Liste rouge de l’UICN : la surpêche des requins soulignée dans la dernière mise à jour

Le groupe de spécialistes des requins (GSR) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie ce jour ses nouvelles évaluations pour l’inscription sur la Liste rouge de 58 espèces de raies et de requins, dont 17 sont considérées menacées d’extinction. Ces résultats s’inscrivent dans un projet mondial visant à évaluer les tendances des populations grâce à une série d’ateliers d’experts, dont le premier portait sur les espèces australiennes et les espèces océaniques du monde entier.

Les spécialistes appellent à l’adoption de mesures de conservation à l’heure où un nombre croissant d’espèces passent dans la catégorie « en danger ».

Communiqué de Presse de UICN

Londres, le 21 mars 2019 : Le groupe de spécialistes des requins (GSR) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie ce jour ses nouvelles évaluations pour l’inscription sur la Liste rouge de 58 espèces de raies et de requins, dont 17 sont considérées menacées d’extinction. Ces résultats s’inscrivent dans un projet mondial visant à évaluer les tendances des populations grâce à une série d’ateliers d’experts, dont le premier portait sur les espèces australiennes et les espèces océaniques du monde entier.
« Nos résultats sont alarmants, mais n’ont rien de surprenant. En effet, nous constatons que les requins qui ont une croissance particulièrement lente, qui sont très recherchés et qui ne bénéficient pas de mesures de protection contre la surpêche sont généralement les plus menacés », déclare Nicholas Dulvy, coprésident du GSR, professeur à l’université Simon Fraser.
« Un des cas les plus préoccupants est celui d’un requin rapide et emblématique, le requin taupe bleu, que nous avons évalué comme étant “en danger”, parce que sa population est gravement épuisée dans le monde entier. Elle a notamment connu un déclin de 60 % dans l’Atlantique en l’espace d’environ 75 ans. »
Son cousin, le petit requin-taupe, intègre également la catégorie « en danger ». Les requins taupes migrent sur de longues distances, ne se reproduisent pas avant la fin de leur deuxième décennie, et sont prisés dans de nombreux pays tant pour leur viande que pour leurs nageoires. Ils ne font pourtant pas l’objet de quotas de pêche internationaux. L’importance de la gestion des pêches est soulignée par les 41 évaluations mises à jour pour la Liste rouge des raies et des requins d’Australie, un pays leader de la conservation des requins.
« Plus de la moitié des espèces australiennes évaluées ont été classées “ de préoccupation mineure” grâce, en grande partie, à l’application de limites de captures », déclare Peter Kyne, chercheur à l’université Charles Darwin et coordinateur de l’autorité pour la Liste rouge, le GSR. « Les neuf requins australiens qui demeurent en grand danger sont pour l’essentiel des espèces d’eau profonde qui ont une croissance exceptionnellement lente et sont par conséquent mal équipées pour résister à une pression halieutique même modeste. Nous évaluons notamment l’aiguillat aux yeux verts, dont la gestation de près de trois ans est la plus longue du règne animal, comme étant “en danger”. »
Les raies et requins océaniques pour lesquels on constate des populations en assez bon état (classées « de préoccupation mineure ») correspondent principalement à des espèces dont la chair n’est pas prisée, comme dans le cas de la pastenague violette, ou qui vivent à de très grandes profondeurs et ne peuvent pas être ciblées par les engins de pêche, comme dans le cas du requin grande-gueule.
« Les menaces qui pèsent sur les raies et les requins ne cessent d’augmenter. Pourtant, les pays du monde entier ne se montrent toujours pas à la hauteur de leurs engagements de conservation, en particulier en ce qui concerne les limites de captures minimales », explique Sonja Fordham, présidente adjointe du GSR travaillant pour Shark Advocates International, un projet de The Ocean Foundation. « Pour inverser cette tendance et faciliter la reconstitution des raies et des requins, le GSR demande l’adoption immédiate de limites de captures nationales et internationales, ainsi que des interdictions totales du débarquement des espèces évaluées comme “en danger” ou “en danger critique d’extinction”. Nous devons agir au plus vite. »

Les espèces classées « vulnérables », « en danger » ou « en danger critique » sur la Liste rouge de l’UICN sont considérées comme menacées d’extinction.

Le requin-taupe bleu (Isurus oxyrinchus) et le petit requin-taupe (Isurus paucus) sont passés de la catégorie « vulnérable » à la catégorie « en danger », ce qui dénote un risque d’extinction plus élevé. L’UICN considère cependant ce changement comme « non véritable » (non-genuine) selon sa propre terminologie, ce qui signifie qu’il se fonde sur de nouvelles informations qui n’étaient pas disponibles lors de la précédente évaluation.

Composé de 174 experts issus de 55 pays, le groupe de spécialistes des requins (GSR) fait partie de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. Il a pour objectif de contribuer à la conservation, à la gestion et, si nécessaire, à la reconstitution des requins, des raies et des chimères du monde entier, en apportant l’expertise technique et scientifique qui permettra d’agir : http://www.iucnssg.org.
Le projet Tendances mondiales des requins (Global Shark Trends) du GSR doit évaluer le risque d’extinction de tous les requins, raies et chimères d’ici 2020 :www.iucnssg.org/global-sharktrends-project.html. Financé par le Shark Conservation Fund, le projet est dirigé par l’université canadienne Simon Fraser et les universités australiennes Charles Darwin et James Cook, en partenariat avec l’Aquarium de Géorgie.

©Sauvegarde des Requins

Cop12 : Convention sur la conservation des espèces migratrices

CMS COP12 : trois espèces de requins et trois espèces de raies bénéficieront d’une meilleure protection

La douzième session de la Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS COP12) s’est déroulée à Manille, aux Philippines, du 23 au 28 octobre 2017. L’Inde accueillera la COP13 en 2020.

Toutes les propositions de poissons ont été approuvées, ce qui signifie que trois espèces de requins et trois espèces de raies bénéficieront d’une meilleure protection, avec le Requin Baleine à l’Annexe I et l’Ange De Mer sur les deux Annexes. Le Requin sombre, le requin bleu, la Guitare De Mer et le Poisson-guitare à Lunaires sont inscrits à l’Annexe II. Les modifications apportées aux Annexes, Résolutions et Décisions de la CMS entrent en vigueur 90 jours après la COP.

« Le thème de cette conférence (« Leur avenir est notre avenir – développement durable pour la faune sauvage et les humains ») a également contribué à une reconnaissance mondiale accrue de l’importance de la nature pour notre bien-être humain et des liens multiples entre la faune et les hommes. Transmettre le message que l’avenir de la faune migratrice fait partie intégrante de notre propre avenir et que nous avons tous la responsabilité d’agir était essentiel. Les accords conclus à la COP12 de la CMS ont fermement souligné cet important message », a déclaré Bradnee Chambers.

La COP12 de la CMS a attiré plus de 1000 participants, dont 234 délégués de 91 Parties et 35 non-Parties représentant toutes les régions du monde. C’était la première fois que le sommet se tenait en Asie.

La CMS (Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage) ou Convention de Bonn : travaille à la conservation d’une grande variété d’animaux migrateurs aviaires, aquatiques et terrestres menacés d’extinction dans le monde entier en négociant et en mettant en œuvre des accords et des plans d’action par espèce. Avec actuellement 120 pays membres, la CMS est une convention en pleine croissance, chargée tout particulièrement de renforcer les efforts de conservation internationaux en faveur des animaux migrateurs.

Une inscription à l’Annexe I de la CMS oblige les Parties à une protection stricte, telle que l’interdiction des captures.

L’inscription à l’Annexe II engage les pays à coordonner des mesures de conservation transfrontalières dans toute l’aire de répartition de l’espèce.

cop 12 cms Sauvegarde des Requins

17e session de la Conférence des Parties (CoP) : Succès pour les requins

Johannesburg, en Afrique du Sud,

du 24 septembre au 5 octobre 2016.

  • Breaking news

    Les propositions concernant les requins et raies ont reçu des votes en leur faveur. Ainsi, le requin Soyeux, les requins Renards (12 mois pour une mise en application) et les raies mobula  (6 mois de délai pour sa mise en application) rejoignent les 9 autres espèces déjà listées en Annexe II.victoire

  • Au sujet de la CITES

La CITES  (the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora): Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, accord intergouvernemental signé le 3 mars 1973 à Washington, aussi appelé Convention de Washington.

Le rôle de la CITES : Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. Elle compte aujourd’hui 181 Parties.

Tous les trois ans, les modalités d’application de la Convention et la liste des espèces concernées sont révisées lors des Conférences des parties

Les espèces dont le commerce est réglementé par la CITES sont réparties en 3 annexes :

Annexe I : Les espèces inscrites à l’Annexe I sont les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par la CITES. Etant menacées d’extinction, la CITES en interdit le commerce international de leurs spécimens sauf lorsque l’importation n’est pas faite à des fins commerciales mais, par exemple, à des fins de recherche scientifique. Ces espèces représentent 3% de l’ensemble des espèces CITES.

Annexe II : Cette annexe comprend quant à elle toutes les espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce des spécimens de ces espèces n’était pas soumis à une réglementation stricte ayant pour but d’éviter une exploitation incompatible avec leur survie. Elle comprend également les espèces dites « semblables », à savoir des espèces présentant une telle ressemblance avec celles déjà inscrites à l’Annexe II que les agents chargés de l’application de la CITES ont peu de chances de réussir à les distinguer. Le commerce international de spécimens sauvages de ces espèces est généralement autorisé mais il est réglementé au moyen de permis et de certificats. Ces espèces représentent 96% de l’ensemble des espèces CITES.

Annexe III : Liste des espèces inscrites à la demande d’une Partie qui en réglemente déjà le commerce et qui a besoin de la coopération des autres Parties pour en empêcher l’exploitation illégale ou non durable .Le commerce international des spécimens des espèces inscrites à cette annexe n’est autorisé que sur présentation des permis ou certificats appropriés. Ces espèces représentent 1% de toutes les espèces CITES. Contrairement à ce qui se passe dans le cas des deux autres annexes, aucune décision de la Conférence des Parties n’est nécessaire pour inscrire une espèce à l’Annexe III, les inscriptions étant du ressort de la ou des Partie(s) concernée(s).

  • Les requins, raies et chimères

Environ 1200 espèces, ¼ de ces espèces sont menacées.

  1. Actuellement

    Annexe I (Commerce interdit) : Poissons-scies (les 7 espèces)

    Annexe II (Commerce réglementé) :

    Requin Pèlerin

    Requin Baleine

    cites
    @Cites

    Grand Requin Blanc

    Requin Taupe Commun

    CoP16 :

    Requin Océanique/Longimane

    Requin Marteau Halicorne

    Grand Requin Marteau

    Requin Marteau Lisse

    Manta (Spp) Toutes les espèces

  1. Cop17 : les propositions

    Annexe II (Commerce réglementé) :

    Le requin soyeux

    Les requins Renards ( Alopias spp.)

    Les raies Mobula spp

 

Le 29 septembre 2016 ©Sauvegarde des Requins