Les attaques de requins dans le monde en 2019

Le rapport de l’ISAF (The International Shark Attack File) pour l’année 2019 vient de paraître. Nous vous proposons de le découvrir.

The International Shark Attack File a enquêté sur 140 interactions Homme-Requin présumées dans le monde en 2019. L’ISAF confirme 64 attaques de requins non provoquées contre des humains et 41 attaques provoquées confirmées.

Rappel

Les «attaques non provoquées» sont définies comme des incidents où une attaque contre un être humain (vivant) se produit dans l’habitat naturel du requin sans provocation sur le requin.

Les «attaques provoquées» se produisent lorsqu’un homme initie une interaction avec un requin d’une manière ou d’une autre. Il s’agit notamment des cas où les plongeurs sont mordus après avoir harcelé ou tenté de toucher des requins, des attaques contre des pêcheurs pratiquant la pêche sous-marine, des attaques contre des personnes tentant de nourrir des requins, des morsures se produisant lors du décrochage ou du retrait d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Sur les 35 cas restants, 12 impliquaient des morsures sur des navires marins motorisés ou non (« attaques de bateaux »), 1 impliquait des morsures post mortem infligées par des requins et 1 cas impliquait un plongeur dans un aquarium public. 3 cas ont été considérés comme «douteux» ou incidents qui ne devaient probablement pas être imputés aux requins.

Enfin, 9 cas pour lesquels l’interaction requin-homme a été confirmée, mais la nature de l’incident est restée floue. Aussi, aucune affectation n’a pu être faite.

Aperçu de 2019

Il y a eu 5 attaques mortelles cette année, dont 2 confirmées comme non provoquées. Ce nombre correspond à la moyenne mondiale annuelle de 4 décès par an.

Le nombre total d’attaques de requins non provoquées dans le monde est nettement inférieur à la moyenne
Le total mondial de 64 cas confirmés non provoqués en 2019 est inférieur à la moyenne quinquennale la plus récente (2014-2018) de 82 incidents par an. Il y a eu cinq attaques mortelles cette année, dont deux ont été confirmées comme non provoquées. Ce nombre correspond à la moyenne mondiale annuelle de quatre décès par an.

Les points bleus représentent des incidents non provoqués (64) et les points oranges des décès (2).

L’ISAF n’accorde pas d’importance aux tendances à court terme, car les fluctuations annuelles des interactions requin-homme sont courantes. La variabilité d’une année à l’autre des conditions océanographiques, socioéconomiques et météorologiques influence considérablement l’abondance locale des requins et des hommes dans l’eau, augmentant les possibilité de rencontre.

Plus il y a d’humains dans la mer, plus il y a d’interactions homme-requin.

Le nombre d’interactions homme-requin est fortement corrélé au temps passé par l’homme dans la mer. À mesure que la population humaine continue de croître et que l’intérêt pour les activités récréatives aquatiques en plein air augmente, la fréquence des attaques de requins augmentera probablement. La sensibilisation du public aux problèmes liés aux requins a augmenté en raison de la couverture médiatique des requins et de l’amélioration des communications mondiales entre l’ISAF, les observateurs scientifiques et les organisations de sécurité des plages. Cela a conduit à une amélioration des données des interactions homme-requin.

Les États-Unis en tête en termes de nombre d’attaques non provoquées en 2019.

Les États-Unis ont connu, en 2019, 41 cas confirmés d’attaques de requins non provoquées. C’est plus élevé que les 32 incidents survenus aux États-Unis en 2018. Les 41 cas représentent 64% du total mondial. Il s’agit d’une augmentation par rapport à 2018, avec 48% des attaques non provoquées dans le monde ont eu lieu aux États-Unis.

Le total de 11 incidents non provoqués en Australie est inférieur à la moyenne annuelle quinquennale la plus récente et ses 16 incidents. 2019 compte 6 attaques en Nouvelle-Galles du Sud, 4 dans le Queensland et 1 en Australie-Occidentale.

Les îles Bahamas ont subi 2 attaques en 2019, dont 1 mortelle. Le dernier décès non provoqué de l’année s’est produit à la Réunion. Des incidents uniques se sont produits aux îles Canaries, aux Caraïbes, à Cuba, en Polynésie française, à Guam, en Israël, au Mexique, en Nouvelle-Calédonie et en Afrique du Sud.

Zoom sur les Etats Unis

La Floride connait le plus d’attaques non provoquées.

Pendant des décennies, la Floride a dépassé les palmarès mondiaux du nombre d’attaques de requins, et cette tendance s’est poursuivie en 2019. Les 21 cas de la Floride représentent 51% du total américain et 33% des attaques non provoquées dans le monde. Cependant, l’État a connu une baisse importante par rapport à sa moyenne annuelle quinquennale la plus récente avec 32 incidents.

Des attaques de requins non provoquées ont également eu lieu à Hawaï (9), en Californie (3) et en Caroline du Nord (3), avec des incidents uniques en Géorgie, en Oregon, au Rhode Island, en Caroline du Sud et dans les îles Vierges.

La plupart des attaques liées au surf et aux sports de glisse

Les surfeurs et les pratiquants de sports de glisse sont les 1ers concernés (53% du total des cas). Ces derniers passent beaucoup de temps dans la zone de surf, une zone fréquemment fréquentée par les requins, et peut attirer des requins involontairement en éclaboussant, pagayant…Les nageurs et les pêcheurs (à pieds) ont représenté 25% des incidents, les incidents restants étant divisés entre plongeurs en apnée / plongeurs libres (11%), body-surfeurs (8%) et plongeurs sous-marins (3%).

Le risque d’attaque de requin reste extrêmement faible

Le nombre total d’attaques de requins non provoquées dans le monde est extrêmement faible, étant donné le nombre de personnes qui pratiquent des loisirs aquatiques chaque année. Les taux de mortalité ont diminué pendant des décennies, reflétant les progrès de la sécurité des plages, des traitements médicaux et de la sensibilisation du public. Cela souligne l’importance des efforts mondiaux pour améliorer le sauvetage en mer, les soins médicaux et l’éducation des requins.

Les requins jouent un rôle clé dans la santé des océans

En moyenne, il n’y a que 4 décès attribuables aux attaques non provoquées de requins dans le monde chaque année

La plupart des populations mondiales de requins sont en déclin ou existent à des niveaux considérablement réduits, en raison de la surpêche et de la perte d’habitat. En moyenne, il n’y a que quatre décès attribuables aux attaques non provoquées de requins dans le monde chaque année. En revanche, les pêcheries éliminent environ 100 millions de requins et de raies chaque année.

En tant que prédateurs, les requins éliminent les animaux faibles et malades, améliorant la santé globale de leur environnement et aidant indirectement les stocks halieutiques du monde entier. Les données régionales montrent que lorsque les protections sont appliquées, les populations se rétablissent. Cependant, parce que les requins et les raies sont lents à se reproduire, les populations peuvent mettre plusieurs décennies à se remettre à des niveaux où elles n’ont plus besoin de protection.
Des rapports récents de pêcheurs commerciaux et de plaisance le long de la côte est des États-Unis font état de regroupements denses de requins. Ces observations ont conduit à affirmer que les populations de requins se sont déjà rétablies. Les données du recensement à l’échelle régionale ne soutiennent pas cette idée. Bien qu’elles soient souvent impressionnantes, ces agrégations sont très localisées et sont probablement le résultat d’une diminution de la distribution et de l’abondance des espèces de proies, plutôt que le reflet d’un rétablissement à plus grande échelle. Les requins et leurs habitats ont toujours un besoin critique de conservation pour assurer leur durabilité à long terme.

Source ISAF. Traduction Sauvegarde des Requins

Douleur et indignation après l’accident de Saint Leu

Communiqué de presse

Nous sommes bouleversés d’apprendre qu’un jeune homme a perdu la vie à Saint Leu. Nous adressons à sa famille et ses proches nos sincères condoléances.

Cette jeune vie perdue nous met aussi en colère. Malgré nos avertissements répétés, la zone du drame est depuis un an pratiquement chaque jour appâtée par le CRA.

Aucun scientifique, aucune personne connaissant les requins n’a cautionné cette « expérimentation » qui attire les requins près des plages et leur donne l’habitude de fréquenter encore plus systématiquement les lieux.

Nous disons nettement que cette pêche est une escroquerie criminelle .
Elle a été promue, développée; mise en oeuvre contre tous les avis autorisés, sans aucune caution scientifique, par des gens qui y ont un gros intérêt financier. Ce sont les personnes qui ont « vendu » la pêche comme une solution qui ont ensuite remporté les marchés de cette pêche, ou décroché des postes au CRA;

Avec deux morts en 2019, Le terrible résultat est là.

 Il appartient au préfet de faire cesser cette pêche et cet appâtage criminel .
Le préfet et l’Etat doivent faire analyser les méthodes du CRA par des scientifiques compétents et non par ceux qui en tirent de gros bénéfices.
A la justice  d’en tirer les conséquences . Nous sommes prêts à lui fournir tous documents utiles.

Collectif des associations Sea Shepherd, Aspas, Longitude 181, Sauvegarde des requins, One Voice, Tendua, Vagues, Requin Intégration

Tendances des attaques de requins dans le monde

« Trends in global shark attacks » Etude de Stephen R. Midway  , Tyler Wagner , George H. Burgess, publiée le 27 février 2019

Traduction © Sauvegarde des requins

« Les humains ont toujours diabolisé les requins parce qu’ils sont insaisissables et vivent dans un environnement dont nous ne sommes pas originaire – la mer » George Burgess, directeur de l’Université de Floride. « Nous voudrions que les gens sachent que ces événements d’attaques de requins doivent être relativisés chaque fois qu’ils se produisent. Cette étude nous aide à prendre du recul et à regarder la situation dans son ensemble. « 

Les attaques de requins sont un phénomène mondial et massivement relayées avec des impacts négatifs sur les populations de requins. Les tendances des activités nautiques et des populations de requins sont liées, ce qui entraîne des taux variables d’attaques de requins dans le temps et dans l’espace. La compréhension de cette variabilité dans les attaques de requins peut contribuer à une meilleure compréhension du risque et à une réponse plus modérée à la suite d’une attaque. Nous avons constaté que les taux d’attaques mondiaux des requins sont faibles, mais variables d’une région à l’autre et au cours des décennies. On a constaté que les pays à faible population avaient les taux d’attaques les plus élevés, tandis que les pays à forte population (États-Unis, Australie, Afrique du Sud) avaient tendance à avoir des taux d’attaques globalement faibles, mais aussi une variabilité interannuelle beaucoup plus grande. Cependant, depuis les années 1960, les pays les plus peuplés tendent également à être les endroits où les taux ont augmenté. En fin de compte, le risque d’attaque des requins dépend également des conditions locales (par exemple, heure de la journée, espèces présentes) ; une compréhension à l’échelle mondiale des taux d’attaques permet de mettre le risque en perspective et peut contribuer à une approche scientifique de la gestion du risque, ainsi que de la gestion et de la conservation des requins.

Les requins sont un groupe diversifié de poissons cartilagineux qui suscite un intérêt scientifique et populaire important. Bien qu’elles soient le plus souvent associées à des habitats marins, certaines espèces occupent des habitats d’eau saumâtre et même d’eau douce et, dans de nombreux systèmes, les espèces de requins sont considérées comme des prédateurs méso (prédateur secondaire) ou apex (top prédateur). La plupart des espèces de requins sont particulièrement vulnérables à la surpêche (espèces cibles ou prises accessoires). Notre connaissance de la dynamique des populations de requins est limitée par rapport à celle de nombreuses espèces de téléostéens (poissons osseux), bien qu’il existe de bons exemples de surveillance des populations de requins – par exemple, le requin citron de Bimini (Negaprion brevirostris), le requin bordé (Carcharhinus limbatus) du golfe du Mexique et l’émissole gommée (Mustelus antarcticus) en Australie. En raison des lacunes dans les données biologiques et démographiques, des conclusions limitées ont parfois été tirées à partir de données limitées, ce qui a conduit à des évaluations contrastées des populations et favorise, malheureusement, la confusion entourant le statut et les tendances des populations individuelles de requins.

Les requins pointés du doigt par les humains…

En cause les « attaques de requin ». Bien que la plupart de ces interactions résultent dans le cas de blessures mineures similaires à celles provoquées par une morsure de chien, environ 6 des 75 à 100 attaques non provoquées qui se produisent actuellement chaque année dans le monde entraînent le décès. En dépit de sa rareté relative, les attaques de requins sont un phénomène culturel qui suscite un vif intérêt dans les médias populaires. Des mythes et des idées fausses se perpétuent régulièrement à la télévision, dans des magazines et des journaux, ainsi que dans les médias sociaux.

Trois espèces de requins retiennent particulièrement l’attention : le requin Bouledogue (Carcharhinus leucas), le requin tigre (Galeocerdo cuvier) et le requin blanc (Carcharodon carcharias). Les biologistes doivent s’intéresser à ces espèces, car ce sont de grandes espèces migratrices à la répartition cosmopolite. La Liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a classé les requins blancs dans la catégorie « espèce vulnérable » et les requins tigre et bouledogue dans la catégorie « Quasi menacée », bien que les données des populations individuelles de chaque espèce ne soient pas complétement renseignées. Compte tenu de la large distribution et de la nature hautement migratoire de ces 3 espèces, il est probable qu’une évaluation de la population mondiale doit être réalisée au moyen d’évaluations régionales complémentaires.

« Nous devrions penser au risque d’une attaque de requin comme à un accident de voiture. Par exemple, nous n’évaluons pas notre risque personnel d’avoir un accident de voiture dans les statistiques nationales sur les accidents de voiture année après année. Nous pensons à notre voiture, à la météo, aux conditions de la route et à d’autres facteurs très locaux », Stephen R. Midway.

Bien que les populations de requins soient mal définies, les interactions entre requins et humains sous la forme d’attaques non provoquées augmentent en nombre depuis plus d’un siècle et dans des lieux de plus en plus diversifiés. L’augmentation du nombre d’attaques – notamment aux États-Unis, en Australie et en Afrique du Sud – a été attribuée à l’augmentation de la population humaine et donc, à l’augmentation des activités de loisirs nautiques. En fait, bien que les médias populaires prétendent souvent qu’il y a de plus en plus d’attaques de requins, le risque réel peut effectivement diminuer dans certains endroits.

Il est important de comprendre à la fois le risque réel d’interaction Homme/requin et la manière dont ce risque varie dans le temps et dans l’espace. Parallèlement à une meilleure compréhension du risque par les autorités et le public, on souhaite un public informé dans les endroits où les populations de requins sont menacées, afin de ne pas en empirer le déclin. Notre objectif était de quantifier l’augmentation ou la diminution de la probabilité annuelle d’attaques de requin sur le plan national et régional. Au total, 14 pays et sept régions (sur un total de trois pays) ont été examinés.

Bien que l’augmentation de la population humaine puisse expliquer une certaine augmentation des attaques de requins, elle n’en explique pas tout. Il est probable que les populations de requins, le développement côtier et les conditions environnementales (entre autres facteurs) influencent les taux d’attaques des requins.

Dans l’ensemble, les tendances varient considérablement, sont fonction de nombreux facteurs sociaux et environnementaux interdépendants et les risques restent faibles. Toutefois, dans les régions très peuplées, comme les États-Unis ou le sud de l’Australie, les taux d’attaques de requins ont doublé au cours des 20 dernières années et, même s’ils restent relativement faibles, ils doivent être surveillés.

2018-attaques-dans-le-monde

Source 

2018 : Attaques de requins dans le monde

5 décès dans le monde.

Le rapport de l’ISAF (The International Shark Attack File) pour l’année 2018 vient de paraître.

Sauvegarde des requins vous en propose une synthèse.

Pour cette année, les attaques non provoquées sont en dessous de la moyenne par rapport aux 5 dernières années.

5 attaques mortelles dans le monde

130 incidents ont été reportés : 66 de ces incidents sont considérés comme des « attaques non provoquées » et 34 comme des « attaques provoquées » + 9 sur des bateaux (à moteur ou non) + 4 sur des personnes déjà décédées + 5 pour lesquels l’interaction avec un requin n’a pas été confirmé + 1 cas où le requin était habitué à la présence humaine + 1 incident dans un aquarium public + 10 cas pour lesquels un doute sérieux est émis sur l’espèce, le requin n’étant pas impliqué.

Rappel :

 « Attaques non provoquées » sont définies comme des incidents où une attaque sur un homme en vie par un requin qui se produit dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin.

« Attaques provoquées » : attaques résultants d’une interaction provoquée par l’homme c’est-à-dire quand un humain initie un contact physique avec un requin, par exemple, un plongeur mordu après avoir attrapé un requin, les attaques contre les pêcheurs (pêche sous-marine) et impliquant le fait que  les requins se nourrissaient, les morsures suite au décrochage ou l’enlèvement d’un requin d’un filet de pêche, etc .

Ainsi l’année 2018 compte 66 « attaques provoquées » contre une moyenne de 84 pour la période 2013 à 2017. 5 attaques mortelles dans le monde cette année (dont 1 « provoquée ») contre une moyenne de 6.

L’ISAF retient donc le chiffre de 4 attaques mortelles. 

Texte ISAF

ISAF

 

Une corrélation est établie entre le nombre d’usagers de la mer et les interactions Homme-Requin.

« Le fichier international d’attaque des requins (ISAF) n’attribue pas d’importance aux tendances à court terme, car il faut s’attendre à des fluctuations annuelles des interactions homme-requin. La variabilité inter-annuelle des conditions océanographiques, socio-économiques et météorologiques influe de manière significative sur l’abondance locale des requins et des hommes dans l’eau et, par conséquent, sur les chances d’une rencontre. »

 

Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre d’attaques « non provoquées » (48% des attaques dans le monde), soit 32 attaques dont 1 mortelle.

Le nombre total d’attaques de requins non provoquées dans le monde est très faible compte tenu du nombre d’usagers de la mer, chaque année. Pendant des décennies, les taux de mortalité dans le monde ont continué à baisser en raison des progrès réalisés en matière de sécurité des plages, d’urgence médicale et de sensibilisation du public.

Traduction : Sauvegarde des Requins

Source ISAF

Les attaques de requins dans le monde pour l’année 2017

L’International Shark Attack File (ISAF) a enquêté sur 155 incidents présumés d’interaction homme-requin survenus dans le monde en 2017. 88 cas représentent des attaques confirmées de requins « non provoquées » sur des humains. 30 des cas restants ont été confirmés comme étant des « attaques provoquées » sur des humains.

5 décès dans le monde pour cette année 2017. Pour rappel, l’année 2016 comptait 4 attaques ayant entraîné la mort, 2015 avec 6 décès et l’année 2014 avec 3 attaques mortelles.

« Attaques non provoquées » sont définies comme des incidents où une attaque sur un homme en vie par un requin qui se produit dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin.

« Attaques provoquées » : attaques résultants d’une interaction provoquée par l’homme c’est-à-dire quand un humain initie un contact physique avec un requin, par exemple, un plongeur mordu après avoir attrapé un requin, les attaques contre les pêcheurs (pêche sous marine) et impliquant le fait que  les requins se nourrissaient, les morsures suite au décrochage ou l’enlèvement d’un requin d’un filet de pêche, etc

 

ISAF attaques 2005 à 2017
Attaques mortelles dans le monde de 2005 à 2017

Du mythe à la réalité : Une moyenne de 6 attaques mortelles/an sur 13 ans (5.69).

2016 : https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2017/01/28/les-attaques-de-requins-en-baisse-sur-lannee-2016/ 

2014 :https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2015/02/22/les-attaques-dans-le-monde-pour-2014/

2013 :https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2014/02/27/les-attaques-de-requins-dans-le-monde-en-chiffres-la-fin-dun-mythe/

Les attaques de requins en baisse sur l’année 2016

Traduction Sauvegarde des Requins

ISAF : The International Shark Attack File

L’International Shark Attack File de l’Université de Floride a signalé 81 attaques non provoquées dans le monde, ce qui correspond à la moyenne quinquennale d’environ 82 incidents par an.

Quatre des attaques ont été mortels, soit une baisse par rapport aux six décès de l’année précédente.

« Les attaques mondiales continuent à lentement progresser à mesure que la population humaine grandit et les sports aquatiques deviennent plus populaires », a déclaré George Burgess. « Une attaque de requins est un phénomène humain »,  et d’ajouter que le pic de 2015 des attaques a été influencé par des eaux plus chaudes. « Les requins font naturellement partie de l’écosystème. L’océan est un environnement étranger pour les humains, et quand nous entrons dans la mer, nous entrons dans un territoire sauvage. « 

L’Afrique du Sud a connu moins d’incidents que d’accoutumé, avec seulement une attaque non mortelle. L’Australie, quant à elle compte 15 attaques dont 2 mortelles. Dans le Pacifique Sud, le territoire français de la Nouvelle-Calédonie est apparu comme «une zone de préoccupation» avec quatre attaques en 2016, dont deux mortels, a déclaré Burgess.

Aux États-Unis, la Floride a enregistré le plus grand nombre d’attaques, soit environ 60% des attaques en Amérique du Nord et environ 40% du total mondial. Avec 15 incidents, le comté de Volusia a représenté près de la moitié des attaques totales de la Floride. Hawaï a eu 10 attaques, suivie par la Californie avec quatre, la Caroline du Nord avec trois, la Caroline du Sud avec deux et une attaque au Texas ainsi qu’en Oregon.

La base de données, qui répertorie les attaques de requins dans le monde, définit les attaques de requins non provoquées comme celles lancées par un requin dans son habitat naturel. Burgess a déclaré que beaucoup de ces incidents pourraient être plus précisément appelés «interactions homme-requin», comme toutes les attaques ne causent pas de blessures, et elles peuvent inclure un contact rugueux avec un requin ou une morsure sur une planche de surf.

Cinquante-huit pour cent des attaques dans le monde entier impliquent des  sports de glisse, qui produisent des éclaboussures-(le genre de perturbation de l’eau qui peut attirer un requin).

Bien que les attaques de requins aient progressivement augmentées, le nombre d’attaques mortelles a constamment baissé au cours du siècle passé, a déclaré Lindsay French, gestionnaire de la base de données pour le programme de la Floride. Elle et Burgess attribuent ce recul à l’amélioration des pratiques de sécurité sur les plages, à un meilleur traitement médical et à une prise de conscience accrue du public sur la façon d’éviter les situations potentiellement dangereuses.

Alors que les risques d’être blessé ou tué par un requin sont «infinitésimaux», l’ISAF propose des recommandations sur la façon de réduire le risque d’une attaque de requin ou de repousser un requin attaquant, précise Burgess. Lui et Lindsay French ont noté que si la population humaine est en hausse, de nombreuses espèces de requins sont en déclin. « Menacés par la surpêche et la perte d’habitat, la vie complexe des requins  ne leur permet pas de rebondir rapidement. En tant que grands prédateurs, leur nombre est intrinsèquement bas par rapport à d’autres espèces marines plus petites. De plus, leur maturité sexuelle tardive et leur longue gestation aggravent leurs  chances de reconstruire leur population »…« Maintenant que les populations de requins sont en baisse, la reconstruction de leur population  prend beaucoup de temps. Ils occupent une place spéciale dans leur écosystème, et cette perte dans la chaîne alimentaire de la vie marine va avoir un effet sur l’ensemble du système. »

2014 :https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2015/02/22/les-attaques-dans-le-monde-pour-2014/

2013 :https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2014/02/27/les-attaques-de-requins-dans-le-monde-en-chiffres-la-fin-dun-mythe/

sauvegarde-des-requins

Les attaques de requins dans le monde pour 2014

Résumé ISAF pour l’année 2014

130 incidents présumés résultant d’une interaction Homme Requin ont été étudiés. Après examen, 72 de ces incidents représentent des. «Attaques non provoquées»

« Attaques non provoquées » sont définies comme des incidents où une attaque sur un homme en vie par un requin qui se produit dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin.

« Attaques provoquées » : attaques résultants d’une interaction provoquée par l’homme c’est-à-dire quand un humain initie un contact physique avec un requin, par exemple, un plongeur mordu après avoir attrapé un requin, les attaques contre les pêcheurs (pêche sous marine) et impliquant le fait que  les requins se nourrissaient, les morsures suite au décrochage ou l’enlèvement d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2014
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

3 décès dans le monde pour l’année 2014,ce qui porte la moyenne sur 10 ans à 6 décès par an

et 8 décès par an sur 5 ans

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Les attaques de requins dans le monde en chiffres : la fin d’un mythe

François  SARANO, image du film Océans
François SARANO, image du film Océans

Le requin un mangeur d’hommes?!!

*63 décès au total dans le monde sur 10 ans, soit une moyenne de 6,3/an. Et une moyenne de 8,6/an pour ces 5 dernières années.

Les chiffres de 2004 à 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Ces données reprennent les attaques dites « non provoquées ».

« Attaques non provoquées » sont définies comme des incidents où une attaque sur un homme en vie par un requin qui se produit dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin.

« Attaques provoquées » : attaques résultants d’une interaction provoquée par l’homme c’est-à-dire quand un humain initie un contact physique avec un requin, par exemple, un plongeur mordu après avoir attrapé un requin, les attaques contre les pêcheurs (pêche sous marine) et impliquant le fait que  les requins se nourrissaient, les morsures suite au décrochage ou l’enlèvement d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Résumé ISAF pour l’année 2013, traduction Sauvegarde des requins

Le Fichier international des attaques de requins a étudié 125 cas supposés d’interaction homme/requin dans le monde en 2013.

Après examen, 72 de ces incidents s’avèrent être des attaques non provoquées.

53 incidents n’ont pas été retenus pour le  statut « attaques non provoquées » en 2013 :  28 « attaques provoquées » , 4 interactions impliquant la morsure d’un requin sur des  bateaux motorisé ou non motorisé (  » attaque de bateau  » ) , 6 incidents considérés comme n’impliquant pas un requin, 2 cas impliquant un naufrage de bateau ou un avion accidenté , deux incidents impliquant des morsures poste mortem, et 11 cas pour lesquels des données ne sont pas encore disponible pour déterminer si une attaque de requin non provoquée s’est produite ( «preuves insuffisantes »).

Le nombre total annuel pour 2013 est de 72 attaques non provoquées, chiffre inférieur au 81 attaques enregistrées en 2012 et représente le chiffre le plus faible depuis 2009 (67). En général, cependant, le nombre d’attaques de requins non provoquées à travers le monde a augmenté à un rythme régulier depuis 1900, chaque décennie ayant plus d’attaques que la précédente. La croissance numérique dans les interactions de requins ne signifie pas nécessairement qu’il y a une augmentation dans le taux d’attaques de requins, cela reflète très probablement l’augmentation du temps passé dans l’eau par l’homme, ce qui augmente les possibilités d’interaction entre les deux parties concernées.

Le nombre d’interactions requin /homme qui se produisent sur une année donnée est directement corrélé à la quantité de temps que les hommes passent dans la mer. Alors que la population mondiale continue son essor et l’intérêt pour les loisirs aquatiques augmente en même temps, nous devrions nous attendre de façon réaliste à l’augmentation du nombre d’attaques de requins et autres blessures liées aux loisirs aquatiques. Si les populations de requins restent les mêmes ou augmentent, on peut prévoir plus d’attaques chaque année que l’année précédente parce que plus de gens sont dans l’eau. Les populations de requins, en revanche, sont en fait en baisse ou se maintiennent à des niveaux très réduits dans de nombreuses régions du monde en raison de la surpêche et la perte d’habitat, réduisant ainsi théoriquement la possibilité pour ces interactions de requin/homme. Cependant, la variabilité d’année en année dans des conditions économiques, sociales, météorologiques, océanographiques et locales influe également de manière significative sur l’abondance locale des requins et des hommes dans l’eau et, par conséquent, les chances de se rencontrer. En conséquence, les tendances à court terme du nombre de morsures de requin en hausse ou en baisse doivent être considérées avec prudence. L’ISAF préfère voir les tendances sur des périodes de temps plus longues (par exemple, par décennie) plutôt que d’essayer d’attribuer trop d’importance à la variabilité (souvent élevée) d’année en année.

En plus de l’augmentation du nombre d’heures passées dans l’eau par les hommes, l’efficacité de l’ISAF dans la découverte et l’enquête concernant les attaques s’est considérablement améliorée au cours des 25 dernières années, conduisant à de nouvelles augmentations du nombre d’interactions enregistrées. Le transfert de l’ISAF au Florida Museum of Natural History en 1988 a abouti à élargir considérablement la portée internationale des incidents d’attaques et à enrichir ses données sur les attaques. Au début des années 1990, l’ISAF a développé des relations de coopération avec de nombreuses organisations importantes de sécurité pour les plages de la Floride et des installations médicales, conduisant à une augmentation des données des attaques provenant d’une région qui est un chef de file mondial dans les loisirs aquatiques. Les avancées fondamentales de la communication électronique ( moteurs de recherche Internet , e-mails , les téléphones portables , les textos , les médias sociaux ) , ont considérablement agrandit le nombre d’observateurs scientifiques sur le plan mondial de l’ISAF, et une augmentation de l’intérêt pour les requins dans le monde entier , engendré en partie par une augmentation de l’attention des médias donnée aux requins , ont favorisé une documentation plus complète des incidents requin/homme au cours des dernières années .

En suivant les tendances à long terme, les eaux nord-américaines ont eu le plus de morsures non provoquées en 2013 (47,2% : 34 attaques). Le total de 47 attaques aux États-Unis (dont 13 à Hawaï non nord-américain) a été plus faible que le total 2012 de 54 attaques enregistrées (y compris Hawaï et Porto Rico), le plus haut total annuel du siècle. Les totaux de 2012 et 2013 se situent en contraste avec le chiffre (29) enregistré en 2009, le plus bas total annuel des États-Unis de ce siècle.

Ailleurs , les attaques ont eu lieu en Australie ( 10 ) , Afrique du Sud ( 5 ) , la Réunion ( 3 ) , et la Jamaïque ( 2 ), avec des incidents isolés signalés en provenance du Brésil , Diego Garcia , Nouvelle-Calédonie , Nouvelle-Zélande , et la République des Seychelles . 10 attaques en Australie, son plus bas total annuel depuis 2008 (9), et qui reste inférieur à sa moyenne de 12,3 attaques par an au cours des dix dernières années (2003-2012).Trois attaques ont eu lieu en Nouvelle-Galles du Sud, deux dans le Queensland et un seul incident a été enregistré à Victoria.

Afrique du Sud : 5 attaques pour une moyenne sur dix ans de quatre par an. De même, 1 attaque fatale enregistrée cette année se rapproche de la moyenne de la dernière décennie de 1,3 par an. Pour mettre ces totaux dans leur contexte, au cours des dix dernières années, l’Afrique du Sud a eu des années avec pas moins de huit attaques (2010) et quatre décès (2009), mais aussi une année (2008) sans attaque, soulignant à nouveau la nature volatile du phénomène à la fois régional et international.

Réunion : 3 attaques, 3 en 2012 et 4 attaques en 2011 dont 5 fatales (en 3 ans) suggère que ce petit Etat insulaire a développé une situation problématique où des changements, d’origine anthropique probablement, ont contribué à un plus fort nombre, que d’habitude, d’interactions requin – homme hautement délétères.

Comme cela a été la norme depuis des décennies, la Floride a encore le plus grand nombre (49 %) d’attaques non provoquées aux États-Unis. Le total de 23 morsures en Floride est similaire à la moyenne 2003-2012 de 21 attaques par an. Par ailleurs, après les tendances récentes, le comté de Volusia avait le plus d’incidents (8) au sein de la Floride. Ce comté de côte centre-est a enregistré plus d’un tiers (37 % : 257 sur 687 cas) de la totalité des interactions requin/homme de la Floride à ce jour. Cette situation est attribuable à une utilisation élevée des loisirs aquatique, des longues et agréables plages et des eaux du comté par les résidents de la Floride et les touristes, en particulier les surfeurs , et à la nature riche de sa faune marine . Les autres comtés de Floride ayant connus des attaques en 2013 : Brevard ( 3 ) , Duval , Martin , Miami -Dade et Palm Beach (2 chacun) , et bay , Escambia , Okaloosa , et St. Johns ( 1 chacun) .

D’autres attaques ont été enregistrées à Hawaï ( 13 ) , Caroline du Sud ( 6 ) , et l’Alabama , la Californie , la Caroline du Nord , l’Oregon et le Texas ( 1 chacun) . 13 attaques de Hawaï étaient son plus haut total depuis les 10 en 2012 et supérieur à sa moyenne annuelle de dix ans (4,3) , la plupart des incidents survenant sur les îles de Maui ( 7 ) et Hawaï ( 4 ) . 1 attaque a été signalée à Kauai et Oahu. L’attaque fatale à Maui était la première à Hawaii depuis 2004. Les totaux supérieurs à la moyenne des attaques à Hawaii au cours des deux dernières années sont le reflet de l’augmentation des interactions à Maui. En harmonie avec le thème commun de la grande variabilité, Hawaii a connu une attaque en 2008, et 7 en 2007, aussi les derniers totaux élevés ne signifient pas nécessairement une tendance à la hausse à long terme.

10 décès causés par des attaques non provoquées en 2013, en hausse par rapport au total des 7 en 2012 et au-dessus de la moyenne de 2003 à 2012 de dix ans de six décès par an. Ces décès ont été enregistrés en Australie ( 2 ) , la Réunion ( 2 ) , le Brésil ( 1 ) , Diego Garcia ( 1 ) , Hawaï ( 1 ) , la Jamaïque ( 1 ) , la Nouvelle-Zélande ( 1 ) , et l’Afrique du Sud ( 1 ) . Bien que supérieur à celui de ces dernières années , la tendance à long terme des taux de mortalité est en réduction constante au cours des 11 dernières années , reflet de l’évolution des pratiques de sécurité pour les plages et les traitements médicaux , et la sensibilisation du public d’éviter des situations potentiellement dangereuses . Le taux de mortalité aux États-Unis est nettement plus faible (2,1%) que dans le reste du monde ( 36 % ) , probablement le reflet de la plus grande sécurité et la capacité médicale dans les régions des États-Unis où les attaques de requins se produisent historiquement . Cela souligne la nécessité d’accroître les efforts visant à améliorer la sécurité de la plage, y compris la sensibilisation du public sur les risques de requins, avec des sauveteurs bien formés, et l’amélioration des soins médicaux d’urgence et les capacités médicales dans de nombreux endroits du monde.

Les surfeurs et les autres pratiquants de sports de glisse étaient le plus souvent (46% des cas) impliqués dans les incidents 2013. Les usagers de la mer les moins touchés inclus nageurs / pêche sous marine (31 %) et les plongeurs (14%). Les surfers ont été le groupe d’usagers les plus touchés au cours des dernières années, le résultat probable de la grande quantité de temps passé par les personnes engagées dans une activité de provocation (coups de pieds, éclaboussures avec les mains, et  » wipeouts «) dans une zone fréquentée par les requins, la zone de surf. Si vous êtes attaqué par un requin, nous vous conseillons une réponse proactive. Frapper un requin sur le nez, idéalement avec un objet inanimé, incite généralement le requin à restreindre temporairement son attaque. Il faut essayer de sortir de l’eau à ce moment-là. Si cela n’est pas possible, des coups répétés sur le  museau peuvent offrir un répit temporaire, mais le résultat est susceptible de devenir de moins en moins efficace.

Plus d’informations sur la prévention : ici (http://www.flmnh.ufl.edu/fish/sharks/Attacks/relariskreduce.htm)

Les autres données en tableau :

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013
Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

La Réunion, île aux requins malgré elle

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Sur la plage de l’Ermitage, à La Saline, Georges, 48 ans, en vacances dans son île natale de La Réunion, s’étonne : «On a toujours parlé de requins à La Réunion. Quand j’étais marmay («enfant», en créole), nos parents nous mettaient déjà en garde».

Mais, relève ce Réunionnais installé dans la région lyonnaise, «depuis quelque temps, on en parle beaucoup en métropole, parce que les attaques se sont multipliées».

Ce n’est donc pas un hasard si sa famille a choisi cette plage de la côte nord-ouest protégée par la barrière corallienne, pour profiter du soleil aoûtien de l’hiver austral. «Au moins, on est sûrs que les requins ne viendront pas dans le lagon», se rassure le vacancier.

Outre de graves difficultés sociales, c’est l’autre crise que subit, depuis plus de deux ans, l’île, département français de l’océan Indien où le requin continue de susciter des débats passionnés.

Le phénomène touche beaucoup de monde: baigneurs du week-end, touristes, sportifs de haut niveau, pêcheurs professionnels, acteurs économiques du tourisme, élus de la côte ouest, services de l’Etat, militants associatifs…

Il voit s’opposer défenseurs des squales et partisans d’une gestion de leur prolifération par des prélèvements réguliers.

Les cinq attaques mortelles de squales qu’a connues La Réunion depuis 2011 (vingt au total depuis 1980) ont alimenté les craintes et une mauvaise réputation à travers le monde.

«Une publicité dont on se serait bien passés», soupire, désabusé, le responsable d’une agence de communication spécialisée dans le tourisme.

D’autant que les deux dernières victimes de mai et juillet 2013, sont deux vacanciers venus de métropole, un surfeur de 36 ans, en voyage de noces, et une jeune baigneuse de 15 ans, happée à 10 m du rivage.

La réserve «garde-manger»

Lorsque le débat s’ouvre sur l’accroissement récent et incontesté de la population des squales aux abords des côtes réunionnaises, les avis s’opposent sur ses causes : les uns pointent du doigt le rejet dans la mer des eaux usées de zones de plus en plus urbanisées. D’autres mettent en cause la «Réserve naturelle marine de La Réunion» créée en 2007, une bande littorale maritime de 40 km de long, dans laquelle la pêche est désormais, soit interdite, soit strictement réglementée. «Cette réserve est devenue le garde-manger des requins», déplore un surfeur. «Ils se sédentarisent là où ils savent pouvoir se nourrir».

Une autre cause fait l’unanimité: l’arrêt de la pêche professionnelle au requin. D’abord en 1999 quand sa commercialisation, dans l’île, a été interdite puisque l’animal était suspecté d’être contaminé par la ciguatoxine, à l’origine de graves intoxications alimentaires. Puis, en 2004, une seconde interdiction de pêche a visé ceux qui faisaient commerce des ailerons des squales.

Flipper le requin

Les solutions envisageables à la «crise requins» donnent, elles aussi, lieu à polémiques.

Le représentant de la Fondation Brigitte Bardot, Didier Derand, conteste en justice les prélèvements décidés par le préfet. «C’est l’ONG Sea Shepherd influente internationalement qui reprend le dossier, parce qu’il faut une sensibilisation mondiale contre le massacre organisé des requins».

Selon Sea Shepherd, pas moins de 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde, notamment par la pratique qui consiste à leur couper les ailerons alors qu’ils sont encore vivant. Pour l’ONG, la pérennité des populations est en danger et cela menace la stabilité des écosystèmes marins.

De son côté, le conseil régional de La Réunion se dit prêt à financer des ballons aériens, équipés de caméras de surveillance et de moyens d’alertes, lorsqu’ils détectent des mouvements dans l’eau. La commune de Saint-Paul opte pour les drumlines, des pièges fixes immergés, équipés d’hameçons.

Un retour dans les assiettes ?

Surfeurs et usagers du body-board refusent d’être sacrifiés sur l’autel de la défense environnementale. «Il faut arrêter avec ce lobbying mondial qui prône la protection du requin», s’insurge Jean-François Nativel, secrétaire général de l’association OPR (Océan Prévention Réunion). «On est dans l’ère de Flipper le requin! Il faut lever les tabous et faire revivre la tradition d’avant les interdictions de pêche. Il faut revenir à la pêche, et remettre le requin dans les assiettes réunionnaises. Le requin doit être considéré comme un poisson».

Actuellement en négociation avec le préfet, sur le montant de l’indemnisation allouée aux pêcheurs agréés pour capturer les 90 spécimens tigres et bouledogues, destinés aux études scientifiques concernant la ciguatera, le président du comité régional des pêches, Jean-René Enilorac est dubitatif. «Même si le risque ciguatera est levé, je ne suis pas sûr que les Réunionnais dégusteront de nouveau du requin. Qui acceptera de manger un poisson, en imaginant qu’il a peut-être dévoré un humain ?»

Afp 29/08/2013