Des requins dans l’Aisne

EXPOSITION PHOTOS DE SENSIBILISATION POUR LA SAUVEGARDE DES REQUINS À DÉCOUVRIR À LA MAISON DE L’AMITIÉ FRANCE-AMÉRIQUE DU 27 JUIN AU 26 SEPTEMBRE 2020

Communiqué de presse, juillet 2020

Dans le cadre de l’exposition Animale(s)consacrée aux océans, l’association Sauvegarde des Requins vous propose de venir à la rencontre des requins qui se dévoilent tout au long de l’été. REQUIN est une exposition photographique pour s’émerveiller devant cet animal, bien plus ancien que les dinosaures, et comprendre les menaces qui pèsent sur lui.

Les requins sillonnent les océans depuis plus de 400 millions d’années. S’ils ont survécu à 5 extinctions massives, aujourd’hui, 1 espèce sur 3 est menacée d’extinction. La nature n’avait pas prévu un prédateur aussi insatiable que l’Homme, aussi avait-elle pourvu le requin de caractéristiques biologiques spécifiques propres à son statut de super prédateur qui ne lui permettent pas de faire face à la surpêche dont il est victime. Au travers de cette exposition, il est question de découvrir ou redécouvrir les requins, leur diversité, mais aussi pointer du doigt la responsabilité de l’Homme face à cette extinction connue et programmée. Chaque photo présentée reflète une rencontre exceptionnelle appuyée d’un texte explicatif sur l’espèce et les menaces qu’elle encoure.

Tous concernés !

100 millions de requins sont tués en moyenne chaque année. L’Union Européenne fait partie des plus gros pêcheurs avec à sa tête l’Espagne. La France, quant à elle reste une mauvaise élève et les requins et raies, pour la plupart menacés, se retrouvent sur les étals des poissonniers, des rayons Surgelés, des magasins Bio…
Des brochures d’information (série « Requins sur nos étals2 ») sont proposées pour aider le consommateur à faire des choix responsables.

Une exposition pédagogique : découvrir, s’enrichir et s’amuser !

En parcourant cette exposition, le public jeune et moins jeune découvrira la diversité et la complexité des requins. Il apprendra la place primordiale qu’occupe cet animal dans l’équilibre de l’écosystème marin et la santé des océans.
Des brochures pédagogiques sont aussi mises à disposition du public.

A propos de l’association Sauvegarde des Requins : Association reconnue d’intérêt général fondée en 2013 par Sylvie Lemaire. Passionnée des requins, elle n’a eu de cesse, depuis les bancs de l’école il y a 40 ans, de vouloir réhabiliter l’image du requin et de le faire connaître auprès du public. L’association travaille à leur sauvegarde au travers d’actions d’information et de sensibilisation. Elle attire l’attention du grand public et des professionnels sur l’exploitation excessive et destructrice dont font l’objet les requins (requins, raies et chimères). https://sauvegardedesrequins.fr/

Informations pratiques

La MAFA (Maison de l’Amitié France-Amérique) vous accueille
2 place des États-Unis, 02400 Château-Thierry

Le lundi de 13h30 à 17h et du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h

Info : 03 23 83 51 14

Entrée gratuite – Tout public (Adultes et enfants)
Contact Sauvegarde des Requins : contact@sauvegardedesrequins.fr

Contact presse : Sylvie Lemaire – sylvielemaire@sauvegardedesrequins.fr

Agir en 2 clics pour stopper le finning

Pour voter,c’est ici

L’union Européenne a tardé à interdire le finning, pratique qui consiste à découper les ailerons du requin encore vivant et le relâcher à la mer. Cette pratique barbare permet aux pêcheurs et braconniers d’optimiser le stock dans leurs cales et de pêcher des espèces de requin « protégées ». Aujourd’hui, nous demandons l’arrêt du commerce des ailerons pour mettre un terme au finning.

Un bref retour en arrière…

2003, le règlement de l’UE interdit le finning mais permet des dérogations (largement utilisées par l’Espagne et le Portugal).

Novembre 2012 : Vote du Parlement européen en faveur de la correction des failles du règlement de 2003 suite à la pression d’associations.

L’interdiction du finning est validée en juin 2013 par le conseil des ministres.

Cependant, le commerce des ailerons de requins reste légal sur le territoire de l’UE.

L’Espagne, 1er pays pêcheur de requins de l’UE, et dans le Top 3 au niveau mondial continue d’ approvisionner les pays asiatiques.

Agir pour interdire le commerce des ailerons.

L’initiative citoyenne européenne : Depuis 2012, les citoyens européens ont le droit de s’adresser directement à la Commission européenne via une initiative citoyenne européenne pour proposer un amendement législatif concret.

Sharkproject et Sea Shepherd Global ont initié cette demande et ont été rejoins par d’autres associations dont Sauvegarde des Requins.

Les requins ont besoin de 1 million de signatures européennes. A vous de jouer, voter, partager, partager, partager…Cette victoire sera la vôtre.

Pour voter,c’est ici

Le site dédié #stopfinning, stop the trade : ici

#Stopfinning #Stopthetrade – ©stop-finning.eu

Le gouvernement du Canada interdit l’amputation des ailerons de requin

L’amputation des ailerons de requin est une pratique destructrice qui nécessite une réponse forte et immédiate pour arrêter les répercussions dévastatrices sur les populations mondiales de requins. En tant que prédateurs principaux, les requins jouent un rôle crucial dans le maintien de la santé des autres populations de poissons et des écosystèmes océaniques. Un déclin des populations de requins a un effet néfaste sur nos océans.

Communiqué de presse

Pêches et Océans Canada

20 juin 2019

Toronto (Ontario) – L’amputation des ailerons de requin est une pratique destructrice qui nécessite une réponse forte et immédiate pour arrêter les répercussions dévastatrices sur les populations mondiales de requins. En tant que prédateurs principaux, les requins jouent un rôle crucial dans le maintien de la santé des autres populations de poissons et des écosystèmes océaniques. Un déclin des populations de requins a un effet néfaste sur nos océans.

Aujourd’hui, le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, l’honorable Jonathan Wilkinson, ainsi que des représentants de Humane Society International, de Oceana Canada, et la famille du réalisateur de Sharkwater, Rob Stewart, ont annoncé que le Parlement a adopté d’importantes modifications à la Loi sur les pêches (projet de loi C-68 – Loi modifiant la Loi sur les pêches). Grâce à ces modifications, nous définissons et interdisons la pratique de l’amputation des ailerons de requin, et interdisons l’importation et l’exportation, à destination et en provenance du Canada, d’ailerons de requin qui ne sont pas attachés à la carcasse du requin. L’amputation des ailerons de requin est la pratique consistant à couper les ailerons des requins, souvent pendant que le requin est encore vivant, puis à laisser le requin mourir en mer.

Le gouvernement du Canada est préoccupé par l’état des stocks de requins en voie de disparition dans le monde, en raison de pratiques destructrices et dommageables comme l’amputation des ailerons de requin. Les modifications à la Loi sur les pêches reflètent les partenariats et les activités de défense des intérêts qui visent à régler ce problème partout au Canada, et illustrent clairement l’engagement continu du Canada à améliorer la conservation et la durabilité de notre milieu marin.

Citations

« L’amputation des ailerons de requin est une pratique incontestablement destructrice, qui contribue au déclin mondial des requins et constitue une menace permanente pour les écosystèmes océaniques. Les nouvelles mesures annoncées aujourd’hui sont un exemple clair du leadership du Canada en matière de conservation de notre environnement océanique. Le gouvernement du Canada, en partenariat avec les organisations environnementales, intensifie l’action pour que nous puissions assurer la durabilité à long terme des océans. »

L’honorable Jonathan Wilkinson
Ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne

Faits en bref

  • L’interdiction de l’amputation des ailerons de requin, ainsi que de l’importation et de l’exportation d’ailerons qui sont naturellement attachés à la carcasse est inscrite dans une modification législative à la Loi sur les pêches en vertu du projet de loi C-68. Le projet de loi a été adopté par le Sénat le 18 juin et attend de recevoir la sanction royale.
  • Le Canada n’a aucune pêche commerciale des requins pélagiques.
  • Depuis 1994, le Canada interdit l’amputation des ailerons de requin comme condition de permis de pêche.
  • En mars 2018, le gouvernement a mis en œuvre des mesures qui exigent que tous les requins débarqués au Canada aient leurs ailerons attachés naturellement à la carcasse de l’animal.
  • Tous les requins capturés dans les pêches intérieures canadiennes doivent être débarqués à quai avec leurs ailerons naturellement attachés à la carcasse. Cette pratique est considérée comme la pratique exemplaire mondiale pour empêcher l’amputation des ailerons.
  • Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, 25 pour cent des espèces de requins et de raies du monde sont menacées d’extinction et, chaque année, on estime que 63 millions de requins sont tués dans les pêches.
  • Les requins grandissent relativement lentement, mettent de nombreuses années pour arriver à la maturité et produisent relativement peu de jeunes À l’échelle mondiale, on estime qu’ils sont tués 30 pour cent plus rapidement qu’ils ne peuvent se remplacer.
  • Il existe environ 400 espèces de requins dans le monde. Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction – Requins et raies manta.

Pêche aux requins interdite du 1er février au 30 juin aux Émirats arabes unis

Communiqué de presse, 31 janvier 2018

Le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE) a annoncé que la pêche au requin est interdite pendant la période du jeudi 1er février au 30 juin, coïncidant avec la saison de reproduction. L’interdiction est en vertu du décret ministériel n ° 500 pour l’année 2014 sur la réglementation de la pêche et du commerce des requins.

Salah Abdallah Al Rayssi, Directeur du Département  des pêches au MOCCAE, a déclaré que l’interdiction vise à réduire les risques auxquels sont exposées les espèces de requins rares. Il a noté que les requins jouent un rôle crucial dans le maintien d’un habitat sain en «nettoyant» les récifs et en s’attaquant aux populations de poissons faibles et malades, gardant les récifs coralliens exempts de maladies et les poissons sains et forts.

«Les eaux des Émirats arabes unis (EAU) abritent jusqu’à 30 espèces de requins, qui sont classées comme en danger ou en danger critique d’extinction. Les pratiques de pêche illégales, la propagation mondiale de méthodes de pêche contraires à l’éthique et non contrôlées, ainsi que l’augmentation du commerce des ailerons de requin, mettent certaines espèces de requins à la limite de l’extinction. Les efforts mondiaux doivent être intensifiés pour éviter que cela ne se produise « , a-t-il souligné.

Le décret ministériel no 500 pour l’année 2014 limite la pêche aux requins dans les eaux de pêche situées à moins de cinq milles marins des côtes des EAU et à trois milles marins au moins des îles des EAU. Cela permettra d’éviter la pêche des requins pour leurs ailerons et contrecarrer la pratique de jeter leurs corps dans la mer (finning). Le règlement stipule que les requins doivent être débarqués entiers dans le port. Il vise également à empêcher le commerce de requins vivants capturés dans les eaux de pêche des EAU à moins qu’un permis spécial n’ait été délivré par le ministère. Il empêche la pêche des espèces énumérées dans la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), qui stipule également que ces espèces doivent être soigneusement relâchées dans la mer lorsqu’elles sont capturées accidentellement.

Le décret permet aux pêcheurs d’utiliser plusieurs hameçons pour chaque ligne de pêche pour attraper les requins du 1er juillet de chaque année jusqu’à la fin de janvier de l’année suivante en utilisant des hameçons, sans dépasser 100 hameçons par ligne. Les hameçons doivent être courbés et biodégradables.

L’importation de requins (frais, congelés, séchés, salés, fumés ou en conserve, ou sous toute autre forme) est également autorisée par le décret. Les marchandises doivent être accompagnées du certificat d’origine, de la source d’origine pour chaque expédition, en indiquant le nom scientifique et la quantité. En cas d’importation d’espèces de requins énumérées dans la CITES, le certificat d’exportation ou de réexportation délivré par l’autorité administrative du pays exportateur et un certificat d’importation valide délivré par le MOCCAE doit être présenté. Les entreprises ne sont pas autorisées à exporter des requins capturés dans les eaux de pêche des EAU – qu’ils soient frais, congelés, séchés ou salés, fumés ou en conserve, ou toute autre forme, – tout au long de l’année.

En cas de réexportation d’espèces de requins présentes dans les annexes de la CITES, des documents supplémentaires tels que le certificat de réexportation délivré par le Ministère du Changement Climatique et de l’Environnement pour ces espèces de requins doivent être soumis, en plus de l’autorisation préalable du pays importateur.

Traduction Sauvegarde des Requins

Source : MOCCAE 

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Costa Rica : la pêche à l’aileron de requin difficile à éradiquer

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

De PRI’s The World ©2015 Public Radio International, le 21 janvier 2016. Traduction de Céline pour Sauvegarde des Requins

 

Si vous voulez apprendre comment camoufler des ailerons de requin au Costa Rica, demandez Capitaine José Calderon au port Pacifique de Puntarenas.

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

Le finning, pratique célèbre qui consiste à attraper un requin, lui couper l’aileron et rejeter le reste à l’eau, vivant, est illégal au Costa Rica depuis 2005.

Mais la loi n’a pas arrêté Calderon. Lorsque les inspecteurs ont vu ce qui se trouvait dans la salle des machines, il a usé d’une tactique plus conventionnelle. Il les a soudoyés. « C’était facile, rigole Calderon, trop facile » Il ajoute également qu’il ne s’occupe plus de pêche au requin dorénavant, mais que la demande pour la soupe d’aileron est forte à Hong Kong, et ceci impacte d’autres zones. Souvent, ces derniers se déplacent jusqu’à Cocos, une île luxuriante à trois cent miles dans le Pacifique qui  donne au Costa Rica l’image d’un des pays des plus écologistes et engagés pour l’environnement. Les eaux riches qui bordent Cocos se situent pourtant dans une aire maritime où la pêche au requin est illégale,mais cela ne change guère le problème.

A son poste aux Cocos, le Ranger Geiner Golfin, une sorte de Fidel Castro, physiquement parlant, est en charge de la protection des eaux territoriales des Cocos. Il montre un gros hameçon qui sert à attraper les requins en expliquant que c’est un des nombreux équipements illicites  et confisqués, qui juste en un seul mois, incluent 200 miles de filets de pêche, et 700 bouées.

En fait, l’équipe de Golfin a recueilli tellement d’engins de pêche illégaux qu’ils ont construit un pont suspendu au dessus du  ruisseau qui passe derrière le poste de garde. Il précise que toutes les cordes,  filets et hameçons sont juste une petite fraction de ce qui se trouve aux alentours, et que sa petite équipe est débordée par toute une flotte de bateaux pirates.

Mais la plus grosse menace, selon lui, est actuellement les pêcheries puissantes du Costa Rica connues sous le nom de INCOPESCA. « Nous ne pouvons pas faire notre travail de rangers, ajoute Golfin, car si je vais à la gestion des pêches et que je dis : ok, nous avons besoin de sanctionner ceci ou cela, ils vont me répondre : oh non, ne faites pas cela, vous allez mettre en difficulté mes bateaux ».

Golfin n’est pas le seul à être désespéré par les agences de pêche, il y a également le vice-ministre des Eaux et Océans du pays, Jose Lino Chaves Lopez qui se bat contre. C’est son travail de protéger la faune et l’environnement marin, mais il dit que c’est difficile car les pêcheries ne partagent pas leurs informations, et légalement elles n’y sont pas obligées. De toute façon elles ne répondent à personne quand on les interroge. Chavez dit qu’il y a un conflit d’intérêts puisqu’il est entouré de personnes qui  viennent de l’industrie de la pêche. D’autres sont plus pointues dans leurs critiques. Ils disent que le premier policier de la pêche du Costa Rica semble souvent préférer protéger les criminels.

Comme l’écologiste Randall Arauz, qui a contribué à faire voter la loi anti-finning. Cette dernière précise que les requins entiers doivent entrer au port, avec leurs ailerons attachés à leur corps, afin de réduire la capacité des bateaux. Arauz dit qu’INCOPESCA semble chercher la petite bête en jouant sur les mots : « oh, attendez une minute ! Selon le dictionnaire, « attachés » signifie que vous pouvez l’enlever et le mettre à nouveau ensemble. « 

Arauz dit également que les inspecteurs ont tendance à regarder ailleurs lorsque les « requins Frankenstein » comme il les appelle, arrivent au port, avec des tas d’ailerons cousus sur juste quelques cadavres. Nous avons amené cette affaire devant le parquet du Costa Rica, rajoute Arauz. Le procureur a indiqué que « les ailerons attachés » signifie « naturellement attachés ». Ce qui a engendré, selon Arauz, que les pêcheurs ont de nouveau trouvé une dérive avec une nouvelle pratique qui consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Il ajoute également que : « d’avoir INCOPESCA qui régit le problème de la surpêche serait comme de confier une banque de don de sang à Dracula »

Bien évidemment les membres de l’agence ne sont pas de cet avis. Un d’entre eux, Mauricio Gonzalez reconnait qu’il y a une marge d’amélioration mais balaie les inquiétudes des activistes comme Randall Arauz. « Ils se développent sur l’argent étranger», dit Gonzales.  » Plus ils trouvent de problème, plus ils en créent, plus ils gagnent de l’argent « . Les réfractaires disent que Gonzalez lui-même fut une fois impliqué dans la pêche illégale au requin près de Cocos, ce qu’il réfute clairement.

Le ministre des Océans Jose Chaves dit que le gouvernement essaie de minimiser le problème de la pêche au requin, mais admet que les changements.

C’est clairement le cas à Puntarenas, là où Calderon planquait alors son butin illicite. Il n’y a pas longtemps, un thonier déchargea environ une douzaine de requins congelés. Les employés ont balancé les animaux gelés sur les docks et ont récupéré leurs ailerons tandis que l’inspecteur David Casillo contrôlait que les ailerons soient « naturellement attachés » Il est également monté à bord du bateau pour être sûr qu’il n’y restait rien à fond de cale. Tout cela lui a pris moins de cinq minutes. Quelqu’un demanda alors « et la salle des machines, là où Calderon cachait autrefois son butin », « La Salle des machines?  Non, nous n’y allons jamais » répondit Casillo.

Ce reportage a été fait en collaboration avec le réseau Food  & Environment Reporting, Une organisation à but non lucratif, qui investigue et reporte les faits illégaux reportés dans l’industrie alimentaire, agricole et de santé environnementale.

https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2013/11/06/le-costa-rica-utilise-interpol-pour-avertir-dune-nouvelle-pratique-illegale-de-finning/

En Indonésie, la chasse aux requins est un business juteux

Bien que certains squales soient protégés, les chasseurs indonésiens pratiquent une chasse intense. Les ailerons de requins valent en effet une fortune.

Reportage de France 2
http://api.dmcloud.net/player/embed/4e7343f894a6f677b10006b4/556cb08406361d5c6cc8c4b7/f95a10bda83c4f39ae1ebac0ed7a6af4?exported=1 » target= »_blank »>ARTICLESur l’île de Lombok, en Indonésie, la chasse aux requins est une activité intense. Et pour cause, le requin est une marchandise très prisée car très rentable. Un pêcheur touche 1 million de roupies par squale pêché, soit un peu moins de 100 euros. En Indonésie, c’est une somme très importante.

L’aileron, un produit de luxe exporté en Chine

Chaque année, 110 000 tonnes sont pêchées en Indonésie, premier pays chasseur de requins au monde. Suhadang, négociant, explique à France 2 : « La viande peut valoir 1,50 euro par kilo. La peau peut être utilisée une fois séchée. Son prix est de 10 euros par kilo. Les ailerons, c’est ce qui vaut le plus cher. » En effet, le kilo d’ailerons vaut 270 euros, plus que le salaire mensuel d’un policier.

Les ailerons sont presque tous exportés en Chine, où ils sont considérés comme un produit de luxe aux vertus thérapeutiques. À cause de cette croyance infondée, plusieurs espèces de requin sont menacées d’extinction.

Requins : captures mondiales 2012

Les données FAO

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Food and Agriculture Organization of the United Nations) vient d’éditer ces statistiques pour l’année 2012.

Ces données concernent les captures débarquées déclarées.

FAO : « La FAO essaie autant que possible, avec le plus grand soin, d’assurer la qualité des données présentées dans cet Annuaire, en complétant les données communiquées par les pays par des informations provenant d’autres sources telles que: organes régionaux des pêches, projets de terrain, enquêtes indépendantes, documents rédigés par des spécialistes et sources extérieures au secteur des pêches. Néanmoins, la précision et la fiabilité des agrégats mondiaux des statistiques des pêches dépendent en dernière analyse de la qualité des sources nationales de données, des méthodes de collecte, de la périodicité de leur mise à jour et de leur présentation. La qualité des données halieutiques peut être fort inégale d’un pays à l’autre. Même si la FAO s’engage à améliorer constamment la qualité des données, il ne fait pas de doute que nombre d’autres améliorations peuvent être apportées. Toute contribution des utilisateurs des données à cet égard sera la bienvenue. »

Ces chiffres ne représentent qu’une tendance et un minima  car ces données ne tiennent donc pas compte :

  • de toute capture non déclarée pour différentes raisons : braconnage, omissions ou rejets pour respect des quotas, prises accessoires non ciblées donc rejetées à l’eau…
  • des erreurs d’identification
  • des pays qui n’ont pas les structures/outils/informations nécessaires à une bonne identification ou à des déclarations de captures…

De plus :

  • certaines espèces ne sont identifiées que dans leur famille (spp)
  • certains pays ne déclarent que le total « requins, raies, chimères »

Cependant, les outils, la sensibilisation a permis de rendre ces statistiques de plus en plus fiables et d’aider les organisations, pays à mettre en place des actions pour évaluer au mieux captures, stocks et préservation.

Les tendances

Dans le monde :

En 1950 : 273 965 tonnes déclarées, en 2012 : 765 422 tonnes déclarées.

La tendance est à la baisse depuis 2000, cette année a connu le chiffre en terme de captures le plus important depuis 1950. Depuis 1950, les captures enregistraient une augmentation constante et importante pour ensuite voir une baisse générale s’amorcer à compter de 2001 et enfin ( ?) descendre sous la barre des 800 000 tonnes en 2005.

Pourquoi une telle augmentation ?

Les engins de pèches deviennent de plus en plus efficaces et ne laissent aucune chance aux poissons « de passer entre les mailles du filet ». La pêche industrielle est alors en plein essor et concentre ses efforts sur les nouvelles technologies. De plus, dans les années 90, la population asiatique est de plus en plus nombreuse à pouvoir profiter des produits « requins » (et du coup de la soupe aux ailerons de requins) avec l’émergence de ces pays.

La baisse est-elle un bon signe ?

Des efforts, sous la pression des associations, sont réalisés pour protéger les requins ; la Cites, les quotas, par exemple, doivent permettre de diminuer la capture de certaines espèces de requins les plus menacées. Cependant, les requins sont  aussi victimes des prises accessoires et leur protection ou les quotas à respecter ne les protègent pas.

Les lois pour leur protection sont régulièrement détournées ou simplement non respectées (cf : le détournement du finning)

Les populations de requins ont fortement diminué et face à cette surpêche elles n’ont pas le temps de se reconstituer. Aujourd’hui, les captures concernent de plus en plus les juvéniles.

Aussi, cette diminution est-elle due à une volonté commune ou simplement à une diminution de la population ?

Pourquoi les requins sont-ils plus sensibles à la surpêche que certaines autres espèces de poissons ? La nature n’a pas prévu un prédateur aussi « insatiable » que l’homme, aussi elle a pourvu le requin d’une biologie spécifique propre à son statut de super prédateur : croissance lente, maturité sexuelle tardive (plusieurs années), faible potentiel reproductif et longue gestation (des mois jusqu’à 2 ans).

Données FAO
Données FAO

Données FAO
Données FAO

Données FAO
Données FAO

L’Espagne se hisse désormais au 1er rang mondial en terme de capture, supplantant ainsi  l’Indonésie, historiquement en tête. En effet, l’Espagne augmente ces captures d’environ  7,02% soit 6 910 T de plus, alors que l’Indonésie enregistre (officiellement !) une baisse d’environ 1,15% soit – 1 191 tonnes. Autres pays en augmentation dans ce top 5 mondial par rapport à 2011, l’Inde +6,70%environ,  et les USA +5,09%environ.

Arrive en 6ème position Mexico puis l’Argentine, la Malaisie, l’Iran et le Nigéria.

Les espèces les + ciblées

Données FAO
Données FAO

Le requin peau bleue représente 13% des captures totales dans le monde. Cette espèce a toujours été très prisée par les pêcheries. Elle est considérée comme « quasi menacée » dans le monde. Captures : 114 829 t en 2011  et 92 708 t en 2010.

L’aiguillat commun (nom commercial : saumonette) : espèce classée « en danger » en France et dans les zones suivantes : pacifique NO, atlantique NO, atlantique NE, méditerranée. « Vulnérable » dans le monde. Captures : 14 435 t en 2011 et 12 559 t en 2010

Le requin à queue tachetée : espèce classée « quasi menacée » dans le monde. Captures : 10 128 t  en 2011  et 9 698 t en 2010

Le requin taupe bleue ou mako : espèce classée « vulnérable » dans le monde (pacifique NE : « quasi menacée »). Captures : 12 002 t en 2011  et 10 287 t en 2010. En France, en 2010, ces captures représentaient 16 tonnes, 5 en 2011 et 1 en 2012.

La difficulté est qu’en protégeant une espèce au travers de quotas ou d’interdiction de pêches, d’autres espèces vont devenir la cible de ce commerce. De plus, ces espèces dites protégées sont toujours victimes des prises accidentelles, des filets ou autres dangers créés par l’Homme. Il est aujourd’hui nécessaire d’avoir une vision globale autant pour l’ensemble des espèces de requins que pour les océans eux-mêmes. Pour protéger les requins, il faut protéger les océans et pour protéger les océans, il faut sauver les requins. Se concentrer sur certaines espèces, c’est oublier la place de chacune dans cet écosystème complexe où tout organisme interagit.  Nous devons opter pour une approche systémique pour la préservation de l’écosystème marin, seule approche à mon sens efficace sur du long terme.

La France

Données FAO
Données FAO

Données FAO
Données FAO

La France malgré une baisse se retrouve désormais en 2ème rang en Europe et 11ème position dans le monde, en effet le Portugal enregistre une baisse dans ces captures beaucoup plus importante.

Données FAO
Données FAO

Les français sont surtout friands des « saumonettes » et raies. Aussi, les pêcheries ciblent surtout la petite roussette, les émissoles et les raies.

La petite roussette est classée « préoccupation mineure » en France métropolitaine et dans le monde.

Les émissoles : les données sont insuffisantes pour estimer leur population et évaluer le degré de menace qui pèse sur les Mustelus. Dans le monde, l’émissole tachetée est classé « préoccupation mineure », l’émissole lisse « vulnérable ». Les émissoles sont  devenues les nouvelles cibles suite à la protection de l’aiguillat commun.

Les raies : la raie fleurie et la raie bouclée sont considérées comme « vulnérables » en France métropolitaine et dans le monde comme « préoccupation mineure » pour la première et « quasi menacée » pour la seconde. Quant à la raie douce, les données sont insuffisantes pour la France et l’espèce est considérée comme « préoccupation mineure » dans le monde.

A consulter

Un quart des requins et des raies menacés d’extinction

Les requins et raies de France métropolitaine menacés par une pêche non durable

Les requins de la Méditerranée et de la mer Noire menacés d’extinction

Entre 63 et 273 millions de requins sont tués chaque année

Article de Sauvegarde des requins, mai 2014

Données : FAO et UICN

Ailerons de requins : la Nouvelle-Zélande déclare la guerre aux chasseurs

Photo ©David Vogt
Photo ©David Vogt

WELLINGTON, vendredi 10 janvier 2014 (Flash d’Océanie) – La Nouvelle-Zélande a durci jeudi sa législation en vue d’interdire la chasse aux requins, en particulier pour ses nageoires, très prisées sur les marchés asiatiques car entrant dans la composition de soupes.
En annonçant conjointement ce nouveau train de mesures, jeudi, Nick Smith et Nathan Guy, respectivement ministres de la protection de l’environnement et du secteur primaire, ont précisé que dans l’immédiat, le fait de pêcher un requin, de lui couper les nageoires et de le remettre vivant à la mer étaient passibles de peines.
Par ailleurs, dans le cadre d’une consultation engagée ces derniers mois en vue d’un plan de protection et de gestion des requins, plus de 45.000 soumissions ont été reçues, en faveur d’une interdiction pure et simple de la pêche aux ailerons de requins en Nouvelle-Zélande.
« Ces soumissions en faveur de l’interdiction de la pêche aux ailerons de requins prouvent que l’attitude des Néo-zélandais vis-à-vis des requins a bien changé depuis l’époque des ‘Dents de la Mer’. Il est maintenant largement reconnu que les requins représentent une part importante de l’écosystème marin et que donc, nous devons faire en sorte que les quelque 133 espèces de requins vivant dans nos eaux survivent », a déclaré M. Smith.
Il a aussi annoncé une accélération du calendrier en vue d’interdire la pêche aux ailerons de requins en Nouvelle-Zélande, avec comme horizon un premier groupe d’espèces de squales couvert au 1er octobre 2014.
Une seconde tranche est prévue pour entrer en vigueur le 1er octobre 2015, a-t-il précisé.
La troisième et dernière phase, en vue de protéger les espèces de requins bleus, les plus migratoires, devrait suivre le 1er octobre 2016.
Ces échéances, selon le gouvernement néo-zélandais, devraient « laisser suffisamment de temps aux industriels de la pêche commerciale pour modifier leurs pratiques », conformément à l’entrée en vigueur progressive de cette série d’interdictions.
Dans le cadre du plan de protection et de gestion des requins, d’autres mesures sont aussi prévues, avec une large part accordée à l’information et à la sensibilisation.

Source : http://www.tahiti-infos.com

Le Costa Rica utilise INTERPOL pour avertir d’une nouvelle pratique illégale de « Finning »

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Communiqué de presse, INTERPOL, 6 novembre 2013

LYON , France – Une alerte concernant une méthode de prélèvement des ailerons de requin visant à éviter la détection des pratiques illégales a été distribuée aux 190 pays membres d’INTERPOL après qu’un cas a été identifié par les autorités du Costa Rica.

Cette nouvelle pratique consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Cette méthode vise à contourner la législation interdisant le finning qui stipule que les ailerons du requin doivent être «naturellement attachés » à l’organisme.

San José Gustavo Chinchilla, responsable du BCN d’Interpol a déclaré: « C’est une occasion pour encourager d’autres pays membres à  partager les types de modes opératoires considérés comme crimes contre l’environnement, afin d’alerter les autorités. Je crois fermement que la coopération et l’utilisation des outils d’INTERPOL, nous permettent d’offrir une réponse plus coordonnée et plus efficace pour résoudre les problèmes de la pêche ».

 » C’est maintenant le deuxième avis Violet émis en relation avec la criminalité de la pêche, et nous espérons que cela encouragera d’autres pays membres à faire un usage accru des notices Interpol pour lutter contre tous les types de crimes contre l’environnement « , a ajouté M. Higgins, directeur de l’unité de sécurité de l’environnement d’INTERPOL.

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Le Costa Rica a demandé à Interpol d’émettre un « avis Violet » pour avertir les autres pays membres de l’apparition d’une nouvelle méthode illégale d’enlèvement des nageoires de requin.

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La méthode vise à contourner la législation interdisant la pratique du finning qui stipule que les ailerons du requin doivent être «naturellement attachés» à l’organisme.

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L’avis Violet a été publiée sous l’égide du programme Scale d’INTERPOL, une initiative mondiale visant à détecter, réprimer et combattre la criminalité de la pêche qui  coûterait à l’économie mondiale jusqu’à 23 milliards de dollars chaque année, et qui est liée à d’autres formes de criminalité organisée et transnationale y compris la corruption, le blanchiment d’argent, la fraude, la traite des êtres humains et le trafic de drogue. Ce programme a été lancé en Février 2013 et est financé par le ministère norvégien des Affaires étrangères, le Département d’État et les Pew Charitable Trusts US .

Source : INTERPOL

L’Inde interdit le finning pour protéger des espèces

Traduction de l’article : India bans shark ‘finning’ to protect species (26 août 2013) par Sauvegarde des requins

L’Inde a interdit la pêche des requins uniquement pour leurs ailerons dans un mouvement visant à protéger les espèces menacées.

La pratique du shark  » finning « , ou à couper les nageoires des requins puis les jeter à la mer et les laisser mourir lentement de faim ou de l’impossibilité de se déplacer, a explosé dans le monde entier en raison de la demande en Chine, où la soupe d’ailerons de requin est considéré comme un mets de choix.

L’Inde énumère plusieurs dizaines d’espèces de requins dans ses eaux en voie de disparition, dont les marteaux, les requins à grandes ailes et les requins -baleine.

En vertu de la nouvelle politique du ministère de l’Environnement, annoncé lundi, les pêcheurs pris avec des ailerons seuls risquent jusqu’à sept ans de prison pour la pêche d’espèces en voie de disparition.

Dans le monde, les populations des requins sont en forte baisse, avec certaines espèces qui représentent aujourd’hui que dix pour cent de ce qu’elles étaient il y a trois décennies. Leur disparition menace la santé des écosystèmes océaniques, disent les experts, ces grands prédateurs sont essentiels pour maintenir l’équilibre des populations de poissons et de tortues. Des dizaines de millions sont capturés chaque année.

La croissance du finning pour alimenter le marché chinois a posé une menace majeure pour les requins.

L’Inde est le deuxième plus grand pays du monde dans la capture des requins derrière l’Indonésie, les deux pays représentant à eux seuls 20 pour cent des captures de requins chaque année, selon un rapport publié par l’agence TRAFFIC. (Voir article)

La plupart des pêcheurs indiens capturent des requins principalement pour la nourriture, mais ils exportent aussi les ailerons à l’étranger. Les ailerons doivent dorénavant être enlevés une fois que les requins sont à terre.

L’année dernière, les pêcheurs indiens ont exporté pour 4,8 millions de dollars d’ailerons de requins en Chine, un chiffre en baisse puisqu’il représente moins de la moitié des 11,3 millions de dollars en 2010, malgré une demande soutenue.

«Les pêcheurs disent que le nombre de requins qu’ils ont été en mesure d’attraper a réellement baissé « , a déclaré C. Samyukta de Humane Society International.

Les écologistes ont applaudi la décision du ministère comme la clé pour mettre fin à une pratique cruelle qui menace de pousser certaines populations de requins au bord de l’extinction.

«Compte tenu de la situation périlleuse de nombreuses espèces de requins , nous exhortons les gouvernements des États à agir rapidement et à travailler pour faire appliquer la politique « , a déclaré Belinda Wright, de la Société de protection de la faune de l’Inde (Wildlife Protection Society of India).