Les « attaques » de requins dans le monde en 2020

Communiqué de l’ISAF. Traduction ©Sauvegarde des Requins

Le fichier international des attaques de requins du Musée d’Histoire Naturelle de Floride a enquêté sur 129 interactions supposées Hommes/Requins dans le monde en 2020. L’ISAF a confirmé 57 morsures de requins non provoquées sur des humains et 39 morsures provoquées.
Sur les 33 cas restants, 6 concernaient des morsures de navires motorisés ou non motorisés («attaques de bateaux»), 1 concernait des morsures post mortem infligées par des requins et 1 cas impliquait un plongeur dans un aquarium public. Trois cas ont été considérés comme «douteux» ou des incidents qui ne concernaient probablement pas un requin. Celles-ci comprenaient 1 cas attribué à une raie, 1 attribué à une anguille et 1 attribué à un gros poisson osseux, probablement une carangue.
Dans 6 cas, une interaction requin-homme a été confirmée, mais la nature de l’incident n’était pas claire compte tenu des données disponibles («Aucune affectation n’a pu être faite»). 16 cas supplémentaires n’ont pas pu être confirmés comme une interaction requin-homme («non confirmé»). En raison de la pandémie mondiale du COVID-19, les forces de l’ordre locales et les agents de santé n’ont pas pu maintenir leur niveau typique de participation aux enquêtes de l’ISAF. L’ISAF continuera d’enquêter sur ces cas jusqu’à ce qu’ils puissent être résolus de manière satisfaisante.

Les «attaques non provoquées» sont définies comme des incidents où une attaque contre un être humain (vivant) se produit dans l’habitat naturel du requin sans provocation sur le requin.
Les «attaques provoquées» se produisent lorsqu’un homme initie une interaction avec un requin d’une manière ou d’une autre. Il s’agit notamment des cas où les plongeurs sont mordus après avoir harcelé ou tenté de toucher des requins, des attaques contre des pêcheurs pratiquant la pêche sous-marine, des attaques contre des personnes tentant de nourrir des requins, des morsures se produisant lors du décrochage ou du retrait d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Le total mondial des morsures de requins non provoquées est nettement inférieur à la moyenne.

Le total mondial de 57 cas confirmés non provoqués en 2020 était inférieur à la moyenne quinquennale la plus récente (2015-2019) de 80 incidents par an. Il y a eu 13 décès liés aux requins cette année, dont 10 ont été confirmés comme non provoqués. Ce nombre est supérieur à la moyenne mondiale annuelle de quatre décès non provoqués par an.
Les fluctuations annuelles des interactions requin-homme sont courantes. Malgré le pic de décès en 2020, les tendances à long terme montrent une diminution du nombre de décès annuels. La variabilité d’une année à l’autre des conditions océanographiques, socio-économiques et météorologiques influe considérablement sur l’abondance locale des requins et des humains dans l’eau.

Le risque d’être mordu par un requin reste extrêmement faible 

Les tendances à court terme montrent encore une diminution des morsures mortelles et non mortelles. Le nombre total de morsures de requins non provoquées dans le monde est extrêmement faible, étant donné le nombre de personnes participant à des loisirs aquatiques chaque année. L’augmentation du nombre de décès cette année ne constitue pas nécessairement un changement dans les tendances à long terme. Les taux de mortalité diminuent depuis des décennies, reflétant les progrès de la sécurité sur les plages, des traitements médicaux et de la sensibilisation du public. Cela souligne l’importance des efforts mondiaux pour améliorer le sauvetage en mer, les soins médicaux et l’éducation sur les requins.

Bien que l’Australie ait eu une incidence plus élevée de morsures mortelles que la normale en 2020, cela n’est pas alarmant. Des études à long terme sont nécessaires pour déterminer si les schémas de déplacement saisonnier des populations de requins australiens évoluent. À l’heure actuelle, rien ne prouve que la récente augmentation du nombre de décès soit causalement liée à des phénomènes naturels. C’est probablement le produit du hasard, une conclusion soulignée par le fait que le nombre de morsures non provoquées dans les eaux australiennes est conforme aux tendances récentes sur cinq ans.

Les effets du COVID-19 sur les nombres d’interactions
Alors que l’incidence des morsures aux États-Unis et dans le monde a diminué, les chiffres de 2020 représentent une baisse plus drastique que ce à quoi on pourrait s’attendre sur la base d’une analyse des tendances à long terme. Comme nous l’avons signalé pour la première fois en juin, la baisse observée des incidents de morsure de requin peut avoir été causée par les quarantaines généralisées, les plages fermées et la réduction des voyages de vacances en réponse à la pandémie COVID-19. Alors que l’ISAF continue d’enquêter sur le nombre élevé de cas «non confirmés» à partir de 2020, nous pouvons constater que la fréquence des morsures était plus conforme aux tendances précédentes.