Agir en 2 clics pour stopper le finning

Pour voter,c’est ici

L’union Européenne a tardé à interdire le finning, pratique qui consiste à découper les ailerons du requin encore vivant et le relâcher à la mer. Cette pratique barbare permet aux pêcheurs et braconniers d’optimiser le stock dans leurs cales et de pêcher des espèces de requin « protégées ». Aujourd’hui, nous demandons l’arrêt du commerce des ailerons pour mettre un terme au finning.

Un bref retour en arrière…

2003, le règlement de l’UE interdit le finning mais permet des dérogations (largement utilisées par l’Espagne et le Portugal).

Novembre 2012 : Vote du Parlement européen en faveur de la correction des failles du règlement de 2003 suite à la pression d’associations.

L’interdiction du finning est validée en juin 2013 par le conseil des ministres.

Cependant, le commerce des ailerons de requins reste légal sur le territoire de l’UE.

L’Espagne, 1er pays pêcheur de requins de l’UE, et dans le Top 3 au niveau mondial continue d’ approvisionner les pays asiatiques.

Agir pour interdire le commerce des ailerons.

L’initiative citoyenne européenne : Depuis 2012, les citoyens européens ont le droit de s’adresser directement à la Commission européenne via une initiative citoyenne européenne pour proposer un amendement législatif concret.

Sharkproject et Sea Shepherd Global ont initié cette demande et ont été rejoins par d’autres associations dont Sauvegarde des Requins.

Les requins ont besoin de 1 million de signatures européennes. A vous de jouer, voter, partager, partager, partager…Cette victoire sera la vôtre.

Pour voter,c’est ici

Le site dédié #stopfinning, stop the trade : ici

#Stopfinning #Stopthetrade – ©stop-finning.eu

Pêche aux requins interdite du 1er février au 30 juin aux Émirats arabes unis

Communiqué de presse, 31 janvier 2018

Le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE) a annoncé que la pêche au requin est interdite pendant la période du jeudi 1er février au 30 juin, coïncidant avec la saison de reproduction. L’interdiction est en vertu du décret ministériel n ° 500 pour l’année 2014 sur la réglementation de la pêche et du commerce des requins.

Salah Abdallah Al Rayssi, Directeur du Département  des pêches au MOCCAE, a déclaré que l’interdiction vise à réduire les risques auxquels sont exposées les espèces de requins rares. Il a noté que les requins jouent un rôle crucial dans le maintien d’un habitat sain en «nettoyant» les récifs et en s’attaquant aux populations de poissons faibles et malades, gardant les récifs coralliens exempts de maladies et les poissons sains et forts.

«Les eaux des Émirats arabes unis (EAU) abritent jusqu’à 30 espèces de requins, qui sont classées comme en danger ou en danger critique d’extinction. Les pratiques de pêche illégales, la propagation mondiale de méthodes de pêche contraires à l’éthique et non contrôlées, ainsi que l’augmentation du commerce des ailerons de requin, mettent certaines espèces de requins à la limite de l’extinction. Les efforts mondiaux doivent être intensifiés pour éviter que cela ne se produise « , a-t-il souligné.

Le décret ministériel no 500 pour l’année 2014 limite la pêche aux requins dans les eaux de pêche situées à moins de cinq milles marins des côtes des EAU et à trois milles marins au moins des îles des EAU. Cela permettra d’éviter la pêche des requins pour leurs ailerons et contrecarrer la pratique de jeter leurs corps dans la mer (finning). Le règlement stipule que les requins doivent être débarqués entiers dans le port. Il vise également à empêcher le commerce de requins vivants capturés dans les eaux de pêche des EAU à moins qu’un permis spécial n’ait été délivré par le ministère. Il empêche la pêche des espèces énumérées dans la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), qui stipule également que ces espèces doivent être soigneusement relâchées dans la mer lorsqu’elles sont capturées accidentellement.

Le décret permet aux pêcheurs d’utiliser plusieurs hameçons pour chaque ligne de pêche pour attraper les requins du 1er juillet de chaque année jusqu’à la fin de janvier de l’année suivante en utilisant des hameçons, sans dépasser 100 hameçons par ligne. Les hameçons doivent être courbés et biodégradables.

L’importation de requins (frais, congelés, séchés, salés, fumés ou en conserve, ou sous toute autre forme) est également autorisée par le décret. Les marchandises doivent être accompagnées du certificat d’origine, de la source d’origine pour chaque expédition, en indiquant le nom scientifique et la quantité. En cas d’importation d’espèces de requins énumérées dans la CITES, le certificat d’exportation ou de réexportation délivré par l’autorité administrative du pays exportateur et un certificat d’importation valide délivré par le MOCCAE doit être présenté. Les entreprises ne sont pas autorisées à exporter des requins capturés dans les eaux de pêche des EAU – qu’ils soient frais, congelés, séchés ou salés, fumés ou en conserve, ou toute autre forme, – tout au long de l’année.

En cas de réexportation d’espèces de requins présentes dans les annexes de la CITES, des documents supplémentaires tels que le certificat de réexportation délivré par le Ministère du Changement Climatique et de l’Environnement pour ces espèces de requins doivent être soumis, en plus de l’autorisation préalable du pays importateur.

Traduction Sauvegarde des Requins

Source : MOCCAE 

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Costa Rica : la pêche à l’aileron de requin difficile à éradiquer

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

De PRI’s The World ©2015 Public Radio International, le 21 janvier 2016. Traduction de Céline pour Sauvegarde des Requins

 

Si vous voulez apprendre comment camoufler des ailerons de requin au Costa Rica, demandez Capitaine José Calderon au port Pacifique de Puntarenas.

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

Le finning, pratique célèbre qui consiste à attraper un requin, lui couper l’aileron et rejeter le reste à l’eau, vivant, est illégal au Costa Rica depuis 2005.

Mais la loi n’a pas arrêté Calderon. Lorsque les inspecteurs ont vu ce qui se trouvait dans la salle des machines, il a usé d’une tactique plus conventionnelle. Il les a soudoyés. « C’était facile, rigole Calderon, trop facile » Il ajoute également qu’il ne s’occupe plus de pêche au requin dorénavant, mais que la demande pour la soupe d’aileron est forte à Hong Kong, et ceci impacte d’autres zones. Souvent, ces derniers se déplacent jusqu’à Cocos, une île luxuriante à trois cent miles dans le Pacifique qui  donne au Costa Rica l’image d’un des pays des plus écologistes et engagés pour l’environnement. Les eaux riches qui bordent Cocos se situent pourtant dans une aire maritime où la pêche au requin est illégale,mais cela ne change guère le problème.

A son poste aux Cocos, le Ranger Geiner Golfin, une sorte de Fidel Castro, physiquement parlant, est en charge de la protection des eaux territoriales des Cocos. Il montre un gros hameçon qui sert à attraper les requins en expliquant que c’est un des nombreux équipements illicites  et confisqués, qui juste en un seul mois, incluent 200 miles de filets de pêche, et 700 bouées.

En fait, l’équipe de Golfin a recueilli tellement d’engins de pêche illégaux qu’ils ont construit un pont suspendu au dessus du  ruisseau qui passe derrière le poste de garde. Il précise que toutes les cordes,  filets et hameçons sont juste une petite fraction de ce qui se trouve aux alentours, et que sa petite équipe est débordée par toute une flotte de bateaux pirates.

Mais la plus grosse menace, selon lui, est actuellement les pêcheries puissantes du Costa Rica connues sous le nom de INCOPESCA. « Nous ne pouvons pas faire notre travail de rangers, ajoute Golfin, car si je vais à la gestion des pêches et que je dis : ok, nous avons besoin de sanctionner ceci ou cela, ils vont me répondre : oh non, ne faites pas cela, vous allez mettre en difficulté mes bateaux ».

Golfin n’est pas le seul à être désespéré par les agences de pêche, il y a également le vice-ministre des Eaux et Océans du pays, Jose Lino Chaves Lopez qui se bat contre. C’est son travail de protéger la faune et l’environnement marin, mais il dit que c’est difficile car les pêcheries ne partagent pas leurs informations, et légalement elles n’y sont pas obligées. De toute façon elles ne répondent à personne quand on les interroge. Chavez dit qu’il y a un conflit d’intérêts puisqu’il est entouré de personnes qui  viennent de l’industrie de la pêche. D’autres sont plus pointues dans leurs critiques. Ils disent que le premier policier de la pêche du Costa Rica semble souvent préférer protéger les criminels.

Comme l’écologiste Randall Arauz, qui a contribué à faire voter la loi anti-finning. Cette dernière précise que les requins entiers doivent entrer au port, avec leurs ailerons attachés à leur corps, afin de réduire la capacité des bateaux. Arauz dit qu’INCOPESCA semble chercher la petite bête en jouant sur les mots : « oh, attendez une minute ! Selon le dictionnaire, « attachés » signifie que vous pouvez l’enlever et le mettre à nouveau ensemble. « 

Arauz dit également que les inspecteurs ont tendance à regarder ailleurs lorsque les « requins Frankenstein » comme il les appelle, arrivent au port, avec des tas d’ailerons cousus sur juste quelques cadavres. Nous avons amené cette affaire devant le parquet du Costa Rica, rajoute Arauz. Le procureur a indiqué que « les ailerons attachés » signifie « naturellement attachés ». Ce qui a engendré, selon Arauz, que les pêcheurs ont de nouveau trouvé une dérive avec une nouvelle pratique qui consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Il ajoute également que : « d’avoir INCOPESCA qui régit le problème de la surpêche serait comme de confier une banque de don de sang à Dracula »

Bien évidemment les membres de l’agence ne sont pas de cet avis. Un d’entre eux, Mauricio Gonzalez reconnait qu’il y a une marge d’amélioration mais balaie les inquiétudes des activistes comme Randall Arauz. « Ils se développent sur l’argent étranger», dit Gonzales.  » Plus ils trouvent de problème, plus ils en créent, plus ils gagnent de l’argent « . Les réfractaires disent que Gonzalez lui-même fut une fois impliqué dans la pêche illégale au requin près de Cocos, ce qu’il réfute clairement.

Le ministre des Océans Jose Chaves dit que le gouvernement essaie de minimiser le problème de la pêche au requin, mais admet que les changements.

C’est clairement le cas à Puntarenas, là où Calderon planquait alors son butin illicite. Il n’y a pas longtemps, un thonier déchargea environ une douzaine de requins congelés. Les employés ont balancé les animaux gelés sur les docks et ont récupéré leurs ailerons tandis que l’inspecteur David Casillo contrôlait que les ailerons soient « naturellement attachés » Il est également monté à bord du bateau pour être sûr qu’il n’y restait rien à fond de cale. Tout cela lui a pris moins de cinq minutes. Quelqu’un demanda alors « et la salle des machines, là où Calderon cachait autrefois son butin », « La Salle des machines?  Non, nous n’y allons jamais » répondit Casillo.

Ce reportage a été fait en collaboration avec le réseau Food  & Environment Reporting, Une organisation à but non lucratif, qui investigue et reporte les faits illégaux reportés dans l’industrie alimentaire, agricole et de santé environnementale.

https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2013/11/06/le-costa-rica-utilise-interpol-pour-avertir-dune-nouvelle-pratique-illegale-de-finning/

Indonésie : 3000 nageoires de requins saisies

Credit photo : AFP
Credit phot : AFP

AFP- Environ 3000 nageoires de requins qui devaient quitter illégalement l’Indonésie pour être revendues à Hong Kong ont été saisies par les autorités de l’archipel, a indiqué mercredi un responsable.

Ces nageoires de requin océanique, une espèce protégée en Indonésie et interdite à l’exportation, ont été saisies la semaine dernière à l’aéroport international Soekarno-Hatta près de Jakarta, a déclaré à l’AFP le chef de l’agence nationale d’inspection des poissons, Rusnanto, qui n’a qu’un patronyme comme nombre d’Indonésiens.

«La saisie est estimée à un milliard de roupies (64’000 euros) ici, mais à Hong Kong ces nageoires auraient pu être revendues pour plusieurs fois ce montant à des gens riches qui apprécient leur valeur nutritive et les considèrent comme de fins mets», a-t-il ajouté.

Hong Kong est l’un des plus grands marchés au monde pour les ailerons de requins, qui sont souvent servis sous forme de soupe à des banquets chinois très onéreux.

Les requins ont été pêchés dans les eaux autour de la grande île de Java, et la société qui souhaitait les exporter fait l’objet d’une enquête, selon le responsable.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme sur la pêche au requin en Indonésie, dont la population ne cesse de décliner dans ce pays d’Asie du Sud-Est aux 17 000 îles et îlots.

Agence France Presse

This photo taken on October 5, 2015 shows Indonesian customs and quarantine officers inspecting some 3,000 pieces of sharks fin seized at the Soekarno-Hatta airport in the Tangerang district suburb of Jakarta, intended for shipment to Hong Kong. Indonesian authorities haved seized about 3,000 fins from a threatened shark species that were destined to be flown to Hong Kong, an official said on October 7. The fins from the "carcharhinus longimanus" species, weighing 600 kilogrammes and packed into 24 boxes, were confiscated along with fins from other shark species last week, the national fish quarantine agency chief told AFP.       AFP PHOTO / BIMA SAKTI
This photo taken on October 5, 2015 shows Indonesian customs and quarantine officers inspecting some 3,000 pieces of sharks fin seized at the Soekarno-Hatta airport in the Tangerang district suburb of Jakarta, intended for shipment to Hong Kong. Indonesian authorities haved seized about 3,000 fins from a threatened shark species that were destined to be flown to Hong Kong, an official said on October 7. The fins from the « carcharhinus longimanus » species, weighing 600 kilogrammes and packed into 24 boxes, were confiscated along with fins from other shark species last week, the national fish quarantine agency chief told AFP. AFP PHOTO / BIMA SAKTI

En Indonésie, la chasse aux requins est un business juteux

Bien que certains squales soient protégés, les chasseurs indonésiens pratiquent une chasse intense. Les ailerons de requins valent en effet une fortune.

Reportage de France 2
http://api.dmcloud.net/player/embed/4e7343f894a6f677b10006b4/556cb08406361d5c6cc8c4b7/f95a10bda83c4f39ae1ebac0ed7a6af4?exported=1 » target= »_blank »>ARTICLESur l’île de Lombok, en Indonésie, la chasse aux requins est une activité intense. Et pour cause, le requin est une marchandise très prisée car très rentable. Un pêcheur touche 1 million de roupies par squale pêché, soit un peu moins de 100 euros. En Indonésie, c’est une somme très importante.

L’aileron, un produit de luxe exporté en Chine

Chaque année, 110 000 tonnes sont pêchées en Indonésie, premier pays chasseur de requins au monde. Suhadang, négociant, explique à France 2 : « La viande peut valoir 1,50 euro par kilo. La peau peut être utilisée une fois séchée. Son prix est de 10 euros par kilo. Les ailerons, c’est ce qui vaut le plus cher. » En effet, le kilo d’ailerons vaut 270 euros, plus que le salaire mensuel d’un policier.

Les ailerons sont presque tous exportés en Chine, où ils sont considérés comme un produit de luxe aux vertus thérapeutiques. À cause de cette croyance infondée, plusieurs espèces de requin sont menacées d’extinction.

L’Equateur saisit 200.000 ailerons de requin, 3 trafiquants arrêtés

QUITO (AFP) – Le gouvernement équatorien a annoncé la saisie de quelque 200.000 ailerons de requin et l’arrestation de trois trafiquants à Manta (ouest), principal port de pêche du pays.

Le ministre de l’Intérieur Jose Serrano a annoncé la saisie sur Twitter, postant des photos de milliers de ces ailerons de couleur sombre, très prisés en Asie où ils sont utilisés dans la cuisine et dans la médecine traditionnelle.

Les autorités ont indiqué qu’au moins 300.000 requins avait été tués par les trafiquants, estimant qu’il s’agissait d’un des crimes les plus graves contre l’environnement dans le pays au cours des dernières années.

Les ailerons ont été saisis en plusieurs opérations dans la ville portuaire de Manta.

La loi équatorienne interdit la pêche au requin depuis 2007. La pêche aux ailerons, dite finning, est une pratique consistant à capturer des requins pour leur couper les ailerons avant de les rejeter mutilés à la mer où ils meurent.

© 2015 AFP

https://twitter.com/ppsesa/status/603672512292061186/photo/1
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Un nouveau logiciel permet de sauver les requins grâce à leurs nageoires

L’identification rapide des espèces facilite la lutte contre le commerce illégal d’espèces protégées

19 février 2015, Rome – Les requins peuvent désormais se mouvoir plus sereinement dans les océans et les mers grâce à un nouveau logiciel élaboré par la FAO pour l’identification rapide des différentes espèces en fonction de leurs nageoires.

Le nouveau logiciel iSharkFin sert à protéger les espèces de requins menacées et à lutter contre le commerce illégal des ailerons de requin.

Il constitue un outil pratique pour les douaniers et les inspecteurs sur les marchés de poissons ainsi que pour les pêcheurs qui répugnent à capturer les espèces protégées, indique Mme Monica Barone, qui a dirigé l’équipe du Département des pêches et de l’aquaculture de la FAO chargée du développement du logiciel.

Le travail sur ce projet a débuté en 2013, après que cinq espèces de requins ont été ajoutées à l’annexe de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Comment fonctionne iSharkFin

Le système est basé sur des techniques d’apprentissage automatique et offre une expertise aux inspecteurs portuaires, aux agents des douanes, aux inspecteurs des marché et aux commerçants de poissons qui n’ont pas la formation requise en taxonomie.

Une fois la photo du requin téléchargée, l’utilisateur choisit quelques caractéristiques de la forme de la nageoire et identifie un certain nombre d’autres caractéristiques. Un algorithme compare alors les informations aux données insérées dans la banque de mémoire et permet ainsi l’identification de l’espèce du requin. Le processus prend environ cinq minutes. La FAO élabore aussi une application iSharkFin pour tablette ou smartphone, élargissant ainsi la portée et l’utilisation potentielle du logiciel.

Jusqu’à présent, iSharkFin peut identifier 35 espèces de requins en fonction de leur nageoire dorsale respective (il s’agit de la nageoire emblématique située au sommet de la colonne vertébrale du requin) et de sept nageoires pectorales inférieures.

Plusieurs types de nageoires ont été répertoriés dans le cadre du commerce international. D’autres types seront ajoutés dans la banque de données au fur et à mesure, mais vu que certaines espèces deviennent assez rares, il faut un certain temps pour recueillir un ensemble de données suffisamment complètes.

Le logiciel a été développé par la FAO en collaboration avec l’Université de Vigo en Espagne. La CITES et le Gouvernement du Japon ont fourni un soutien financier.

Une question de survie

L’introduction d’iSharkFin aide les pouvoirs publics à lever le voile sur le halo de mystère qui entoure depuis pas mal de temps l’ampleur réelle de la pêche mondiale au requin.

Les estimations sur le nombre de requins tués varient énormément. Une nouvelle étude suggère un chiffre probablement supérieur à 73 millions, soit plus de 6 pour cent du stock total chaque année. Ce nombre dépasse le taux considéré comme soutenable pour une espèce peu prolifique et qui tarde à arriver à maturité. Il est d’ailleurs quatre fois plus élevé que le chiffre enregistré dans les données de la FAO. Celles-ci sont établies sur la base de statistiques de production officielles.

Cette différence surprenante est souvent attribuée au « shark finning », une pratique infâmante consistant à capturer les requins, à leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis à les rejeter à la mer où ils meurent. De nombreux pays ont déclaré cette pratique illégale et soulignent que les nageoires ne peuvent faire l’objet du commerce que si toute la carcasse du requin est ramenée sur la berge.

L’utilisation d’iSharkFin devrait permettre une meilleure compréhension de l’écart entre les données disponibles sur les tueries de requins et la réalité concrète dans la mesure où les données sur les nageoires photographiées peuvent être utilisées pour extrapoler le volume présumé et le poids de l’animal, permettant ainsi d’extrapoler le volume global de la pêche au requin, précise Mme Barone.

Les défis de la gestion efficace des zones situées en haute mer, notamment la pêche responsable et la conservation des espèces en péril, font l’objet, cette semaine, d’un atelier de haut niveau qui se tient au siège de la FAO, à Rome.

Communiqué de la FAO

http://www.fao.org/fishery/ipoa-sharks/iSharkFin/en

Carcharhinus leucas
Carcharhinus leucas

 

Miyagi et les ailerons de requin

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Traduction

Spécialités séchées

Un travailleur suspend des ailerons de requin, un ingrédient de luxe dans la cuisine chinoise, séché à Kesennuma, préfecture de Miyagi, une ville connue pour la plus grande capture de requins du Japon. Mardi matin, cinq employés d’une entreprise de transformation alimentaire dans la ville étaient occupés à inspecter les conditions de séchage d’environ 10 000 ailerons de requin suspendus à des barres de fer. Deux installations de séchage d’ailerons de requin dans la ville ont été détruites par le tsunami qui a suivi le tremblement de terre du Grand Est du Japon, mais ils ont été reconstruits en Novembre 2012. Après les ailerons sont séchés au soleil pendant environ deux mois, ils seront embarqués dans la zone métropolitaine de Tokyo et d’autres régions.

Source : the Japan News

Les requins, pas si sanguinaires, menacés par l’homme

Monaco (AFP) Le requin est-il cet effrayant prédateur de l’homme qui hante l’imaginaire collectif? Des experts réunis lundi à Monaco dressent un constat préoccupant: l’espèce, pas si meurtrière, essentielle aux écosystèmes marins, est en passe d’être exterminée par l’homme.

« Chaque année plus de 100 millions de requins sont tués, dont 60 millions pour récupérer leurs ailerons très prisés en Asie, notamment en Chine et à Hong Kong », souligne Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco, qui avait rassemblé lundi scientifiques et associations environnementales.

« On peut penser que dans 10-20 ans, la population des requins va disparaître », s’inquiète le responsable. Or, « dans l’écosystème, les requins sont au sommet de la chaîne alimentaire, ils mangent des poissons malades et régulent les poissons carnivores ». « Sans eux tout s’écroulerait: l’océan serait plein d’algues et de méduses ».

La biologie spécifique des requins les rend vulnérables face à la surpêche: ces prédateurs des mers prennent leur temps pour se reproduire.

Au ban des accusés: la soupe aux ailerons de requins, plat traditionnel chinois et symbole de réussite sociale. L’explosion de la demande au sein de la classe moyenne entretient la pratique du « finning », qui consiste à découper leurs ailerons à bord des bateaux avant de rejeter les requins agonisants en mer.

La pratique, qui favorise la surpêche, commence à être plus encadrée. « Il n’y aura plus de découpe d’ailerons sur les navires européens », se félicite Nicole Aussedat, responsable française de « Shark Alliance », une coalition de 130 ONG européennes qui revendique six années de lobbying auprès des décideurs européens. Le « finning » pratiqué par l’Espagne et le Portugal vient d’être interdit au sein de l’Union européenne. Les requins pêchés seront débarqués entiers.

Elle évoque aussi quelques « avancées dans les mentalités en Chine, où certains hôtels ne veulent plus servir de soupe aux ailerons ».

Le requin est-il cet effrayant prédateur de l’homme qui hante l’imaginaire collectif? Des experts réunis lundi à Monaco dressent un constat préoccupant: l’espèce, pas si meurtrière, essentielle aux écosystèmes marins, est en passe d’être exterminée par l’homme.

Dépassionner le débat

Le message pourtant a encore du mal à toucher le grand public, nourri de films hollywoodiens peuplés de mâchoires assoiffées de sang. Et la médiatisation des décès de surfeurs, notamment sur l’île de la Réunion, n’est pas rassurante.

« Il y a une centaine d’attaques de requins par an dans le monde et moins de dix décès », tempère Robert Calcagno. Les méduses entraînent 50 décès par an, les frelons 500, les serpents 100.000, les moustiques véhiculant des maladies 800.000, les accidents de la route 1,2 million…

Sur 500 espèces de requins, 80% ne dépassent pas 1,60 mètre et ne sont pas dangereux. Seules six espèces, dont le grand requin blanc, présentent un risque.

« Le requin n’est pas ce tueur sanguinaire décrit dans +Les Dents de la mer+, ce n’est pas non plus un nounours inoffensif. La plupart du temps, il n’a pas envie de nous pourchasser », précise Robert Calcagno. « Le requin n’aime pas la chair humaine qui n’est pas assez grasse, il préfère les otaries ou les thons ».

Le requin est au centre d’une « explosion » de recherches depuis une quinzaine d’années, grâce à des nouveaux outils comme des balises, remarque Armelle Jung, biologiste marin.

Marc Soria, responsable depuis deux ans du programme « Charc », étudie ainsi l’écologie de leur habitat sur la côte ouest de la Réunion. Il suit 80 requins-tigres et requins-bouledogues, préalablement marqués, un travail qui a déjà permis de conclure que le risque pour l’homme n’était « pas permanent » mais circonscrit « à certaines périodes de l’année ».

Chez les surfers (cibles parfois trop mouvantes en eaux troubles) les règles de sécurité s’affinent. Le risque est aussi réduit par la présence d’apnéistes. Nathalie Van den Broeck, responsable d’une association environnementale de surfers, souligne que l’émotion forte à la Réunion ne doit pas « mener à un massacre de requins ».

Malgré les avancées, l’océanographe François Sarano se montre pessimiste sur l’image du requin auprès du grand public. « Dépassionner le débat est difficile », dans un monde « où l’on veut se couvrir contre tous les risques. » « Nous avons de moins en moins de contacts avec la vie sauvage, notre ignorance grandit », déplore-t-il.

AFP, 10 juin 2013

Cinq espèces de requins entrent dans le gotha des animaux protégés

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Photograph by Mark Strickland 
Requin pointe blanche ou requin à pointes blanches de récif ou encore requin houareau (Carcharhinus albimarginatus

(AFP) BANGKOK — La communauté internationale a confirmé jeudi la protection de cinq requins menacés par la surpêche et dont le commerce sera désormais régulé, une décision saluée comme « historique » par les défenseurs de l’environnement après une ultime tentative de certains pays asiatiques.

Plusieurs nations inquiètes pour leur industrie de la pêche dont le Japon, qui avait mené le front d’opposition à ces décisions avec la Chine, ont tenté de rouvrir la discussion sur certaines de ces espèces, en vain.

Au dernier jour de leur réunion, les 178 pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) ont validé, en plénière, la protection du requin océanique à pointe blanche (ou requin longimane), de trois requins-marteaux (halicorne, grand et lisse) et du requin-taupe, ainsi que des raies mantas.

« Bien sûr, nous sommes déçus », a déclaré à l’AFP Shingo Ota, de l’Agence japonaise de la pêche. « La question est de savoir si la Cites est la mieux placée (pour trancher) ou si nous devrions nous appuyer sur les organisations de pêche ».

Mais la décision a surtout été accueillie par des félicitations et des tonnerres d’applaudissements des représentants des ONG et des délégués des pays favorables à ces mesures, des Etats-Unis au Brésil en passant par l’Union européenne.

« C’est le jour le plus important pour l’océan en 40 ans d’histoire de la Cites », s’est réjouie Susan Lieberman, de l’ONG Pew. « C’est un moment historique, où la science l’a emporté sur la politique », a renchéri Carlos Drews, du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Lors de la précédente conférence de la Cites en 2010, des propositions de protection des squales, dont les ailerons sont vendus à prix d’or en Asie, avaient échoué de justesse.

Mais les cinq requins, ainsi que les raies mantas pêchées pour leurs branchies, ont été cette fois inscrits à l’annexe II de la Cites, qui permet de réguler le commerce d’une espèce pour empêcher sa surexploitation.

D’ici à 18 mois, les pays exportateurs seront tenus de délivrer des permis d’exportation pour toutes ces espèces, tout en assurant la survie de chacune, et s’exposeront à des sanctions dans le cas contraire.

Grand requin blanc, requin baleine et requin pèlerin faisaient déjà partie des rares poissons protégés par la Cites, mais ils n’ont jamais vraiment fait l’objet d’une exploitation commerciale.

Selon l’ONG Traffic, le commerce d’ailerons est estimé à plus de 480 millions de dollars par an. Et l’Asie est la principale accusée dans cette pêche massive.

Environ 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde, selon l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui estime que 90% de la population de l’animal a disparu en un siècle.

« Peut-être est-ce un peu tard » pour les protéger, a admis Steve Galster, directeur de l’ONG Freeland. « Mais mieux vaut tard que jamais ». « Maintenant, tout dépend de l’application » des décisions, a-t-il ajouté, insistant pour poursuivre les « progrès importants » enregistrés dans la réduction de la demande.

Pékin a notamment interdit la soupe d’ailerons dans les banquets d’Etat. Et des restaurants réputés à Hong Kong, premier marché mondial, et à Singapour l’ont retirée des menus.

Source AFP