COP13 de la CMS

Gandhinagar, 22 février 2020 – La treizième session de la Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (COP13 de la CMS) s’est conclue aujourd’hui à Gandhinagar, en Inde, avec l’adoption d’un certain nombre de résolutions et de décisions importantes pour répondre aux besoins de conservation des espèces migratrices du monde entier et faire face aux menaces qui pèsent sur elles.

Concernant les espèces de requins :

Le requin océanique rejoint l’Annexe I qui offre la protection la plus stricte.

Le requin-marteau commun et le requin-hâ ont été inscrits à l’Annexe II, qui énumère les espèces migratrices ayant un état de conservation défavorable et pouvant bénéficier d’une coopération internationale renforcée et d’actions de conservation

A savoir

Le Requin océanique est en danger critique d’extinction. Le requin marteau commun et le requin Hâ sont considérés comme vulnérables.

Pour en savoir plus sur la Convention sur la conservation des espèces migratrices : ici

https://sauvegardedesrequins.fr/cites-cms/cms/

Un impact minimal ?

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Suite …Partie 2

C’est ainsi que par exemple en 20 mois :

  • Sur 11 murènes capturées, 10 sont mortes,
  • Sur 41 carangues gros-tête capturées, 10 sont mortes et 4 ont été relâchées « fatiguées »,
  • Sur 10 requins sagrins capturés, 4 sont morts et 2 relâchés « fatigués »,
  • Sur 35 requins marteaux capturés (commun ou halicorne), 13 sont morts et 6 relâchés « fatigués ». Notez que le marteau halicorne a un statut UICN « mondialement en danger », tandis que le marteau commun est classé « vulnérable ».
  • 28 grandes raies guitares ont été capturées dont 1 est morte et 1 relâchée fatiguée (espèce classée « en danger critique d’extinction » par l’UICN).

Outre le fait que des individus relâchés « fatigués » ont peu de chances de survie à court terme, du fait des conséquences de la capture (manque d’oxygénation et paralysie des muscles par l’acide lactique lorsque le poisson a épuisé ses réserves d’énergie à force de tirer sur la ligne). S’ils ne sont pas tout simplement dévorés par d’autres prédateurs…..

Comme le précise le CSR à propos du requin marteau halicorne (synthèse n° 13), « cette espèce est une des plus fragiles parmi les requins car elle se paralyse vite en cas de capture ».

Sans parler évidemment des dégâts causés par les hameçons aux organes internes, lorsqu’ils sont accrochés en profondeur donc impossibles à retirer.

A ce propos le CSR avait bien tenté, dans le cahier des charges, d’imposer aux pêcheurs des préconisations concernant les hameçons, notamment l’utilisation d’hameçons en acier oxydable afin que, si l’hameçon était impossible à retirer, il puisse se dégrader assez vite au contact de l’eau de mer. Mais cette exigence n’a jamais été respectée et a été finalement abandonnée (synthèse n° 4, rapports trimestriels d’observation n°1 à 4).

Alors il est où le « respect de l’environnement » ?!

….Et « on restaure les équilibres »

Le CSR prétend que « la pêche de prévention « à la réunionnaise » (….) contribue à restaurer les équilibres entre espèces dans les eaux côtières ».

Affirmation gratuite et sans aucun fondement scientifique. Des technocrates imbus de leurs certitudes qui jouent aux apprentis-sorciers avec la Nature en détruisant systématiquement certaines espèces marines sans s’attaquer le moins du monde aux causes du problème : la pollution organique et terrigène des eaux côtières et la surpêche qui prive les requins de leur nourriture de base, le poisson. Qui plus est, le sous-préfet de Saint-Paul prétend maintenant aller systématiquement pêcher le requin dans les zones de protection renforcée de la réserve nationale marine ! Probablement pour restaurer les équilibres entre les espèces…..

Partie 3 : Des chiffres un peu bizarres

Les raies Rhino : le poisson marin le plus menacé au monde

D’après les nouvelles évaluations de la Liste rouge publiées aujourd’hui par le Groupe de spécialistes sur les requins de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les grandes raies guitare (Giant guitarfishes) et les Rhinidae spp (wedgefishes ) collectivement appelées raies Rhino, sont maintenant les poissons marins les plus menacés dans le monde. Ces espèces de raies sont considérées comme étant en danger critique d’extinction, principalement à cause de la surpêche. Ces dernières étant ciblées pour les ailerons et leur chair.

Communiqué de presse IUCN Shark Specialist Group

Traduction ©Sauvegarde des Requins

Londres, 18 juillet 2019. D’après les nouvelles évaluations de la Liste rouge publiées aujourd’hui par le Groupe de spécialistes sur les requins de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les grandes raies guitare (Giant guitarfishes) et les Rhinidae spp (wedgefishes ) collectivement appelées raies Rhino, sont maintenant les poissons marins les plus menacés dans le monde. Ces espèces de raies sont considérées comme étant en danger critique d’extinction, principalement à cause de la surpêche. Ces dernières étant ciblées pour les ailerons et leur chair.

« Alors que les Grandes Raies Guitares et les Rhinidés dépassent les poissons scies dans la catégorie des « espèces les plus menacées », nous devons relever le défi de la mise en place de protections généralisées pour ces espèces qui sont jusqu’ici passées inaperçues des gouvernements et des défenseurs de l’environnement. », a déclaré le professeur Nicholas Dulvy, co-président de la SSG (Shark Specialist Group). « Regrouper ces 2 familles en 1 seule « Raies Rhino », était la première étape pour tenter de renforcer leur visibilité et de mieux faire connaître l’urgence de leur situation. »

Leurs nageoires sont prisées pour la soupe d’ailerons de requin. La chair est également appréciée et, dans certains cas, la substance gélatineuse présente dans leurs rostres passe pour un mets délicat. En conséquence, ces raies sont pêchées dans la plupart des eaux côtières chaudes du monde, notamment la mer Rouge, l’archipel indo-malais, le long de la côte indienne et au large de l’Afrique. Comme beaucoup d’autres raies et requins, ils ont un taux de reproduction relativement bas qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche.

« Nous avons évalué presque toutes les raies Rhino comme étant en danger critique d’extinction, sur la base de déclins de plus de 80% au cours des 30 à 45 dernières années », a déclaré le Dr Peter Kyne de l’Université Charles Darwin, coordinateur des autorités de la liste rouge SSG. « Deux espèces aux aires de répartition très restreintes – la Rhynchobatus cooki de l’archipel indo-malais et la Rhynchorhina mauritaniensis de Mauritanie – semblent sur le point de disparaître, tandis que l Glaucostegus cemiculus (Raie-guitare fouisseuse) a maintenant disparu de la majeure partie de la Méditerranée. »

La Méditerranée a la seule interdiction internationale de pêche au monde pour les raies Rhino. Cependant cette interdiction n’est pas encore bien respectée et seuls huit des 88 pays de l’aire de répartition imposent des mesures de conservation spécifiques.

 « La plupart des pêcheries qui ciblent ces raies sont mal surveillées, non réglementées et des pêches de plus en plus intensives», a déclaré Sonja Fordham, vice-présidente du SSG et présidente de Shark Advocates International, «Le développement des contrôles de capture et de commerce nécessaires pour inverser les déclins des Raies Rhino profitera également aux autres espèces marines et aux écosystèmes associés, ainsi qu’aux pêcheurs, à long terme. Pour commencer, nous avons besoin de protections de base immédiates pour les sauver de l’extinction. Le temps presse. »

Les raies Rhino sont proposées pour l’Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), ce qui obligerait les Parties à réglementer les exportations en se basant sur des déterminations selon lesquelles les produits étaient issus de sources légales et durables. Les décisions concernant ces propositions ont lieu en août.

En savoir plus :

Dix-huitième session de la Conférence des Parties (2019)

CoP18 de la CITES : la France ne doit pas oublier les requins

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Credit: Peter Kyne. Caption: Bottlenose Wedgefish (Rhynchobatus australiae) after processing at Kota Kinabalu fish market, Sabah, Malaysia.

CoP18 de la CITES : la France ne doit pas oublier les requins.

Du 23 mai au 3 juin prochain, les représentants des 183 pays membres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) se réuniront une nouvelle fois pour décider du sort de nombreuses espèces, dont plusieurs espèces de requins et de raies exploitées par les flottes françaises et européennes.

Mise à jour : La Conférence mondiale sur la vie sauvage se tiendra à Genève (Suisse), du 17 au 28 août 2019

Communiqué de presse

France, 23 avril 2019 – Du 23 mai au 3 juin prochain, les représentants des 183 pays membres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) se réuniront une nouvelle fois pour décider du sort de nombreuses espèces, dont plusieurs espèces de requins et de raies exploitées par les flottes françaises et européennes.

Les associations françaises de conservation des espèces de requins, raies et chimères se sont réunies pour demander à la France d’appuyer fermement l’inscription des deux espèces de requins taupe bleus (Isurus oxyrinchus et Isurus paucus) et de toutes les espèces de raies guitares du genre Glaucostegus et de la famille des Rhinidae, proposées en inscription à l’annexe II de la CITES¹ et d’exhorter les principaux pays pêcheurs à réguler le commerce de ces espèces. Cette demande collective, transmise par courrier officiel à François de Rugis Ministre de la transition écologique et solidaire, rappelle que 100 millions de requins sont tués chaque année en moyenne, notre pays occupant une place non négligeable en termes de prises de requins avec plus de 15.000 tonnes
pêchées annuellement.
Espérons que ces voix soient entendues face à la gravité de la situation. Il est urgent de limiter le commerce international et la surpêche des requins-taupes bleus, des raies guitares mais aussi d’autres espèces de poissons cartilagineux dont le commerce mondial des ailerons, de la viande et de dérivés (huile, cartilage)² ne fait l’objet d’aucun contrôle tandis que les études annoncent déjà qu’une espèce sur trois de requins, de raies et de chimères est menacée de disparition dans le monde.
La CITES est un outil pour veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. Elle offre aux Etats l’opportunité de contrôler ou d’interdire le commerce de ces espèces et d’engager des procédures contre les actes de braconnages internationaux exercés sur des espèces menacées ou gravement menacées d’extinction.
L’inscription sur la liste de l’Annexe II de la CITES des deux espèces de requins-taupes bleus et des espèces de raies guitares permettra une prise de conscience et une limitation de l’importation des ailerons vers l’Asie du Sud-Est et de la viande vers les pays consommateurs. Cette inscription constituerait aujourd’hui une première étape incontournable pour la préservation de ces espèces largement présentes dans les eaux françaises. La France se doit d’appuyer cette inscription.

1 Proposals for amendment of Appendices I and II – Eighteenth meeting of the Conference of the Parties
2 Dent, F. & Clarke, S. 2015. State of the global market for shark products. FAO Fisheries and Aquaculture
Technical Paper No. 590. Rome, FAO. 187 pp.

Logos web

Lettre adressée aux représentants français CITES : 

Lettre adressée au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire : 

Dix-huitième session de la Conférence des Parties (2019)

Nouvelle conférence des parties pour une régulation du commerce de quelques espèces de requins et raies.

Mise à jour : Samedi 25 août

Les votes ont eu lieu ce jour pour décider si les propositions peuvent être retenues et votées en session plénière. Pour les 3 propositions, les votes se sont déroulés en bulletins secrets suite à la demande de certains pays (Malaisie, Chine et Japon). Les décisions doivent être ratifiées à la plénière ce 28 août.

Mise à jour : La Conférence mondiale sur la vie sauvage,  se tiendra du 17 au 28 août 2019 à Genève (Suisse).

CoP 18 : les propositions

Annexe II :

Isurus oxyrinchus (requin-taupe bleu, requin mako) et Isurus paucus (petit requin-taupe).

Glaucostegus spp.(Guitares de mer) : la guitare de mer fouisseuse (Glaucostegus cemiculus) et la guitare de mer à nez pointu (Glaucostegus granulatus) + les espèces ressemblantes (Glaucostegus halavi, Glaucostegus obtusus, Glaucostegus thouin, Glaucostegus typus).

Rhinidae spp. (Raies) : Rhynchobatus australiae et la grande raie-guitare, Rhynchobatus djiddensis + les espèces ressemblantes (Wedgefish taïwanais Rhychobatus immaculatus, Wedgefish au museau doux Rhychobatus laevis, Wedgefish africain Rhychobatus luebberti, Wedgefish aux sourcils Rhychobatus palpebratus, Wedgefish à long nez Rhychobatus springeri, Wedgefish clown Rhynchobatus cooki, Raie guitare à nez rond Rhina ancylostoma, Faux requin raie Rhynchorhina mauritaniensis).

Au sujet de la CITES

La CITES  (the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora): Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, accord intergouvernemental signé le 3 mars 1973 à Washington, aussi appelé Convention de Washington.

Le rôle de la CITES : Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. Elle compte aujourd’hui 181 Parties.

Tous les trois ans, les modalités d’application de la Convention et la liste des espèces concernées sont révisées lors des Conférences des parties.

Les espèces dont le commerce est réglementé par la CITES sont réparties en 3 annexes :

Annexe I : Les espèces inscrites à l’Annexe I sont les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par la CITES. Etant menacées d’extinction, la CITES en interdit le commerce international de leurs spécimens sauf lorsque l’importation n’est pas faite à des fins commerciales mais, par exemple, à des fins de recherche scientifique. Ces espèces représentent 3% de l’ensemble des espèces CITES.

Annexe II : Cette annexe comprend quant à elle toutes les espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce des spécimens de ces espèces n’était pas soumis à une réglementation stricte ayant pour but d’éviter une exploitation incompatible avec leur survie. Elle comprend également les espèces dites « semblables », à savoir des espèces présentant une telle ressemblance avec celles déjà inscrites à l’Annexe II que les agents chargés de l’application de la CITES ont peu de chances de réussir à les distinguer. Le commerce international de spécimens sauvages de ces espèces est généralement autorisé mais il est réglementé au moyen de permis et de certificats. Ces espèces représentent 96% de l’ensemble des espèces CITES.

Annexe III : Liste des espèces inscrites à la demande d’une Partie qui en réglemente déjà le commerce et qui a besoin de la coopération des autres Parties pour en empêcher l’exploitation illégale ou non durable. Le commerce international des spécimens des espèces inscrites à cette annexe n’est autorisé que sur présentation des permis ou certificats appropriés. Ces espèces représentent 1% de toutes les espèces CITES. Contrairement à ce qui se passe dans le cas des deux autres annexes, aucune décision de la Conférence des Parties n’est nécessaire pour inscrire une espèce à l’Annexe III, les inscriptions étant du ressort de la ou des Partie(s) concernée(s).

Les espèces déjà inscrites en Annexe (sur les près de 1300 espèces de requins, raies et chimères alors qu’1 espèce sur 3 est menacée d’extinction dans le monde !).

Espèces

Appendice / Annexe Date
Cetorhinus maximus (Requin pèlerin) II
(précédemment III depuis le 13/09/00)
13/02/2003
Rhincodon typus (Requin-baleine) II 13/02/2003
Carcharodon carcharias

(Grand requin blanc)

II
(précédemment III depuis le 29/10/01)
12/01/2005
Pristidae spp. (Poissons-scies– 7 espèces) I 13/09/2007
Lamna nasus

(Requin-taupe commun)

II
(précédemment III depuis le 25/09/12)
14/09/2014
Carcharinus longimanus

(Requin océanique)

II 14/09/2014
Sphyrna lewini

(Requin-marteau halicorne)

II
(précédemment III depuis le 25/09/12)
14/09/2014
Sphyrna mokarran

(Grand requin-marteau)

II 14/09/2014
Sphyrna zygaena

(Requin-marteau lisse)

II 14/09/2014
Manta spp. (Raies manta) II 14/09/2014
Mobula spp (Raies mobula) II

10/2016

Entrée en vigueur le  04/04/2017

Alopias spp (Requins Renard) II

10/2016

Entrée en vigueur le 04/10/2017

Carcharhinus falciformis

(Requin Soyeux)

II

10/2016

Entrée en vigueur le 04/10/2017

Raies d’eau douce

Paratrygon aiereba (Colombie)

Potamotrygon spp. (Population du Brésil)

Potamotrygon constellata (Colombie)

Potamotrygon magdalenae (Colombie)

Potamotrygon motoro (Colombie)

Potamotrygon orbignyi (Colombie)

Potamotrygon schroederi (Colombie)

Potamotrygon scobina (Colombie)

Potamotrygon yepezi (Colombie)

III

Pour en savoir plus :

https://cites.org/sites/default/files/fra/cop/18/prop/08032019/F-CoP18-Prop-42.pdf

https://cites.org/sites/default/files/fra/cop/18/prop/19032019/F-CoP18-Prop-43.pdf

https://cites.org/sites/default/files/fra/cop/18/prop/19032019/F-CoP18-Prop-44.pdf

Sylvie, Sauvegarde des Requins

Liste rouge de l’UICN : la surpêche des requins soulignée dans la dernière mise à jour

Le groupe de spécialistes des requins (GSR) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie ce jour ses nouvelles évaluations pour l’inscription sur la Liste rouge de 58 espèces de raies et de requins, dont 17 sont considérées menacées d’extinction. Ces résultats s’inscrivent dans un projet mondial visant à évaluer les tendances des populations grâce à une série d’ateliers d’experts, dont le premier portait sur les espèces australiennes et les espèces océaniques du monde entier.

Les spécialistes appellent à l’adoption de mesures de conservation à l’heure où un nombre croissant d’espèces passent dans la catégorie « en danger ».

Communiqué de Presse de UICN

Londres, le 21 mars 2019 : Le groupe de spécialistes des requins (GSR) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie ce jour ses nouvelles évaluations pour l’inscription sur la Liste rouge de 58 espèces de raies et de requins, dont 17 sont considérées menacées d’extinction. Ces résultats s’inscrivent dans un projet mondial visant à évaluer les tendances des populations grâce à une série d’ateliers d’experts, dont le premier portait sur les espèces australiennes et les espèces océaniques du monde entier.
« Nos résultats sont alarmants, mais n’ont rien de surprenant. En effet, nous constatons que les requins qui ont une croissance particulièrement lente, qui sont très recherchés et qui ne bénéficient pas de mesures de protection contre la surpêche sont généralement les plus menacés », déclare Nicholas Dulvy, coprésident du GSR, professeur à l’université Simon Fraser.
« Un des cas les plus préoccupants est celui d’un requin rapide et emblématique, le requin taupe bleu, que nous avons évalué comme étant “en danger”, parce que sa population est gravement épuisée dans le monde entier. Elle a notamment connu un déclin de 60 % dans l’Atlantique en l’espace d’environ 75 ans. »
Son cousin, le petit requin-taupe, intègre également la catégorie « en danger ». Les requins taupes migrent sur de longues distances, ne se reproduisent pas avant la fin de leur deuxième décennie, et sont prisés dans de nombreux pays tant pour leur viande que pour leurs nageoires. Ils ne font pourtant pas l’objet de quotas de pêche internationaux. L’importance de la gestion des pêches est soulignée par les 41 évaluations mises à jour pour la Liste rouge des raies et des requins d’Australie, un pays leader de la conservation des requins.
« Plus de la moitié des espèces australiennes évaluées ont été classées “ de préoccupation mineure” grâce, en grande partie, à l’application de limites de captures », déclare Peter Kyne, chercheur à l’université Charles Darwin et coordinateur de l’autorité pour la Liste rouge, le GSR. « Les neuf requins australiens qui demeurent en grand danger sont pour l’essentiel des espèces d’eau profonde qui ont une croissance exceptionnellement lente et sont par conséquent mal équipées pour résister à une pression halieutique même modeste. Nous évaluons notamment l’aiguillat aux yeux verts, dont la gestation de près de trois ans est la plus longue du règne animal, comme étant “en danger”. »
Les raies et requins océaniques pour lesquels on constate des populations en assez bon état (classées « de préoccupation mineure ») correspondent principalement à des espèces dont la chair n’est pas prisée, comme dans le cas de la pastenague violette, ou qui vivent à de très grandes profondeurs et ne peuvent pas être ciblées par les engins de pêche, comme dans le cas du requin grande-gueule.
« Les menaces qui pèsent sur les raies et les requins ne cessent d’augmenter. Pourtant, les pays du monde entier ne se montrent toujours pas à la hauteur de leurs engagements de conservation, en particulier en ce qui concerne les limites de captures minimales », explique Sonja Fordham, présidente adjointe du GSR travaillant pour Shark Advocates International, un projet de The Ocean Foundation. « Pour inverser cette tendance et faciliter la reconstitution des raies et des requins, le GSR demande l’adoption immédiate de limites de captures nationales et internationales, ainsi que des interdictions totales du débarquement des espèces évaluées comme “en danger” ou “en danger critique d’extinction”. Nous devons agir au plus vite. »

Les espèces classées « vulnérables », « en danger » ou « en danger critique » sur la Liste rouge de l’UICN sont considérées comme menacées d’extinction.

Le requin-taupe bleu (Isurus oxyrinchus) et le petit requin-taupe (Isurus paucus) sont passés de la catégorie « vulnérable » à la catégorie « en danger », ce qui dénote un risque d’extinction plus élevé. L’UICN considère cependant ce changement comme « non véritable » (non-genuine) selon sa propre terminologie, ce qui signifie qu’il se fonde sur de nouvelles informations qui n’étaient pas disponibles lors de la précédente évaluation.

Composé de 174 experts issus de 55 pays, le groupe de spécialistes des requins (GSR) fait partie de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. Il a pour objectif de contribuer à la conservation, à la gestion et, si nécessaire, à la reconstitution des requins, des raies et des chimères du monde entier, en apportant l’expertise technique et scientifique qui permettra d’agir : http://www.iucnssg.org.
Le projet Tendances mondiales des requins (Global Shark Trends) du GSR doit évaluer le risque d’extinction de tous les requins, raies et chimères d’ici 2020 :www.iucnssg.org/global-sharktrends-project.html. Financé par le Shark Conservation Fund, le projet est dirigé par l’université canadienne Simon Fraser et les universités australiennes Charles Darwin et James Cook, en partenariat avec l’Aquarium de Géorgie.

©Sauvegarde des Requins

Huit espèces de requins vont bénéficier d’une meilleure protection à l’échelle mondiale

Communiqué de presse.

Monaco, 14 décembre 2018– Après cinq jours de discussions intensives, la 3ème session de la Réunion des Signataires du Mémorandum d’Entente sur la Conservation des Requins Migrateurs s’est achevée aujourd’hui avec succès.

Parmi les principales décisions prises, il a été convenu d’inclure huit autres espèces dans l’Annexe de l’instrument, ce qui signifie qu’elles devraient bénéficier d’une coopération internationale accrue pour améliorer leur conservation.

Les scientifiques estiment qu’un quart des espèces de requins et de raies dans le monde sont menacées d’extinction.

Les huit espèces  concernées sont :

– Le requin sombre

– La guitare de mer commune

– Le requin Marteau commun

– Le requin océanique

– Des espèces de Rhynchobatus.

– L’ange de mer

L’ange de mer, proposé par l’hôte de la réunion, la Principauté de Monaco, est inscrit sur la Liste rouge de l’UICN en danger critique d’extinction. Bien que l’espèce ait été très répandue au XIXe siècle et au début du XXe siècle, la population mondiale a été appauvrie par les pêches ciblées et, plus récemment, par les prises accidentelles. Le dernier bastion de l’espèce se trouve autour des îles Canaries, mais il n’est encore que très rarement recensé dans une grande partie de son ancienne aire côtière.

Il n’a pas été possible de parvenir à un accord sur l’inscription du requin bleu proposé par le Samoa et le Sri Lanka et les signataires ont demandé que la proposition soit à nouveau soumise à la prochaine réunion dans trois ans, lorsque d’autres évaluations des populations de cette espèce dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien auront été entreprises.

Le nombre de requins a chuté de façon spectaculaire ces dernières années, principalement en raison de la surpêche et des prises accidentelles, tandis que l’épuisement des proies affecte également leur état de conservation, de nombreuses espèces étant désormais classées comme en danger critique d’extinction, en danger ou vulnérables dans la Liste rouge de l’UICN.

Des représentants de 34 gouvernements et de l’Union européenne ont assisté à la réunion, ainsi que plusieurs ONG de premier plan s’occupant de conservation marine et d’organisations internationales, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces en danger.

Defenders of Wildlife, une organisation ayant 20 ans d’expérience dans le domaine des requins, a été acceptée comme le douzième « partenaire coopérant » du Mémorandum.

La réunion s’est tenue au Musée océanographique à l’invitation du Gouvernement de la Principauté de Monaco.

CMS : Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage