Île de la Réunion : communiqué de presse

Nous présentons nos condoléances, et nous associons à l’immense tristesse de la famille de Talon.

Après son tragique accident, la préfecture a enclenché la procédure post attaque pour une durée initiale de 72 heures;
Cette pêche qui s’assimile à une opération aveugle de représailles, vient être reconduite pour une nouvelle durée de 72 heures.

Pour  justifier cette reconduction, les pêcheurs et la préfecture nous disent « il y a des requins partout, on a jamais vu ça»

Il est fait état d’une présence hors norme de tigre et bouledogues mélangés qui interpelle les scientifiques habitués depuis quatre ans ce que les tigres soient essentiellement au large et que ces deux espèces ne cohabitent pas.

La baie d’Etang Salé serait envahie de requins déchaînés. on parle d’hameçons tordus, de bateau attaqué.

Que s’est-il donc passé?

Le premier requin n’a été pris qu’au bout dans le jour et demi de pêche post attaque.
Il y avait donc très peu de requins sur zone au début de la pêche

Mais quatre bateaux ont appâté à tout va ,

On a installé des drums lines, donc des appâts odorants dans toute la baie d’ Etang Salé et les requins ont commencé à s’ approcher, se mélangeant entre espèces .

Les premiers requins pris et les prises accessoires ce sont débattus, attirant d’autres requins .
La prolongation de la pêche post attaque n’a fait qu’entretenir cette frénésie alimentaire pour arriver à une situation qu’on nous présente comme incontrôlable

Le Comité des Pêches qui a joué les apprentis sorciers,vient de faire l’éclatante démonstration du danger pour les surfeurs et baigneurs, de la présence d’appâts et de drum lines près des plages fréquentées.

Nous attirerons une nouvelle fois l’attention de la préfecture et des mairies sur la mise en danger que constituerait la mise en place de ces engins de pêche devant les zones de baignade et surf .

Pour le collectif des associations ASPAS, Fondation Brigitte Bardot, Longitude 181,Requin Intégration,Sauvegarde des Requins , Vague, Sea Shepherd

Dr Jean Bernard Galves

0975706001381746958

Île de la Réunion : Lettre ouverte aux mairies

Lettre ouverte aux mairies qui mettront les baigneurs et surfers en danger en croyant payer pour leur sécurité.

Dans le souci louable de protéger leurs administrés, les mairies de ST Pierre , St Leu, Saint Benoit, Saint Paul et Etang Salé ont manifesté l’intention de financer la pose de drum lines .

Ces mairies ont été semble-t-il été abusées quant au rôle de ces engins de pêche.

Les maires doivent savoir que Cap requin 2 ne vise aucunement à la sécurisation des zones balnéaires : Cap Requin 2 ,d’un coût de 900 000 euros, n’est qu’une prétendue « étude » quant à la possibilité de capturer des requins avec ces engins de pêche, pourtant bien connus ;

Le Comité des Pêches est dans l’impossibilité de dire comment il prétend sécuriser les zones balnéaires ; Il se contente de jouer sur la confusion entre un engin de pêche, la « drumline » et la sécurisation.

Mais le Comité des Pêches n’engage pas sa responsabilité : c’est la responsabilité des maires qui se trouve engagée .

Il suffirait aux maires, pour être fixés ,de demander au Comité des Pêches : « les gens pourront ils utiliser les plages et spots de surf en sécurité, une fois les drum lines installées » ? .

La réponse du Comité des Pêches sera édifiante .Comment pourrait il prétendre sécuriser les plages avec des drum lines ?

En Afrique du Sud, les drum lines sont utilisées pour réduire les populations résidentes de requins dangereux de façon à rendre la rencontre improbable ;
A la Réunion Les études scientifiques ont commencé à montrer une circulation des requins entre la Réunion et les régions voisines.
il est donc impossible de prétendre réduire cette population de requins si d’autres viennent les remplacer .

Au vu des analyses des stations d’écoute, le comité des pêches a été obligé de revenir piteusement sur le concept d’effarouchement dont il avait fait pourtant son cheval de bataille.

Pire encore , suite à une défaillance de l’engin d’alerte, deux requins pris sur les drumlines de Cap ont été dévorés par d’autres requins
Ces requins pris sont devenus d’énormes appâts attirant en fait d’autres requins vers les zones que ces drumlines sont censées protéger .

Même si une équipe intervient rapidement pour retirer le requin pris, personne ne pourra dire combien de requins auront été attirés pour le dévorer,
les requins ainsi attirés près des plages constituent de facto une menace potentielle pour les baigneurs et surfers, soit l’opposé de ce qui est recherché ….et ce n’est pas le Comité des Pêches qui en portera la responsabilité

Nous invitons les maires à visionner ce film qui montre , à partir de 1minute 10, des requins excités se regroupant pour manger un requin mort
Les maires prendront ainsi conscience du risque que la pose de drums lines près des plages de leur commune fait courir aux usagers de la mer .

Dr Jean Bernard Galvès
Porte parole et représentant au CO4R du collectif ASPAS, Fondation Brigitte Bardot, Longitude 181, Requin Intégration, Sauvegarde des Requins, Vague, Sea Shepherd .

(

0975706001381746958

Les programmes mis en place à La Réunion face à la « crise requin » : décryptage

I) Le contexte

La Réunion a connu sur 3 ans un nombre d’attaques de requin auquel elle n’était pas habituée. L’inexpérience de la France face à ce type d’événements a engendré « la crise requin » et son lot de décisions bonnes et mauvaises (surtout mauvaises).

Les attaques sur l'île depuis 1972
Les attaques sur l’île depuis 1972
Les attaques mortelles dans le monde depuis 2004
Les attaques mortelles dans le monde depuis 2004

63 décès au total dans le monde sur 10 ans, soit une moyenne de 6,3/an.

Tour d’horizon de ces différentes décisions.

II) Les principaux programmes

2012

Etude CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de 2 espèces de Requins Côtiers)

Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R)

Réévaluation du risque Ciguatera Phase 1

Dispositif post-attaque : Opérations de capture de requins dans un espace et sur une période limités en cas d’attaques.

Vigies-requins

2013

Filets anti-requins

Réévaluation du risque Ciguatera Phase 2

Interdictions des activités nautiques : depuis août 2013, renouvelé  jusqu’au 15 septembre 2014 (en savoir plus : ici )

Site internet « info Requin », accessible depuis le 1er octobre : http://www.info-requin.re/

2014

Filets anti-requins

CapRequins

Etude sociologique « Mieux connaître pour mieux gérer » sur les perceptions des usagers de la mer du risque requin. Début : janvier 2014, durée : 1 an

Dispositif « vigies-requins  renforcées »

III) Décryptage

Etude CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de 2 espèces de Requins Côtiers)

Financement : Conseil Régional, Etat, FEDER (Fonds Européen de Développement Régional)

Durée : 30 mois. Débuté en octobre 2011

Objectif : Définir les caractéristiques et la dimension des habitats des requins Tigre et Bouledogue

Mise en œuvre : L’IRD (Institut de Recherche pour le Développement)

1er résultats : Marquage de 80 requins : 38 bouledogues et 42 tigres.

Octobre 2013 : « La présence des requins Tigre et Bouledogue sur les côtes de la Réunion sont saisonnières avec davantage de requins marqués détectés l’hiver que l’été et des pics de présence dans certaines zones au cours des périodes de transition (hiver-été ou été-hiver). »  «  Certains sites autour de l’île pourraient être soit des zones de repos, soit des zones de reproduction »

Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R)

Date : Crée le 1er février 2012

Objectif : Offrir un cadre approprié de dialogue et de concertation sur la réduction du risque requin à la Réunion.

Les acteurs : Les services de l’état, les représentants des services de secours, les représentants des collectivités territoriales, les représentants des usagers de la mer, la communauté scientifique, les associations…

Réévaluation du risque Ciguatera

o   Phase 1 : Débuté en Septembre 2012, 24 requins péchés

Objectif : « Afin de permettre une éventuelle reprise de la commercialisation des requins tigres et bouledogues, espèces non protégées, il a été décidé d’engager en août 2012 une campagne de prélèvements visant à mesurer la présence éventuelle de biotoxines marines dans la chair de ces squales. » (info-requin.re)

o   Phase 2 (Protocole du CRPMEM)

Début : Novembre 2013 via CapRequins, en cours de lancement pour le programme spécifique « Ciguatera »

Pilotage : Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins

Analyse : ARVAM

Budget : 260 000€ financé par l’Etat. Détails : Défraiement des pêcheurs : 4€ le kg dans la limite de 900€/prise. Défraiement en cas d’absences de captures : 50€/heure (6H max et 20 000€ max sur la durée du programme)

Cibles : Requins Bouledogue et Tigre en pêche ciblée (44 bouledogues et 44 tigres), 10 carangues bleues collectées de manière opportuniste auprès des pêcheurs.

Objectif :

*Réévaluer le risque pour la sécurité sanitaires des aliments de certaines espèces de poissons avant d’entrevoir l’éventuelle levée d’interdiction de leur commercialisation sur le marché réunionnais (présence de carchatoxine, de métaux lourds, etc…).

*Recueillir un maximum d’informations sur les 2 espèces de requins pouvant servir à l’étude CHARC (contenus stomacaux, maturation sexuelles et reproduction, répartition, etc…)

Mise à jour juillet 2014 : « L’étude Ciguatera 2 a été renommée VALO requin car les analyses vont être menées au-delà de la seule commercialisation à des fins alimentaires, pour étudier d’autres potentialités de valorisation des squales comme la pet food, l’artisanat… », explique Ludovic Courtois (CRPMEM Réunion). »

L’Etat souhaite donc ouvrir de nouveaux marchés pour écouler les futures captures!!

La ciguatera : « Intoxication alimentaire résulte de la consommation de poissons ou de bénitiers contaminés par des toxines marines, les ciguatoxines, produites par une algue microscopique (Gamberdiscus spp) . Comme de nombreuses toxines, celles-ci s’accumulent dans les organismes et leur concentration augmente au fur et à mesure des échelons de la chaîne alimentaire. » (IRD)

« Une réglementation locale spécifique existe depuis 1966 et évolue  régulièrement en fonction de l’état des connaissances, de la situation épidémiologique locale et régionale. Une révision majeure a été entreprise en 1999, afin de prendre en compte la situation épidémiologique à Madagascar où de nouvelles formes d’intoxications sévères mettant en cause des toxines d’origine méconnue ont été observées (clupéotoxisme, intoxication par certaines sardines et carchatoxisme, par certains requins) (Champetier et al. 1997). L’arrêté préfectoral intègre ainsi les espèces de sardines et de requins les plus souvent mis en cause dans ces formes d’intoxications. » (Bulletin épidémiologique 2013)

Comprendre la Ciguatera et les Intoxications par Consommation d’Animaux Marins (ICAM) = brochure de l’IRVAM (Agence pour la Recherche et la VAlorisation Marines) Vous pouvez télécharger la brochure dans son intégralité : ici )

 Diapositive3

Note de Sauvegarde des requins

Où est le principe de précaution si l’Etat décide de la commercialisation de ces espèces ?

Si la commercialisation de ces 2 espèces a été interdite dès 1999, la pêche quant à elle est toujours présente sur l’île

Se concentrer sur l’échantillonnage dans les eaux de la Réunion pour prendre une telle décision, c’est oublier volontairement ce qui se passe chez nos voisins (Madagascar). De plus, c’est partir du principe que les requins sont sédentaires or aujourd’hui, aucune étude ne le confirme. Le programme Charc  indique le contraire dans ses 1ers résultats.

Cette étude n’aurait d’intérêt que si elle concernait l’ensemble des espèces (dont coraux, algues…) incriminées dans cette intoxication et devrait s’étendre sur l’ensemble des territoires touchés.

De plus, les autorités ont signalé à plusieurs reprises que ces prélèvements s’intégraient une politique de régulation des Tigres et Bouledogues

Vigies-requins « renforcées »

Financement : Conseil régional (85%), DJSCS (Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale de la Réunion)

Début : janv 2014, durée estimée : 3 mois

Objectif : Évaluation du dispositif sous contrôle scientifique pour en mesurer l’impact au plan opérationnel et les éventuelles limites (expositions des vigies et des pratiquants au risque)

Résultats : rapport d’évaluation juin 2014

Acteurs : Ligue de surf en collaboration avec l’IRD

Mise en œuvre : Roches Noires, environ 300 mètres du rivage. Carré de 30 m de côtés délimité par des corps morts équipés de caméras. Attractant auditif : boîtier qui émet des sons similaires à ceux des carangues. Attractif olfactif : maquereaux dans un tambour de machine.

1ère phase : Évaluation des réactions des requins face aux vigies représentées par un mannequin muni d’une caméra.

2ème phase : Évaluation des réactions des requins : interactions Homme/Requin (objectif de 20 interactions).

A ce jour, pas d’interactions avec les requins. Le programme est donc prolongé

Cap Requins : Compréhension de la CAPturabilité des REQUINS côtiers pour une gestion du risque par la pêche professionnelle à Saint Paul (Doc du CRPMEM)

Financement : +160 000€ (dont environ 120 000€ de prestations) hors programme Ciguatera 2. Etat, Conseil Régional de la Réunion, mairie de St Paul

Durée : 6 mois

Objectif : Expérimenter une pêche pour protéger les côtes (pression de pêche). Les différents dispositifs une fois évalués (efficacité) seront utilisés dans le cadre d’une pêche régulière (pêche de régulation).

*Pêches « létales » (=prélèvements) : requins de +2 mètres (Tigres, Bouledogues). Cette pêche alimentera, dans un 1er temps, le programme Ciguatera 2 (90 requins)

*Pêches « non létales » (=marquages) : les requins non ciblés et requins ciblés de -2m sont marqués et relâchés hors de la zone de capture

Mise en œuvre :

*Les engins de pêche utilisés :

-Drumlines dites « intelligentes » (Smart drumline) : en zone côtière, reliées à une bouée GPS (intervention dans les 2h). Actuellement 1 pêcheur

-Palangres de fond (programme West) : éloigné des activités nautiques= pèche de régulation. Actuellement 1 pêcheur

*Les observateurs : Après avoir suivi une formation payante, les observateurs peuvent embarquer sur les bateaux

*Comité scientifique : Émettre un avis indépendant sur la méthode mise en œuvre et sur ses résultats

Mise à jour Août 2014 : le comité scientifique a souhaité quitter ce programme

Bilan à ce jour :

* Cibles :

Requin tigre mâle de 3,19 m et d’un poids de 186 kg, capturé vivant le lundi 21 janvier à 23h44 puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

Requin tigre mâle de 3,53 m et d’un poids estimé de 360 kg, capturé vivant le mardi 22 janvier à 20h58 puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

– Requin tigre femelle, capturé le 23 janvier à 9h00 mais échappé vivant

– Requin tigre mâle de 3,85 m, capturé le 4 février à 5h00 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 »

Requin tigre mâle de 2,80 mètres, capturé le 7 mars à 3h00, et relâché vivant et bien vif, après marquage acoustique externe

-Requin bouledogue mâle de 3 m capturé le 14 février à 1h05 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

– Requin bouledogue femelle de 2.05 m capturé le 19 mars et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

-Requin bouledogue femelle de 3 m capturé le 14 avril et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

Requin bouledogue femelle de 3 m capturé le 28 avril et prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

*Prises accessoires (Liste officielle à Avril 2014):

– Raie guitare de 3,47 m, capturée le 30 janvier à 19h50 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Raie guitare d’environ 1,50 mètres,  capturée le 18 mars à 17h00, relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1,20 m, capturée le 24 janvier à 6h25 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 27 janvier à 10h20 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1 m capturée le 4 février à 7h02 et relâchée vivante

– Raie pastenague d’environ 1,70 m, capturée le 10 février et relâchée vivante

Raie pastenague d’environ 80 cm capturée le 19 mars à 22h20 et relâchée vivante

Raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 25 mars à 21h55 et relâchée vivante

Requin marteau mâle de 2,50 m et d’un poids estimé de moins de 100 kg, capturé vivant le mercredi 22 janvier à 00h09 puis relâché après un marquage externe de type « spaghetti » non acoustique

Requin marteau mâle d’environ 3m, capturé le mercredi 22 janvier à 19h49 mais retrouvé mort malgré l’intervention dans les deux heures après déclenchement de l’alerte. Des échantillons de tissus ont été prélevés sur l’animal pour analyses biologiques et éco-trophiques

Requin marteau halicorne retrouvé mort

Requin nourrice mâle de 3,05m, capturé vivant le mercredi 22 janvier à 20h25 puis relâché après un marquage externe de type « spaghetti » non acoustique

– Requin nourrice fauve mâle d’environ 3,50 m, capturé le 31 janvier 2014 à 19h50 puis relâché vivant après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Carangue gros-tête de 36 kg, capturée vivante le jeudi 16 janvier à 09h40 puis prélevée pour être versée aux échantillons d’analyse sur la déprédation des espèces côtières

– Carangue gros-tête capturée le 28 janvier à 13h15 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique)

Note de Sauvegarde des requins

Ce programme est mis en œuvre sans protocole «  …Par ailleurs, vous avez souhaité obtenir le protocole du projet expérimental CapRequins, je vous informe que ce document n’existe pas… » (Courrier du Préfet de la Réunion le 13 mars 2014)

La transparence est-elle réellement de mise ?

Pas de compte rendu du Comité scientifique, pas de noms

Les observateurs ne peuvent embarquer sur l’un des 2 bateaux si la clause de confidentialité n’est pas signée. Pourquoi une telle clause ?

Les communiqués sont succincts

Comment les requins sont-ils tués après capture?

Quels sont réellement les objectifs de ce programme ?

« Il permettra d’amorcer la seconde phase du programme de réévaluation du risque Ciguatera » Préfet de la Réunion « La gestion du risque requin à la Réunion, 27 janv 2014 »

 « Le marquage des requins » « Le marquage des requins de récifs afin de les réintroduire », il n’existe pas de protocole scientifique concernant ces marquages. Ces marquages ne serviraient-ils pas à « justifier » les prises accessoires ?

Pour réintroduire les requins de récifs, il serait intéressant de connaître les causes de leur départ (sans prendre comme bouc émissaire le requin bouledogue). De plus, pourquoi ne pas mettre en place un programme de marquage (comme pour CHARC), avec protocole et suivi scientifique ?

« Les drumlines dissuadent les requins de s’approcher » : A l’heure actuelle rien ne corrobore cette hypothèse. Les drumlines sont appâtées pour justement attirer les requins pour les capturer. De plus, les prises deviennent des proies potentielles pour les requins.

« Expérimenter une pêche pour protéger les côtes (pression de pêche). Les différents dispositifs une fois évalués (efficacité) seront utilisés dans le cadre d’une pêche régulière (pêche de régulation). » (CRPMEM)

C’est bien le seul objectif de ce programme : mettre en place des engins de pêches efficaces pour pêcher un maximum de requins (et de prises accessoires)

Quels sont les acteurs de ce programme ?

Toujours les mêmes et seuls 2 pécheurs jouissent actuellement de ce programme

Les prises accessoires

« Le taux de survie global après capture sur les « smart drumlines » a ainsi été réévalué à 91% depuis le lancement de CAPREQUINS. Sur les 23 animaux capturés, seuls deux requins marteau halicorne ont été retrouvés morts après déclenchement. » Espèce classée EN DANGER sur la liste rouge de l’ IUCN

 « Des prises accessoires sont victimes de « déprédation » (prises mangées) » (information et photos du CRPMEM) or ces dernières n’apparaissent pas sur la liste « officielles ». Les associations de protection de requins l’ont  souligné à plusieurs reprises, les drumlines attirent les prédateurs ; les poissons piégés par les drumlines deviennent  alors des proies.

L’avenir de ce programme

La finalité est d’étendre ces engins de pêche sur d’autres zones et ce dans le cadre d’une pêche régulière. Or, sera-t-il encore possible de parler de « drumlines intelligentes » ? Qui les financera ? Qui financera l’intervention des pêcheurs dans les 2H pour relâcher les prises accessoires? Ce programme risque d’être repris mais en simple drumlines avec toutes les conséquences écologiques qui en résultent…

 

Drumlines "intelligentes"
Drumlines « intelligentes »

0975706001381746958

IV) A suivre        

D’autres dispositifs dits « innovants » sont actuellement proposés : barrière, pistolet répulsif…

Le coût des dispositifs sera-t-il amorti par le chiffre d’affaires engendré par les activités aujourd’hui touchées par la « crise requin », lorsque ces dernières seront de nouveau autorisées ?

Est-ce réellement la préoccupation première de l’ensemble des réunionnais (840 000 habitants), avec un taux de chômage surfant avec les 30% et ce, bien avant cette « crise » ?

Les dispositifs actuellement mis en place ne s’attaquent qu’aux conséquences et non aux causes (à l’exception du programme CHARC). A quand une prise de conscience de la part des autorités pour établir les causes et y remédier ?

Juillet 2014 : A ce jour, les communiqués de presse ne sont plus « communiqués » via le site internet dédié à cette « crise requin »

Pour rappel : communiqué de presse du 05 février : 

*Ouverture du site internet « requins »

Développé par les services de l’Etat (direction de la Mer Sud Océan Indien, direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale et Préfecture), un site Internet dédié à l’information sur le risque requin a été ouvert le 01 octobre 2013.

Pleinement opérationnel, ce site présente les dernières informations disponibles relatives aux démarches de réduction du risque requin à La Réunion, dans l’ensemble des domaines. »

Article de Sauvegarde des requins, mai 2014

Communiqué CAPREQUINS #4

Trois mois après sa mise en œuvre, le programme CAPREQUINS se poursuit à un rythme régulier …

Il est à noter sur ce dernier mois d’opérations en mer les évènements / développements suivants :

  • de nouveaux bénévoles, tous usagers du milieu marin, ont rejoint le rang des observateurs indépendants de CAPREQUINS. Le premier bilan réalisé par les bénévoles embarqués après un mois d’observations des opérations en mer n’a pas révélé d’anomalies dans leur bon déroulement. Le protocole itératif de mise en œuvre de CAPREQUINS n’a donc pas fait l’objet de nouveaux aménagements et reste pleinement opérationnel.
  • des journalistes de médias locaux et nationaux ont été conviés au cours des dernières semaines à embarquer à bord des navires habilités, et notamment s’agissant des opérations de « smart drumlines » aux fins de témoigner au grand public et de rendre compte le plus largement possible sur les principes et le déroulement de CAPREQUINS.
  • les dispositifs des drumlines ont été levés le 4 mars dernier pendant une demi-journée suite à la capture d’un requin marteau halicorne de 13 kg, retrouvé mort sur la ligne sans que le système d’alerte en temps réel ne se soit déclenché. Le montage des « smart drumlines » a fait l’objet d’une adaptation afin de le rendre plus sensible aux captures d’individus de petite taille. Ce nouveau montage donne d’ores et déjà des résultats satisfaisants, puisqu’il n’a plus provoqué de capture sans déclenchement depuis sa réinstallation.

S’agissant de la technique des « smart drumlines », depuis le 28 février 2014, et en dehors du requin marteau du 4 mars, six nouvelles captures ont été traitées après alertes par le coordonnateur de CAPREQUINS. Elles ont concerné les spécimens suivants :

  • le requin nourrice fauve mâle capturé une première fois le 31 janvier a de nouveau été capturé le 4 mars à 21h40 ; il a été reconnu grâce à la marque « spaghetti » externe qui lui avait été appliquée lors de sa première capture. Cette prise confirme la survie à long terme de l’animal suite à sa première capture et son relâché ; sa longueur totale a été remesurée à 3 mètres ; il a de nouveau été relâché ;
  • un requin tigre mâle de 2,80 mètres, capturé le 7 mars à 3h00, et relâché vivant et bien vif, après marquage acoustique externe ; c’est la première opération de ce type menée sur une « smart drumline » dans le cadre de CAPREQUINS, qui devra permettre d’évaluer l’hypothèse de l’« effarouchement » sur cet animal capturé puis relâché au large de la zone d’étude ; un montage vidéo des opérations de marquage peut être visionné à l’URL suivante : http://youtu.be/hXfA0Ua3F0M
  • une raie guitare d’environ 1,50 mètres, capturée le 18 mars à 17h00, un animal relâché vivant et bien vif immédiatement après capture grâce à la présence sur zone du pêcheur en charge du renouvellement des appâts sur les « smart drumlines » ;
  • un requin bouledogue de 2,05 mètres, capturé le 19 mars à 20h00 et remonté vivant et bien vif, puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 » ;
  • une raie pastenague d’environ 80 cm capturée le 19 mars à 22h20 et relâchée vivante et bien vive ;
  • une raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 25 mars à 21h55 et relâchée vivante et bien vive ;

Le taux de survie global après capture sur les « smart drumlines » a ainsi été réévalué à 91% depuis le lancement de CAPREQUINS. Sur les 23 animaux capturés, seuls  deux requins marteau halicorne ont été retrouvés morts après déclenchement.

(N.D.L.R Sauvegarde des requins : seuls ?? c’est déjà trop)

Concernant les animaux libérés, les hameçons sont systématiquement enlevés avant leur relâche afin de maximiser leurs chances de survie à long terme, y compris sur les raies pastenague pour lesquelles l’opération à réaliser est considérée comme dangereuse de par le dard venimeux dont elles sont pourvues.

S’agissant de la technique de la palangre de fond du programme WEST, et suite à une avarie moteur sérieuse du navire habilité, les opérations sont suspendues depuis 15 jours. Depuis le 28 février, une seule nouvelle sortie a été réalisée. Les opérations reprendront dès la fin des réparations.
S’agissant des données des stations d’écoute acoustique immergées autour des drumlines, la faible fréquentation générale constatée depuis le début du projet de la zone d’étude par les requins marqués se prolonge. On note juste deux nouveaux passages furtifs de requins bouledogue, l’un le week-end, hors période d’appâtage des dispositifs et l’autre à une distance de plus de 200 mètres au large des « smart drumlines ».

Le comité scientifique indépendant s’est de nouveau réuni pour analyser les deux premiers mois de données collectées dans le cadre de CAPREQUINS au regard des termes de références et de la méthodologie d’évaluation arrêtés. Le Comité scientifique a d’abord salué la qualité scientifique des résultats produits et le professionnalisme des différents intervenants du projet. Malgré des premières tendances encourageantes s’agissant de la survie des captures accessoires et en termes de détections acoustiques autour de la zone d’étude, le Comité scientifique a invité le CRPMEM et ses partenaires à compléter les données d’expérimentation en Baie de Saint-Paul aux fins de confirmer ou d’infirmer dans les prochaines semaines les premières interprétations proposées.

L’occasion sera enfin donnée au Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) et à ses partenaires de CAPREQUINS – Squal’idées, Prévention Requin Réunion, KwaZulu Natal Sharks Board et la Ligue réunionnaise de surf – de communiquer sur l’innovation technologique mise en œuvre dans ce projet ainsi que de présenter les premiers résultats lors de la Conférence de référence sur l’étude des requins, « Sharks International II », qui se tient du 2 au 6 juin 2014 à Durban (Afrique du Sud).

6502136-9807628

CapRequins, communiqué de presse #3

Communiqué de presse, 28 février 2014

Après 45 jours d’opérations en mer, le projet CAPREQUINS est désormais mis en œuvre de manière complète et son protocole pleinement opérationnel :

– le lancement des opérations avec la technique de pêche à la palangre de fond du programme WEST est intervenu le 4 février. D’ores et déjà, 9 sorties ont été réalisées ;

– les appâts « milkfish » pour les « drumlines » ont été reçus le 10 février. Leur utilisation permettra de comparer l’influence sur l’efficacité et l’attractivité des dispositifs des différents appâts utilisés depuis le lancement du projet ;

– l’équipe de marquage interne de Squal’idées a été constituée le 24 février et sa première sortie dès le lendemain s’est conclue par un requin bouledogue femelle de 3 m pêché, marqué acoustiquement puis relâché au large de Saint-Gilles ;

– le comité scientifique indépendant a été constitué par les pouvoirs publics le 3 février, sa réunion de lancement a permis d’arrêter les termes de référence et la méthodologie d’évaluation. Ses travaux se sont poursuivis aujourd’hui par la validation du protocole scientifique de CAPREQUINS ;

– des bénévoles issus d’associations écologistes et d’usagers de la mer ont complété depuis le 19 février à bord des navires de pêche le dispositif d’observateurs constitués jusqu’alors de personnels du CROSS Réunion. Les observateurs assistent les pêcheurs dans la prise de photographies et d’images, d’une part, et témoignent du bon déroulement des opérations, d’autre part ;

– de nouvelles stations d’écoute ont été immergées le 26 février et sont venues finaliser le réseau de détection acoustique autour des « smart drumlines » dont les données permettront d’analyser les déplacements des requins marqués de manière plus précise autour des dispositifs.

S’agissant de la technique des « smart drumlines », l’innovation technologique et écologique de ce projet, le système de déclenchement des alertes en temps réel lors d’une capture continue à parfaitement fonctionner. Si aucun déclenchement n’est survenu depuis 14 jours, 10 nouvelles captures ont été traitées après alertes par le coordonnateur de CAPREQUINS depuis le 23 janvier 2014. Elles ont concerné les spécimens suivants :

un requin tigre femelle, capturé le 23 janvier à 9h00 mais échappé vivant suite à une manipulation maladroite d’un individu extérieur à CAPREQUINS, sur zone avant l’arrivée du coordonnateur ;

une raie pastenague d’environ 1,20 m, capturée le 24 janvier à 6h25 et relâchée vivante ;

une raie pastenague d’environ 1 m, capturée le 27 janvier à 10h20 et relâchée vivante ;

une carangue gros-tête capturée le 28 janvier à 13h15 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique) ;

une raie guitare de 3,47 m, capturée le 30 janvier à 19h50 puis relâchée vivante après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique) ;

un requin nourrice fauve mâle d’environ 3,50 m, capturé le 31 janvier 2014 à 19h50 puis relâché vivant après marquage externe (marque « spaghetti » non acoustique) ;

un requin tigre mâle de 3,85 m, capturé le 4 février à 5h00 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire « Ciguatera 2 » ;

une raie pastenague d’environ 1 m capturée le 4 février à 7h02 et relâchée vivante ;

une raie pastenague d’environ 1,70 m, capturée le 10 février et relâchée vivante ;

un requin bouledogue mâle de 3 m capturé le 14 février à 1h05 et remonté vivant puis prélevé pour être valorisé dans le cadre du programme de réévaluation du risque sanitaire «Ciguatera 2».

Le taux de survie global après captures sur les « smart drumlines » atteint ainsi plus de 93% depuis le début du projet CAPREQUINS (1 seul animal retrouvé mort après capture le 22 janvier).

L’identification précise des espèces capturées est rendue possible grâce aux photographies, aux vidéos et aux prélèvements de peau réalisés pendant les opérations. Des mesures biométriques de l’animal sont prises lorsque les conditions météorologiques le permettent. Tous les hameçons sont enlevés des animaux au moment de leur remontée et avant leur relâche.

S’agissant de la technique de la palangre de fond du programme WEST, les sorties ont donné lieu à plusieurs captures, dont un requin tigre déjà marqué par le programme CHARC, qui a été libéré viable dans le milieu. D’autres requins tigre de petite taille (moins de 2 mètres) et des captures accessoires ont été relâchés vivants et sans marquage compte tenu notamment de conditions météorologiques défavorables. De nouvelles opérations interviendront dans les prochaines semaines.

S’agissant des données des stations d’écoute acoustique immergées autour des drumlines, leur première analyse permet de rendre compte d’une faible fréquentation générale de la zone d’étude par les requins marqués depuis le début du projet. Ces éléments corroborent les observations faites à la même période en 2013 par le programme CHARC. Néanmoins, on constate des apparitions plus longues de requins tigre, inhabituelles au vu des observations de l’année précédente, plusieurs jours avant la pose des « smart drumlines ».

Des analyses plus détaillées des données de captures et d’effort de pêche, couplées à celles des détections acoustiques, permettront dans les prochaines semaines d’avancer, sous l’égide du Comité scientifique, dans la compréhension des phénomènes liés à la capturabilité des deux espèces de requins étudiées.

Le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) et ses partenaires du projet CAPREQUINS – Squal’idées, Prévention Requin Réunion, Kwazulu Natal Sharks Board et la Ligue réunionnaise de surf – préparent dans les prochains jours des embarquements à destination des médias aux fins de montrer aux réunionnais le déroulement en mer des opérations réalisées.

Le projet Caprequins est financé par :

139px-Région_Réunion_(logo_de_plaque_d'immatriculation).svg1920388_806479456045563_1515535960_n

Communiqué CAPREQUINS #1

Lundi 13 janvier 2014 : communiqué de presse

LOGO

Le projet CAPREQUINS, coordonné par le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM) de La Réunion en partenariat avec le KwaZulu Natal Shark Board (KZNSB) de Durban (Afrique du Sud), l’association Prévention Requins Réunion (PRR), la Ligue de Surf et l’association Squal’idées, rentre dans sa phase opérationnelle à partir du mardi 14 janvier 2014.

Dans le cadre de sa phase pilote, notamment destinée à étudier la faisabilité d’une technique de pêche dite « de protection », des « drumlines » (lignes verticales fixées au fond), au nombre de 4, séparées de 500 mètres les unes des autres, seront immergées en Baie de Saint-Paul au niveau de l’embouchure de l’Etang Saint-Paul en zone côtière (cf. carte page suivante). Cette zone servira de site d’expérimentation in vivo pendant une période d’une durée minimale de 2 mois. Les premiers essais de pêche et de déclenchement du système innovant de « drumline intelligente » (au moyen de bouées électroniques avec système d’alarme de déclenchement en temps réel) seront engagés dans la journée du 14 janvier 2014.

Ces dispositifs seront ensuite entretenus en continu, du lundi au vendredi durant toute la durée du projet. Ces dispositifs seront équipés de stations d’écoute acoustique et de caméras sous-marines, afin d’évaluer la fréquentation de la zone par les requins marqués dans le cadre du programme CHARC. Il s’agira ainsi de suivre l’évolution des captures et du comportement des requins marqués dans cette zone pour mieux comprendre l’attractivité des dispositifs, leur sélectivité et leur efficacité à des fins de prévention du risque « requins » dans les zones côtières.

En parallèle, des opérations de palangre de fond, technique de pêche ayant montré son efficacité pour le ciblage des requins bouledogue, seront conduites selon un rythme régulier sur l’ensemble du littoral de la commune de Saint-Paul : la première opération devrait avoir lieu dans la soirée du mardi 14 ou du mercredi 15 janvier.

Le calendrier des opérations, ainsi que l’ensemble des informations utiles (zones d’opération, points d’information réguliers relatifs à l’avancement du projet…) seront mis en ligne sur le site http://www.info-requins.re.

 

Présentation1