises mangées) » (information et photos du CRPMEM) or ces dernières n’apparaissent pas sur la liste « officielles ». Les associations de protection de requins l’ont  souligné à plusieurs reprises, les drumlines attirent les prédateurs ; les poissons piégés par les drumlines deviennent  alors des proies.

L’avenir de ce programme

La finalité est d’étendre ces engins de pêche sur d’autres zones et ce dans le cadre d’une pêche régulière. Or, sera-t-il encore possible de parler de « drumlines intelligentes » ? Qui les financera ? Qui financera l’intervention des pêcheurs dans les 2H pour relâcher les prises accessoires? Ce programme risque d’être repris mais en simple drumlines avec toutes les conséquences écologiques qui en résultent…

 

Drumlines "intelligentes"
Drumlines « intelligentes »

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IV) A suivre        

D’autres dispositifs dits « innovants » sont actuellement proposés : barrière, pistolet répulsif…

Le coût des dispositifs sera-t-il amorti par le chiffre d’affaires engendré par les activités aujourd’hui touchées par la « crise requin », lorsque ces dernières seront de nouveau autorisées ?

Est-ce réellement la préoccupation première de l’ensemble des réunionnais (840 000 habitants), avec un taux de chômage surfant avec les 30% et ce, bien avant cette « crise » ?

Les dispositifs actuellement mis en place ne s’attaquent qu’aux conséquences et non aux causes (à l’exception du programme CHARC). A quand une prise de conscience de la part des autorités pour établir les causes et y remédier ?

Juillet 2014 : A ce jour, les communiqués de presse ne sont plus « communiqués » via le site internet dédié à cette « crise requin »

Pour rappel : communiqué de presse du 05 février : 

*Ouverture du site internet « requins »

Développé par les services de l’Etat (direction de la Mer Sud Océan Indien, direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale et Préfecture), un site Internet dédié à l’information sur le risque requin a été ouvert le 01 octobre 2013.

Pleinement opérationnel, ce site présente les dernières informations disponibles relatives aux démarches de réduction du risque requin à La Réunion, dans l’ensemble des domaines. »

Article de Sauvegarde des requins, mai 2014

Le programme de contrôle de requins dans le Queensland, en Australie

Helmut Nickel , Shark Année Magazine ,17 . février 2014 (lien)

Traduction de Sauvegarde des requins

 Un aperçu du programme de contrôle de requin dans le Queensland avec une analyse des statistiques de capture de 2013.

Le programme de contrôle de requin dans l’Etat australien du nord-est du Queensland est censé minimiser la menace d’une attaque de requin sur les humains dans des endroits particuliers. Le programme a été lancé en 1962 et il repose actuellement sur plus de 360 ​​drumlines et 30 filets (voir Tab . 3 ) qui offrent une protection sur  80 zones de baignade et plus de 320 km de côtes .

Dans le Queensland, les soi-disant « espèces à haut risque»:

– Requin bouledogue( Carcharhinus leucas )

– Requin tigre ( Galeocerdo cuvier )

– Le grand requin blanc ( Carcharodon carcharias )

– Certaines espèces de la famille des Carcharhinidés (Carcharhinidae)

– Les requins-marteaux ( Sphyrna spp.)

Selon les autorités locales (dans une source publié en 2006) , les espèces de requins-marteaux a été ajoutée à ce groupe à haut risque , non pas tant pour son histoire d’attaque avérée dans les eaux du Queensland , mais pour son abondance locale .

Seules les espèces de requins non – cibles sont généralement relâchés vivants en cas de capture. Ils sont considérés comme inoffensifs pour les humains ou libérés pour des raisons de conservation (par exemple les requins taureau) .

Mais de nombreuses autres espèces de requins sont considérées comme une menace potentielle pour les humains. Ils sont considérés comme des « espèces cible » et généralement euthanasiés si retrouvé vivant sur ​​les filets à mailles ou drumlines.

Bien que d’autres sources affirment que tous les petits spécimens de requins cibles (mesurant moins de 2 mètres de long) sont relâchés vivants si possible.

Une autre publication officielle (sorti en 2005) fournit une liste plus détaillée des requins ciblés dans ce programme de contrôle. Je ne sais pas si la liste est encore valide, mais selon cette source, les espèces cibles sont:

– Le grand requin blanc ( Carcharodon carcharias )

– Requin mako ( Isurus oxyrinchus )

– Requin tigre ( Galeocerdo cuvier )

– Requin bouledogue( Carcharhinus leucas )

– Requin requiem de sable ( Carcharhinus obscurus )

– Requin tisserand ( Carcharhinus brevipinna )

– Requin balestrine ( Carcharhinus amboinensis )

– Requin gris ( Carcharhinus plumbeus )

– Requin-citron faucille ( Negaprion acutidens )

– Requin soyeux ( Carcharhinus falciformis )

– Le grand requin -marteau ( Sphyrna mokarran )

– Requin marteau halicorne ( Sphyrna lewini )

– Requin-marteau commun (Sphyrna zygaena )

– Requin-marteau planeur ( Eusphyra blochii )

Certains peuvent être surpris de trouver le grand requin blanc protégée dans cette liste, mais même une source récemment publié (par le gouvernement australien en 2013) confirme que tous les requins blancs capturés dans le programme de contrôle de requin Queensland sont actuellement euthanasiés.

C’est un contraste important avec le programme de l’Etat voisin de Nouvelle-Galles du Sud, où les requins blancs ont été relâchés vivants lorsque cela est possible depuis 1995.

Au cours des 13 dernières années, 82 requins blancs ont été capturés par les filets anti-requin et les drumlines (Queensland) (Fig. 5). Mais il y avait 2.845 requins tigre et 1.318 requins bouledogue capturés au cours de la même période de temps (Fig. 4).

Les statistiques de capture pour la saison 2013 :

686 spécimens de requins, constitués d’au moins 22 espèces, ont été pris dans les filets et drumlines au large de la côte du Queensland du 01. Au 31 janvier. Décembre 2013 (voir Tab. 1).

Avec plus de 56 pour cent de toutes les captures, deux des espèces de requins les plus dangereux sont en majorité représentés dans cette statistique. Parce que les requins tigres sont les espèces les plus couramment capturées (avec 248 individus ou  36 pour cent), suivis par les requins bouledogue avec 137 individus (environ 20 pour cent) .

Si la liste ci-dessus des espèces cibles est toujours exacte, seulement 21,5 pour cent (ou 147 spécimens) de toutes les prises ont une chance réaliste d’être relâchés vivants parce qu’ils appartiennent au groupe des espèces non – cibles.

En ce qui concerne les espèces cibles, 539 requins ont été capturés, dont env. 55 pour cent (= 294 individus) ont mesuré plus de 2 mètres de longueur et ont probablement été tués (voir Fig . 2 ) .

Dans la zone de pêche australienne, cinq espèces de requins sont protégés en vertu de la protection de l’environnement et de la biodiversité (the Environment Protection and Biodiversity Conservation Act 1999). Trois de ces espèces peuvent être trouvés dans la capture de la statistique de l’année dernière : C’est le grand blanc, requin taureau et requin lancette. Mais leur nombre est resté extrêmement faible, avec un totale de seulement 11 spécimens (dont 6 requins blancs), ce qui représente 1,6 pour cent des 686 captures déclarées en 2013.

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Réunion du Comité opérationnel de réduction du risque requins à La Réunion (CO4R) du 23 janvier 2014

Communiqué de presse , Saint-Denis, 24 janvier 2014

Ce jour s’est tenue la réunion du Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requins à La Réunion (CO4R). A cette occasion, un état d’avancement des différents sujets figurant à l’ordre du jour a été effectué.

1°) Point d’information générale : situation de la ferme aquacole.

La situation de la ferme aquacole a évolué au cours de ces dernières semaines. Après la liquidation de la société aquacole des Masacareignes (SAM) et les dégâts causés par le cyclone BEJISA, l’Association réunionnaise de développement de l’aquaculture (ARDA) a entrepris, avec l’accord du mandataire judiciaire, le démantèlement des équipements constituant un danger pour la navigation. Ces travaux de sécurisation ont débuté à la mi janvier 2014 et se poursuivront dans les prochaines semaines.

2°) Point relatif à la mise en oeuvre par les mairies des dispositions de la lettre circulaire du 22 août 2013 relative à l’information des populations et à l’application de l’arrêté préfectoral n°1821 du 27 septembre 2013 portant réglementation temporaire de la baignade et de certaines activités dans la bande des 300 mètres à partir du littoral du département de La Réunion.

Le travail de suivi des actions réglementaires des communes se poursuit dans le cadre de l’application de l’arrêté préfectoral n°1821 du 27 septembre 2013 portant réglementation temporaire de la baignade et de certaines activités nautiques dans la bande des 300 mètres à partir du littoral du département de La Réunion.

Les communes ont présenté les mesures qu’elles ont mises en oeuvre ou prévoient d’adopter pour la gestion du risque requin, tant dans le domaine réglementaire qu’en matière d’aménagement des sites de pratique d’activités nautiques.

Les services de l’Etat poursuivent leur travail d’accompagnement auprès de ces collectivités dans le cadre de l’élaboration de leur plan de balisage : la dernière commission nautique locale qui s’est tenue le 16 décembre 2013 a été consacrée à l’aménagement des zones de baignade de Saint-Paul et l’Etang-Salé.

3°) Point d’étape relatif aux projets en cours

Projet « CAP REQUINS »

Le projet « Cap Requins », porté par le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM), visant à expérimenter le recours à certaines techniques de capture et de marquage des requins, est mis en oeuvre depuis la mi-janvier 2014. Cette première semaine d’opération en mer, en baie de Saint-Paul, apporte déjà quelques enseignements qui permettront les adaptations nécessaires pour améliorer les techniques employées.

Soutenu par l’Etat et les collectivités locales (la Région et la mairie de Saint-Paul), ce dispositif utilise des systèmes innovants de déclenchement d’alerte en temps réel qui se révèlent, jusqu’à présent, efficaces. En parallèle, les stations d’écoute et caméras déployées sur la zone sont actives et permettront de compléter les données pour évaluer l’évolution de la fréquentation du site.

Ce projet est conduit avec le concours scientifique et opérationnel des experts sudafricains du Kwazulu Natal Sharks Board et d’un comité d’experts locaux et nationaux qui se réunira début février 2014 en vue d’un premier bilan.

Programme de réévaluation du risque Ciguatera

La seconde phase de ce programme qui vise le développement d’une filière d’appoint pour la petite pêche réunionnaise est engagée avec le concours du comité régional des pêches de La Réunion. Il s’appuiera dans un premier temps sur les captures réalisées dans le cadre du dispositif Cap Requins, les requins et les autres espèces prélevés faisant l’objet d’analyses scientifiques menées par l’Agence pour la recherche et la valorisation marines (ARVAM).

Il est prévu dans un second temps que les prélèvements soient également réalisés sur l’ensemble du littoral de La Réunion afin de disposer d’un plan d’échantillonnage conforme aux recommandations des autorités sanitaires.

Evaluation du dispositif « Vigies requins »

Cette étude pilote associant la ligue de surf, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et soutenue par la Région et par la direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DJSCS) a été engagée au début du mois de janvier par une phase de précampagne (recrutement de la coordinatrice, acquisition des matériels, élaboration des protocoles…).

La phase de terrain, durant laquelle sera testée l’efficacité des vigies immergées à l’aide de technologies innovantes, est prévue pour début février. Sa durée minimale sera de trois mois. L’ensemble des données sera consolidé dans un rapport d’évaluation qui sera établi à la fin du mois de juin 2014.

Point relatif à l’étude participative sociale et économique relative à la prévention et à la gestion du risque requin : « Mieux connaître pour mieux agir »

Les deux prestataires retenus ont présenté les grandes lignes de leur mission, qui vise à élaborer une stratégie de communication, d’information et de sensibilisation s’appuyant sur l’analyse des dimensions sociale et économique du risque requin.

Un travail participatif conduit tant à La Réunion qu’en métropole démarre, à l’aide d’une équipe projet comptant quatre intervenants disposant de compétences complémentaires.

A La Réunion (Sagis, 1997, Saint-Denis) : Arnold Jaccoud, psycho-sociologue, pour organiser et animer le travail des groupes et Philippe Fabing pour l’analyse économique. Au national (Le Public Système, 1993, Paris) : Fabien Contino, spécialiste des médias (traditionnels + web) et Emmanuel Beaurepaire, expert en communication.

L’étude qui conduira les intervenants à prendre contact avec les acteurs et le public se déroulera de janvier à décembre 2014.

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