A propos de la campagne de « pub » du Centre Sécurité Requin…

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Le Centre Sécurité Requin de la Réunion (CSR, ex-CRA) nous a gratifiés récemment (conférence de presse du 18/12/19) d’une campagne de « pub » destinée à justifier son bilan en matière de pêche aux requins. Nous avons appris à cette occasion nombre de choses intéressantes que nous aimerions partager avec le public. Chacun peut se reporter aux articles parus dans la presse les 18 et 19/12/19, ainsi qu’à la présentation de la conférence, aux synthèses mensuelles et aux rapports trimestriels des opérations de pêche publiés sur le site www.info-requin.re.

Sus aux bouledogues !

Dans les objectifs de son programme, le CSR se targue « de diminuer le nombre de requins bouledogues (principaux responsables des attaques mortelles) ».

Entre le 29 mars 2018 et le 30 novembre 2019, soit en 20 mois de pêche, le CSR a effectivement liquidé 29 requins bouledogues, mais aussi et surtout…..114 requins tigres !

Depuis le début de l’activité de pêche du CSR, la proportion de requins tigres tués est systématiquement 4 fois plus élevée que celle des requins bouledogues.

Pourtant – le CSR le reconnaît lui-même – le requin tigre est très peu impliqué dans les accidents.

Pourtant le requin tigre vit au large et se trouve attiré vers les milieux côtiers par les déchets ramenés par les cours d’eau, la pollution côtière (eaux usées), les rejets organiques (sacrifices animaux, déchets des pêcheurs et des poissonneries, rejets des industries de la pêche), les appâts immergés par le CSR, etc…, (cf. études CHARC et ECoReCo-Run sur le site info-requin).

Pourtant les études génétiques menées par l’université de la Réunion et des universités australiennes ont montré la grande vulnérabilité de ses populations dans la zone.

Pourtant il est déjà – comme le requin bouledogue – inscrit sur la liste rouge de l’UICN avec un statut « quasi menacé d’extinction » principalement du fait de sa surpêche.

En fait le requin tigre sert surtout au CSR à « faire du chiffre » pour gonfler ses statistiques de pêche….

« On respecte l’environnement » qu’ils disent….

Le CSR affirme qu’il s’agit d’« un programme respectueux de l’environnement ». Et se vante « de contribuer à préserver l’ensemble de l’écosystème avec un impact minimal sur les autres espèces de prédateurs fréquentant les zones côtières où cette pêche est déployée ». Sans rire ?!

Les requins tigres et bouledogues, en tant que prédateurs de fin de chaîne alimentaire, sont des maillons essentiels de l’équilibre des écosystèmes marins. Dire que leur élimination systématique contribue à préserver l’ensemble de l’écosystème est un mensonge éhonté.

Les requins – en particulier le requin tigre, véritable « éboueur des mers » – sont les garants de la bonne santé des populations d’animaux marins, en éliminant les cadavres et les animaux malades et/ou génétiquement faibles. Les détruire, c’est mettre en danger la ressource halieutique et la biodiversité marine.

Quant à l’impact « minimal » sur les autres espèces de prédateurs : en 20 mois, le CSR a pêché 29 requins bouledogues (7% des prises), 114 requins tigres (26%) et…..290 prises accessoires (67%) dont 56 (19%) étaient déjà mortes à l’arrivée des pêcheurs. Ce programme de pêche capture en priorité des prises accessoires. Effectivement l’impact est « minimal »…..

Cliquer sur les liens suivants pour lire la suite de l’article

Partie 2 : Un impact minimal ?

Partie 3 : Des chiffres un peu bizarres

Partie 4 : Comment pêcher sans attirer : la recette du CSR

Partie 5 : Silence, on tue !

Notre collectif d’associations : Sauvegarde des Requins – Tendua – Vagues – Requins Intégration – Sea Shepherd France – Longitude 181 – ASPAS – One Voice                 

REQUINS : ÇA COMMENCE A SENTIR LE POISSON POURRI…

Petit rappel des faits tout d’abord.

En février de cette année une entreprise locale de transformation de poisson est accusée par un de ses anciens salariés d’avoir rejeté pendant plusieurs années tous ses déchets de poisson en mer, plus exactement dans la baie de Saint-Paul. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2012. Conditionnés dans de gros sacs en polypropylène ou « big bag », immergés à moins de 1 mille de la côte, les déchets se retrouvaient ensuite, avec le courant dominant qui tire vers le sud, transportés rapidement tout au long de la côte ouest.

Tribune libre de Didier Dérand

Île de la Réunion, Saint-Joseph, le 18 juillet 2019

Petit rappel des faits tout d’abord.

En février de cette année une entreprise locale de transformation de poisson est accusée par un de ses anciens salariés d’avoir rejeté pendant plusieurs années tous ses déchets de poisson en mer, plus exactement dans la baie de Saint-Paul. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2012. Conditionnés dans de gros sacs en polypropylène ou « big bag », immergés à moins de 1 mille de la côte, les déchets se retrouvaient ensuite, avec le courant dominant qui tire vers le sud, transportés rapidement tout au long de la côte ouest.

Sur la base de 12 à 14 « big bag » de 500kg tous les 10 jours, ce sont ainsi des centaines de tonnes de déchets qui auraient été déversés dans l’ouest de l’île, constituant un pôle d’attractivité sans précédent pour les requins.

Le but pour l’entreprise était clair : se débarrasser de ses déchets à moindre coût. Alors qu’elle donnait aux marins une petite monnaie de 30 euros par tonne de déchets évacuée, l’équarrissage lui serait revenu à 350 euros la tonne……

Déchets de poissons rejetés (ou non) en baie de Saint-Paul : la polémique

Témoignage vidéo du pêcheur

-Courrier des lecteurs : Que s’est-il passé dans la baie de Saint-Paul ?

J’ai eu la curiosité d’aller fouiller un peu les aspects réglementaires de ce dossier. Les résultats sont édifiants.

Pour des motifs de sécurité vis-à-vis du risque requin, le préfet de la Réunion a pris le 18 juillet 2012 un arrêté « interdisant le rejet en mer de produits de la mer à l’intérieur des 2.5 milles nautiques dans les eaux territoriales de la Réunion ».

Sachant cela, il convient déjà de séparer clairement :

– La période d’avant juillet 2012 de la période soumise à cet arrêté,

– Les activités de pêche à l’intérieur des 2.5 milles nautiques de celles qui se déroulent à l’extérieur de cette limite,

– Les déchets de poisson produits en mer (dans le cadre des activités de pêche) de ceux produits à terre (dans les usines de transformation du poisson).

Dans ce dossier interviennent au moins quatre types principaux de réglementations :

– L’arrêté préfectoral n° 1022 du 18 juillet 2012,

– Le règlement (CE) n° 1069/2009 du 21 octobre 2009 « établissant des règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés non destinés à la consommation humaine »,

– La convention de Londres de 1972 « sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets et d’autres matières », et son protocole de 1996,

– Le code de l’environnement.

Considérons tout d’abord le problème des déchets de poisson produits en mer (provenant de l’exploitation normale des navires, c’est-à-dire des activités de pêche).

Avant le 18 juillet 2012, leur rejet en mer était légal.

Depuis cette date, il ne l’est plus qu’au-delà de la limite des 2.5 milles nautiques, dans la mesure toutefois où les déchets proviennent bien « d’activités de pêche de navires conformes aux règlements (CE) n° 852/2004 et (CE) n° 853/2004 » relatifs à l’hygiène des denrées alimentaires (article 2.h du règlement (CE) n° 1069/2009).

En-deçà de cette limite, ils sont désormais assimilés à des sous-produits animaux au sens de la réglementation communautaire et doivent intégrer le même circuit de traitement que les déchets produits à terre (cf. ci-après).

Passons maintenant à la partie la plus sensible de ce dossier : les déchets de poisson produits à terre (dans les usines de transformation du poisson).

Les prescriptions du règlement (CE) n° 1069/2009 du 21 octobre 2009 s’appliquent exclusivement aux déchets de poisson produits à terre ou dans la zone des 2.5 milles nautiques soumise à l’interdiction définie par l’arrêté préfectoral du 18 juillet 2012.

Il s’agit de matières exclues de la consommation humaine et considérées comme des sousproduits animaux (articles 2.1.a et 3.1. du règlement CE).

Ce sont des matières de catégorie 3 au sens dudit règlement (articles 10.e, i et j). Et en tant que telles, elles doivent être orientées vers les filières d’élimination ou d’utilisation définies à l’article 14, mais en aucun cas être rejetées purement et simplement à la mer.

Ce règlement (article 24.1) impose également aux exploitants de veiller « à ce que les établissements ou usines sous leur contrôle soient agréés par l’autorité compétente lorsque ces établissements et usines effectuent une ou plusieurs des activités suivantes :

h) la manipulation de sous-produits animaux après leur collecte, sous la forme d’opérations telles que le tri, la découpe, la réfrigération, la congélation, (…) ;

i) l’entreposage de sous-produits animaux ; (…) ».

Ce règlement est directement applicable dans tout Etat membre depuis le 4 mars 2011.

Et il est à noter qu’avant lui, c’est le règlement n° 1774/2002 du 3 octobre 2002 qui s’appliquait, et ce dès le 1er mai 2003 (cf. notamment son article 6.2 relatif à l’élimination ou l’utilisation des matières de catégorie 3).

La convention de Londres de 1972 est entrée en vigueur le 30 août 1975. Ratifiée par la France, elle a été remplacée en 1996 par le protocole de Londres, entré en vigueur le 24 mars 2006.

Ce dernier dispose en son article 4.1.1 : « Les Parties contractantes interdisent l’immersion de tous déchets ou autres matières à l’exception de ceux qui sont énumérés à l’Annexe 1 ».

Cette annexe 1 concerne les « Déchets ou autres matières dont l’immersion peut être envisagée » moyennant cependant l’octroi d’un permis prévu à l’article 4.1.2. Elle reprend bien en son point 1.1.3 les « déchets de poisson ou matières résultant d’opérations de traitement industriel du poisson ».

Cependant le protocole de Londres précise en son article 4.2 : « Aucune des dispositions du présent Protocole ne doit être interprétée comme empêchant une Partie contractante d’interdire, en ce qui la concerne, l’immersion de déchets ou autres matières mentionnés à l’Annexe 1 ».

Cette dernière disposition s’est traduite en France par les articles L.218-43 et L.218-44 du code de l’environnement, lesquels disposent :

Article L.218-43 : « L’immersion de déchets ou d’autres matières, telle qu’elle est définie à l’article 1er du protocole du 7 novembre 1996 à la convention de Londres de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets, est interdite ».

Article L.218-44 :

« I.- Par dérogation à l’article L.218-43, peut être autorisée :

1° L’immersion des déblais de dragage ;

2° L’immersion des navires, par le représentant de l’Etat en mer, dans le respect des traités et accords internationaux en vigueur.

II.- L’immersion des déblais de dragage est soumise aux dispositions des articles L.214-1 à L.214-4 et L.214-10.

III. « Les permis d’immersion régulièrement délivrés avant la publication de l’ordonnance n° 2005-805 du 18 juillet 2005 sont maintenus jusqu’à leur expiration sans pouvoir excéder une durée de dix ans».

Aucune dérogation à l’article L.218-43 n’est mentionnée pour les déchets de poisson produits à terre. Aucune limite de distance en mer non plus. Par conséquent l’immersion des « déchets de poisson ou matières résultant d’opérations de traitement industriel du poisson », pour les déchets produits à terre, est interdite. Y compris au-delà de la limite des 2.5 milles nautiques.

S’agissant des sacs en polypropylène :

– ils ne sont pas repris à l’annexe 1 du protocole de Londres,

– ils ne bénéficient d’aucune dérogation au titre de l’article L.218-44 du code de l’environnement.

Leur immersion est donc interdite, comme celle de toute matière plastique.

Les dispositions pénales qui s’appliquent, en cas d’infraction aux articles L.218-43 et L.218- 44, sont décrites aux articles L.218-48 à L.218-57. En particulier :

Article L.218-48 : « Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 18 000 euros d’amende le fait, pour tout capitaine d’un navire, tout commandant de bord d’un aéronef ou toute personne assumant la conduite des opérations d’immersion sur les plates-formes ou autres ouvrages, de se rendre coupable d’infraction aux dispositions des articles L. 218-43 et L. 218-44. Les personnes physiques coupables des infractions prévues par la présente section encourent également, à titre de peine complémentaire, la peine d’affichage de la décision prononcée ou de diffusion de celle-ci dans les conditions prévues à l’article 131-35 du code pénal. (…) ».

Article L.218-50 : « Sans préjudice des peines prévues à l’article L. 218-48, si l’une des infractions a été commise sur ordre du propriétaire ou de l’exploitant du navire, aéronef, plate-forme ou autre ouvrage, ce propriétaire ou cet exploitant est puni du double des peines prévues audit article. Tout propriétaire ou exploitant d’un navire, aéronef, plate-forme ou autre ouvrage qui n’a pas donné au capitaine, au commandant de bord ou à la personne assumant la conduite des opérations d’immersion sur la plate-forme ou autre ouvrage l’ordre écrit de se conformer aux dispositions de la présente section peut être retenu comme complice des infractions qui y sont prévues. (…) ».

Pour l’immersion des sacs en matière plastique, s’applique en sus l’article L.218-73 du code de l’environnement. Ce dernier prévoit une peine d’amende de 22 500 euros pour « le fait de jeter, déverser ou laisser écouler, directement ou indirectement en mer ou dans la partie des cours d’eau, canaux ou plans d’eau où les eaux sont salées, des substances ou organismes nuisibles pour la conservation ou la reproduction des mammifères marins, poissons, crustacés, coquillages, mollusques ou végétaux, ou de nature à les rendre impropres à la consommation « .

Bizarrement, dans ce dossier, rien ne bouge. Le ministère des outre-mer a été officiellement saisi de cette affaire dès le 3 mai 2019. On a renvoyé la « patate chaude » sur le préfet. Lequel préfet fait visiblement la sourde oreille : un mois s’est passé, sans aucune réponse.

Et dans nos chers quotidiens de la presse écrite locale, c’est le blackout total….

Le 16 mai 2019, j’ai adressé à l’administration locale un certain nombre de questions, dont celle-ci à propos des déchets de poisson produits à terre :  » l’arrêté préfectoral réglementant les rejets de déchets de poisson en mer n’a été promulgué qu’en juillet 2012. Ces rejets dans la zone des 2.5 milles nautiques étaient-ils légaux avant cette date ? ». Réponse de l’administration : « Ces rejets étaient en effet légaux. En l’absence de réglementation à l’époque, les rejets reconnus par certains opérateurs en 2009, 2010 et 2011, période durant laquelle il n’existait plus de filière de traitement des déchets de poisson à la Réunion, étaient légaux. Le TCO s’est chargé de cette tâche jusqu’en 2008. Depuis 2012, il a mis en œuvre sa propre filière. Les rejets en mer, consistant en l’immersion de sacs fermés, auraient eu lieu à plus de 25 milles nautiques (46 kilomètres) de la côte et certainement pas en baie de St-Paul, comme cela a pu être dit, puisque cela aurait supposé un détour ».

Voilà une réponse qui vaut son pesant de cacahuètes…

Puisque les rejets en mer des usines de traitement de poisson situées à terre étaient « légaux », puisqu’il n’y avait « pas de réglementation à l’époque », qu’en est-il de la réglementation communautaire, de la convention de Londres, du code de l’environnement et des interdictions d’immersion en mer des déchets plastiques ?!

L’administration prétend qu’entre 2009 et 2011 « il n’existait plus de filière de traitement des déchets de poisson à la Réunion ».

A la Réunion, le service public d’équarrissage a été confié au Groupement de défense sanitaire (GDS) par l’Etat dès l’année 2000, le traitement se faisant à la « Sica des Sables » usine d’incinération sise dans la zone industrielle d’Etang-Salé. Et ce groupement n’a connu aucune rupture d’activité depuis cette date (confirmation obtenue auprès du directeur de GDS). Qui plus est le président de l’entreprise de transformation de poisson incriminée prétend dans ses déclarations à la presse que selon lui de 2009 à 2011, « une partie des déchets était également traitée par l’équarrissage. Nos instructions étaient claires sur le sujet » (interview donnée à l’agence Imaz Press, 24/02/19, cf. liens précédents).

L’administration parle de 25 milles nautiques. Dans la même interview, le président de l’entreprise évoque le chiffre de 2.5 milles nautiques, la limite fixée par l’arrêté préfectoral, ce qui est quand même 10 fois moins. Nonobstant le témoignage du marin à l’origine des révélations, qui parle lui de moins de 1 mille nautique…. L’administration a la certitude (??) que les déchets n’ont pas pu être rejetés en baie de St-Paul eu égard au « détour » que cela aurait imposé. Là encore cette déclaration questionne.

Pour arriver en baie de Saint-Paul en sortant du Port Ouest, il suffit de virer sur bâbord (à gauche) et de naviguer pendant 2 milles nautiques (soit 3.7 kilomètres). Il n’y a pas de détour à faire, et c’est évidemment beaucoup plus près que les fameux 25 milles nautiques…. Qui plus est il y avait un problème crucial de sécurité pour l’équipage. Je rappelle les propos du marin à ce sujet : « Pourquoi les jeter aussi près de la côte ? Tout simplement à cause de la structure du bateau. On ne peut décharger que d’un seul côté, celui où se trouve le portillon.

Tous les sacs étaient donc entassés sur tribord. Avec 12 à 14 « big bag » sur un seul bord, la gîte du bateau était très importante. Il était donc trop risqué de s’aventurer au large, surtout à la tombée de la nuit (les rejets se faisaient généralement le soir) ».

Enfin, selon le marin impliqué dans cette affaire, les sacs en matière plastique utilisés pour transporter les déchets n’étaient en aucun cas fermés, puisque qu’il n’y avait pas….de fermeture (sacs « big bag » en polypropylène épais très résistant, du même type que ceux utilisés dans le BTP). Et cette source de pollution est loin d’être anecdotique puisque, sur la base de 12 à 14 « big bag » jetés à la mer tous les 10 jours, cela représente des centaines de sacs immergés chaque année.

Des réponses claires à ces questions sont donc indispensables : il y a quand même eu cinq personnes tuées par des requins dans l’ouest entre 2011 et 2013. A quand une totale transparence de l’administration dans ce dossier, notamment sur les modalités de son contrôle ?!

Franchement, vous ne trouvez pas que toute cette histoire commence à sentir le poisson pourri ?

Didier DERAND.

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Douleur et indignation après l’accident de Saint Leu

Communiqué de presse

Nous sommes bouleversés d’apprendre qu’un jeune homme a perdu la vie à Saint Leu. Nous adressons à sa famille et ses proches nos sincères condoléances.

Cette jeune vie perdue nous met aussi en colère. Malgré nos avertissements répétés, la zone du drame est depuis un an pratiquement chaque jour appâtée par le CRA.

Aucun scientifique, aucune personne connaissant les requins n’a cautionné cette « expérimentation » qui attire les requins près des plages et leur donne l’habitude de fréquenter encore plus systématiquement les lieux.

Nous disons nettement que cette pêche est une escroquerie criminelle .
Elle a été promue, développée; mise en oeuvre contre tous les avis autorisés, sans aucune caution scientifique, par des gens qui y ont un gros intérêt financier. Ce sont les personnes qui ont « vendu » la pêche comme une solution qui ont ensuite remporté les marchés de cette pêche, ou décroché des postes au CRA;

Avec deux morts en 2019, Le terrible résultat est là.

 Il appartient au préfet de faire cesser cette pêche et cet appâtage criminel .
Le préfet et l’Etat doivent faire analyser les méthodes du CRA par des scientifiques compétents et non par ceux qui en tirent de gros bénéfices.
A la justice  d’en tirer les conséquences . Nous sommes prêts à lui fournir tous documents utiles.

Collectif des associations Sea Shepherd, Aspas, Longitude 181, Sauvegarde des requins, One Voice, Tendua, Vagues, Requin Intégration

REQUINS : QUE S’EST-IL PASSE DANS LA BAIE DE SAINT-PAUL ?

Saint-Joseph, le 3 mai 2019. L’affaire est évoquée par Imaz Press le 24 février 2019 . Ce jour-là, sur les quais du Port Ouest, un échange houleux oppose des pêcheurs à Philippe Guérin, gérant de l’armement Enez (filiale, comme Réunipêche, du groupe Réunimer). A l’occasion de cet échange filmé par les journalistes, l’un des pêcheurs Yannis Latchimy, ancien salarié d’Enez, lance de graves accusations à l’encontre du représentant d’Enez. Et il les réitère dans une vidéo publiée sur Facebook .

Je reprends ci-dessous les propos tenus par M. Latchimy dans les deux vidéos précédentes et lors d’un entretien que j’ai eu avec lui et avec le président du Comité des Pêches M. Bertrand Baillif le 24 avril 2019 :

« Réunipêche transforme de grosses quantités de poisson frais destiné au marché local et à l’exportation, avec une proportion de déchets de près de 45% à la découpe. Pendant trois ans, de 2010 à 2012, j’ai reçu l’ordre des dirigeants de Réunipêche de rejeter à la mer les déchets de poisson produits par cette société. Les déchets étaient stockés dans des sacs en polypropylène ou « big bag » que les marins chargeaient sur les navires de l’armement, notamment sur le bateau Le Havre. Ce dernier n’avait d’ailleurs plus le droit de naviguer puisqu’il était désarmé. Une fois pleins, les sacs en question pesaient autour de 500 kg l’unité. Des sacs qui étaient ensuite fréquemment retrouvés vides tout au long de la côte ouest. Partant du Port Ouest, les rejets se faisaient généralement à l’entrée nord de la baie de St-Paul, voire directement dans la baie, à moins de 1 mille nautique du rivage. Avec le courant dominant qui tire vers le sud, les déchets sont transportés rapidement tout au long de la côte ouest. Pourquoi les jeter aussi près de la côte ? Tout simplement à cause de la structure du bateau. On ne peut décharger que d’un seul côté, celui où se trouve le portillon. Tous les sacs étaient donc entassés sur tribord. Avec 12 à 14 « big bag » sur un seul bord, la gîte du bateau était très importante. Il était donc trop risqué de s’aventurer au large, surtout à la tombée de la nuit (les rejets se faisaient généralement le soir) ».

« Ce sont ainsi 6 à 7 tonnes de déchets qui ont été balancés dans la baie tous les 10 jours au lieu de les faire traiter par l’usine d’équarrissage de l’Etang-Salé, ce qui serait évidemment revenu beaucoup plus cher. Réunipêche donnait en effet aux marins une prime de 15 euros par « big bag » (soit 30 euros la tonne) alors que l’équarrissage revenait lui à 350 euros la tonne. J’étais chef de groupe, c’est donc moi qui pesais les sacs. Au total, nous avons jeté à minima 150 tonnes de déchets en 2010, 160 tonnes en 2011 (pas de chiffre disponible pour 2012). Tout cela se passait au vu et au su des autorités du Port, qui ont laissé faire. On a ainsi créé sur la côte ouest un « garde-manger » pour les requins. En fait on les a engraissés pendant trois ans et on a changé leur façon de s’alimenter : du fait de l’abondance de nourriture, ils ont moins chassé par eux-mêmes. Et lorsque les rejets se sont arrêtés, ces requins qu’on avait attirés près des côtes se sont alors rabattus alors sur des proies faciles : des surfeurs à Boucan et à Roches Noires (2011, 2012), un chien et une baigneuse dans la baie de St-Paul (2013). En 2014, je suis allé voir la maire de St-Paul à ce sujet, mais elle n’a pas voulu tenir compte de mon témoignage : le dossier était trop « gros » selon elle ».

De son côté, interrogé par Imaz Press, le président de Réunimer Sébastien Camus réfute ces accusations : « il n’y a aucun déchet organique qui a été déversé dans la baie de Saint-Paul ». Il reconnaît cependant que de 2009 à 2011, « toutes les usines de transformation de poissons ont systématiquement rejeté à la mer les déchets issus de la découpe du poisson ». Mais selon lui, ces rejets se sont faits « au-delà des 2,5 milles nautiques » (environ 4,6 km). Il affirme par ailleurs que les rejets se sont arrêtés à partir de 2011, avec l’achat d’un broyeur qui a permis de broyer les déchets et de les exporter congelés en métropole ou à Maurice pour la fabrication de farine animale.

Sur ce point M. Latchimy précise : « c’était un broyeur d’occasion. Il a fallu faire de grosses réparations au départ et il est ensuite régulièrement tombé en panne. Et puis les déchets n’étaient pas toujours dans un état de conservation suffisant pour être exportés. C’est pour cette raison que les rejets ont continué en 2012. Qui plus est, quand le broyeur a été installé,  il y avait déjà eu 4 ou 5 attaques de requins « .

M.Camus affirme par ailleurs : « une partie des déchets était également traitée par l’équarrissage. Nos instructions étaient claires sur le sujet ».

Mais le président du Comité des Pêches, M. Bertrand Baillif, déclare lui : « Il est fort peu probable qu’ils aient utilisé les services de l’équarrissage. Ce dernier était en effet très coûteux et les aides européennes PCS (plan de compensation du surcoût) n’ont été débloquées qu’à partir de 2014 ».

Quant à dire, comme le fait M. Camus : « tout le monde peut voir la baie de Saint Paul depuis la plage. Si nous avions rejeté ces déchets, tout ce serait vu » : à partir du moment où les rejets se faisaient le soir, en face d’une zone inhabitée (la ZA de Cambaie ou la Plaine Chabrier par exemple) et du côté opposé à la côte, c’est un « argument » qui ne tient pas….

Ce qui me semble pour le moins étrange dans cette affaire, c’est :

  1. De voir que depuis deux mois qu’elle a été évoquée par Imaz Press, aucun autre média ne s’en est saisi et surtout, blackout total des politiques et des autorités compétentes : pas d’information, pas d’enquête, rien ! Un silence assourdissant…..
  2. De constater à quel point le représentant d’Enez est mal à l’aise. Tout au long de l’interview, qui dure près de 20 minutes, M. Guérin visiblement très gêné ne dit quasiment rien. Et il refuse finalement de répondre aux questions de la journaliste. Il est à noter par ailleurs que l’arrêté préfectoral interdisant le rejet en mer des produits de la mer à l’intérieur des 2,5 milles nautiques n’a été promulgué qu’en juillet 2012. Coïncidence : M. Camus affirme que les rejets de Réunipêche se sont toujours faits au-delà de ces 2,5 milles nautiques, sans toutefois apporter de précisions sur la distance réelle. Doit-on y croire ?
  3. Que malgré les graves accusations proférées par M. Latchimy, ce dernier n’est pour ainsi dire jamais contredit tout au long de l’interview. Et qu’aucune procédure n’a été entamée à son encontre par les dirigeants de Réunimer. Curieux….
  4. De voir dans une 3ème vidéo publiée par Imaz Press, l’égérie de l’association Océan Prévention Réunion, Jean-François Nativel, prendre carrément la défense de la pêche semi-industrielle : « ça fait partie d’un vieux serpent de mer qui vise à expliquer les attaques de requins à l’Ile de la Réunion ». Il minimise le problème, et l’associe avec celui de l’ex-ferme aquacole de St-Paul, dont le rôle en termes d’attractivité vis-à-vis des requins est sans commune mesure. Il est vrai que M. Nativel a fait son fonds de commerce du démantèlement de la réserve marine, accusée par lui d’être un réservoir à requins et un « garde-manger » pour les squales. Une théorie fumeuse qui ne repose sur aucun élément scientifique tangible, et que contredit d’ailleurs formellement M. Latchimy.

Au final, si les accusations de M. Latchimy s’avèrent exactes, des centaines de tonnes de déchets de poisson auront été balancées dans la baie de St-Paul entre 2010 et 2012, et véhiculées le long des côtes par les courants. On a ainsi créé un pôle d’attractivité sans précédent pour des requins comme le tigre et le bouledogue, à proximité immédiate des plages et des spots de surf de la côte ouest.

Les requins sont dans leur milieu naturel. Ils ne sont pas responsables de cette situation. Comme ils ne sont pas responsables de la surpêche, qui vide les océans et leur enlève la plus grande partie de leur nourriture : le poisson. Pourtant l’Etat français n’a trouvé qu’une solution au problème : éliminer systématiquement tous les requins tigres et bouledogues qui s’approchent de nos côtes. Et cela fait des années que ça dure.

Didier DERAND.

Un grand merci à Didier pour ce rappel. N’oublions pas les requins qui osent pointer le bout de l’aileron dans cet océan (ouvert!) qui entoure cette île. 

Île de la Réunion : Pêche post attaque …sans attaque

Communiqué de presse, le 18 février 2018

La préfecture vient de déclencher une pêche post attaque grassement payée par la contribuable alors que le requin concerné est mort et qu’il n’y a pas eu d’attaque.

Ce jeune homme a tiré un poisson qu’il était en train de fixer à son accroche poisson. Lorsque le requin attiré par le poisson  s’est approché. le chasseur a eu le temps de prendre son puissant fusil peu maniable de 1M30 et de l’intercaler.

Le requin ne trouvant pas le poisson a alors fait demi tour et le chasseur l’a tiré sur le côté de la tête, en arrière de l’oeil, alors que, selon ses propres dires, le requin s’enfuyait. L’emplacement du tir montre bien que le requin n’attaquait pas .

La flèche aurait pénétré de 30 à 50 cms. Une flèche tirée à cet endroit est mortelle.

Le tir  aurait pu provoquer une réaction violente de défense du requin si il n’avait pas été si bien ajusté. IL aurait été plus judicieux pour le chasseur de remonter sur le Kayak. On ne peut cependant blâmer un jeune homme inexpérimenté d’avoir cru défendre sa vie et d’avoir paniqué .

Cet incident met en évidence le risque énorme de pratiquer la chasse sous marine à proximité des baigneurs et surfers comme veulent le faire certains élus.

L’incident ne peut en aucun cas être qualifié d’attaque. Il s’agit tout au plus d’une interaction provoquée.

Lancer à grand frais une pêche post attaque, sans qu’il n’y ait eu d’attaque  pour pêcher un requin déjà mort laisse planer quelques doutes sur l’utilisation judicieuse des fonds attribués à la réduction du risque requins dont le montant vient de doubler.

Jean Bernard Galves, porte parole du collectif des associations Sea Shepherd, Aspas, Fondation Brigitte Bardot, Longitude 181,Sauvegarde des requins, One Voice, Tendua, Vagues, Requin Intégration

Massacre programmé : faisons entendre nos voix

Île de la Réunion. Un appel d’offres vient d’être lancé pour augmenter les prises de pêches que nos autorités revendiquent comme ciblées (bouledogue et tigre). Or à ce jour et depuis le déploiement du programme CapRequins en janvier 2014, les prises accessoires sont proportionnellement bien plus nombreuses. Aujourd’hui, 3 engins de pêches sont proposés : les drumlines, les palangres et le trémail : des engins destructeurs pour la biodiversité marine. Ces pêches continueront à se réaliser en toute impunité sans observateurs issus de la protection animale  (ces dernières ayant été écartées dans l’appel d’offres).

C’est pourquoi, notre collectif demandons à Monsieur le Ministre Nicolas Hulot,  une consultation publique sur le sort des requins de La Réunion et l’intégrité de la Réserve Marine.

« L’État a lancé un appel d’offres ouvert jusqu’au 30 novembre prochain pour permettre un massacre de requins sans précédant dans le cadre de la « Crise requin » à La Réunion.
AUCUN observateur issu des ONGs de protection des requins ne sera admis lors de ces parties de pêches qui promettent d’être un véritable carnage, y compris dans la Réserve Marine loin des regards dérangeants et entre complices.
Cette démarche va à contre courant des avertissements des scientifiques sur l’inefficacité et la dangerosité des pêches. Nos associations demandent de toute urgence une consultation publique sur cet enjeu de société qui nous concerne tous, de par son impact inéluctable sur l’environnement, la biodiversité et les conditions de sécurité des personnes. »

La pétition du collectif est toujours en ligne et d’actualité. Pour la signer et la partager, cliquer sur ici

@Sauvegarde des Requins

Monsieur Nicolas Hulot, la France doit stopper le massacre injustifié des requins à la Réunion et enquêter sur les irrégularités qui l’ont rendu possible

Pour dire stop à la chasse aux sorcières,

pour dire stop à l’opacité des financements…

Merci de signer et de diffuser

 

Lien de la pétition:

 http://petitions.seashepherd.fr/Petitions/Sign/5

 

Le collectif environnementaliste contre cette pêche dangereuse et injustifiée.

Un article à lire qui démontre bien les irrégularités dans le financement de cette chasse aux sorcières : https://www.clicanoo.re/Faits-Divers/Article/2017/08/04/Cap-Requins-2-en-eaux-troubles_483259

Île de la Réunion : Il y a remplacement et déplacement des requins, pas prolifération

Communiqué de presse

La Réunion, le 03/05/2017

C’est avec une infinie tristesse que nous saluons la mémoire d’Adrien et présentons à sa famille et amis nos plus sincères condoléances .Nous savons qu’Adrien était quelqu’un de bien et qu’il manquera à tous ceux qui l’ont connu.

Nous ne jugeons pas ceux, qui, au nom de leur passion, veulent transgresser les règles; Nous leur disons: soyez prudents, aucune passion ne mérite que l’on meure pour quelques instants intenses et vous en aurez tellement d’autres à vivre. Pensez à ceux qui vous aiment.

Personne n’a à l’heure actuelle de solution efficace à cette crise bouledogue et ceux qui le prétendent vous ont menti, pour le motif le plus sordide: l’argent .

Le Natal Shark Board , l’étude IFREMER de 1997, les spécialistes des requins  et même le Conseil d’Etat disent  « il ne peut y avoir régulation que si les requins sont sédentaires et non remplacés ».
Dans un milieu ouvert sur le large, comme la Réunion, les requins tués sont rapidement remplacés par d’autres requins de passage. Il n’y a non pas prolifération mais remplacement au fur et à mesure de leur pêche.
Les derniers accidents, après des années d’une pêche intensive ont démontrés de manière atroce,ce que l’on savait dés le commencement : une pêche de régulation ne sert à rien en milieu ouvert.
La génétique, les observations et les balises utilisées nous ont confirmé la circulation des requins entre la Réunion, l’Afrique, Madagascar. Le Natal Shark Board lui même le dit: lorsque les requins circulent, seul un système d’enclos pourrait être efficace..Encore faut il qu’il soit fiable.
Lors du dernier C4R, Monsieur le Préfet a été dans l’incapacité d’expliquer comment la régulation pouvait être possible et efficace dans les conditions de la Réunion, mais fait jeter des millions d’euros d’argent public à la mer.
On se contente de l’incantation « la pêche, la pêche » qui doit tout régler ; Dans le raisonnement magique,on pourrait tout aussi bien égorger un coq noir.

A la Réunion, prés de 300 requins tigres et bouledogues ont été massacrés sur quelques kilomètres et on a toujours plus d’accidents.
D’autres requins ont remplacé au fur et à mesure les requins tués.

Les auteurs de Cap requins n’ont pas cherché une solution. ils ont juste amorcé une pompe à fric qui ne s’arrêtera que quand il n’y aura plus de requins dans l’Océan Indien. Qu’ils nous expliquent pourquoi, dans le même temps l’Afrique du Sud en a tué 8 fois moins, sur 10 fois plus de longueur de côte? De plus les quelques requins ont été tués accidentellement car l’Afrique du Sud relâche systématiquement tous les requins pris vivants depuis 1989. Pourquoi massacrons-nous des requins à La Réunion alors que les Sud africains seraient en sécurité en les relâchant?

Nous avons « un problème » de bouledogues. Un seul accident en 20 ans a impliqué un tigre attiré par des appâts et déchets. Pourquoi pas moins de 6 requins tigres, faciles à pêcher et grands voyageurs ,ont-ils été massacrés 4 jours avant l’accident et des centaines de kilos d’appâts balancés à la mer.

Y aurait il une relation de cause à effet?
Personne à Cap requins ne se demande si tuer les tigres et balancer autant d’appâts ne détruirait pas un équilibre et faciliterait la prééminence des bouledogues. En plus de cette « régulation » inefficace mais très coûteuse,financièrement et écologiquement, on prétend ajouter une deuxième ligne d’appâts prés des baigneurs et surfers, histoire d’en rapprocher davantage les requins. La pêche post attaque de Saint André a pourtant clairement montré qu’un requin attiré par les appâts est resté en surface sans pouvoir être pêché

En toute honnêteté, le nouveau CRPEM, dont la responsabilité pourrait être soulevée en cas d’accident, ne prétend absolument pas avoir la capacité pêcher tous les requins attirés prés des côtes par les appâts et prises diverses.

On « régule » donc des requins qu’on ne peut pas réguler car ils sont remplacés , on en attire d’autres prés des plages alors qu’on n’est pas certains de les pêcher et on déséquilibre encore plus l’écosystème en massacrant les tigres alors qu’on a un problème bouledogue ; Voilà la logique de Cap requins

Aucun des concepteurs de Cap Requins n’avait de compétences en matière de requins; Tous se sont improvisés spécialistes d’un animal qu’il n’avait parfois jamais vu quand l’affaire est devenue juteuse. Cette régulation par la pêche pêche est totalement fantaisiste .C’est la délégation anormale d’une mesure de sécurité par l’Etat.

Avec les deux derniers accidents , On en voit le sinistre bilan: la zone où on a le plus massacré de requin au monde ces dernières années sous prétexte de sécurisation est celle où les accidents augmentent !!!

 Va t’on longtemps payer pour ces inepties dont la Réunionnais ne veulent pas et qui déshonorent leur Île ?

C’est le rejet d’eau usées, le basculement des eaux, le ruissellement lié à l’urbanisation, le rejet des déchets qui ont transformé la sèche côte ouest en milieu aussi favorable aux bouledogues que l’était la côte est .

Il est plus facile d’accuser la réserve et de dérégler encore plus l’écosystème que de traiter les vrais problèmes.

Jean Bernard Galvès , porte parole du collectif des associations  : Aspas,Fondation Brigitte Bardot,Longitude181,One voice,Requin Intégration,Sauvegarde des requins, Sea Shepherd ,Tendua,Vagues,

La pêche post attaque de Saint André confirme le danger de pêcher le requin devant les plages

 Île de la Réunion, le 24 février 2017

Le 22 février, lendemain de l’accident, le bateau chargé de la pêche post attaque a posé des dizaines de kilos d’appâts sur une palangre d’au moins 15 hameçons, ainsi que des drumlines appâtées. C’est une concentration énorme d’appâts et d’hameçons sur une toute petite zone .

Au moins un requin était présent ou a été attiré par les appâts tout prés du bateau. Dans cette eau brassée, le requin n’a pas pu suivre la trace odorante vers l’hameçon et l’a cherchée jusqu’en surface où il a été filmé.

A la fin de toute une journée, malgré un effort intense de pêche, le requin excité par les appâts n’avait pas été pris et le bateau est reparti bredouille.

On ne sait pas combien d’autres requins se trouvaient sur zone ou ont été attirés  par l’appâtage. Aucun n’a été pris. Le requin tué la veille n’est pas celui de l’accident .

 Cette observation capitale, qu’on s’est bien gardé de faire figurer sur http://www.info-requin.re/,  détruit complètement la théorie fumeuse qu’une pêche prés des plages protège surfers et baigneurs.

La pêche post attaque de Saint André vient de démontrer qu’on peut exciter des requins avec des appâts et qu’on n’arrive pas forcément à les pêcher. Imagine-t-on le danger pour les baigneurs et surfers?

Ce n’est pas une surprise. Lors des débuts de Cap requin en baie de Saint Paul, des requins balisés avaient été localisés prés des appâts. Ils n’avaient pas été pris. Cela avait entraîné un avis négatif du conseil scientifique de Cap requin au déploiement des drumlines prés des plages. On avait passé outre et douze jours plus tard survenait l’accident d’Elio .

Cette nouvelle et terrible observation démontre de manière irréfutable l’énorme danger de pêcher prés des usagers de la mer.

Après cette observation, qui osera porter la décision de pêcher le requin dans la réserve prés des baigneurs et surfers …pour leur sécurité…. et qui osera donner un avis favorable ? Pas les scientifiques et vrais connaisseurs des requins qui ont en tous dénoncé depuis longtemps ce danger .Il est, depuis la pêche post attaque de Saint André, connu de tous.

peche-post-attaque-du-22-fevrier-2017
@Requin Intégration

 

 

Photos du requin et bateau Imaz press : Au lendemain du drame, un requin rôdait toujours près du lieu de l’attaque

Vidéo de la pêche du 22 février   l’Info.re : Un requin bouledogue pêché à Saint André

 

 

 

 

Collectif des Associations :  Sauvegarde des requins, , Requin Intégration,Tendua, Aspas, Sea shepherd, Longitude 181, fondation Brigitte Bardot ,Vagues , One Voice.

Île de la Réunion : la pêche dans la réserve est suspendue

Communiqué des presse du 13/05/2016

Dans le cadre du programme Cap Requins 2, l’État autorisait la pêche d’un nombre illimité de requins tigres et bouledogues dans l’une des zones les plus protégées de la Réserve naturelle marine de la Réunion, jusqu’au 31 décembre 2016. Saisi par les associations ASPAS, Longitude 181, One Voice et Sea Shepherd, avec la participation de Sauvegarde des requins, Tendua, Vagues, Requin Integration et Fondation Brigitte Bardot.,le Tribunal administratif de Saint-Denis a suspendu cet arrêté et mis fin à cette pêche !

Le juge a considéré que les consultations nécessaires à l’adoption de cet arrêté n’avaient pas été correctement réalisées, ce qui fragilise le fondement scientifique de ces pêches.  En effet, le préfet  n’avait soumis sa décision à aucun conseil scientifique digne de ce nom, de sorte qu’aucun protocole n’encadrait méthodiquement cette pêche.

Une décision antiscientifique

À travers les médias, les scientifiques de la Réserve ont eu l’occasion d’exprimer leur opposition à cette pêche au milieu d’un espace naturel riche toujours en reconstruction et donc particulièrement fragile. De toute évidence, une telle pêche dans un espace protégé va à l’encontre des intérêts écologiques de la réserve qui a pour mission officielle la préservation optimale de toutes les espèces, tant les interrelations sont fortes entre faune piscicole et coraux constructeurs.

Le Comité des pêches est la structure chargée de mener le programme Cap Requins 2. Or ces spécialistes des techniques de pêche, qui ne sont pas des scientifiques, conçoivent le programme, le mettent en œuvre, et le contrôlent. Les conclusions qu’ils tirent de leurs propres analyses ne présentent aucune impartialité ni crédibilité scientifique. C’est pourtant sur la base de ces conclusions que le préfet avait autorisé la capture de requins au cœur d’un espace marin protégé, lui-même précieux pour l’économie et le tourisme.

Une pêche non sélective et des méthodes opaques

Rappelons que de nombreuses espèces de requins, espèces clés dans l’écosystème et les chaînes alimentaires des océans, sont considérées comme menacées par l’UICN. Les capturer sans plus d’étude quant à leur population, leurs mouvements et leurs comportements engendre nécessairement des conséquences néfastes pour l’ensemble de l’équilibre de l’océan, et plus particulièrement pour l’espace côtier réunionnais déjà bien fragilisé.

Les méthodes de pêches utilisées sont des palangres verticales (drum line) où sont accrochés des appâts qui n’attirent pas uniquement les espèces ciblées. Deux tiers des prises réalisées dans le cadre du programme seraient des prises accessoires. Difficile de savoir ce qu’il en est fait, étant donné qu’aucun observateur assermenté et indépendant n’est accepté sur les bateaux de pêche (les propres rapports du Conseil Technique du Comité des pêches avouent certaines difficultés à recueillir les informations). De nombreux animaux en font les frais, comme ce Grand requin blanc, espèce protégée, tué en octobre dernier, faute d’une véritable formation des acteurs du programme et de la présence de personnes compétentes indépendantes à bord.

Une pêche dangereuse, mais lucrative

Selon une logique totalement absurde, le préfet souhaite donc sécuriser les zones d’activités nautiques en attirant des requins près de ces zones ! Cette pêche présente le risque d’attirer des animaux dans un espace qu’ils n’auraient autrement peut-être pas occupé.

Loin de décroître, ce système où argent public et patrimoine naturel sont sacrifiés sur l’autel de l’obscurantisme vient d’être institutionnalisé au sein de l’ACRAR (Association pour le Centre de ressources et d’appui sur le risque requin), une nouvelle association qui, sur la base des anciennes méthodes, permet aux principaux maîtres d’œuvre de ce système absurde de se tailler une belle part du lion. Ceci explique sans doute cela…