Une consultation publique pour quoi faire M. le Préfet ?!

Lettre au Préfet suite à la décision de valider l’arrêté malgré l’avis du public.
Monsieur le Préfet,
Le site de la préfecture vient de publier le résultat de la consultation publique que vos services ont organisée, à propos du projet d’arrêté visant à reconduire pour trois ans la pêche aux requins tigres et bouledogues dans les zones de protection renforcée (ZPR 2A) de la Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion.

Le résultat est sans appel :

751 avis émis provenant de La Réunion et hors Réunion,

658 avis (près de 83%) sont défavorables à cet arrêté préfectoral,

45 avis (6%) sont favorables.
Pourtant cela n’a pas empêché la préfecture de promulguer dès hier l’arrêté en question (arrêté préfectoral n°2671 du 28/12/21).
En clair, la seule préoccupation de l’Etat à la Réunion est de tuer du requin, tous les requins tigres et bouledogues qu’il peut capturer dans les eaux réunionnaises.
L’avis du public, il s’en fiche éperdument. Celui des scientifiques, itou. Excusez du peu…..
Cette issue était prévue d’avance.
Le directeur du Centre Sécurité Requin – dont la présidente n’est autre que la sous-préfète de Saint-Paul – n’avait-il pas déclaré dans la presse du 18 novembre 2021 que l’arrêté serait de toute façon reconduit quel que soit le résultat de la consultation ?

Par conséquent il s’agit bien d’une consultation « bidon » qui ne fait pas honneur au Préfet que vous êtes. Le seul but de l’Etat était de s’assurer un cadre légal qui faisait défaut dans le précédent projet d’arrêté, ladite consultation étant obligatoire.
Cette façon d’agir n’est pas tolérable dans une démocratie telle que la nôtre.
Inutile de vous dire que nos associations attaqueront l’arrêté en question au tribunal administratif dans le délai légal de deux mois.


Didier DERAND
Représentant du Collectif d’Associations
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration – Shepherd France – Longitude 181 – One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) – Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité – Le Taille-Vent – Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES)

Le Centre Sécurité Requin a-t-il vocation à détruire les écosystèmes de nos lagons ?!

Le 15 décembre, un père et sa fille font la rencontre d’un requin juvénile d’espèce indéterminée d’environ 1m50 et un peu trop curieux, dans le lagon de Saint-Pierre du côté de Ravine Blanche. Le requin les aurait « chargés » mais a aussitôt fait demi-tour sans autre conséquence.

La presse locale s’empare immédiatement de l’affaire : certains médias parlent alors d’une attaque d’un requin bouledogue d’au moins 2m, voire même d’un adulte, en plein dans le lagon…..Haro sur le dangereux prédateur !

La CIVIS interdit jusqu’à nouvel ordre la baignade et les activités nautiques sur les plages du centre-ville à la Ravine Blanche. 

Et dès le lendemain, le Centre Sécurité Requin (CSR) sort la totale à Ravine Blanche : activation du protocole requin, survol de drones, pêche au filet au beau milieu des coraux, et opérations de pêche « ciblées » à la palangre (drumline) derrière la barrière corallienne.

Las, le juvénile ne s’en laisse pas conter : « Selon le CSR, le requin, cerné par le filet des pêcheurs, a déployé suffisamment d’énergie pour s’échapper du piège et rejoindre le large, suivi par un des pêcheurs affectés aux drumlines » (Quotidien, 18/12/21).

On ne vous fait pas un dessin sur le piétinement du corail (formellement interdit) occasionné par les pêcheurs en train de courir après le requin avec leur filet….

Pourtant le 16 novembre, sur la page Facebook « Observations Requins 974 », Christophe Perry, coordonnateur du programme de pêche du CSR, expliquait déjà à quel point ce type de pêche est destructeur  dans le lagon de Saint-Pierre :

« C’est une fièvre pour pêcher au filet, ce lagon de St-Pierre. Corail en forme, et roches partout, pas de fond, pas mal d’autres espèces qui risquent d’y passer si on laisse un trémail la nuit…..Compliqué cette zone, casser le corail et pêcher d’autres espèces, ça passera pas et on va s’en prendre de partout » (sic).

Mais cela ne les a pas empêché de lancer la pêche au filet dans le lagon dès le 16 décembre ! Résultat des courses : 2 requins tigres massacrés au large. Mais de juvénile, point.

Au fil des jours, ledit public, lassé par l’interdiction de baignade en pleine chaleur, et sans doute révolté par cet abus de pouvoir manifeste et des mesures disproportionnées, retourne à l’eau malgré le drapeau rouge.

Arrive le 24 décembre, jour de Noël. Une coïncidence ? Alors que la plupart des gens sont occupés à préparer les fêtes et à faire leurs derniers achats, le CSR décide ni plus ni moins de venir installer en douce un autre filet maillant, dans le lagon du centre-ville cette fois.

Installé à demeure, sur une trentaine de mètres en direction du platier récifal, il est destiné à pêcher jour et nuit. Que le filet – à mailles fines – se prenne dans le corail et le brise, qu’il capture au passage tous les petits poissons du lagon (balistes, poissons cochers, poissons papillons,….) qui restent prisonniers des mailles, ce n’est visiblement pas leur problème : il faut tuer ce fichu requin juvénile !

La « légalité » de l’opération pose également question. 

Certes, le CSR bénéficie pour ce faire de dérogations de la DMSOI (Direction de la Mer Sud Océan Indien) à l’arrêté préfectoral consolidé n°1742 du 15 juillet 2008 sur la pêche professionnelle, lequel précise en son article 23 (pêche dans les lagons) :

« L’ensemble des plate-formes récifales de l’île (communément appelées « lagon ») comprenant les chenaux d’arrière récif et les platiers coralliens, depuis la plage jusqu’à la barrière de corallienne, constitue une réserve de pêche. A l’intérieur de la réserve de pêche, seules la pêche du capucin nain et la pêche à pied à la ligne sans moulinet (pêche à la gaulette) sont autorisées, de jour et sur les seuls fonds sableux, dans la limite de 25 mètres de la ligne des plus hautes eaux ».

Mais cela n’autorise nullement le CSR sous le prétexte de pêche au requin, à détruire les écosystèmes coralliens de nos lagons ! Les petits braconniers ne font guère « mieux »……

Alors me direz-vous : mais que fait la police ? Ben rien, vu que le président du CSR n’est autre que la sous-préfète de Saint-Paul. Le CSR, protégé par l’Etat, a donc tous les droits…..

Et soyez contents braves gens : tout ça, c’est avec votre « pognon ». Le CSR ne fonctionne qu’avec de l’argent public.

Depuis, heureusement, les choses sont rentrées dans l’ordre. Des représentants de l’Association Citoyenne de Saint-Pierre se sont émus de l’affaire et ont clairement dit leur façon de penser au pêcheur qui était venu inspecter le filet le soir du 24 décembre.

Le lendemain, plus de filet dans le lagon du centre-ville. Dont acte. Jusqu’à la prochaine sans doute. Car en matière de coups pendables, le CSR n’en est pas à ses débuts.

Faut-il rappeler en effet que depuis 2018, le CSR s’est rendu coupable de près de 166 infractions à la réglementation (une paille !) à l’occasion de pêches aux requins dans les zones de protection renforcée 2A et dans les sanctuaires de la Réserve marine de la Réunion ?

Plainte a été déposée par nos associations auprès du Procureur de la République. L’affaire est toujours en cours. A suivre.

On signalera pour finir des contradictions évidentes dans le discours du directeur du CSR Willy Cail. Alors que le Quotidien du 18/12/21 décrit clairement l’opération de pêche au filet en cours à Ravine Blanche, M. Cail affirme le 27 décembre sur le site ImazPress qu’aucun filet n’a été utilisé sur ce site, mais bien « une opération de pêche sans filet, à l’aide d’hameçons, complétée par une technique d’encerclement par drones ».

Affirmation contredite à nouveau par le Quotidien du 28/12/21 qui titre, en parlant de Ravine Blanche : « Le filet anti-requins retiré demain ? » ……

Alors qui ment ? Qui essaie de balader le public ?

Une chose est certaine : nous continuerons à surveiller les agissements du CSR comme le lait sur le feu. Ces gens-là se croient décidément tout permis.

Les petits braconniers, on leur colle des amendes, et on les met éventuellement en prison. Allez donc leur expliquer désormais le pourquoi du comment, et « comment ça se fait que le CSR, lui, il ait le droit de….. ?». On vous souhaite bonne chance.

Didier DERAND, Représentant du Collectif d’Associations :
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration – Shepherd France – Longitude 181 – One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)- Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité – Le Taille-Vent- Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES)

crédit photo : Association Citoyenne de Saint-Pierre

Non à la pêche aux requins dans les zones de protection renforcée

Une consultation du public est en cours jusqu’au 20 décembre 2021. Elle concerne l’avenir de la Réserve Naturelle Nationale Marine de La Réunion, notre patrimoine à tous .

20 jours seulement pour s’exprimer!

Depuis le début de la pêche en 2013, l’Etat a déjà liquidé 571 requins dans les eaux réunionnaises : 171 bouledogues et 400 tigres (données publiées au 31 octobre 2021).


Mais cela ne lui suffit pas, il en veut toujours plus. Il lui faut désormais tuer tout requin observé, y compris dans les zones les plus protégées de la Réserve marine.
Cette destruction systématique n’est pas acceptable, et ce pour de multiples raisons.

Quand il a été consulté – ce qui n’a pas toujours été le cas – le Conseil Scientifique de la Réserve marine a toujours émis des avis très défavorables à la pêche aux requins dans les zones de protection renforcée (ZPR) de la Réserve marine. Le préfet les a hélas toujours superbement ignorés.

La première étude de « l’effet réserve » (synthèse du 19 janvier 2017) a montré en effet que le repeuplement en poissons est encore loin d’être acquis, et que les massifs coralliens se sont fortement dégradés du fait de la dégradation générale de l’environnement littoral de l’Ouest de la Réunion. Il importe donc de protéger encore plus les écosystèmes coralliens de la Réserve marine. L’Etat, lui, fait le contraire…..

L’Etat peut donc déjà tuer du requin sur 60% de la Réserve. Et il voudrait 95% ?!

Pourtant la pêche dans ces zones protégées n’est nullement une nécessité puisqu’elle est déjà possible et pratiquée dans les zones de protection générale (ZPG), qui représentent 50% de la Réserve marine. Les zones de protection renforcée ne représentent que 45% (10% pour les ZPR 2B, réservées à la pêche professionnelle ; 35% pour les ZPR 2A), et les zones de protection intégrale ou sanctuaires seulement 5%.
L’Etat peut donc déjà tuer du requin sur 60% de la Réserve. Et il voudrait 95% ?!
Alors réserve marine ou réserve de pêche préfectorale ?!

L’Etat laisse clairement entendre que la Réserve marine porterait une responsabilité dans les accidents, un discours constamment asséné par une majorité de pratiquants du surf. Or il n’en est rien. Dans son avis du 9 février 2017, le Conseil Scientifique « rappelle que les attaques ont principalement eu lieu là où se pratiquent les activités de surf, sur des zones où la géomorphologie récifale le permet, grâce à une discontinuité du récif, ce qui est le cas de Boucan Canot (et des autres spots de surf en situation récifale). Cela n’a rien à voir avec le fait que ce soit une ZPR ou une ZPG ».

D’ailleurs, tant l’étude CHARC (2011-2014) qu’une étude plus récente (Soria et al, 2019) ont démontré que la répartition spatiale des requins bouledogues – l’espèce impliquée dans les accidents – était centrée à l’extérieur de la réserve et non à l’intérieur.

S’agissant du protocole « rigoureux » dont l’Etat s’enorgueillit et de l’interdiction de pêche en zone de protection intégrale, on ne peut que constater la violation systématique de ces dispositions par le Centre Sécurité Requin (CSR).
Sur les 4 dernières années en effet, le Conseil Scientifique a relevé près de 166 infractions aux arrêtés préfectoraux sur la pêche en réserve et à la réglementation de la réserve marine à l’occasion de pêches du CSR en ZPR 2A ou en sanctuaires !! Preuve s’il en était besoin que le préfet est incapable de contrôler les agissements du CSR.
Une procédure en justice est d’ailleurs en cours, 5 associations de notre Collectif ayant déposé plainte au pénal contre « X » pour ces faits.

La politique de l’Etat est d’autant plus absurde que depuis 2018 :

  • Les requins tigres, qui ne sont quasiment pas impliqués dans les accidents (un seul accident répertorié par le CSR en 10 ans), représentent 31% des captures, soit 5 fois plus que les bouledogues,
  • Les prises accessoires représentent 62% des captures !

S’agissant des deux espèces de requins ciblées – le bouledogue et le tigre – elles sont inscrites sur la liste rouge de l’UICN avec le statut quasi-menacé.
Et des études génétiques récentes (Pirog et al, 2019 ; Bernard et al., 2021) sont venues souligner l’urgence à protéger les requins tigres. Car détruire systématiquement cette espèce dans les eaux réunionnaises impacte toute sa population Indo-Pacifique Ouest.
Or, il est important de le rappeler : il n’a jamais été démontré scientifiquement que la pêche aux requins dans les ZPR 2A diminuait le risque requin.

Les prises accessoires, elles, sont vitales pour la restauration de la biomasse dans la Réserve marine : carangues, mérous, barracudas, raies, autres espèces de requins, etc…..
Par ailleurs, on y trouve de nombreuses espèces menacées ou en voie d’extinction : grande raie guitare, requins marteaux, raie pastenague à taches noires, requin nourrice fauve, tortue verte, etc….
Pour mémoire, au 31 octobre 2021, le CSR avait capturé plus de requins marteaux halicornes (55), en danger critique d’extinction, que de requins bouledogues (51).

Certes, il se targue de relâcher « vivantes » 82% des prises accessoires, soit une mortalité directe de 18%. Mais ces taux ne préjugent en rien de la survie réelle des prises accessoires, en particulier celles relâchées « fatiguées » ou blessées.
Les requins marteaux halicornes par exemple sont extrêmement sensibles à la capture et ne survivent que très peu de temps. S’ils ne sont pas tout simplement dévorés par d’autres prédateurs.

A contrario, des solutions non létales efficaces existent déjà et ont été mises en œuvre (dispositif Vigie Requin Renforcé et équipements de protection individuels EPI pour le surf ; filets de protection pour la baignade).

Par conséquent, il est parfaitement inutile – et écologiquement dangereux – d’autoriser la pêche aux requins dans les ZPR 2A de la Réserve marine, simplement pour défendre le loisir égoïste d’une poignée de pratiquants du surf.
Ces campagnes punitives ne sont pas acceptables dans un pays dit « évolué » comme le nôtre.

                        D.Dérand pour le Collectif d’Associations :

Sauvegarde des Requins – Requins Intégration – Shepherd France – One Voice – Longitude 181- Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)- Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité – Taille-Vent- Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES)

consultation du public

l’Etat braconne sur « ses » propres terres !

Madame la Sous-préfète de Saint-Paul
Présidente du Centre Sécurité requin

Madame la Présidente,

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer Madame la Présidente, l’expression de nos sentiments respectueux.

Par le biais d’une auto-saisine rendue publique et d’un courrier aux autorités (PJ 1 et 2), le Conseil scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion (RNNMR) s’est récemment ému de constater que les pêcheurs du GIP Centre Sécurité Requin (CSR, ex-CRA) s’étaient apparemment rendus coupables de près de 166 infractions à la réglementation de la RNNMR à l’occasion de pêches illégales dans les zones de protection renforcée (ZPR 2A) et dans les sanctuaires (zones de protection intégrale, ZPI) de ladite réserve.

On aurait pu croire que cela mettrait un frein, au moins pendant quelques temps, au programme de destruction massive des requins tigres et bouledogues mis en place par l’Etat français dans les eaux réunionnaises depuis 2013, et plus particulièrement dans la RNNMR depuis 2019 (arrêté préfectoral n° 2019-298 du 15 février 2019, PJ 3). Il n’en a rien été.
Un mois plus tard, jour pour jour, le Préfet de la Réunion prenait un nouvel arrêté (n° 2021-1362 du 19 juillet 2021, PJ 4) reconduisant la pêche aux requins dans les ZPR 2A de la réserve marine jusqu’en 2023…..
Etant donné le niveau alarmant d’infractions constaté par le Conseil scientifique de la RNNMR, nous souhaiterions par conséquent avoir accès aux informations et documents administratifs suivants du GIP Centre Sécurité Requin (CSR) :
Relevés de positionnement des balises des bouées GPS satellitaires qui ont déclenché un message d’alerte de capture, depuis le 29 mars 2018. Ces relevés sont à priori fournis par la société Isi-Fish à Concarneau, qui a vendu lesdites bouées au CSR.
Photos et vidéos que les pêcheurs missionnés par le CSR ont obligation de prendre à titre de preuve lorsqu’une capture intervient, depuis la même date.

Nous aimerions souligner que ces informations et documents administratifs sont librement accessibles au public.
Les deux arrêtés préfectoraux précités (article 5) prévoient en effet que :
Des photos et vidéos soient prises pour chaque opération ciblée de prélèvement,
Il soit effectué un suivi géo-localisé de chaque opération ciblée de prélèvement,
L’ensemble des données soit capitalisé et partagé avec le GIP RNNMR, ce qui n’a visiblement jamais été le cas puisque le Conseil scientifique vient de découvrir le « pot aux roses »…..
A la fin de l’opération, le CSR communique au public l’ensemble des démarches menées et les résultats de l’opération ciblée.

A cet égard, nous ne pouvons que regretter l’attitude du CSR dans cette affaire. En effet :
La géolocalisation des prélèvements s’effectuait sur le géo-portail « SEXTANT Océan Indien » de l’Ifremer : https://sextant.ifremer.fr/ocean-indien
Suite à l’alerte lancée par le Conseil scientifique de la RNNMR dans son auto-saisine du 19 mai 2021, le CSR n’a rien trouvé de mieux – pour tenter peut-être de faire disparaître les preuves du forfait – que de demander à l’IFREMER d’effacer toutes ses données de son site (PJ 2), en violation des dispositions de l’arrêté préfectoral !
Une belle preuve de la fameuse « transparence » dont le CSR ne cesse de se vanter auprès des médias de la Réunion et sur son site info-requin.re……

A vous qui êtes la Présidente à la fois de la RNNMR et du CSR, nous ne ferons pas l’offense Mme la Sous-Préfète de rappeler les dispositions de l’article 10 de l’arrêté préfectoral : « Les infractions au présent arrêté exposent leurs auteurs aux poursuites et peines prévues par l’article L.5242-2 du code des transports », soit un an d’emprisonnement et 150 000 € d’amende…..

En clair, l’Etat braconne sur « ses » propres terres !


Didier DERAND
Représentant du Collectif

Le Collectif d’Associations
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration – SeaShepherd Conservation Society – Longitude 181 – One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) – Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité – Taille-Vent
Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES)

Quand le Centre Sécurité Requin braconne dans la réserve marine….

Une fois n’est pas coutume, le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion (RNNMR) est sorti récemment de sa réserve pour alerter publiquement les autorités sur les pratiques de pêche illégales du Centre Sécurité Requin (CSR, ex-CRA) à l’intérieur de la réserve, jusque dans ses sanctuaires les plus protégés.

En effet, si la pêche professionnelle est autorisée dans les zones de protection générale et dans les zones de protection renforcée externe (ZPR 2B, situées plus au large), elle est formellement interdite dans les ZPR 2A (zones situées dans la partie la plus construite de l’édifice récifal, de 0 à -30m de profondeur) et à fortiori dans les zones de protection intégrale : les fameux sanctuaires, en très petit nombre.

Le Conseil Scientifique de la Réserve Marine a donc publié le 19/05/21 une auto-saisine reprise par le journal Le Monde du 14/06/21, puis a adressé le 19/06/21 un courrier à ce sujet aux autorités locales et nationales. 

En dehors du JIR (article du 16/06/21), aucun média à la Réunion ne s’en est fait l’écho, illustrant une fois de plus le parti pris des médias réunionnais pour la destruction systématique des requins tigres et bouledogues menée par l’Etat français dans nos eaux.

Mais que s’est-il passé exactement ?

L’arrêté préfectoral n° 1742 du 15 juillet 2008 modifié, réglementant l’exercice de la pêche maritime professionnelle dans les eaux de la Réunion, et l’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019, autorisent de manière dérogatoire la pêche des requins tigres et bouledogues dans les ZPR 2A, uniquement dans le cadre de dispositifs post-attaque ou post-observation (lorsqu’un requin a été observé de manière certaine).

L’arrêté n° 298 stipule, en son article 5 : « L’opération ciblée de prélèvement (…) s’effectue au moyen de la technique de palangue ancrée, dite palangue verticale avec alerte de capture, dans les zones de protection renforcée de niveau 2A, hors platiers récifaux. Aucune pêche n’est permise en zone de protection intégrale ».

Le même arrêté précise en son article 10 : « Les infractions au présent arrêté exposent leurs auteurs aux poursuites et peines prévues par l’article L.5242-2 du code des transports », soit  un an d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Le problème, c’est que le CSR – qui bénéficie visiblement de protections en haut lieu – se croit tout permis et s’autorise toutes les libertés vis-à-vis de la réglementation. 

Sur ces 4 dernières années en effet, le Conseil Scientifique a relevé près de 170 infractions aux arrêtés préfectoraux précités et à la réglementation de la réserve marine à l’occasion de pêches du CSR en ZPR 2A ou en sanctuaires !! Une paille…

Quand on sait que l’Etat fait – à juste raison – la chasse aux « petits » braconniers dans la réserve et que la justice n’hésite plus à les condamner à de fortes amendes voire à des peines de prison ferme, on reste stupéfait de voir que ce même Etat français – qui pilote le CSR – se permet de braconner ouvertement (il n’y a pas d’autre mot) dans ladite réserve !

Evidemment, le sous-préfet de Saint-Paul étant à la fois président de la réserve marine et président du CSR, cela facilite bien les choses dès lors qu’il s’agit d’exonérer le CSR de ses propres turpitudes : ce dernier a les coudées franches et fait ce qu’il veut dans la réserve, avec l’argent du contribuable, et au mépris du droit commun et de l’intérêt général…

Ce scandale a été découvert de la manière la plus simple qui soit. En effet, l’IFREMER publie sur le portail SEXTANT Océan Indien des cartes sur lesquelles figurent les données du programme de pêche mené par le CSR en regard du zonage réglementaire de la réserve marine, en particulier les positionnements GPS, les dates et le type d’engin de pêche utilisé. Et ces données sont accessibles en consultation librement. Du moins elles l’étaient jusqu’à fin mai 2021…

Car depuis cette date, à la place des cartes en question, il n’y a plus qu’un écran vide. Selon Le Monde, le CSR aurait demandé à l’IFREMER d’effacer les pages en libre accès. Pourquoi se gêner en effet quand on a l’appui inconditionnel de l’Etat ?

A mourir de rire quand on sait que le directeur du CSR Willy Cail se targue sans cesse de la transparence la plus complète : « On est dans la transparence ! Nous n’avons rien à cacher » déclare-t-il au Monde. Rappelez-vous également la campagne de désinformation orchestrée par le même Willy Cail et le sous-préfet de Saint-Paul en décembre 2019 : « Le CSR se veut transparent face aux attaques » (JIR, 19/12/19).

Comme seule explication le directeur du CSR tente de se dédouaner en affirmant dans Le Monde que les positionnements GPS indiqués sur les cartes sont ceux des bateaux, pas des palangres. Et de dénoncer « une instruction à charge insolente de la part de gens qui ne savent pas lire des métadonnées » (sic).

Déjà la simple circulation des bateaux dans les ZPR 2A et dans les sanctuaires est formellement interdite. Nombre d’usagers de la mer ont été verbalisés par les agents de la réserve marine pour avoir traversé ces zones.

Par ailleurs, si aucun des 7 pêcheurs professionnels missionnés par le CSR n’était effectivement capable de se positionner en mer de jour comme de nuit, cela mettrait en cause non seulement leur professionnalisme mais encore leur propre sécurité.

Pire encore, cela montrerait qu’en fait les pêcheurs ne savent pas se servir d’un GPS et ne connaissent donc pas la position précise de leurs engins de pêche, ce qui serait grave pour le fonctionnement du programme de pêche financé, rappelons-le, par l’argent du contribuable.

Cela démontrerait également un manque total de suivi des opérations de la part de la direction du CSR.

Le CSR publie sur le site www.info-requin.re les synthèses des opérations de pêche et les rapports trimestriels des observateurs indépendants (RTO).

Or à chaque fois qu’ils étaient présents, ces observateurs ont mis en avant une conformité à 100% du système de suivi GPS, du respect des zones et des horaires, et du respect des réglementations de la part des pêcheurs. Bizarre, non ?

Ces derniers ont-ils reçu la consigne de pêcher dans les zones interdites en l’absence des observateurs ou l’ont-ils fait de leur propre chef ? Le directeur du CSR doit bien le savoir…..

Mais ce n’est pas tout.

Le CSR avait imposé aux pêcheurs, dans le cahier des charges, des préconisations concernant les hameçons, notamment l’utilisation d’hameçons en acier oxydable afin que, si l’hameçon était impossible à retirer, il puisse se dégrader assez vite au contact de l’eau de mer.

Cette exigence n’a jamais été respectée et a vite été abandonnée (synthèse n° 4, RTO n°1 à 4).

L’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019 stipule, en son article 5 : « Les appâts seront congelés préalablement, entiers, de taille et de poids supérieurs à 30 centimètres et 1 kilogramme, afin de limiter les prises sur les prédateurs de petite taille ».

Le non-respect systématique de ces dispositions par les pêcheurs a conduit le CSR à les abandonner pour la plupart – un comble – à l’exception de l’obligation de congélation pour laquelle les observateurs indépendants précisaient à partir du 20/04/19 (RTO n°4) : « La prescription concernant la congélation préalable des appâts, mal comprise par les pêcheurs, est maintenue dans le but de limiter l’attractivité des engins à un périmètre restreint ».

Las, dans les mois suivants, cette obligation a elle aussi été abandonnée pour des appâts plus attractifs (RTO n° 5), les pêcheurs étant probablement soucieux de rentabiliser leurs sorties et le CSR désireux de tuer plus de requins bouledogues : « Pas de contrainte sur la pré-congélation des appâts, les pêcheurs pourront ainsi utiliser les appâts fraîchement pêchés par leurs soins. (…) Des appâts vivants peuvent également être utilisés (…) ».

Pendant la seule année 2020 (synthèses n° 34 à 45), les pêcheurs ont déployé 2808 palangres verticales avec alerte de capture (PAVAC). Selon Le Monde, qui a interrogé le directeur du CSR, les pêcheurs sont rémunérés par le CSR 300€ pour le déploiement d’une PAVAC. Faites le calcul : il y en a pour 842 400€ ! Une moyenne de 70 200€ par mois.

Quand on sait (synthèse n° 50) qu’entre mars 2018 et le 1er mai 2021, il y a eu 104 930 heures de pêche cumulées – combien dans les ZPR 2A et dans les sanctuaires ? – on se rend compte que la pêche aux requins est une véritable mine d’or pour un petit nombre de personnes à la Réunion !! Allez chercher ensuite pourquoi ils ne veulent surtout pas que ça s’arrête…

L’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019 précise, dans ses considérants, que « cette autorisation temporaire [de prélèvement] se fait dans le cadre d’un protocole rigoureux, avec l’aval de la RNNMR (….) » (sic). Et il prévoit, en son article 5 : 

« L’opération ciblée de prélèvement, dont il sera fait un suivi géolocalisé, sera filmée (déploiement des engins ; captures). L’ensemble des données relatives aux positions et horaires de pêche, à l’état des appâts et aux captures réalisées seront capitalisées et partagées avec le GIP RNNMR. Des observateurs, gardes du GIP RNNMR ou mandatés par le [CSR], seront embarqués et formés pour s’assurer du suivi de l’opération et du respect des conditions d’intervention définies ci-dessus. A la fin de l’opération, le [CSR] communiquera au public l’ensemble des démarches menées et les résultats de l’opération ciblée ».

S’agissant des données, on sait ce qu’il en est advenu. 

Concernant le partage avec la réserve marine, et son aval, cela n’a évidemment jamais été le cas dès lors qu’il s’agissait d’opérations de pêche illégales, à fortiori dans les sanctuaires. La procédure de concertation est pourtant explicitement détaillée à l’article 3 de l’arrêté n° 298.

Les observateurs ne sont présents sur les bateaux de pêche que dans une proportion infime des sorties : entre 2.9% et 8.3% de l’effort de pêche.

Quant à la communication en direction du public, ledit public en jugera…..

Enfin on insistera sur l’impact éminemment destructeur de cette pêche aux requins dans les écosystèmes coralliens déjà très fragiles de la réserve marine de la Réunion.

Depuis le début de la pêche en 2013, ce sont pas moins de 532 requins tigres et bouledogues qui ont été tués et conduits à l’équarrissage. Un monumental gaspillage de biodiversité.

Du 29 mars 2018 au 30 mai 2021, le CSR, selon ses propres données :

  • a pêché 260 requins ciblés dont 47 requins bouledogues (6% des prises) et 213 requins tigres (29% des prises),
  • a surtout pêché…..475 prises « accessoires » (65% des prises), dont 89 sont mortes – soit un taux de mortalité minimum de 17% – et 39 ont été relâchées « fatiguées » : barracudas, carangues, mérous, murènes, raies, autres espèces de requins, etc….Sans compter les espèces en danger d’extinction ou vulnérables et inscrites à ce titre sur la liste rouge de l’UICN (requins marteaux, grande raie guitare, requin nourrice fauve, requin gris d’estuaire, tortue verte, etc…..).

Et il est important de le rappeler :

  • il n’a jamais été démontré scientifiquement que la pêche aux requins dans les ZPR 2A diminuait le risque requin.
  • l’étude CHARC a démontré que la répartition spatiale des requins bouledogues était centrée à l’extérieur de la réserve et non à l’intérieur.
  • les requins tigres ne sont quasiment pas impliqués dans les accidents : leur destruction ne sert que les intérêts financiers des pêcheurs et du CSR. La fameuse « crise requin » est d’abord « une crise bouledogue » selon les propres termes du directeur du CSR.
  • les 83% de taux de « survie » revendiqués par le CSR pour les captures accessoires sont sujets à caution. Les perturbations du métabolisme interne occasionnées par ces pêches sur les individus pris à l’hameçon ne sont pas négligeables et les conduisent vraisemblablement à la mort à plus ou moins long terme, en particulier pour ceux relâchés « fatigués » (infections, prédation, etc….). Or ces espèces, que la réserve s’efforce de protéger depuis sa création en 2007, sont essentielles pour les écosystèmes coralliens (prédateurs au sommet des chaînes alimentaires).

En conclusion de son auto-saisine, « le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine dénonce un tel dysfonctionnement peu ou pas respectueux, ni de la réglementation, ni des procédures administratives, et qui met en jeu la pérennité de l’écosystème récifal réunionnais. Ceci est fort surprenant de la part d’une instance gérée par un GIP présidé par Monsieur le Préfet de la Réunion ».

La messe est dite. Au public réunionnais d’en tirer ses conclusions.

Collectif d’associations :
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration – Shepherd Conservation Society – Longitude 181 – One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) – Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité
Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES)

REQUINS : ÇA COMMENCE A SENTIR LE POISSON POURRI…

Petit rappel des faits tout d’abord.

En février de cette année une entreprise locale de transformation de poisson est accusée par un de ses anciens salariés d’avoir rejeté pendant plusieurs années tous ses déchets de poisson en mer, plus exactement dans la baie de Saint-Paul. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2012. Conditionnés dans de gros sacs en polypropylène ou « big bag », immergés à moins de 1 mille de la côte, les déchets se retrouvaient ensuite, avec le courant dominant qui tire vers le sud, transportés rapidement tout au long de la côte ouest.

Tribune libre de Didier Dérand

Île de la Réunion, Saint-Joseph, le 18 juillet 2019

Petit rappel des faits tout d’abord.

En février de cette année une entreprise locale de transformation de poisson est accusée par un de ses anciens salariés d’avoir rejeté pendant plusieurs années tous ses déchets de poisson en mer, plus exactement dans la baie de Saint-Paul. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2012. Conditionnés dans de gros sacs en polypropylène ou « big bag », immergés à moins de 1 mille de la côte, les déchets se retrouvaient ensuite, avec le courant dominant qui tire vers le sud, transportés rapidement tout au long de la côte ouest.

Sur la base de 12 à 14 « big bag » de 500kg tous les 10 jours, ce sont ainsi des centaines de tonnes de déchets qui auraient été déversés dans l’ouest de l’île, constituant un pôle d’attractivité sans précédent pour les requins.

Le but pour l’entreprise était clair : se débarrasser de ses déchets à moindre coût. Alors qu’elle donnait aux marins une petite monnaie de 30 euros par tonne de déchets évacuée, l’équarrissage lui serait revenu à 350 euros la tonne……

Déchets de poissons rejetés (ou non) en baie de Saint-Paul : la polémique

Témoignage vidéo du pêcheur

-Courrier des lecteurs : Que s’est-il passé dans la baie de Saint-Paul ?

J’ai eu la curiosité d’aller fouiller un peu les aspects réglementaires de ce dossier. Les résultats sont édifiants.

Pour des motifs de sécurité vis-à-vis du risque requin, le préfet de la Réunion a pris le 18 juillet 2012 un arrêté « interdisant le rejet en mer de produits de la mer à l’intérieur des 2.5 milles nautiques dans les eaux territoriales de la Réunion ».

Sachant cela, il convient déjà de séparer clairement :

– La période d’avant juillet 2012 de la période soumise à cet arrêté,

– Les activités de pêche à l’intérieur des 2.5 milles nautiques de celles qui se déroulent à l’extérieur de cette limite,

– Les déchets de poisson produits en mer (dans le cadre des activités de pêche) de ceux produits à terre (dans les usines de transformation du poisson).

Dans ce dossier interviennent au moins quatre types principaux de réglementations :

– L’arrêté préfectoral n° 1022 du 18 juillet 2012,

– Le règlement (CE) n° 1069/2009 du 21 octobre 2009 « établissant des règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés non destinés à la consommation humaine »,

– La convention de Londres de 1972 « sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets et d’autres matières », et son protocole de 1996,

– Le code de l’environnement.

Considérons tout d’abord le problème des déchets de poisson produits en mer (provenant de l’exploitation normale des navires, c’est-à-dire des activités de pêche).

Avant le 18 juillet 2012, leur rejet en mer était légal.

Depuis cette date, il ne l’est plus qu’au-delà de la limite des 2.5 milles nautiques, dans la mesure toutefois où les déchets proviennent bien « d’activités de pêche de navires conformes aux règlements (CE) n° 852/2004 et (CE) n° 853/2004 » relatifs à l’hygiène des denrées alimentaires (article 2.h du règlement (CE) n° 1069/2009).

En-deçà de cette limite, ils sont désormais assimilés à des sous-produits animaux au sens de la réglementation communautaire et doivent intégrer le même circuit de traitement que les déchets produits à terre (cf. ci-après).

Passons maintenant à la partie la plus sensible de ce dossier : les déchets de poisson produits à terre (dans les usines de transformation du poisson).

Les prescriptions du règlement (CE) n° 1069/2009 du 21 octobre 2009 s’appliquent exclusivement aux déchets de poisson produits à terre ou dans la zone des 2.5 milles nautiques soumise à l’interdiction définie par l’arrêté préfectoral du 18 juillet 2012.

Il s’agit de matières exclues de la consommation humaine et considérées comme des sousproduits animaux (articles 2.1.a et 3.1. du règlement CE).

Ce sont des matières de catégorie 3 au sens dudit règlement (articles 10.e, i et j). Et en tant que telles, elles doivent être orientées vers les filières d’élimination ou d’utilisation définies à l’article 14, mais en aucun cas être rejetées purement et simplement à la mer.

Ce règlement (article 24.1) impose également aux exploitants de veiller « à ce que les établissements ou usines sous leur contrôle soient agréés par l’autorité compétente lorsque ces établissements et usines effectuent une ou plusieurs des activités suivantes :

h) la manipulation de sous-produits animaux après leur collecte, sous la forme d’opérations telles que le tri, la découpe, la réfrigération, la congélation, (…) ;

i) l’entreposage de sous-produits animaux ; (…) ».

Ce règlement est directement applicable dans tout Etat membre depuis le 4 mars 2011.

Et il est à noter qu’avant lui, c’est le règlement n° 1774/2002 du 3 octobre 2002 qui s’appliquait, et ce dès le 1er mai 2003 (cf. notamment son article 6.2 relatif à l’élimination ou l’utilisation des matières de catégorie 3).

La convention de Londres de 1972 est entrée en vigueur le 30 août 1975. Ratifiée par la France, elle a été remplacée en 1996 par le protocole de Londres, entré en vigueur le 24 mars 2006.

Ce dernier dispose en son article 4.1.1 : « Les Parties contractantes interdisent l’immersion de tous déchets ou autres matières à l’exception de ceux qui sont énumérés à l’Annexe 1 ».

Cette annexe 1 concerne les « Déchets ou autres matières dont l’immersion peut être envisagée » moyennant cependant l’octroi d’un permis prévu à l’article 4.1.2. Elle reprend bien en son point 1.1.3 les « déchets de poisson ou matières résultant d’opérations de traitement industriel du poisson ».

Cependant le protocole de Londres précise en son article 4.2 : « Aucune des dispositions du présent Protocole ne doit être interprétée comme empêchant une Partie contractante d’interdire, en ce qui la concerne, l’immersion de déchets ou autres matières mentionnés à l’Annexe 1 ».

Cette dernière disposition s’est traduite en France par les articles L.218-43 et L.218-44 du code de l’environnement, lesquels disposent :

Article L.218-43 : « L’immersion de déchets ou d’autres matières, telle qu’elle est définie à l’article 1er du protocole du 7 novembre 1996 à la convention de Londres de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets, est interdite ».

Article L.218-44 :

« I.- Par dérogation à l’article L.218-43, peut être autorisée :

1° L’immersion des déblais de dragage ;

2° L’immersion des navires, par le représentant de l’Etat en mer, dans le respect des traités et accords internationaux en vigueur.

II.- L’immersion des déblais de dragage est soumise aux dispositions des articles L.214-1 à L.214-4 et L.214-10.

III. « Les permis d’immersion régulièrement délivrés avant la publication de l’ordonnance n° 2005-805 du 18 juillet 2005 sont maintenus jusqu’à leur expiration sans pouvoir excéder une durée de dix ans».

Aucune dérogation à l’article L.218-43 n’est mentionnée pour les déchets de poisson produits à terre. Aucune limite de distance en mer non plus. Par conséquent l’immersion des « déchets de poisson ou matières résultant d’opérations de traitement industriel du poisson », pour les déchets produits à terre, est interdite. Y compris au-delà de la limite des 2.5 milles nautiques.

S’agissant des sacs en polypropylène :

– ils ne sont pas repris à l’annexe 1 du protocole de Londres,

– ils ne bénéficient d’aucune dérogation au titre de l’article L.218-44 du code de l’environnement.

Leur immersion est donc interdite, comme celle de toute matière plastique.

Les dispositions pénales qui s’appliquent, en cas d’infraction aux articles L.218-43 et L.218- 44, sont décrites aux articles L.218-48 à L.218-57. En particulier :

Article L.218-48 : « Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 18 000 euros d’amende le fait, pour tout capitaine d’un navire, tout commandant de bord d’un aéronef ou toute personne assumant la conduite des opérations d’immersion sur les plates-formes ou autres ouvrages, de se rendre coupable d’infraction aux dispositions des articles L. 218-43 et L. 218-44. Les personnes physiques coupables des infractions prévues par la présente section encourent également, à titre de peine complémentaire, la peine d’affichage de la décision prononcée ou de diffusion de celle-ci dans les conditions prévues à l’article 131-35 du code pénal. (…) ».

Article L.218-50 : « Sans préjudice des peines prévues à l’article L. 218-48, si l’une des infractions a été commise sur ordre du propriétaire ou de l’exploitant du navire, aéronef, plate-forme ou autre ouvrage, ce propriétaire ou cet exploitant est puni du double des peines prévues audit article. Tout propriétaire ou exploitant d’un navire, aéronef, plate-forme ou autre ouvrage qui n’a pas donné au capitaine, au commandant de bord ou à la personne assumant la conduite des opérations d’immersion sur la plate-forme ou autre ouvrage l’ordre écrit de se conformer aux dispositions de la présente section peut être retenu comme complice des infractions qui y sont prévues. (…) ».

Pour l’immersion des sacs en matière plastique, s’applique en sus l’article L.218-73 du code de l’environnement. Ce dernier prévoit une peine d’amende de 22 500 euros pour « le fait de jeter, déverser ou laisser écouler, directement ou indirectement en mer ou dans la partie des cours d’eau, canaux ou plans d’eau où les eaux sont salées, des substances ou organismes nuisibles pour la conservation ou la reproduction des mammifères marins, poissons, crustacés, coquillages, mollusques ou végétaux, ou de nature à les rendre impropres à la consommation « .

Bizarrement, dans ce dossier, rien ne bouge. Le ministère des outre-mer a été officiellement saisi de cette affaire dès le 3 mai 2019. On a renvoyé la « patate chaude » sur le préfet. Lequel préfet fait visiblement la sourde oreille : un mois s’est passé, sans aucune réponse.

Et dans nos chers quotidiens de la presse écrite locale, c’est le blackout total….

Le 16 mai 2019, j’ai adressé à l’administration locale un certain nombre de questions, dont celle-ci à propos des déchets de poisson produits à terre :  » l’arrêté préfectoral réglementant les rejets de déchets de poisson en mer n’a été promulgué qu’en juillet 2012. Ces rejets dans la zone des 2.5 milles nautiques étaient-ils légaux avant cette date ? ». Réponse de l’administration : « Ces rejets étaient en effet légaux. En l’absence de réglementation à l’époque, les rejets reconnus par certains opérateurs en 2009, 2010 et 2011, période durant laquelle il n’existait plus de filière de traitement des déchets de poisson à la Réunion, étaient légaux. Le TCO s’est chargé de cette tâche jusqu’en 2008. Depuis 2012, il a mis en œuvre sa propre filière. Les rejets en mer, consistant en l’immersion de sacs fermés, auraient eu lieu à plus de 25 milles nautiques (46 kilomètres) de la côte et certainement pas en baie de St-Paul, comme cela a pu être dit, puisque cela aurait supposé un détour ».

Voilà une réponse qui vaut son pesant de cacahuètes…

Puisque les rejets en mer des usines de traitement de poisson situées à terre étaient « légaux », puisqu’il n’y avait « pas de réglementation à l’époque », qu’en est-il de la réglementation communautaire, de la convention de Londres, du code de l’environnement et des interdictions d’immersion en mer des déchets plastiques ?!

L’administration prétend qu’entre 2009 et 2011 « il n’existait plus de filière de traitement des déchets de poisson à la Réunion ».

A la Réunion, le service public d’équarrissage a été confié au Groupement de défense sanitaire (GDS) par l’Etat dès l’année 2000, le traitement se faisant à la « Sica des Sables » usine d’incinération sise dans la zone industrielle d’Etang-Salé. Et ce groupement n’a connu aucune rupture d’activité depuis cette date (confirmation obtenue auprès du directeur de GDS). Qui plus est le président de l’entreprise de transformation de poisson incriminée prétend dans ses déclarations à la presse que selon lui de 2009 à 2011, « une partie des déchets était également traitée par l’équarrissage. Nos instructions étaient claires sur le sujet » (interview donnée à l’agence Imaz Press, 24/02/19, cf. liens précédents).

L’administration parle de 25 milles nautiques. Dans la même interview, le président de l’entreprise évoque le chiffre de 2.5 milles nautiques, la limite fixée par l’arrêté préfectoral, ce qui est quand même 10 fois moins. Nonobstant le témoignage du marin à l’origine des révélations, qui parle lui de moins de 1 mille nautique…. L’administration a la certitude (??) que les déchets n’ont pas pu être rejetés en baie de St-Paul eu égard au « détour » que cela aurait imposé. Là encore cette déclaration questionne.

Pour arriver en baie de Saint-Paul en sortant du Port Ouest, il suffit de virer sur bâbord (à gauche) et de naviguer pendant 2 milles nautiques (soit 3.7 kilomètres). Il n’y a pas de détour à faire, et c’est évidemment beaucoup plus près que les fameux 25 milles nautiques…. Qui plus est il y avait un problème crucial de sécurité pour l’équipage. Je rappelle les propos du marin à ce sujet : « Pourquoi les jeter aussi près de la côte ? Tout simplement à cause de la structure du bateau. On ne peut décharger que d’un seul côté, celui où se trouve le portillon.

Tous les sacs étaient donc entassés sur tribord. Avec 12 à 14 « big bag » sur un seul bord, la gîte du bateau était très importante. Il était donc trop risqué de s’aventurer au large, surtout à la tombée de la nuit (les rejets se faisaient généralement le soir) ».

Enfin, selon le marin impliqué dans cette affaire, les sacs en matière plastique utilisés pour transporter les déchets n’étaient en aucun cas fermés, puisque qu’il n’y avait pas….de fermeture (sacs « big bag » en polypropylène épais très résistant, du même type que ceux utilisés dans le BTP). Et cette source de pollution est loin d’être anecdotique puisque, sur la base de 12 à 14 « big bag » jetés à la mer tous les 10 jours, cela représente des centaines de sacs immergés chaque année.

Des réponses claires à ces questions sont donc indispensables : il y a quand même eu cinq personnes tuées par des requins dans l’ouest entre 2011 et 2013. A quand une totale transparence de l’administration dans ce dossier, notamment sur les modalités de son contrôle ?!

Franchement, vous ne trouvez pas que toute cette histoire commence à sentir le poisson pourri ?

Didier DERAND.

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Île de la Réunion : Pêche post attaque …sans attaque

Communiqué de presse, le 18 février 2018

La préfecture vient de déclencher une pêche post attaque grassement payée par la contribuable alors que le requin concerné est mort et qu’il n’y a pas eu d’attaque.

Ce jeune homme a tiré un poisson qu’il était en train de fixer à son accroche poisson. Lorsque le requin attiré par le poisson  s’est approché. le chasseur a eu le temps de prendre son puissant fusil peu maniable de 1M30 et de l’intercaler.

Le requin ne trouvant pas le poisson a alors fait demi tour et le chasseur l’a tiré sur le côté de la tête, en arrière de l’oeil, alors que, selon ses propres dires, le requin s’enfuyait. L’emplacement du tir montre bien que le requin n’attaquait pas .

La flèche aurait pénétré de 30 à 50 cms. Une flèche tirée à cet endroit est mortelle.

Le tir  aurait pu provoquer une réaction violente de défense du requin si il n’avait pas été si bien ajusté. IL aurait été plus judicieux pour le chasseur de remonter sur le Kayak. On ne peut cependant blâmer un jeune homme inexpérimenté d’avoir cru défendre sa vie et d’avoir paniqué .

Cet incident met en évidence le risque énorme de pratiquer la chasse sous marine à proximité des baigneurs et surfers comme veulent le faire certains élus.

L’incident ne peut en aucun cas être qualifié d’attaque. Il s’agit tout au plus d’une interaction provoquée.

Lancer à grand frais une pêche post attaque, sans qu’il n’y ait eu d’attaque  pour pêcher un requin déjà mort laisse planer quelques doutes sur l’utilisation judicieuse des fonds attribués à la réduction du risque requins dont le montant vient de doubler.

Jean Bernard Galves, porte parole du collectif des associations Sea Shepherd, Aspas, Fondation Brigitte Bardot, Longitude 181,Sauvegarde des requins, One Voice, Tendua, Vagues, Requin Intégration

Massacre programmé : faisons entendre nos voix

Île de la Réunion. Un appel d’offres vient d’être lancé pour augmenter les prises de pêches que nos autorités revendiquent comme ciblées (bouledogue et tigre). Or à ce jour et depuis le déploiement du programme CapRequins en janvier 2014, les prises accessoires sont proportionnellement bien plus nombreuses. Aujourd’hui, 3 engins de pêches sont proposés : les drumlines, les palangres et le trémail : des engins destructeurs pour la biodiversité marine. Ces pêches continueront à se réaliser en toute impunité sans observateurs issus de la protection animale  (ces dernières ayant été écartées dans l’appel d’offres).

C’est pourquoi, notre collectif demandons à Monsieur le Ministre Nicolas Hulot,  une consultation publique sur le sort des requins de La Réunion et l’intégrité de la Réserve Marine.

« L’État a lancé un appel d’offres ouvert jusqu’au 30 novembre prochain pour permettre un massacre de requins sans précédant dans le cadre de la « Crise requin » à La Réunion.
AUCUN observateur issu des ONGs de protection des requins ne sera admis lors de ces parties de pêches qui promettent d’être un véritable carnage, y compris dans la Réserve Marine loin des regards dérangeants et entre complices.
Cette démarche va à contre courant des avertissements des scientifiques sur l’inefficacité et la dangerosité des pêches. Nos associations demandent de toute urgence une consultation publique sur cet enjeu de société qui nous concerne tous, de par son impact inéluctable sur l’environnement, la biodiversité et les conditions de sécurité des personnes. »

La pétition du collectif est toujours en ligne et d’actualité. Pour la signer et la partager, cliquer sur ici

@Sauvegarde des Requins

Monsieur Nicolas Hulot, la France doit stopper le massacre injustifié des requins à la Réunion et enquêter sur les irrégularités qui l’ont rendu possible

Pour dire stop à la chasse aux sorcières,

pour dire stop à l’opacité des financements…

Merci de signer et de diffuser

 

Lien de la pétition:

 http://petitions.seashepherd.fr/Petitions/Sign/5

 

Le collectif environnementaliste contre cette pêche dangereuse et injustifiée.

Un article à lire qui démontre bien les irrégularités dans le financement de cette chasse aux sorcières : https://www.clicanoo.re/Faits-Divers/Article/2017/08/04/Cap-Requins-2-en-eaux-troubles_483259

Île de la Réunion : Il y a remplacement et déplacement des requins, pas prolifération

Communiqué de presse

La Réunion, le 03/05/2017

C’est avec une infinie tristesse que nous saluons la mémoire d’Adrien et présentons à sa famille et amis nos plus sincères condoléances .Nous savons qu’Adrien était quelqu’un de bien et qu’il manquera à tous ceux qui l’ont connu.

Nous ne jugeons pas ceux, qui, au nom de leur passion, veulent transgresser les règles; Nous leur disons: soyez prudents, aucune passion ne mérite que l’on meure pour quelques instants intenses et vous en aurez tellement d’autres à vivre. Pensez à ceux qui vous aiment.

Personne n’a à l’heure actuelle de solution efficace à cette crise bouledogue et ceux qui le prétendent vous ont menti, pour le motif le plus sordide: l’argent .

Le Natal Shark Board , l’étude IFREMER de 1997, les spécialistes des requins  et même le Conseil d’Etat disent  « il ne peut y avoir régulation que si les requins sont sédentaires et non remplacés ».
Dans un milieu ouvert sur le large, comme la Réunion, les requins tués sont rapidement remplacés par d’autres requins de passage. Il n’y a non pas prolifération mais remplacement au fur et à mesure de leur pêche.
Les derniers accidents, après des années d’une pêche intensive ont démontrés de manière atroce,ce que l’on savait dés le commencement : une pêche de régulation ne sert à rien en milieu ouvert.
La génétique, les observations et les balises utilisées nous ont confirmé la circulation des requins entre la Réunion, l’Afrique, Madagascar. Le Natal Shark Board lui même le dit: lorsque les requins circulent, seul un système d’enclos pourrait être efficace..Encore faut il qu’il soit fiable.
Lors du dernier C4R, Monsieur le Préfet a été dans l’incapacité d’expliquer comment la régulation pouvait être possible et efficace dans les conditions de la Réunion, mais fait jeter des millions d’euros d’argent public à la mer.
On se contente de l’incantation « la pêche, la pêche » qui doit tout régler ; Dans le raisonnement magique,on pourrait tout aussi bien égorger un coq noir.

A la Réunion, prés de 300 requins tigres et bouledogues ont été massacrés sur quelques kilomètres et on a toujours plus d’accidents.
D’autres requins ont remplacé au fur et à mesure les requins tués.

Les auteurs de Cap requins n’ont pas cherché une solution. ils ont juste amorcé une pompe à fric qui ne s’arrêtera que quand il n’y aura plus de requins dans l’Océan Indien. Qu’ils nous expliquent pourquoi, dans le même temps l’Afrique du Sud en a tué 8 fois moins, sur 10 fois plus de longueur de côte? De plus les quelques requins ont été tués accidentellement car l’Afrique du Sud relâche systématiquement tous les requins pris vivants depuis 1989. Pourquoi massacrons-nous des requins à La Réunion alors que les Sud africains seraient en sécurité en les relâchant?

Nous avons « un problème » de bouledogues. Un seul accident en 20 ans a impliqué un tigre attiré par des appâts et déchets. Pourquoi pas moins de 6 requins tigres, faciles à pêcher et grands voyageurs ,ont-ils été massacrés 4 jours avant l’accident et des centaines de kilos d’appâts balancés à la mer.

Y aurait il une relation de cause à effet?
Personne à Cap requins ne se demande si tuer les tigres et balancer autant d’appâts ne détruirait pas un équilibre et faciliterait la prééminence des bouledogues. En plus de cette « régulation » inefficace mais très coûteuse,financièrement et écologiquement, on prétend ajouter une deuxième ligne d’appâts prés des baigneurs et surfers, histoire d’en rapprocher davantage les requins. La pêche post attaque de Saint André a pourtant clairement montré qu’un requin attiré par les appâts est resté en surface sans pouvoir être pêché

En toute honnêteté, le nouveau CRPEM, dont la responsabilité pourrait être soulevée en cas d’accident, ne prétend absolument pas avoir la capacité pêcher tous les requins attirés prés des côtes par les appâts et prises diverses.

On « régule » donc des requins qu’on ne peut pas réguler car ils sont remplacés , on en attire d’autres prés des plages alors qu’on n’est pas certains de les pêcher et on déséquilibre encore plus l’écosystème en massacrant les tigres alors qu’on a un problème bouledogue ; Voilà la logique de Cap requins

Aucun des concepteurs de Cap Requins n’avait de compétences en matière de requins; Tous se sont improvisés spécialistes d’un animal qu’il n’avait parfois jamais vu quand l’affaire est devenue juteuse. Cette régulation par la pêche pêche est totalement fantaisiste .C’est la délégation anormale d’une mesure de sécurité par l’Etat.

Avec les deux derniers accidents , On en voit le sinistre bilan: la zone où on a le plus massacré de requin au monde ces dernières années sous prétexte de sécurisation est celle où les accidents augmentent !!!

 Va t’on longtemps payer pour ces inepties dont la Réunionnais ne veulent pas et qui déshonorent leur Île ?

C’est le rejet d’eau usées, le basculement des eaux, le ruissellement lié à l’urbanisation, le rejet des déchets qui ont transformé la sèche côte ouest en milieu aussi favorable aux bouledogues que l’était la côte est .

Il est plus facile d’accuser la réserve et de dérégler encore plus l’écosystème que de traiter les vrais problèmes.

Jean Bernard Galvès , porte parole du collectif des associations  : Aspas,Fondation Brigitte Bardot,Longitude181,One voice,Requin Intégration,Sauvegarde des requins, Sea Shepherd ,Tendua,Vagues,