REQUINS : ÇA COMMENCE A SENTIR LE POISSON POURRI…

Petit rappel des faits tout d’abord.

En février de cette année une entreprise locale de transformation de poisson est accusée par un de ses anciens salariés d’avoir rejeté pendant plusieurs années tous ses déchets de poisson en mer, plus exactement dans la baie de Saint-Paul. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2012. Conditionnés dans de gros sacs en polypropylène ou « big bag », immergés à moins de 1 mille de la côte, les déchets se retrouvaient ensuite, avec le courant dominant qui tire vers le sud, transportés rapidement tout au long de la côte ouest.

Tribune libre de Didier Dérand

Île de la Réunion, Saint-Joseph, le 18 juillet 2019

Petit rappel des faits tout d’abord.

En février de cette année une entreprise locale de transformation de poisson est accusée par un de ses anciens salariés d’avoir rejeté pendant plusieurs années tous ses déchets de poisson en mer, plus exactement dans la baie de Saint-Paul. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2012. Conditionnés dans de gros sacs en polypropylène ou « big bag », immergés à moins de 1 mille de la côte, les déchets se retrouvaient ensuite, avec le courant dominant qui tire vers le sud, transportés rapidement tout au long de la côte ouest.

Sur la base de 12 à 14 « big bag » de 500kg tous les 10 jours, ce sont ainsi des centaines de tonnes de déchets qui auraient été déversés dans l’ouest de l’île, constituant un pôle d’attractivité sans précédent pour les requins.

Le but pour l’entreprise était clair : se débarrasser de ses déchets à moindre coût. Alors qu’elle donnait aux marins une petite monnaie de 30 euros par tonne de déchets évacuée, l’équarrissage lui serait revenu à 350 euros la tonne……

Déchets de poissons rejetés (ou non) en baie de Saint-Paul : la polémique

Témoignage vidéo du pêcheur

-Courrier des lecteurs : Que s’est-il passé dans la baie de Saint-Paul ?

J’ai eu la curiosité d’aller fouiller un peu les aspects réglementaires de ce dossier. Les résultats sont édifiants.

Pour des motifs de sécurité vis-à-vis du risque requin, le préfet de la Réunion a pris le 18 juillet 2012 un arrêté « interdisant le rejet en mer de produits de la mer à l’intérieur des 2.5 milles nautiques dans les eaux territoriales de la Réunion ».

Sachant cela, il convient déjà de séparer clairement :

– La période d’avant juillet 2012 de la période soumise à cet arrêté,

– Les activités de pêche à l’intérieur des 2.5 milles nautiques de celles qui se déroulent à l’extérieur de cette limite,

– Les déchets de poisson produits en mer (dans le cadre des activités de pêche) de ceux produits à terre (dans les usines de transformation du poisson).

Dans ce dossier interviennent au moins quatre types principaux de réglementations :

– L’arrêté préfectoral n° 1022 du 18 juillet 2012,

– Le règlement (CE) n° 1069/2009 du 21 octobre 2009 « établissant des règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés non destinés à la consommation humaine »,

– La convention de Londres de 1972 « sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets et d’autres matières », et son protocole de 1996,

– Le code de l’environnement.

Considérons tout d’abord le problème des déchets de poisson produits en mer (provenant de l’exploitation normale des navires, c’est-à-dire des activités de pêche).

Avant le 18 juillet 2012, leur rejet en mer était légal.

Depuis cette date, il ne l’est plus qu’au-delà de la limite des 2.5 milles nautiques, dans la mesure toutefois où les déchets proviennent bien « d’activités de pêche de navires conformes aux règlements (CE) n° 852/2004 et (CE) n° 853/2004 » relatifs à l’hygiène des denrées alimentaires (article 2.h du règlement (CE) n° 1069/2009).

En-deçà de cette limite, ils sont désormais assimilés à des sous-produits animaux au sens de la réglementation communautaire et doivent intégrer le même circuit de traitement que les déchets produits à terre (cf. ci-après).

Passons maintenant à la partie la plus sensible de ce dossier : les déchets de poisson produits à terre (dans les usines de transformation du poisson).

Les prescriptions du règlement (CE) n° 1069/2009 du 21 octobre 2009 s’appliquent exclusivement aux déchets de poisson produits à terre ou dans la zone des 2.5 milles nautiques soumise à l’interdiction définie par l’arrêté préfectoral du 18 juillet 2012.

Il s’agit de matières exclues de la consommation humaine et considérées comme des sousproduits animaux (articles 2.1.a et 3.1. du règlement CE).

Ce sont des matières de catégorie 3 au sens dudit règlement (articles 10.e, i et j). Et en tant que telles, elles doivent être orientées vers les filières d’élimination ou d’utilisation définies à l’article 14, mais en aucun cas être rejetées purement et simplement à la mer.

Ce règlement (article 24.1) impose également aux exploitants de veiller « à ce que les établissements ou usines sous leur contrôle soient agréés par l’autorité compétente lorsque ces établissements et usines effectuent une ou plusieurs des activités suivantes :

h) la manipulation de sous-produits animaux après leur collecte, sous la forme d’opérations telles que le tri, la découpe, la réfrigération, la congélation, (…) ;

i) l’entreposage de sous-produits animaux ; (…) ».

Ce règlement est directement applicable dans tout Etat membre depuis le 4 mars 2011.

Et il est à noter qu’avant lui, c’est le règlement n° 1774/2002 du 3 octobre 2002 qui s’appliquait, et ce dès le 1er mai 2003 (cf. notamment son article 6.2 relatif à l’élimination ou l’utilisation des matières de catégorie 3).

La convention de Londres de 1972 est entrée en vigueur le 30 août 1975. Ratifiée par la France, elle a été remplacée en 1996 par le protocole de Londres, entré en vigueur le 24 mars 2006.

Ce dernier dispose en son article 4.1.1 : « Les Parties contractantes interdisent l’immersion de tous déchets ou autres matières à l’exception de ceux qui sont énumérés à l’Annexe 1 ».

Cette annexe 1 concerne les « Déchets ou autres matières dont l’immersion peut être envisagée » moyennant cependant l’octroi d’un permis prévu à l’article 4.1.2. Elle reprend bien en son point 1.1.3 les « déchets de poisson ou matières résultant d’opérations de traitement industriel du poisson ».

Cependant le protocole de Londres précise en son article 4.2 : « Aucune des dispositions du présent Protocole ne doit être interprétée comme empêchant une Partie contractante d’interdire, en ce qui la concerne, l’immersion de déchets ou autres matières mentionnés à l’Annexe 1 ».

Cette dernière disposition s’est traduite en France par les articles L.218-43 et L.218-44 du code de l’environnement, lesquels disposent :

Article L.218-43 : « L’immersion de déchets ou d’autres matières, telle qu’elle est définie à l’article 1er du protocole du 7 novembre 1996 à la convention de Londres de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets, est interdite ».

Article L.218-44 :

« I.- Par dérogation à l’article L.218-43, peut être autorisée :

1° L’immersion des déblais de dragage ;

2° L’immersion des navires, par le représentant de l’Etat en mer, dans le respect des traités et accords internationaux en vigueur.

II.- L’immersion des déblais de dragage est soumise aux dispositions des articles L.214-1 à L.214-4 et L.214-10.

III. « Les permis d’immersion régulièrement délivrés avant la publication de l’ordonnance n° 2005-805 du 18 juillet 2005 sont maintenus jusqu’à leur expiration sans pouvoir excéder une durée de dix ans».

Aucune dérogation à l’article L.218-43 n’est mentionnée pour les déchets de poisson produits à terre. Aucune limite de distance en mer non plus. Par conséquent l’immersion des « déchets de poisson ou matières résultant d’opérations de traitement industriel du poisson », pour les déchets produits à terre, est interdite. Y compris au-delà de la limite des 2.5 milles nautiques.

S’agissant des sacs en polypropylène :

– ils ne sont pas repris à l’annexe 1 du protocole de Londres,

– ils ne bénéficient d’aucune dérogation au titre de l’article L.218-44 du code de l’environnement.

Leur immersion est donc interdite, comme celle de toute matière plastique.

Les dispositions pénales qui s’appliquent, en cas d’infraction aux articles L.218-43 et L.218- 44, sont décrites aux articles L.218-48 à L.218-57. En particulier :

Article L.218-48 : « Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 18 000 euros d’amende le fait, pour tout capitaine d’un navire, tout commandant de bord d’un aéronef ou toute personne assumant la conduite des opérations d’immersion sur les plates-formes ou autres ouvrages, de se rendre coupable d’infraction aux dispositions des articles L. 218-43 et L. 218-44. Les personnes physiques coupables des infractions prévues par la présente section encourent également, à titre de peine complémentaire, la peine d’affichage de la décision prononcée ou de diffusion de celle-ci dans les conditions prévues à l’article 131-35 du code pénal. (…) ».

Article L.218-50 : « Sans préjudice des peines prévues à l’article L. 218-48, si l’une des infractions a été commise sur ordre du propriétaire ou de l’exploitant du navire, aéronef, plate-forme ou autre ouvrage, ce propriétaire ou cet exploitant est puni du double des peines prévues audit article. Tout propriétaire ou exploitant d’un navire, aéronef, plate-forme ou autre ouvrage qui n’a pas donné au capitaine, au commandant de bord ou à la personne assumant la conduite des opérations d’immersion sur la plate-forme ou autre ouvrage l’ordre écrit de se conformer aux dispositions de la présente section peut être retenu comme complice des infractions qui y sont prévues. (…) ».

Pour l’immersion des sacs en matière plastique, s’applique en sus l’article L.218-73 du code de l’environnement. Ce dernier prévoit une peine d’amende de 22 500 euros pour « le fait de jeter, déverser ou laisser écouler, directement ou indirectement en mer ou dans la partie des cours d’eau, canaux ou plans d’eau où les eaux sont salées, des substances ou organismes nuisibles pour la conservation ou la reproduction des mammifères marins, poissons, crustacés, coquillages, mollusques ou végétaux, ou de nature à les rendre impropres à la consommation « .

Bizarrement, dans ce dossier, rien ne bouge. Le ministère des outre-mer a été officiellement saisi de cette affaire dès le 3 mai 2019. On a renvoyé la « patate chaude » sur le préfet. Lequel préfet fait visiblement la sourde oreille : un mois s’est passé, sans aucune réponse.

Et dans nos chers quotidiens de la presse écrite locale, c’est le blackout total….

Le 16 mai 2019, j’ai adressé à l’administration locale un certain nombre de questions, dont celle-ci à propos des déchets de poisson produits à terre :  » l’arrêté préfectoral réglementant les rejets de déchets de poisson en mer n’a été promulgué qu’en juillet 2012. Ces rejets dans la zone des 2.5 milles nautiques étaient-ils légaux avant cette date ? ». Réponse de l’administration : « Ces rejets étaient en effet légaux. En l’absence de réglementation à l’époque, les rejets reconnus par certains opérateurs en 2009, 2010 et 2011, période durant laquelle il n’existait plus de filière de traitement des déchets de poisson à la Réunion, étaient légaux. Le TCO s’est chargé de cette tâche jusqu’en 2008. Depuis 2012, il a mis en œuvre sa propre filière. Les rejets en mer, consistant en l’immersion de sacs fermés, auraient eu lieu à plus de 25 milles nautiques (46 kilomètres) de la côte et certainement pas en baie de St-Paul, comme cela a pu être dit, puisque cela aurait supposé un détour ».

Voilà une réponse qui vaut son pesant de cacahuètes…

Puisque les rejets en mer des usines de traitement de poisson situées à terre étaient « légaux », puisqu’il n’y avait « pas de réglementation à l’époque », qu’en est-il de la réglementation communautaire, de la convention de Londres, du code de l’environnement et des interdictions d’immersion en mer des déchets plastiques ?!

L’administration prétend qu’entre 2009 et 2011 « il n’existait plus de filière de traitement des déchets de poisson à la Réunion ».

A la Réunion, le service public d’équarrissage a été confié au Groupement de défense sanitaire (GDS) par l’Etat dès l’année 2000, le traitement se faisant à la « Sica des Sables » usine d’incinération sise dans la zone industrielle d’Etang-Salé. Et ce groupement n’a connu aucune rupture d’activité depuis cette date (confirmation obtenue auprès du directeur de GDS). Qui plus est le président de l’entreprise de transformation de poisson incriminée prétend dans ses déclarations à la presse que selon lui de 2009 à 2011, « une partie des déchets était également traitée par l’équarrissage. Nos instructions étaient claires sur le sujet » (interview donnée à l’agence Imaz Press, 24/02/19, cf. liens précédents).

L’administration parle de 25 milles nautiques. Dans la même interview, le président de l’entreprise évoque le chiffre de 2.5 milles nautiques, la limite fixée par l’arrêté préfectoral, ce qui est quand même 10 fois moins. Nonobstant le témoignage du marin à l’origine des révélations, qui parle lui de moins de 1 mille nautique…. L’administration a la certitude (??) que les déchets n’ont pas pu être rejetés en baie de St-Paul eu égard au « détour » que cela aurait imposé. Là encore cette déclaration questionne.

Pour arriver en baie de Saint-Paul en sortant du Port Ouest, il suffit de virer sur bâbord (à gauche) et de naviguer pendant 2 milles nautiques (soit 3.7 kilomètres). Il n’y a pas de détour à faire, et c’est évidemment beaucoup plus près que les fameux 25 milles nautiques…. Qui plus est il y avait un problème crucial de sécurité pour l’équipage. Je rappelle les propos du marin à ce sujet : « Pourquoi les jeter aussi près de la côte ? Tout simplement à cause de la structure du bateau. On ne peut décharger que d’un seul côté, celui où se trouve le portillon.

Tous les sacs étaient donc entassés sur tribord. Avec 12 à 14 « big bag » sur un seul bord, la gîte du bateau était très importante. Il était donc trop risqué de s’aventurer au large, surtout à la tombée de la nuit (les rejets se faisaient généralement le soir) ».

Enfin, selon le marin impliqué dans cette affaire, les sacs en matière plastique utilisés pour transporter les déchets n’étaient en aucun cas fermés, puisque qu’il n’y avait pas….de fermeture (sacs « big bag » en polypropylène épais très résistant, du même type que ceux utilisés dans le BTP). Et cette source de pollution est loin d’être anecdotique puisque, sur la base de 12 à 14 « big bag » jetés à la mer tous les 10 jours, cela représente des centaines de sacs immergés chaque année.

Des réponses claires à ces questions sont donc indispensables : il y a quand même eu cinq personnes tuées par des requins dans l’ouest entre 2011 et 2013. A quand une totale transparence de l’administration dans ce dossier, notamment sur les modalités de son contrôle ?!

Franchement, vous ne trouvez pas que toute cette histoire commence à sentir le poisson pourri ?

Didier DERAND.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requin à La Réunion (CO4R), 7 octobre 2014

Le CO4R s’est réuni le 7 octobre 2014 sous la présidence de Chantal Ambroise, sous-préfète de Saint Paul.

Les signalements et prélèvements font l’objet d’un suivi régulier

• Les signalements : 43 observations depuis le 1er janvier 2014. Une nette hausse des signalements est observée depuis le début de l’hiver austral.
• Les prélèvements : depuis le 1er janvier 2014, 35 prélèvements ont été effectués (12 requins bouledogues, 23 requins tigres). Sur les 90 requins prévus dans le cadre du programme Valorequin, initié en fin d’année 2013, 41 captures ont été réalisées.
Ces informations sont disponibles sur le site info-requin.re

Les mesures mises en oeuvre par les mairies

Les communes de Saint-Paul et de l’Etang-Salé ont respectivement rappelé la pose de filets de protection pour la baignade. La commune de Saint-Paul a fait état de l’installation des drumlines, début octobre, en zone récifale des Roches Noires. Par ailleurs, les sept communes invitées au CO4R ont confirmé leur intérêt pour un déploiement du programme CapRequin 2 sur leur littoral.
Les communes de Saint-Paul, Saint-Leu et Saint-Pierre poursuivent, en outre, leurs procédures d’appels d’offres en vue de rechercher des dispositifs innovants de sécurisation.

Afin d’accompagner la mise en oeuvre des projets de réduction du risque sur son littoral, la commune de Saint Paul a recruté plusieurs Médiateurs de Surveillance et de Prévention (MSP) : ces personnes (embauchées sous le régime des contrats aidés) patrouillent le long du littoral de la commune. Leur mission est complémentaire à celle des maîtres nageurs sauveteurs, essentiellement axée sur le rappel de la réglementation et le conseil aux usagers de la mer.

Point d’étape relatif aux projets en cours

Point d’avancement de l’étude CHARC

Confiée à l’institut de recherche pour le développement (IRD), cette étude prévue sur 30 mois, vise à définir grâce au suivi de requins marqués, le comportement et la dimension des habitats des requins tigre et bouledogue qui fréquentent les côtes de La Réunion.
Une restitution de l’étude CHARC aura lieu en novembre 2014. Elle sera suivie d’un séminaire qui pourrait se tenir en février 2015.

Évaluation du dispositif « Vigies requins »

Le dispositif « vigies requins » est un moyen innovant de surveillance des spots de surfs qui s’appuie sur l’occupation de la colonne d’eau par des apnéistes.
Le premier rapport issu de l’évaluation de ce dispositif « vigies requins » conduite au cours du premier semestre 2014 est en cours d’expertise par le Muséum d’Histoire Naturelle (MHN), les conclusions cette expertise seront prochainement présentées aux acteurs locaux.

Projet « Cap Requin »

Ce dispositif, déployé dans un objectif de réduction du risque requin et expérimenté en baie de Saint-Paul depuis le mois de janvier 2014, se poursuit. Soutenu par l’État, le conseil régional et la commune de Saint-Paul, il fait appel à deux techniques de pêche dont la « smart Drumline », innovante, et la « palangre de fond ».

Le programme Caprequin comporte deux volets :
Caprequin 1 : l’expérimentation conduite depuis 9 mois en baie de Saint-Paul se poursuit avec une évaluation scientifique régulière. Ce dispositif a été étendu au secteur de Roches Noires, en zone corallienne, début octobre 2014.
Caprequin 2 : il s’agit de l’extension, au cours de l’année, de l’expérimentation à la demande de sept communes littorales (Saint-Paul, Trois-Bassins, Saint-Leu, Etang-Salé, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Saint- Benoît).

Programme « Valorequin »

Ce programme vise à examiner l’ensemble des débouchés en terme de valorisation des captures de poissons. Il comprend un volet qui a pour objectif de mesurer l’atteinte des requins tigre et bouledogue par la toxine Ciguatera, en vue d’une éventuelle reprise de la commercialisation de ces espèces.
Le 9 juillet 2014, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (ANSES), dans un avis publié, a rappelé, au titre du principe de précaution, que les requins tigre et bouledogue étaient potentiellement porteurs de la ciguatera.
Ce programme se poursuivra, dans l’objectif d’accroître notamment la connaissance sur les bio toxines marines ainsi que sur la connectivité des stocks de requins à l’échelle régionale et internationale.

Projet de plan d’actions 2015-2020 comprenant la mise en place d’un observatoire, centre de ressources et d’appui dans le domaine de la gestion du risque requins

Élément essentiel du plan gouvernemental « pour une politique active de prévention du risque requin », la mise en place du centre de ressources et d’appui est engagée depuis le 1er septembre 2014.

L’objectif de ce centre de ressources et d’appui est de mettre en oeuvre les actions les plus pertinentes en matière de réduction du risque requin, en prenant appui sur l’expérience acquise depuis 2011 et sur les compétences disponibles à La Réunion. Il s’agira pour le centre de ressources et d’appui d’animer et de mettre en oeuvre un plan d’actions pluriannuel, principalement composé de mesures opérationnelles de sécurisation et de prévention, soutenues par la connaissance scientifique et l’innovation technologique. L’ensemble des acteurs sera associé, au côté de l’équipe projet, à la mise en place de cette structure et à la définition du plan d’actions opérationnel.

Saint-Paul : dégustation de requin improvisée
Saint-Paul : dégustation de requin improvisée Ce mardi 7 octobre 2014, le collectif « Rend a nou la mer, rend a nou la Réunion » a organisé une dégustation de requins côtiers lors de la réunion du CO4R (Comité opérationnel de réduction du risque requin à La Réunion) devant la sous-préfecture de Saint-Paul.

État des connaissances relatives à la contamination des requins, notamment tigre et bouledogue, par des ciguatoxines

requin-bouledogue
requin-bouledogue
requin tigre
requin tigre

AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation,  de l’environnement et du travail

Extrait

Question 1: Quelles sont les connaissances actuelles quant à la contamination par des ciguatoxines de la chair de requins, en particulier les requins tigre et bouledogue? Des cas d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins ont-ils déjà été rapportés?

Question 2 : Quelles sont les méthodes analytiques actuellement applicables à la détection et à la quantification des ciguatoxines dans la chair de requins? Les résultats issus de ces méthodes peuvent-ils être utilisés pour mener une évaluation des risques sanitaires liés à une éventuelle autorisation de ces espèces pour la consommation humaine dans cette zone?
Dans le cas où l’Anses identifierait une méthode d’analyse des ciguatoxines dans la chair de requins suffisamment fiable, quelles données seraient nécessaires pour mener cette évaluation et quelles recommandations pourraient être émises concernant le protocole de prélèvement du requin tigre et du requin bouledogue à La Réunion? Il sera notamment pris en compte la zone géographique concernée et l’éthologie de ces deux espèces de requins en termes de capacité de déplacements dans les eaux marines réunionnaises.

Question 3 : En 2006 et 2009, l’Agence a rendu des avis relatifs à la consommation des poissons prédateurs pélagiques à La Réunion vis-à-vis du risque sanitaire lié au méthylmercure. Les nouvelles analyses réalisées en 2013 sur des spécimens de requins sont-elles de nature à réviser les conclusions de ces avis?

 Question 1 concernant les connaissances actuelles quant à la contamination par des ciguatoxines de la chair de requins, en particulier les requins tigre et bouledogue, et aux cas rapportés d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins
L’analyse de la littérature scientifique et plus largement une recherche sur internet ont permis au groupe de travail d’identifier et de décrire dans son rapport des cas d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins (viande et/ou foie) du XIXème siècle à nos jours. Des cas, parfois mortels, ont ainsi été rapportés en Nouvelle Calédonie, dans les îles Cook, les îles Gilbert, en Polynésie Française, à Madagascar (notamment en novembre 2013 et février 2014) et à La Réunion (en 1993). Le requin tigre était l’espèce mise en cause dans les îles Gilbert. Par ailleurs, cette espèce a été décrite dans la littérature comme «ciguatérique », sur la base de données recueillies dans les îles Samoa, Fiji et Mascareignes (Les Mascareignes sont un archipel de l’océan Indien formé de trois îles principales, La Réunion, Maurice et Rodrigues, ainsi que plusieurs petites îles proches). A Madagascar, le requin tigre a été associé à au moins un cas d’intoxication alimentaire rapportés dans la littérature et le requin bouledogue à deux cas.
L’analyse génétique du requin impliqué dans l’intoxication alimentaire survenue en novembre 2013 a permis de conclure qu’il s’agissait d’un requin bouledogue.
Les symptômes observés lors de ces intoxications alimentaires associées à la consommation de
requins correspondent aux symptômes caractéristiques des ciguatoxines, une famille de toxines produites par une micro-algue du genre Gambierdiscus. Toutefois, certains auteurs suggèrent qu’il s’agirait en fait d’autres toxines ayant des propriétés similaires, dénommées carchatoxines, mais dont la structure n’a pas été caractérisée à ce jour. Plus de 175 symptômes différents ont été recensés en phase aiguë et chronique de la ciguatéra (nom donné à l’intoxication par les ciguatoxines). Des différences régionales ont été notées et peuvent être attribuées à la présence de ciguatoxines différentes. Ainsi, on distingue les ciguatoxines du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien. Il n’est pas exclu que les carchatoxines puissent être de nouveaux analogues de ciguatoxines, par exemple des formes très oxydées.
D’autres données concernant la contamination de requins (chair ou foie), en particulier des requins tigre et bouledogue, par des ciguatoxines (ou des toxines similaires) ont été collectées et analysées dans le rapport du GT. Il s’agit d’études réalisées dans les années 1960 à 1980, à l’aide du bio-essai sur mangouste.
 Sur la base de ces éléments, le CES ERCA estime qu’il convient de prendre en compte non seulement les ciguatoxines mais aussi un autre type de toxines, spécifiques de certains requins, et dénommées jusqu’à présent carchatoxines.

■ Question 2 concernant les méthodes analytiques
Les méthodes analytiques applicables à la détection et à la quantification de ciguatoxines dans la chair de requins ont été recensées et décrites dans le rapport du groupe de travail. Ces méthodes comprennent : les essais sur animaux en particulier le bio-essai sur souris, le test sur cellules de neuroblastomes (Neuro-2a), le test radioligand-récepteur (RBA), les tests immunologigues et les méthodes physico-chimiques, notamment la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS).
 Après avoir considéré les points forts et les faiblesses des méthodes analytiques disponibles au regard de la complexité et de la diversité des toxines qui composent la famille des ciguatoxines (ciguatoxines du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien), le CES ERCA recommande d’employer une combinaison des techniques suivantes :
– un bio-essai sur souris, afin de rechercher s’il y a une toxicité globale dans l’échantillon ;
– un test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a et/ou un test sur récepteur, lesquels présentent une meilleure spécificité et une plus grande sensibilité que le bio-essai sur souris ;
– une analyse par LC-MS/MS, afin de tenter de confirmer la présence de ciguatoxines connues en cas de résultats positifs par l’une des méthodes ci-dessus.
Les données ainsi produites pourraient ensuite être exploitées dans le cadre d’une évaluation des risques sanitaires pour le consommateur.

 Concernant les requins tigre et bouledogue prélevés à La Réunion en 2012 et 2013
Les résultats d’analyses de 24 échantillons de chair de requins pour la recherche de ciguatoxines par bio-essai sur souris ont été transmis à l’Anses dans le cadre de la saisine par la DGAl. Tous ont produit un résultat négatif. Toutefois, ce test n’est pas suffisamment sensible pour détecter des concentrations de ciguatoxines considérées sans risque pour l’Homme.

Considérant les recommandations précédentes sur les méthodes analytiques, le CES ERCA estime que la seule analyse par bio-essai sur souris ne permet pas de produire des résultats suffisants pour conclure à la salubrité des 24 spécimens de requins quant à la présence de ciguatoxines.
L’Anses a donc engagé une convention de recherche et de développement (CRD) avec l’Arvam (Agence pour la recherche et la valorisation marines, La Réunion), en collaboration avec l’IRTA (Instituto de Investigación y Tecnología Agroalimentaria, Espagne) afin que ces échantillons soient analysés par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a. Le rapport final a été transmis à l’Anses le 21 juillet 2014.
Les résultats n’ont pas montré la présence de toxines de type ciguatoxines au-delà de la limite de détection de 0,04 µg eq P-CTX-1 kg-1 de chair. Il convient de noter que cette limite de détection est supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’Homme de 0,01 µg eq. P-CTX-1 kg-1de chair de poisson.
La CRD incluait également des échantillons du requin bouledogue impliqué dans un foyer
d’intoxications survenu à Madagascar en novembre 2013 (124 personnes intoxiquées dont 9 sont décédées) afin qu’ils soient analysés par bio-essai sur souris et par test de cytotoxicité sur cellulesNeuro-2a. L’échantillon de chair a donné un résultat positif par bio-essai sur souris, avec des symptômes typiques de ceux connus pour les carchatoxines (prostration, dyspnée, cyanose, convulsions et mortalité par arrêt respiratoire). L’analyse d’un échantillon de chair, d’un échantillon d’œsophage et de trois échantillons d’aileron séché par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a a conclu à la présence de toxines de type ciguatoxines, dont les concentrations estimées sont les suivantes :
– chair : 0,144 µg eq P-CTX-1 kg-1 (soit 14 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme) ;
– œsophage : 114 µg eq PCTX-1 kg-1 (soit 11 400 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme) ;
– aileron séché : 0,145 µg eq PCTX-1 kg-1 ; 0,158 µg eq PCTX-1 kg-1 ; 0,737 µg eq PCTX-1 kg-1 (soit 14 à 74 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme)

Question 2 concernant un protocole de prélèvement des requins tigre et bouledogue à La Réunion

Afin de répondre à cette question, le groupe de travail a collecté des éléments d’éthologie des
requins tigre et bouledogue dans les eaux réunionnaises, en s’appuyant plus particulièrement sur les résultats préliminaires obtenus dans le cadre du programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion).
Ces requins sont des prédateurs apicaux piscivores capables de se nourrir de différentes espèces. Ils présentent à La Réunion une fidélité restreinte à certains sites mais sont capables de coloniser un éventail très large d’habitats différents et de se déplacer sur de longues distances, notamment jusqu’à Madagascar où des intoxications alimentaires associées à la consommation de requins ont été récemment rapportées (novembre 2013 et février 2014). Il serait donc particulièrement intéressant de savoir si les requins effectuent également des déplacements de Madagascar vers La Réunion. On ne connait aujourd’hui ni l’origine ni la dynamique de bioaccumulation de ces toxines chez les requins. De plus, les connaissances des traits de vie de ces deux espèces de requins et la dynamique de leurs populations sont très partielles et insuffisantes.
 En l’absence d’information sur la taille et la structure des populations de requins tigre et bouledogue dans les eaux réunionnaises et compte tenu des connaissances lacunaires concernant leur comportement alimentaire et leurs déplacements à l’échelle de l’océan Indien, il n’est pas possible d’émettre de recommandations pour un protocole de prélèvement de requins permettant de statuer sur les risques liés à une éventuelle autorisation de ces espèces pour la consommation humaine, au regard du risque ciguatérique.

■ Question 3 concernant les risques sanitaires liés au méthylmercure
Les résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins pour la recherche de plomb,
cadmium et mercure, transmis à l’Anses dans le cadre de la saisine par la DGAl, sont présentés dans le tableau 1. Il apparaît que 4 des 5 échantillons de chair de requins analysés ont une concentration en mercure supérieure (jusqu’à 2,5 fois) à la limite maximale fixée par Règlement
(CE) n°1881/2006 de la Commission du 19 décembre 2006 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, soit un pourcentage de 80%.
Tableau 1 : Résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins pour la recherche de plomb, cadmium et mercure (méthode ANSES CIME, en mg/kg de poids frais) Plomb Cadmium Mercure

Anses
Anses


Dans son avis du 17 avril 20091, l’Agence faisait état de résultats d’analyses de 9 échantillons de chair de requins (requin commun Lamna nasus et requin-hâ Galeorhinus galeus) issus d’un plan de contrôles mené en 2007. La concentration moyenne en mercure était de 1,3 mg/kg de poids frais, 44% des échantillons dépassaient la limite maximale de 1 mg/kg de poids frais.
Au regard de ces résultats, l’Agence mettait à jour ses recommandations quant à la consommation des poissons prédateurs pélagiques, en particulier l’espadon, à La Réunion vis-à-vis du risque sanitaire lié au méthylmercure (avis du 6 juillet 20062) pour que les requins soient inclus dans la liste des espèces de poissons à éviter pour les femmes enceintes ou allaitant ainsi que les enfants en bas âge (< 30 mois).


 Les résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins réalisées en 2013 ne sont pas de nature à modifier les recommandations de l’Agence.

■ Conclusions du CES
L’analyse de 24 échantillons de chair de requins tigre ou bouledogue prélevés à La Réunion en 2012 et 2013 par bio-essai sur souris et par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a n’a pas montré la présence de toxines de type ciguatoxines au-delà de la limite de détection. Toutefois, il convient de noter que pour ces deux tests la limite de détection est supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’Homme de 0,01 µg eq. P-CTX-1 kg-1 de chair de poisson.
L’analyse d’un échantillon de chair du requin bouledogue impliqué dans un foyer d’intoxications survenu à Madagascar en novembre 2013 (124 personnes intoxiquées dont 9 sont décédées) a donné un résultat positif par bio-essai sur souris avec des symptômes typiques de ceux connus pour les carchatoxines. L’analyse d’un échantillon de chair, d’un échantillon d’œsophage et de trois échantillons d’aileron séché par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a a conclu à la présence de toxines de type ciguatoxines, avec des concentrations estimées à 0,144 μg eq PCTX-1 kg-1 dans la chair, 114 μg eq PCTX-1 kg-1 dans l’oesophage et 0,145 μg à 0,737 μg eqPCTX-1 kg-1 dans l’aileron. Ces concentrations sont 14 à 11 400 fois supérieures à la concentration considérée sans risque pour l’Homme.
Par ailleurs, les résultats préliminaires du programme CHARC ont montré que les populations de requins tigre et bouledogue ne sont pas inféodées aux eaux réunionnaises et qu’un des spécimens étudiés (requin tigre) marqué à La Réunion a été capable de se déplacer jusqu’à Madagascar.
En conséquence, le CES ERCA estime que les données produites par l’analyse d’échantillons de chair de 24 spécimens de requins réunionnais et d’échantillons d’un spécimen de requin malgachene permettent pas d’exclure le risque que les requins pêchés à La Réunion puissent êtrecontaminés par des ciguatoxines (ou des toxines similaires) à des concentrations qui pourraient présenter un risque pour la santé du consommateur.
D ’autre part, les analyses de mercure réalisées dans 5 échantillons de chair de requins tigre ou bouledogue ont montré que dans 80% des cas, la concentration était supérieure à la limite
maximale fixée pour le règlement (CE) n°1881/2006. Le CES ERCA maintient donc la recommandation émise par l’Agence en 2009 à l’intention des femmes enceintes ou allaitant ainsi que des enfants en bas âge (< 30 mois) d’éviter, à titre de précaution, la consommation de requins, tout comme celle d’espadons, de marlins, de sikis et de lamproies.

Source : État des connaissances relatives à la contamination des requins, notamment tigre et bouledogue, par des ciguatoxines : occurrence, méthodes analytiques, cas humains rapportés et éléments d’éthologie pour ces deux espèces de requins
Avis de l’Anses / Rapport d’expertise collective, Août 2014

En savoir plus sur la toxicité  : Livret « Requins sur nos étals »

Île de la Réunion : Ciguatera2/Valo requin

@Sauvegarde des requins

Communiqué 

Certaines personnes à La Réunion veulent « réguler  » la population supposée de requins par l’incitation à la pêche ;

dans  cette logique ,qui ne repose sur aucun fondement scientifique,  il faudrait trouver des débouchés aux requins ; on a alors pensé à revoir l’arrêté interdisant la commercialisation des requins en raison du risque « ciguatera »

Un risque se définit par la conjonction d’un enjeu, ici le bilan humain après une intoxication d’origine ciguaterique  ,  et d’un alea : la survenue d’une intoxication

L’ enjeu

Un requin  de deux à trois cent kgs peut être consommé par des centaines de personnes et intoxiquer autant de personnes , avec des dizaines de décès possibles ; les animaux sont aussi touchés

Etude institut pasteur Madagascar période 1993/1996 :

Novembre 1993  ( requin bouledogue ) : 188 intoxications ; 60 morts parmi les personnes  hospitalisées  ( bilan global 98 morts selon autres sources tenant compte des décès sans hospitalisation ), 2 carchatoxines découvertes

Octobre 1995 : 65 intoxications  pas de décès ; un chien mort

Novembre 1995 (requin ballestrine , très proche bouledogue ) : 320 intoxications ; 4 morts  ; plusieurs chiens et chats morts, une nouvelle biotoxine découverte

Avril 1996  ( requin marteau ) :59 intoxication 3 morts

Mai 1996 ( requin tigre ) : 500 intoxication pas de décès humain ; un chien mort

 Derniers accidents recensés à Madagascar

Novembre 2013 : 150 intoxications, 15 morts

Février 2014 : 9 intoxications, 1 mort

L’alea

Cet accident est il possible à La Reunion?

La Reunion se trouve en zone d’endémie ciguaterique ( cf arrêté préfectoral)

L »IRD a montré une circulation des requins tigres ( espèce impliquée) entre la Reunion et Madagascar et une probable circulation des requins bouledogues entre ces iles ;(programme Charc)

L’IRD a montré une présence saisonnière plus marquée des requins qui conforterait la probabilité d’une circulation des requins bouledogues entre les iles ; ( programme Charc)

La levée de l’interdiction ouvrirait la porte à la commercialisation de requins pêchés ailleurs qu’à la Reunion (Madagascar; cf arrêté préfectoral)

L’etude ciguatera2 rebaptisée Valo requins

Elle prévoit la mise à mort de 90 requins de plus que les 24 déjà pechés dans le cadre de ciguatera 1

La population des requins tigres et bouledogues n’est pas connue

Il est établi que ces espèces de requins circulent hors de la réunion, et en particulier vers Madagascar

Le taux de circulation n’est pas connu

« La viscosité  » de la population n’est pas connue

Dans ces conditions, le nombre de 24 + 90 requin tué est totalement arbitraire et ne peut être considéré comme représentatif de cette population .

Un risque majeur

Les éléments à disposition permettent de conclure à l’impossibilité de commercialisation des espèces concernées  ; leur consommation pouvant entraîner un accident majeur (centaines ‘intoxications faisant des dizaines de morts pour consommation d’un seul requin );

L’étude ciguatera n’est pas supportée par un protocole sérieux permettant d’apprécier plus justement ce risque

La transformation en aliments pour animaux ne peut être non plus  valablement considérée ( cf ci dessus)

Conclusion

L’étude ciguatera  ne peut repondre à la question du risque que représenterait la consommation de ces requins

Elle conduit à la mort inutile de 114 animaux , auxquelles s’ajoutent les prises accessoires ( espèces non ciblées )

Bonjour

Nous vous adressons une brève note de synthèse qui montre que l’étude Ciguatera2, devenue Valo requins , et d’un montant de 260 000 euros , ne repose sur rien de fiable ;
l’agence de sécurité alimentaire n’en a toujours pas validé le protocole, et pour cause , la commercialisation constituerait une prise de risque énorme que les autorités sanitaires ne peuvent assumer .

Le programme pourtant déjà financé a donc modifié ses objectifs pour viser à une commercialisation animale ;

la pêche a commencé dans la précipitation  , sans l’avis de la commission;
Avec des requins payés au pêcheur 4,  5 euros du Kg et des pécheurs défrayés 50 euros de l’heure s’ils ne pêchent pas de requins (ils sont par contre autorisés à pêcher pendant ce temps  pour leur compte tout en étant défrayés ) les croquettes pour chien risquent d’avoir le prix d’un produit de luxe ….qui représente pour nos amis à 4 pattes un risque mortel puisque les études de l’Institut Pasteur de Madagascar mentionnent la mort de chiens et chats lors des intoxications humaines .
Cette  toxicité pour les animaux est bien connue des polynésiens qui l’utilisent pour tester les poissons sur lesquels ils ont des doutes ;

Nous ajouterons l’effet désastreux en terme d’image pour  la Réunion ,  de ce projet d’utilisation : faire des croquettes pour chiens des requins après avoir été accusé d’utiliser des chiens pour pêcher le requin .

ARRETE N° 06 – 2412 /SG/DRCTCV Enregistré le 30 juin 2006

REGLEMENTANT LA COMMERCIALISATION DE CERTAINES ESPECES DE POISSONS MARINS TROPICAUX

LE PREFET DE LA REGIONET DU DEPARTEMENT DE LA REUNION Chevalier de la Légion d’Honneur

VU les Règlements 178-2002, 852-2004, 853-2004, 854-2004 et 882-2004, fixant notamment les règles sanitaires régissant la production et la mise sur le marché des produits de la pêche ;

VU la directive 97/78/CEE du conseil du 18 décembre 1997 fixant les principes relatifs à l’organisation des contrôles vétérinaires pour les produits en provenance des pays tiers introduits dans la communauté ;

VU le code de la consommation et notamment son Art. L 212.1 ;

VU le code rural, et notamment ses articles R231-12 à 19 ;

VU l’arrêté ministériel du 16 mars 1982 (ministres de la consommation, de l’agriculture, de la mer), définissant les noms français officiels et dénominations admises des poissons marins ;

VU l’arrêté ministériel du 25 juillet 1986 (ministres de l’agriculture, de l’économie et des finances, secrétaire d’Etat à la mer), relatif à la réglementation des conditions d’importation en France des produits de la mer et eau douce destinés à la consommation humaine ;

VU l’arrêté préfectoral N° 2365 du 6 septembre 1999 interdisant la commercialisation de certaines espèces de poissons ;

…/…

VU l’arrêté préfectoral N° 1001 du 16 mai 2000 portant modification de l’arrêté préfectoral N° 2365 du 6 septembre 1999 ;

VU l’avis de la Direction Régionale des Affaires Maritimes en date du 31 mars 2006 ;

VU l’avis de l’Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines ( ARVAM) en date du 25 avril 2006 ;

VU l’avis du Comité Régional des Pêches Maritimes et Elevages marins de la Réunion en date du 2 mai 2006 ;

CONSIDERANT la situation de la Région REUNION dans la zone 0céan Indien où sévit le phénomène « ciguatera » de façon endémique ;

CONSIDERANT la nécessité de protéger au mieux la population réunionnaise contre ce risque, au vu de ses habitudes alimentaires et d’une affinité particulière pour ces types de poissons à risque Ciguatérique ;

CONSIDERANT les demandes présentées par des importateurs de pouvoir commercialiser des variétés de poissons issues de zones tropicales listées par les Arrêtés préfectoraux sus- visés hors zones de pêche listées par les Arrêtés préfectoraux sus-visés ( Océan indien), pour lesquels il est impossible d’exclure le risque ciguatéra pour les poissons pêchés en zone tropicales hors océan indien ;

CONSIDERANT qu’il y a lieu d’appliquer une réglementation sanitaire uniforme entre les poissons issus de la pêche locale et les poissons issus de la pêche en pays tiers ;

 Jean Bernard Galvès

Pour le collectif des associations environnementalistes (Requin Intégration, Tendua, Association de Sauvegarde d’Etang Salé les Bains, Sea Shepherd, Longitude 181, Aspas, fondation Brigiitte Bardot , Vague et Sauvegarde des Requins)

 

Les programmes mis en place à La Réunion face à la « crise requin » : décryptage

Les programmes mis en place à La Réunion face à la « crise requin » : décryptage

I) Le contexte

La Réunion a connu sur 3 ans un nombre d’attaques de requin auquel elle n’était pas habituée. L’inexpérience de la France face à ce type d’événements a engendré « la crise requin » et son lot de décisions bonnes et mauvaises (surtout mauvaises).

Les attaques sur l'île depuis 1972
Les attaques sur l’île depuis 1972
Les attaques mortelles dans le monde depuis 2004
Les attaques mortelles dans le monde depuis 2004

63 décès au total dans le monde sur 10 ans, soit une moyenne de 6,3/an.

Tour d’horizon de ces différentes décisions.

II) Les principaux programmes

2012

Etude CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de 2 espèces de Requins Côtiers)

Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R)

Réévaluation du risque Ciguatera Phase 1

Dispositif post-attaque : Opérations de capture de requins dans un espace et sur une période limités en cas d’attaques.

Vigies-requins

2013

Filets anti-requins

Réévaluation du risque Ciguatera Phase 2

Interdictions des activités nautiques : depuis août 2013, renouvelé  jusqu’au 15 septembre 2014 (en savoir plus : ici )

Site internet « info Requin », accessible depuis le 1er octobre : http://www.info-requin.re/

2014

Filets anti-requins

CapRequins

Etude sociologique « Mieux connaître pour mieux gérer » sur les perceptions des usagers de la mer du risque requin. Début : janvier 2014, durée : 1 an

Dispositif « vigies-requins  renforcées »

III) Décryptage

Etude CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de 2 espèces de Requins Côtiers)

Financement : Conseil Régional, Etat, FEDER (Fonds Européen de Développement Régional)

Durée : 30 mois. Débuté en octobre 2011

Objectif : Définir les caractéristiques et la dimension des habitats des requins Tigre et Bouledogue

Mise en œuvre : L’IRD (Institut de Recherche pour le Développement)

1er résultats : Marquage de 80 requins : 38 bouledogues et 42 tigres.

Octobre 2013 : « La présence des requins Tigre et Bouledogue sur les côtes de la Réunion sont saisonnières avec davantage de requins marqués détectés l’hiver que l’été et des pics de présence dans certaines zones au cours des périodes de transition (hiver-été ou été-hiver). »  «  Certains sites autour de l’île pourraient être soit des zones de repos, soit des zones de reproduction »

Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R)

Date : Crée le 1er février 2012

Objectif : Offrir un cadre approprié de dialogue et de concertation sur la réduction du risque requin à la Réunion.

Les acteurs : Les services de l’état, les représentants des services de secours, les représentants des collectivités territoriales, les représentants des usagers de la mer, la communauté scientifique, les associations…

Réévaluation du risque Ciguatera

o   Phase 1 : Débuté en Septembre 2012, 24 requins péchés

Objectif : « Afin de permettre une éventuelle reprise de la commercialisation des requins tigres et bouledogues, espèces non protégées, il a été décidé d’engager en août 2012 une campagne de prélèvements visant à mesurer la présence éventuelle de biotoxines marines dans la chair de ces squales. » (info-requin.re)

o   Phase 2 (Protocole du CRPMEM)

Début : Novembre 2013 via CapRequins, en cours de lancement pour le programme spécifique « Ciguatera »

Pilotage : Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins

Analyse : ARVAM

Budget : 260 000€ financé par l’Etat. Détails : Défraiement des pêcheurs : 4€ le kg dans la limite de 900€/prise. Défraiement en cas d’absences de captures : 50€/heure (6H max et 20 000€ max sur la durée du programme)

Cibles : Requins Bouledogue et Tigre en pêche ciblée (44 bouledogues et 44 tigres), 10 carangues bleues collectées de manière opportuniste auprès des pêcheurs.

Objectif :

*Réévaluer le risque pour la sécurité sanitaires des aliments de certaines espèces de poissons avant d’entrevoir l’éventuelle levée d’interdiction de leur commercialisation sur le marché réunionnais (présence de carchatoxine, de métaux lourds, etc…).

*Recueillir un maximum d’informations sur les 2 espèces de requins pouvant servir à l’étude CHARC (contenus stomacaux, maturation sexuelles et reproduction, répartition, etc…)

Mise à jour juillet 2014 : « L’étude Ciguatera 2 a été renommée VALO requin car les analyses vont être menées au-delà de la seule commercialisation à des fins alimentaires, pour étudier d’autres potentialités de valorisation des squales comme la pet food, l’artisanat… », explique Ludovic Courtois (CRPMEM Réunion). »

L’Etat souhaite donc ouvrir de nouveaux marchés pour écouler les futures captures!!

La ciguatera : « Intoxication alimentaire résulte de la consommation de poissons ou de bénitiers contaminés par des toxines marines, les ciguatoxines, produites par une algue microscopique (Gamberdiscus spp) . Comme de nombreuses toxines, celles-ci s’accumulent dans les organismes et leur concentration augmente au fur et à mesure des échelons de la chaîne alimentaire. » (IRD)

« Une réglementation locale spécifique existe depuis 1966 et évolue  régulièrement en fonction de l’état des connaissances, de la situation épidémiologique locale et régionale. Une révision majeure a été entreprise en 1999, afin de prendre en compte la situation épidémiologique à Madagascar où de nouvelles formes d’intoxications sévères mettant en cause des toxines d’origine méconnue ont été observées (clupéotoxisme, intoxication par certaines sardines et carchatoxisme, par certains requins) (Champetier et al. 1997). L’arrêté préfectoral intègre ainsi les espèces de sardines et de requins les plus souvent mis en cause dans ces formes d’intoxications. » (Bulletin épidémiologique 2013)

Comprendre la Ciguatera et les Intoxications par Consommation d’Animaux Marins (ICAM) = brochure de l’IRVAM (Agence pour la Recherche et la VAlorisation Marines) Vous pouvez télécharger la brochure dans son intégralité : ici )

 Diapositive3

Note de Sauvegarde des requins

Où est le principe de précaution si l’Etat décide de la commercialisation de ces espèces ?

Si la commercialisation de ces 2 espèces a été interdite dès 1999, la pêche quant à elle est toujours présente sur l’île

Se concentrer sur l’échantillonnage dans les eaux de la Réunion pour prendre une telle décision, c’est oublier volontairement ce qui se passe chez nos voisins (Madagascar). De plus, c’est partir du principe que les requins sont sédentaires or aujourd’hui, aucune étude ne le confirme. Le programme Charc  indique le contraire dans ses 1ers résultats.

Cette étude n’aurait d’intérêt que si elle concernait l’ensemble des espèces (dont coraux, algues…) incriminées dans cette intoxication et devrait s’étendre sur l’ensemble des territoires touchés.

De plus, les autorités ont signalé à plusieurs reprises que ces prélèvements s’intégraient une politique de régulation des Tigres et Bouledogues

Vigies-requins « renforcées »

Financement : Conseil régional (85%), DJSCS (Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale de la Réunion)

Début : janv 2014, durée estimée : 3 mois

Objectif : Évaluation du dispositif sous contrôle scientifique pour en mesurer l’impact au plan opérationnel et les éventuelles limites (expositions des vigies et des pratiquants au risque)

Résultats : rapport d’évaluation juin 2014

Acteurs : Ligue de surf en collaboration avec l’IRD

Mise en œuvre : Roches Noires, environ 300 mètres du rivage. Carré de 30 m de côtés délimité par des corps morts équipés de caméras. Attractant auditif : boîtier qui émet des sons similaires à ceux des carangues. Attractif olfactif : maquereaux dans un tambour de machine.

1ère phase : Évaluation des réactions des requins face aux vigies représentées par un mannequin muni d’une caméra.

2ème phase : Évaluation des réactions des requins : interactions Homme/Requin (objectif de 20 interactions).

A ce jour, pas d’interactions avec les requins. Le programme est donc prolongé

Cap Requins : Compréhension de la CAPturabilité des REQUINS côtiers pour une gestion du risque par la pêche professionnelle à Saint Paul (Doc du CRPMEM)

Financement : +160 000€ (dont environ 120 000€ de prestations) hors programme Ciguatera 2. Etat, Conseil Régional de la Réunion, mairie de St Paul

Durée : 6 mois

Objectif : Expérimenter une pêche pour protéger les côtes (pression de pêche). Les différents dispositifs une fois évalués (efficacité) seront utilisés dans le cadre d’une pêche régulière (pêche de régulation).

*Pêches « létales » (=prélèvements) : requins de +2 mètres (Tigres, Bouledogues). Cette pêche alimentera, dans un 1er temps, le programme Ciguatera 2 (90 requins)

*Pêches « non létales » (=marquages) : les requins non ciblés et requins ciblés de -2m sont marqués et relâchés hors de la zone de capture

Mise en œuvre :

*Les engins de pêche utilisés :

-Drumlines dites « intelligentes » (Smart drumline) : en zone côtière, reliées à une bouée GPS (intervention dans les 2h). Actuellement 1 pêcheur

-Palangres de fond (programme West) : éloigné des activités nautiques= pèche de régulation. Actuellement 1 pêcheur

*Les observateurs : Après avoir suivi une formation payante, les observateurs peuvent embarquer sur les bateaux

*Comité scientifique : Émettre un avis indépendant sur la méthode mise en œuvre et sur ses résultats

Mise à jour Août 2014 : le comité scientifique a souhaité quitter ce programme

Bilan à ce jour :

* Cibles :

Requin tigre mâle de 3,19 m et d’un poids de 186 kg, capturé vivant le lundi 21 janvier à 23h44 puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

Requin tigre mâle de 3,53 m et d’un poids estimé de 360 kg, capturé vivant le mardi 22 janvier à 20h58 puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

– Requin tigre femelle, capturé le 23 janvier à 9h00 mais échappé vivant

– Requin tigre mâle de 3,85 m, capturé le 4 février à 5h00 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

Requin tigre mâle de 2,80 mètres, capturé le 7 mars à 3h00, et relâché vivant et bien vif, après marquage acoustique externe

-Requin bouledogue mâle de 3 m capturé le 14 février à 1h05 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

– Requin bouledogue femelle de 2.05 m capturé le 19 mars et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

-Requin bouledogue femelle de 3 m capturé le 14 avril et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

Requin bouledogue femelle de 3 m capturé le 28 avril et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

*Prises accessoires (Liste officielle à Avril 2014):

– Raie guitare de 3,47 m, capturée le 30 janvier à 19h50 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Raie guitare d’environ 1,50 mètres,  capturée le 18 mars à 17h00, relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1,20 m, capturée le 24 janvier à 6h25 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 27 janvier à 10h20 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1 m capturée le 4 février à 7h02 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1,70 m, capturée le 10 février et relâchée vivante

Raie pastenague d’environ 80 cm capturée le 19 mars à 22h20 et relâchée vivante

Raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 25 mars à 21h55 et relâchée vivante

Requin marteau mâle de 2,50 m et d’un poids estimé de moins de 100 kg, capturé vivant le mercredi 22 janvier à 00h09 puis relâché après un marquage externe de type « spaghetti » non acoustique

Requin marteau mâle d’environ 3m, capturé le mercredi 22 janvier à 19h49 mais retrouvé mort malgré l’intervention dans les deux heures après déclenchement de l’alerte. Des échantillons de tissus ont été prélevés sur l’animal pour analyses biologiques et éco-trophiques

Requin marteau halicorne retrouvé mort

Requin nourrice mâle de 3,05m, capturé vivant le mercredi 22 janvier à 20h25 puis relâché après un marquage externe de type « spaghetti » non acoustique

– Requin nourrice fauve mâle d’environ 3,50 m, capturé le 31 janvier 2014 à 19h50 puis relâché vivant après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Carangue gros-tête de 36 kg, capturée vivante le jeudi 16 janvier à 09h40 puis prélevée pour être versée aux échantillons d’analyse sur la déprédation des espèces côtières

– Carangue gros-tête capturée le 28 janvier à 13h15 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Note de Sauvegarde des requins

Ce programme est mis en œuvre sans protocole «  …Par ailleurs, vous avez souhaité obtenir le protocole du projet expérimental CapRequins, je vous informe que ce document n’existe pas… » (Courrier du Préfet de la Réunion le 13 mars 2014)

La transparence est-elle réellement de mise ?

Pas de compte rendu du Comité scientifique, pas de noms

Les observateurs ne peuvent embarquer sur l’un des 2 bateaux si la clause de confidentialité n’est pas signée. Pourquoi une telle clause ?

Les communiqués sont succincts

Comment les requins sont-ils tués après capture?

Quels sont réellement les objectifs de ce programme ?

« Il permettra d’amorcer la seconde phase du programme de réévaluation du risque Ciguatera » Préfet de la Réunion « La gestion du risque requin à la Réunion, 27 janv 2014 »

 « Le marquage des requins » « Le marquage des requins de récifs afin de les réintroduire », il n’existe pas de protocole scientifique concernant ces marquages. Ces marquages ne serviraient-ils pas à « justifier » les prises accessoires ?

Pour réintroduire les requins de récifs, il serait intéressant de connaître les causes de leur départ (sans prendre comme bouc émissaire le requin bouledogue). De plus, pourquoi ne pas mettre en place un programme de marquage (comme pour CHARC), avec protocole et suivi scientifique ?

« Les drumlines dissuadent les requins de s’approcher » : A l’heure actuelle rien ne corrobore cette hypothèse. Les drumlines sont appâtées pour justement attirer les requins pour les capturer. De plus, les prises deviennent des proies potentielles pour les requins.

« Expérimenter une pêche pour protéger les côtes (pression de pêche). Les différents dispositifs une fois évalués (efficacité) seront utilisés dans le cadre d’une pêche régulière (pêche de régulation). » (CRPMEM)

C’est bien le seul objectif de ce programme : mettre en place des engins de pêches efficaces pour pêcher un maximum de requins (et de prises accessoires)

Quels sont les acteurs de ce programme ?

Toujours les mêmes et seuls 2 pécheurs jouissent actuellement de ce programme

Les prises accessoires

« Le taux de survie global après capture sur les « smart drumlines » a ainsi été réévalué à 91% depuis le lancement de CAPREQUINS. Sur les 23 animaux capturés, seuls deux requins marteau halicorne ont été retrouvés morts après déclenchement. » Espèce classée EN DANGER sur la liste rouge de l’ IUCN

 « Des prises accessoires sont victimes de « déprédation » (prises mangées) » (information et photos du CRPMEM) or ces dernières n’apparaissent pas sur la liste « officielles ». Les associations de protection de requins l’ont  souligné à plusieurs reprises, les drumlines attirent les prédateurs ; les poissons piégés par les drumlines deviennent  alors des proies.

L’avenir de ce programme

La finalité est d’étendre ces engins de pêche sur d’autres zones et ce dans le cadre d’une pêche régulière. Or, sera-t-il encore possible de parler de « drumlines intelligentes » ? Qui les financera ? Qui financera l’intervention des pêcheurs dans les 2H pour relâcher les prises accessoires? Ce programme risque d’être repris mais en simple drumlines avec toutes les conséquences écologiques qui en résultent…

 

Drumlines "intelligentes"
Drumlines « intelligentes »

0975706001381746958

IV) A suivre        

D’autres dispositifs dits « innovants » sont actuellement proposés : barrière, pistolet répulsif…

Le coût des dispositifs sera-t-il amorti par le chiffre d’affaires engendré par les activités aujourd’hui touchées par la « crise requin », lorsque ces dernières seront de nouveau autorisées ?

Est-ce réellement la préoccupation première de l’ensemble des réunionnais (840 000 habitants), avec un taux de chômage surfant avec les 30% et ce, bien avant cette « crise » ?

Les dispositifs actuellement mis en place ne s’attaquent qu’aux conséquences et non aux causes (à l’exception du programme CHARC). A quand une prise de conscience de la part des autorités pour établir les causes et y remédier ?

Juillet 2014 : A ce jour, les communiqués de presse ne sont plus « communiqués » via le site internet dédié à cette « crise requin »

Pour rappel : communiqué de presse du 05 février : 

*Ouverture du site internet « requins »

Développé par les services de l’Etat (direction de la Mer Sud Océan Indien, direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale et Préfecture), un site Internet dédié à l’information sur le risque requin a été ouvert le 01 octobre 2013.

Pleinement opérationnel, ce site présente les dernières informations disponibles relatives aux démarches de réduction du risque requin à La Réunion, dans l’ensemble des domaines. »

Article de Sauvegarde des requins, mai 2014

Dernières avancées relatives au projet « CAPREQUINS »

Communiqué de presse

Saint-Denis île de la Réunion, le 19 février 2014

 

Engagé depuis le 15 janvier 2014, le projet « Cap Requins » est porté par le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins. Il vise à expérimenter le recours à certaines techniques de capture et de marquage des requins en vue de l’évaluation scientifique de leur impact. Ce projet s’inscrit également dans le cadre de la réévaluation du risque « ciguatera ».

Soutenu par l’Etat, le conseil régional de La Réunion et la mairie de Saint-Paul, ce dispositif met en œuvre des techniques innovantes, telles que la « smart drumline » ou « palangre intelligente », afin de permettre la relâche systématique des captures accessoires (requins non dangereux, poissons…).

Ce projet participe à la mise en œuvre du dispositif réunionnais de réduction du risque requins, résultant d’une combinaison de différents projets en cours, faisant appel à des technologies innovantes et visant notamment à la sécurisation des activités nautiques.

Deux avancées récentes sont à relever dans le cadre de ce projet expérimental, d’une durée de 6 mois :

Comité scientifique

Afin de réaliser un suivi indépendant de la conduite de ce projet, il a été décidé de constituer un comité scientifique, garant de la méthodologie mise en œuvre et de son évaluation Ce conseil scientifique s’est réuni le 3 février 2014. Il est constitué de 5 scientifiques français, présentant des compétences reconnues dans les domaines de l’écologie halieutique, de l’écologie comportementale marine, de l’écologie récifale et de l’écologie marine.

Des experts scientifiques d’Afrique du Sud vont également contribuer aux travaux de ce conseil scientifique, la démarche s’insérant ainsi dans une coopération internationale bienvenue.

Lors de la première réunion du comité scientifique ont été examinés les critères d’évaluation du comité, qui sera appelé à suivre les différentes étapes du projet, en vue d’émettre un avis indépendant sur la méthode mise en œuvre dans le cadre de l’expérimentation, et sur ses résultats.

Embarquement d’observateurs

L’embarquement d’observateurs à bord des navires de pêche professionnelle mandatés pour intervenir dans le cadre du projet, dont le principe avait été acté lors de la présentation du projet auprès des membres du Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requins (CO4R), a débuté dès le démarrage des opérations.

Ces embarquements vont se poursuivre, sur la base d’une liste élargie d’observateurs, prenant en compte les nombreuses candidatures en cours de recensement par le Comité régional des pêches maritimes. Ils devront être réalisés dans le strict respect des règles applicables en matière de sécurité à bord des navires professionnels.

Le prélèvement de requins, « pas une solution efficace et radicale », selon Marc Soria

62428_248381121953445_725696399_n
SAINT-DENIS DE LA RÉUNION, 27 octobre 2013 (AFP) –
Marc Soria, chef de la mission d’étude sur les requins de La Réunion, a estimé dimanche auprès de l’AFP que si les prélèvements de squales « pouvaient avoir un effet à très court terme », il n’y avait « pas d’informations scientifiques montrant que c’était une solution efficace et radicale ».Question: Après l’attaque samedi d’un surfeur à l’Etang-Salé par un requin, des associations d’usagers de la mer réclament des prélèvements massifs. Est-ce une solution ?

Réponse: « C’est une façon de rassurer les gens. Les prélèvements peuvent avoir un effet à très court terme. Mais il n’y a pas d’informations scientifiques montrant que c’est une solution efficace et radicale. Les pêcheurs en ont tué une cinquantaine depuis un an dont une vingtaine dans le cadre d’un programme préfectoral mais ça n’a rien changé. Comme les requins se déplacent sur des longues distances, on ne les empêchera pas de venir. Qu’est-ce qui les fait réagir ? Pourquoi sont-ils là ? C’est la réponse à ces questions qu’il faut chercher. C’est en connaissant mieux leurs moeurs, leur biologie et leur intégration dans l’écosystème qu’on pourra prendre des mesures efficaces.

Pour l’heure nous continuons à récolter les données, à les traiter par des analyses mathématiques, statistiques. Il faudra encore un an pour en tirer des enseignements ».

Q: Comment expliquez-vous cette attaque survenue une nouvelle fois très près de la côte?

R: « On a constaté des pics de présence de requins très près du littoral pendant les périodes d’intersaison hiver-été et été-hiver. On s’est aperçu de ce phénomène après l’attaque du 8 mai, survenue entre été et hiver, à Saint-Gilles. On constate aujourd’hui que celle de l’Etang-Salé s’est produite entre l’hiver et l’été.

C’est une piste sérieuse pour tenter d’expliquer leur comportement. La variation de température en mer – 2 à 3 degrés ont été observés – joue certainement un rôle mais d’autres facteurs liés aux effets océanographiques (turbidité, courant, etc) ou à l’espèce, doivent aussi être étudiés.

Jusqu’à présent, la présence de requins très près des côtes pendant la période de transition entre les saisons n’avait pas été observée à l’Etang-Salé mais sur d’autres sites. Dès qu’on l’a su, on a prévenu tout le monde.

L’étude que nous menons depuis deux ans a aussi montré un comportement cyclique, avec la présence d’individus plus nombreux dans les eaux réunionnaises en hiver, sans doute liée à la période de reproduction où les requins sont plus agressifs.

Cette présence ne semble toutefois pas concerner l’ensemble des individus. Certains restent, d’autres partent. Le 27 août dernier, des pêcheurs de Madagascar ont attrapé un requin tigre, marqué en 2012 à La Réunion, à plus de 2.000 km de là. Le 21 septembre dernier, un satellite Argos a détecté un requin bouledogue, marqué six mois plus tôt à La Réunion, à une distance entre 150 et 450 km de l’île. C’est exceptionnel. C’est l’un des plus longs déplacements jamais observés chez cette espèce. »

Q: L’attaque de l’Etang-Salé est survenue à moins de 300 mètres d’un espace de baignade surveillée. Aurait-elle pu se produire dans cette zone où des dizaines de personnes étaient dans l’eau?

R: « Le requin attaque rarement des groupes, il préfère les proies isolées. Mais le requin est aussi un prédateur efficace et redoutable, difficile à cerner. Il n’est jamais là où on l’attend. On a eu un mal fou à en marquer 80 en deux ans.

Il ne m’appartient pas de juger des mesures de sécurisation prises par le préfet et les communes. Nous faisons un travail scientifique. Aux autorités et usagers d’intégrer nos résultats dans les mesures à prendre ou dans leur comportement. Très peu de requins ont été observés à l’Etang-Salé. Le risque était donc moindre qu’à Saint-Gilles même s’il n’était pas égal à zéro ».

Propos recueillis par Idris ISA

Arrêté préfectoral portant réglementation temporaire de la baignade et de certaines activités nautiques, applicable jusqu’au 15 février 2014

Communiqué de presse, Saint-Denis, le 27 septembre 2013

Jean-Luc MARX, préfet de La Réunion, a pris ce jour un nouvel arrêté portant  réglementation temporaire de la baignade et de certaines activités nautiques, applicable jusqu’au 15 février 2014. Cet arrêté entrera en vigueur le 2 octobre 2013, date à laquelle le précédent arrêté préfectoral (arrêté n°1390 du 26 juillet 2013) cessera de produire ses effets.

Cet arrêté, comme le précédent, a pour objectif d’interdire les activités les plus exposées au risque requin, dans la bande des 300 mètres du littoral du département de La Réunion, sauf dans le lagon et, en dehors du lagon, dans les espaces aménagés et les zones surveillées définies par arrêté municipal.

Champ de la mesure d’interdiction

Ce nouvel arrêté préfectoral s’inscrit dans le prolongement du précédent, auquel il apporte des précisions relatives à la notion de baignade et aux activités interdites.

Les activités interdites sont les suivantes :

• la baignade, y compris lorsqu’elle s’effectue à l’aide d’un équipement de type palmes, masque et tuba ;

• les activités nautiques utilisant la force motrice des vagues (surf, bodyboard, bodysurf, longboard, paddleboard).

Pour les autres activités, la plus grande prudence est à nouveau recommandée à l’ensemble des pratiquants. Le risque « zéro » n’existe pas, y compris lorsque ces activités se pratiquent dans des zones surveillées.

Les mesures d’interdiction prévues par ce nouvel arrêté préfectoral ne sont pas exclusives de la prise ou de l’existence éventuelle d’arrêtés municipaux plus restrictifs.

Contexte rendant nécessaire la reconduction de l’interdiction

La reconduction de cette mesure temporaire d’interdiction s’avère incontournable dans un contexte de niveau élevé de risque, notamment caractérisé par :

• un nombre constant de signalements de requins à proximité des côtes du département ;

• l’impossibilité de formuler des conclusions définitives issues des études en cours (étude CHARC notamment) qui permettraient de revenir sur ce principe d’interdiction ;

• la nécessité de disposer des premiers résultats de certains projets en cours, notamment :

– le projet expérimental CAPREQUINS conduit par le Comité régional des

Pêches Maritimes de La Réunion, qui débutera dans les prochaines semaines ;

– la 2e phase du programme « ciguatéra », dont les modalités de mise en œuvre sont en cours de finalisation ;

– l’approfondissement de l’évaluation du dispositif vigies-requins, au regard  des particularités de cette technique de sécurisation, par la réalisation d’une étude pilote d’une durée de 3 mois recommandée par des experts missionnés par l’administration centrale ;

– le retour d’expérience sur les projets innovants initiés par certaines communes en partenariat avec la collectivité régionale et l’Etat ;

– l’étude sociologique sur les perceptions des usagers de la mer du risque requin et la définition d’une stratégie de communication associée, qui débutera à l’issue de l’attribution du marché.

Travail engagé avec les communes

Le Préfet souligne la forte implication de l’ensemble des communes littorales dans la réduction du risque requin, et plus particulièrement leurs efforts en matière d’information et de sécurisation des lieux de pratique de la baignade ou d’activités nautiques: renforcement des moyens nautiques pour certaines, installation de filets de protection pour d’autres, mise en place d’une signalétique spécifique pour la plupart.

Depuis la publication de l’arrêté préfectoral du 26 juillet 2013 et conformément aux instructions du Préfet, plusieurs collectivités ont engagé une réflexion sur l’harmonisation de leur réglementation de la pratique de la baignade et des activités nautiques, en liaison avec les services de l’Etat, qui leur apportent un soutien technique et juridique (soutien de l’IFREMER en matière cartographique, accompagnement de la DMSOI dans le cadre de l’élaboration d’un plan de balisage)

Sensibilisation et information du public

Lorsque l’ensemble des informations en provenance des communes aura été collecté en Préfecture, une cartographie générale, à l’échelle départementale, des espaces aménagés et des zones surveillées, où la pratique de la baignade et des activités nautiques est possible, sera portée à la connaissance du public.

Cette cartographie sera notamment mise en ligne sur le site Internet dédié au risque requin, qui sera ouvert à la consultation à compter du 1er octobre prochain à l’adresse www.info-requin.re

En outre, un message de prudence relatif au risque requin est diffusé dans les avionspar l’ensemble des compagnies aériennes qui desservent La Réunion.

Ce message est le suivant :

« Vous allez séjourner à La Réunion, haut lieu de la biodiversité, dont une grande partie du territoire est classée au Patrimoine mondial de l’humanité. Il est interdit d’y introduire tout végétal frais tel que bulbes, rhizomes, fleurs, légumes et fruits frais, ces produits pouvant constituer un risque sanitaire ou environnemental. Si vous en détenez, merci de vous présenter à la douane ou aux inspecteurs phytosanitaires. Tout ramassage de coraux et de coquillages est interdit sur l’ensemble du littoral. Les usagers de la mer doivent être vigilants face à la recrudescence des observations et des attaques de requins. La baignade et certaines activités nautiques sont réglementées, elles peuvent se pratiquer dans le lagon, les espaces aménagés et surveillés.

Tout contrevenant est passible de sanctions ».

Télécharger l’arrêté

Marquage et prélèvement de requins : la préfecture prend acte de la décision du tribunal administratif

REKPRELEVEBON-6103c-d1b06-2-782c8

Communiqué de presse de l’Etat à la Réunion du 17 septembre 2013

Par jugement du 30 juillet 2013, le tribunal administratif de Saint-Denis a prononcé l’annulation partielle de l’arrêté préfectoral n° 1226 du 13 août 2012 autorisant des opérations de marquage et de prélèvement de requins et portant interdiction temporaire de la navigation maritime, de la plongée sous-marine, de la baignade, des activités nautiques et de pêche dans les eaux maritimes bordant le littoral de La Réunion.

La préfecture prend acte de ce jugement. Dans la mesure où l’annulation n’est que partielle, cette décision ne remet pas en cause l’esprit général du dispositif de marquage et de prélèvement de requins déterminé par l’arrêté du 13 août 2012.

Le jugement rappelle l’interdiction de pêche et de marquage dans les cinq zones de protection intégrale de la réserve naturelle nationale marine de La Réunion – qui ne concernent que 5 % de la surface de la réserve – et leur encadrement dans les zones de protection renforcée.

La préfecture a, de manière constante, rappelé les règles de pêche dans la réserve, définies dans le décret instaurant la réserve. L’arrêté du 13 août 2012 n’entendait pas déroger au décret qu’il vise expressément, même s’il n’avait pas exclu expressément les zones concernées : au demeurant, aucune opération de marquage ou de prélèvement n’a été réalisée dans ces zones.

Le jugement du 30 juillet 2013 ne remet donc nullement en cause les actions engagées en matière de marquage et de prélèvement des requins.

Téléchargez le Jugement du tribunal administratif du 30-07-13 (format PDF – 1.2 Mo).

Aidez les requins de La Réunion : ici

La Réunion, île aux requins malgré elle

62428_248381121953445_725696399_n

Sur la plage de l’Ermitage, à La Saline, Georges, 48 ans, en vacances dans son île natale de La Réunion, s’étonne : «On a toujours parlé de requins à La Réunion. Quand j’étais marmay («enfant», en créole), nos parents nous mettaient déjà en garde».

Mais, relève ce Réunionnais installé dans la région lyonnaise, «depuis quelque temps, on en parle beaucoup en métropole, parce que les attaques se sont multipliées».

Ce n’est donc pas un hasard si sa famille a choisi cette plage de la côte nord-ouest protégée par la barrière corallienne, pour profiter du soleil aoûtien de l’hiver austral. «Au moins, on est sûrs que les requins ne viendront pas dans le lagon», se rassure le vacancier.

Outre de graves difficultés sociales, c’est l’autre crise que subit, depuis plus de deux ans, l’île, département français de l’océan Indien où le requin continue de susciter des débats passionnés.

Le phénomène touche beaucoup de monde: baigneurs du week-end, touristes, sportifs de haut niveau, pêcheurs professionnels, acteurs économiques du tourisme, élus de la côte ouest, services de l’Etat, militants associatifs…

Il voit s’opposer défenseurs des squales et partisans d’une gestion de leur prolifération par des prélèvements réguliers.

Les cinq attaques mortelles de squales qu’a connues La Réunion depuis 2011 (vingt au total depuis 1980) ont alimenté les craintes et une mauvaise réputation à travers le monde.

«Une publicité dont on se serait bien passés», soupire, désabusé, le responsable d’une agence de communication spécialisée dans le tourisme.

D’autant que les deux dernières victimes de mai et juillet 2013, sont deux vacanciers venus de métropole, un surfeur de 36 ans, en voyage de noces, et une jeune baigneuse de 15 ans, happée à 10 m du rivage.

La réserve «garde-manger»

Lorsque le débat s’ouvre sur l’accroissement récent et incontesté de la population des squales aux abords des côtes réunionnaises, les avis s’opposent sur ses causes : les uns pointent du doigt le rejet dans la mer des eaux usées de zones de plus en plus urbanisées. D’autres mettent en cause la «Réserve naturelle marine de La Réunion» créée en 2007, une bande littorale maritime de 40 km de long, dans laquelle la pêche est désormais, soit interdite, soit strictement réglementée. «Cette réserve est devenue le garde-manger des requins», déplore un surfeur. «Ils se sédentarisent là où ils savent pouvoir se nourrir».

Une autre cause fait l’unanimité: l’arrêt de la pêche professionnelle au requin. D’abord en 1999 quand sa commercialisation, dans l’île, a été interdite puisque l’animal était suspecté d’être contaminé par la ciguatoxine, à l’origine de graves intoxications alimentaires. Puis, en 2004, une seconde interdiction de pêche a visé ceux qui faisaient commerce des ailerons des squales.

Flipper le requin

Les solutions envisageables à la «crise requins» donnent, elles aussi, lieu à polémiques.

Le représentant de la Fondation Brigitte Bardot, Didier Derand, conteste en justice les prélèvements décidés par le préfet. «C’est l’ONG Sea Shepherd influente internationalement qui reprend le dossier, parce qu’il faut une sensibilisation mondiale contre le massacre organisé des requins».

Selon Sea Shepherd, pas moins de 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde, notamment par la pratique qui consiste à leur couper les ailerons alors qu’ils sont encore vivant. Pour l’ONG, la pérennité des populations est en danger et cela menace la stabilité des écosystèmes marins.

De son côté, le conseil régional de La Réunion se dit prêt à financer des ballons aériens, équipés de caméras de surveillance et de moyens d’alertes, lorsqu’ils détectent des mouvements dans l’eau. La commune de Saint-Paul opte pour les drumlines, des pièges fixes immergés, équipés d’hameçons.

Un retour dans les assiettes ?

Surfeurs et usagers du body-board refusent d’être sacrifiés sur l’autel de la défense environnementale. «Il faut arrêter avec ce lobbying mondial qui prône la protection du requin», s’insurge Jean-François Nativel, secrétaire général de l’association OPR (Océan Prévention Réunion). «On est dans l’ère de Flipper le requin! Il faut lever les tabous et faire revivre la tradition d’avant les interdictions de pêche. Il faut revenir à la pêche, et remettre le requin dans les assiettes réunionnaises. Le requin doit être considéré comme un poisson».

Actuellement en négociation avec le préfet, sur le montant de l’indemnisation allouée aux pêcheurs agréés pour capturer les 90 spécimens tigres et bouledogues, destinés aux études scientifiques concernant la ciguatera, le président du comité régional des pêches, Jean-René Enilorac est dubitatif. «Même si le risque ciguatera est levé, je ne suis pas sûr que les Réunionnais dégusteront de nouveau du requin. Qui acceptera de manger un poisson, en imaginant qu’il a peut-être dévoré un humain ?»

Afp 29/08/2013