Les Émirats Arabes Unis et 8 pays arabes se réunissent pour la conservation des requins

Les Emirats Arabes Unis et huit autres pays arabes ont signé un protocole d’accord (MoU ) à Dubaï pour l’amélioration de la conservation des requins migrateurs .

Cet engagement encouragera le développement d’un plan national concernant les requins migrateurs, avec une possibilité d’inscrire plus de requins sur la liste des espèces protégées.

Les Émirats arabes unis, les Comores, l’Égypte, la Jordanie, la Libye, la Mauritanie, le Soudan, la Syrie et le Yémen sont les premiers pays arabes à signer ce protocole d’entente, qui voit déjà la participation de 27 autres nations.

Ces pays se sont engagés à la conservation des sept espèces migratrices en particulier, dont le requin baleine, le grand requin blanc et le requin taupe commun.

 » Parmi ces espèces, le requin baleine est déjà considéré comme une espèce protégée dans les Émirats arabes unis », a expliqué Ahmed Al Hashimi , directeur du département de la biodiversité du ministère au ministère de l’Environnement et de l’Eau ( MEE ) .  » La signature du protocole d’entente signifie que nous allons porter plus d’attention aux espèces migratrices, dont certaines sont de passage dans nos eaux. « 

Selon Al Hashemi, l’un des plus grands défis auquel doit faire face le requin en général est le phénomène qu’il décrit comme « prises accessoires » : «Le problème principal est les pêcheurs. Les requins finissent parfois en capture. Bien que certains pêcheurs sont bien conscients de cela et libèrent ces requins quand ils sont accidentellement capturés, d’autres pas. Les pêcheurs ne ciblent pas leur viande ».

Un autre défi est la pêche controversée de requins « le finning » : leurs ailerons sont coupés et les animaux sont rejetés dans l’eau, souvent en vie. « Cela va continuer à exister aussi longtemps que il y aura une demande pour les ailerons, explique Al Hashemi.

Afin de mieux protéger les requins migrateurs, les mesures possibles pourraient être la révision des quotas de pêche de requins, les restrictions sur le matériel utilisé, les restrictions sur les zones de pêche ou de saisons de pêche, a déclaré Rima Jabado, expert des pêches, Ministry of Environment and Water.

L’inclusion de plus de requins sur la liste des espèces protégées serait une autre option, dit-elle.  » Il y a trois espèces migratrices dans nos eaux, et elles sont actuellement sur la liste des espèces protégées. « 

La signature du protocole d’entente par neuf pays arabes est un événement historique, a déclaré Ralf Sonntag , Directeur de IFAW Allemagne .  » Ces pays pensent sincèrement qu’ils peuvent aider pour sauvegarder ces espèces de requins, et c’est une chose très positive que ce sujet soit mis à ​​l’ordre du jour. « 

Selon Sonntag , l’accord est d’une importance dans la région parce que les requins jouent un rôle central , tant pour l’écosystème que pour le domaine du tourisme .  » Il y a une industrie de la plongée dans les Emirats Arabes Unis, et les requins sont des espèces populaires. Leur conservation est un grand avantage pour les Émirats arabes unis.

Toutefois, le commerce des requins est également très présent, dit-il. Cette semaine, plus de 65 hauts fonctionnaires des pays arabes participent à un atelier de formation sur la prévention des requins et le commerce d’autres espèces marines dans les Émirats arabes unis.

La formation est menée sous l’égide du ministère émirien de l’Environnement et de l’Eau, en collaboration avec IFAW. Il a été généreusement parrainé par IFAW et le PNUE / CMS (Secrétariat de la Convention sur la conservation des espèces migratrices d’animaux sauvages) avec un financement de la Commission européenne.

En Septembre, plusieurs espèces de requins et de raie manta vont être ajoutées à la liste des espèces protégées en conformité avec la convention qui a eu lieu au début de 2013 (CITES). Le requin océanique, le requin-taupe commun, trois types de requins marteau et les raies manta sont parmi les espèces qui recevront une attention supplémentaire.

Traduction : Sauvegarde des requins

Source

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Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins C4R du 05 février 2014

Communiqué de presse, Saint-Denis , le 05 février 2014

Ce jour s’est tenue sous la présidence de Jean-Luc Marx, préfet de La Réunion, la 3e réunion du Comité Réunionnais de Réduction du Risque Requins (C4R), instance stratégique et partenariale qui a pour objet de débattre des grandes orientations concernant la réduction du risque « requins » et d’évaluer l’effet des actions engagées.

La composition du C4R a été révisée par arrêté n°2734 du 22 janvier 2014 dans un objectif de renforcement du partenariat entre l’Etat et le plus large panel possible d’acteurs (collectivités locales, organisations professionnelles, associations …), acteurs grâce au travail desquels la démarche de réduction du risque « requin » à la Réunion, engagée depuis 2011, se poursuit.

Lors de cette réunion, un état d’avancement des différents sujets figurant à l’ordre du jour a été effectué.

1/ Point d’information générale

Le préfet a ouvert la séance en rappelant que le risque d’attaque sur le littoral réunionnais est connu depuis plusieurs décennies. En revanche, depuis 2011, la concentration dans le temps et dans l’espace de ce phénomène est exceptionnelle (16 attaques, dont 5 mortelles).

La majorité des attaques récentes a concerné plusieurs catégories d’usagers de la mer, et plus particulièrement les pratiquants des sports de glisse. Elles ont eu lieu dans la bande des 300 mètres à l’intérieur de laquelle les maires disposent d’un pouvoir de police spéciale vis-à-vis de la baignade et des activités nautiques. Sur la période récente, le secteur Ouest de l’île de La Réunion s’est avéré particulièrement exposé.

A noter que la dernière attaque mortelle, survenue le 15 juillet 2013 en baie de Saint-Paul en dehors des espaces surveillés, a concerné une baigneuse.

2/ Rappels réglementaires

Cette dernière attaque mortelle a conduit la préfecture à établir un arrêté temporaire portant interdiction des activités nautiques les plus exposées au risque (sports de glisse et baignade) en dehors des espaces aménagés et surveillés.

Cet arrêté, dont le bien-fondé a été confirmé par l’ordonnance du Conseil d’Etat du 13 août 2013, a été reconduit par arrêté préfectoral n°1821 du 27 septembre 2013, applicable jusqu’au 15 février 2014, date à laquelle il sera probablement reconduit à nouveau, dans l’attente de résultats probants issus des actions en cours.

Les services de l’Etat accompagnent les efforts entrepris par les communes en matière d’information et de sécurisation des lieux de pratique de la baignade ou d’activités nautiques. Cet accompagnement porte notamment sur les aspects techniques et réglementaires (soutien à l’élaboration et à la diffusion de la réglementation communale, instructions de demandes d’implantation d’installations en mer de filets de baignade).

A noter également qu’un arrêté préfectoral pris en date du 18 juillet 2012 a permis d’encadrer le rejets des déchets de poissons en bande côtière. Applicable à la pêche professionnelle et de plaisance, il prévoit qu’aucun rejet n’est possible à une distance inférieure à 2,5 milles des côtes (environ 4 kilomètres).

3/ Bilan synthétique des actions entreprises par l’Etat et les collectivités

Au plan financier, l’intervention de l’Etat sur les projets financés depuis 2011 représente 1,4 Millions d’€, soit 60 % du montant total des interventions publiques, montant auquel il convient d’ajouter le financement d’emplois dédiés (CUI-CAE ).

Cet effort très significatif est amplifié par l’intervention des collectivités locales, au premier rang desquelles les communes, chargées d’exercer leur pouvoir de police spéciale dans la bande des 300 mètres. Le Préfet a salué l’effort des communes présentes lors de cette réunion, notamment la commune de Saint-Paul, pleinement engagée dans la démarche de réduction du risque requins depuis 2011.

Par ailleurs, en lien avec le SGAR, le conseil régional, en charge du développement économique et de la promotion touristique du territoire, a mis en place un régime d’aide spécifique visant à soutenir les solutions innovantes susceptibles de permettre de limiter les risques d’attaques : répulsifs acoustiques ou électriques, caméras sous-marines, surveillance aérienne…

Cet effort est également accompagné par les moyens du FEDER, selon les règles d’intervention de la participation communautaire.

4/ Présentation des actions en cours

Le processus engagé depuis 2011 s’appuie sur 3 piliers principaux que constituent l’amélioration de la connaissance scientifique, l’expérimentation puis le soutien des projets de sécurisation, et la prévention et l’information des populations littorales.

Ces orientations ont donné lieu à de nombreuses actions, qui se poursuivent dans le cadre défini par le plan gouvernemental du 19 juillet 2013 « Pour une politique active de prévention du risque requins » :

*Bilan intermédiaire de l’étude CHARC (Connaissance de l’écologie et de l’Habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion)

Les résultats relatifs à l’analyse du comportement des requins bouledogue et des requins tigre sur la période 2012-2013 ont été présentés en séance.

Les résultats intermédiaires indiquent que la fréquentation des requins à La Réunion pourrait être liée à des comportements de reproduction ou de repos.

Concernant le comportement des 39 requins bouledogue marqués sur la zone côtière de La Réunion, les résultats préliminaires indiquent que ces requins fréquentent la côte davantage l’hiver austral (avril–août) que l’été (octobre–février). Pour la plupart, les requins marqués explorent l’ensemble de la zone d’étude (sud-ouest) et sont donc très mobiles. Ils sont de plus capables d’explorer tout le pourtour de l’île et de se déplacer en grande profondeur au large des côtes. Leur présence près des côtes est le plus souvent ponctuelle et occasionnelle. Elle est principalement constatée sur trois sites du littoral ouest : baie de St Paul, large de St Gilles et Etang du Gol. La présence de quelques individus est plus marquée au cours des périodes de transition saisonnière (mars et septembre).

Ces éléments restent à approfondir et à valider au cours des analyses à venir. A terme, l’étude CHARC devrait permettre de disposer d’informations précieuses dans la perspective de réduction du risque (niveau de fidélité au site privilégiées observés, part de l’effet des comportements de repos et de reproduction dans l’occupation des sites, effet des facteurs environnementaux, interactions entre espèces, régime alimentaire…).

*Opération de réévaluation du risque Ciguatera (phases 1 et 2)

Afin de permettre une éventuelle reprise de la commercialisation des requins tigre et bouledogue, il a été décidé de mener une campagne de prélèvement visant à mesurer l’atteinte de ces espèces par la toxine « Ciguatera ». La présence possible de cette toxine dans la chair de ces deux espèces a en effet entraîné en 1999, dans le cadre de la prévention du risque sanitaire, l’interdiction de leur commercialisation par voie d’arrêté préfectoral.

Le dispositif s’est traduit par le prélèvement d’une première série de 24 requins tigre et bouledogue (espèces impliquées dans les attaques), qui n’a pas donné lieu à la découverte de toxines potentiellement dangereuse pour l’homme selon le protocole établi par l’ARVAM.

Le prélèvement d’une seconde série de 90 requins a été engagé en janvier 2014. Le dispositif s’appuie sur un protocole établi avec le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, qui met en œuvre des navires de pêche professionnels pour les opérations de capture.

*Projet « Cap Requins »

Le projet « Cap Requins », mis en œuvre depuis le 14 janvier 2014 et porté par le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, vise à expérimenter le recours à certaines techniques de capture et de marquage des requins dans un objectif de sécurisation.

Soutenu par l’Etat et les collectivités locales (Conseil régional et mairie de Saint-Paul), ce dispositif utilise des systèmes innovants de déclenchement d’alerte en temps réel qui se révèlent, jusqu’à présent, efficaces dans la zone initiale d’expérimentation (Baie de Saint-Paul). Ce dispositif permet le prélèvement des requins potentiellement dangereux pour l’homme, mais également la relâche des captures accessoires (autres espèces de requins, poissons…).

Des stations d’écoute et caméras sont déployées sur la zone et permettent de compléter les données pour évaluer l’évolution de la fréquentation du site.
Ce projet est conduit avec le concours scientifique et opérationnel des experts sud-africains du Kwazulu Natal Sharks Board et d’un comité d’experts locaux et nationaux réuni pour la première fois le 03 février 2014.

*Présentation de l’évaluation du dispositif Vigies immergées

Le recours à la technique des vigies requins, expérimentée en 2012, présentait un caractère inédit, résultant d’initiatives prises par les acteurs locaux, à la lumière de leur expérience de terrain.

Dans ce cadre, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a sollicité le recours à des experts nationaux et internationaux qui ont recommandé l’engagement d’une évaluation du dispositif sous contrôle scientifique pour en mesurer l’impact au plan opérationnel et ses éventuelles limites (exposition des vigies et des pratiquants au risque).

Cette évaluation, portée par la Ligue de surf avec le soutien financier du Conseil régional et de la DJSCS, est engagée depuis le début du mois de janvier 2014. Elle prévoit une expérimentation de terrain d’une durée minimale de trois mois, prenant notamment appui sur des moyens innovants (caméras sous-marines notamment).

L’ensemble des données sera consolidé dans un rapport d’évaluation qui sera établi à la fin du mois de juin 2014.

*Mise en œuvre du dispositif post-attaque

En lien avec un large panel d’acteurs, la direction de la Mer Sud Océan Indien (DMSOI) a conduit une réflexion sur les mesures à prendre à la suite d’une attaque. Cette réflexion a abouti à la mise en place d’un cadre réglementaire prévoyant la réalisation d’opérations de capture de requins dans un espace et sur une période limités en cas d’attaque.

Le dispositif « post attaque » conduit avec le concours du Comité régional des pêches maritimes et de l’association Squal’idées a été mis en œuvre à deux reprises en 2013, à la suite des attaques mortelles sur les secteurs de Saint-Gilles (Les Brisants) et de la baie de Saint-Paul

*Ouverture du site internet « requins »

Développé par les services de l’Etat (direction de la Mer Sud Océan Indien, direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale et Préfecture), un site Internet dédié à l’information sur le risque requin a été ouvert le 01 octobre 2013.

Pleinement opérationnel, ce site présente les dernières informations disponibles relatives aux démarches de réduction du risque requin à La Réunion, dans l’ensemble des domaines.

*Engagement d’une étude sociologique autour du risque « requins »

Une étude participative sociale et économique relative à la prévention et à la gestion du risque requin, dénommée « Mieux connaître pour mieux agir », est engagée sous maîtrise d’ouvrage de l’Etat (direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). Elle s’appuie sur le recours à deux sociétés spécialisées, qui conduiront leurs travaux jusqu’en décembre 2014.

Les deux prestataires retenus ont présenté les grandes lignes de leur mission, qui vise à élaborer une stratégie de communication, d’information et de sensibilisation s’appuyant sur l’analyse des dimensions sociale et économique du risque requin.

En conclusion de cette réunion, le Préfet a tenu à rappeler que la mesure d’interdiction de la baignade et de certaines activités nautiques, reconduite par arrêté du 27 septembre 2013 et applicable jusqu’au 15 février 2014, est la seule qui permette, à ce stade, de garantir la sécurité des usagers de la mer et d’éviter les accidents.

Par ailleurs, le Préfet a précisé que cet arrêté préfectoral sera reconduit au-delà du 15 février, selon des modalités et pour une durée qui seront définies très prochainement.

La mise en place d’un cadre approprié et durable de gestion du risque requins constitue une priorité d’action. Tel est l’objet du projet de mise en place d’un observatoire du risque « requin » à La Réunion, centre de ressources et d’appui prévu par le plan gouvernemental du 19 juillet 2013. Une réflexion est engagée afin de définir les missions de cette structure et les modalités de son financement, en lien avec les collectivités locales.

Source : L’Etat à la Réunion

Un quart des requins et des raies menacés d’extinction

Source IUCN, 21 Janvier 2014

Traduction ©:

Un quart des requins et des raies dans le monde sont menacés d’extinction selon la Liste rouge des espèces menacées ™ de l’UICN, avec des espèces de raies jugées plus à risque que les requins. Les résultats font partie de la première analyse globale de ces espèces effectués par le Groupe de spécialistes des requins de l’UICN (SSG).

L’étude, qui vient au début du 50e anniversaire de la Liste rouge de l’UICN, a été publiée aujourd’hui dans la revue eLIFE. Il comprend l’analyse de l’état de conservation de 1041 espèces requins, raies et chimères étroitement apparentées.

Selon les résultats, les requins, les raies et les chimères ont un risque sensiblement plus élevé que la plupart des autres groupes d’animaux et ont la plus faible proportion d’espèces considérées comme sûres – avec seulement 23 % classés comme préoccupation mineure.

 » Notre analyse montre que ces espèces sont confrontées à un risque élevé d’extinction et alarmant», explique le Dr Nick Dulvy , de l’UICN SSG et de Canada Research à l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique .  » En grand péril sont les plus grandes espèces de raies et de requins, en particulier ceux qui vivent en eau peu profonde qui est accessible aux pêcheries. « 

La surpêche est la principale menace pour ces espèces, selon le journal. Les captures déclarées de requins, raies et chimères ont atteint un sommet en 2003 et ont été dominées par les raies pour ces 40 dernières années. Les captures réelles sont susceptibles d’être largement sous-évalués.

Les requins et les raies capturés involontairement comptent pour une grande partie de leur capture, mais les marchés en développement et la baisse des quotas de la pêche ont fait de ces  » prises accessoires  » des bienvenus. Ces homicides intentionnels sur les requins et raies sont du à la perception du risque qu’ils présentent pour les personnes, les engins de pêche ou les espèces cibles contribuent à la menace qui pèse sur au moins 12 espèces.

« Étonnamment, nous avons constaté que les raies, y compris les poissons-scies, les raies guitare, Les dasyatidés (famille de raies), et les rhynchobatus (famille de raies), sont généralement moins bien lotis que les requins, puisque cinq des sept familles les plus menacées sont des raies », Dr Colin Simpfendorfer, GSR de l’UICN Co – président et professeur de sciences de l’environnement à l’Université James Cook dans le Queensland, en Australie.  » Bien que le public, les médias et les gouvernements portent de plus en plus leur attention sur ​​le sort des requins, l’épuisement généralisé des raies passe inaperçue. Les mesures de conservation pour les raies sont très en retard, ce qui ne fait qu’accroître notre inquiétude pour ce groupe d’espèces «.

Le marché mondial des ailerons de requins utilisés dans la soupe d’ailerons est un facteur important dans l’appauvrissement non seulement des requins, mais aussi pour des raies, comme les raies guitare. Les requins, raies et chimères sont également recherchés pour leur viande, et pour d’autres produits dérivés de ces espèces : tonique chinois fabriqué à partir des branchies des raies Manta, des produits pharmaceutiques à base de foies de requins en eau profonde.

L’Indo-Pacifique, en particulier dans le golfe de Thaïlande et la mer Méditerranée sont les deux «points chauds» où l’épuisement des requins et des raies est la plus dramatique. La mer Rouge est compte également un nombre relativement élevé de requins et de raies menacés, selon les experts.

 » Les requins, raies et chimères ont tendance à se développer lentement et produisent peu de jeunes, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche », affirme Sonja Fordham, vice-président de l’UICN SSG et président de the Washington, DC-based Shark Advocates International,un projet de The Ocean Foundation.  » Des progrès politiques significatifs ont été accomplis au cours des deux dernières décennies, mais la conservation efficace exige une accélération importante du rythme ainsi que d’un élargissement de la portée pour inclure toutes les formes et tailles de ces espèces exceptionnelles. Notre analyse démontre clairement que la nécessité d’une telle action est urgente ».

Les requins, raies et chimères sont connus comme « poissons cartilagineux » en raison du fait que leurs squelettes sont faits de cartilage plutôt que l’os. Ils sont l’un des groupes d’animaux les plus anciens et les plus écologiquement diversifiées au monde.

L’étude est le résultat d’une collaboration de 302 experts de 64 pays.

http://www.iucn.org/

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« Conseils sur les requins renards » de l’Organisation de gestion maritime ( MMO)

Conseils pour les requins renards

Communiqué de « the Marine Management Organisation »

L’Organisation de gestion maritime ( MMO) a publié des directives à la suite de le débarquement récent et la vente d’un requin renard commun ( Alopias vulpinus ) , une espèce que l’on trouve dans les eaux tempérées froides , notamment autour du Royaume-Uni.

Il existe certaines restrictions concernant les navires de pêche commerciale à l’égard de toutes les espèces de requins renards, qui interdisent toute pêche dirigée sur eux. Dans l’océan Indien (zone couverte par la Commission des thons de l’océan Indien, connu sous le nom des eaux de CTOI), il existe des mesures supplémentaires qui interdisent la rétention et le débarquement de ce genre de requin.

Il est interdit aux navires de pêche commerciale de conserver et de débarquer le requin-renard à gros yeux ( Alopias superciliosus ) , une espèce que l’on trouve dans les eaux tropicales et tempérées chaudes .

Le requin renard commun est répertorié dans le monde entier comme vulnérables, et presque menacée dans l’Atlantique du Nord-Est par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature ( UICN) sur la Liste rouge .

En vertu des règlements de pêche de l’UE , il n’est pas interdit de prendre requin renard commun dans les eaux communautaires à condition qu’il n’y ait pas de pêche dirigée sur cette espèce. Par conséquent, les bateaux de pêche commerciale sont autorisés à conserver et débarquer cette espèce si elle est prise accidentellement. Nous conseillons toujours que si le requin capturé accidentellement est toujours en vie, alors il devrait être libéré, mais s’il est déjà mort, alors son débarquement est autorisé.

Les conseils pour les pêcheurs commerciaux à l’égard de requins renards communs en ce moment sont :

– le requin est capturé dans la zone de l’océan Indien, alors il doit être remis à la mer, intact

– le requin est pris et il est toujours en vie dans les eaux de l’UE, alors il doit être libéré

– le requin est pris en dehors de la CTOI et il est mort alors il peut être débarqué et vendu, les prises doivent être enregistrées dans votre carnet

Cinq pays rejettent la nouvelle réglementation internationale sur le commerce des requins

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Traduction de l’article de Shark Year Magazine (version originale)

(Helmut Nickel, Shark Year Magazine, 15. June 2013)

Lors de la Conférence de cette année (Mars 2013) sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore (CITES), la majorité des Etats membres ont voté en faveur de l’inscription de cinq espèces de requins et de deux espèces de raies Manta à l’Annexe II de la Convention.

Cette inscription à l’annexe II entrera en vigueur le 14 Septembre 2014.

Mais tout Etat membre de la CITES a la possibilité de faire une déclaration unilatérale (appelée « réserves ») qu’il lui permet de ne pas être lié par les dispositions de la Convention relative au commerce d’une espèce inscrite aux annexes.

Shark Year Magazine a appris que cinq pays membres ont déjà formulé des réserves concernant la nouvelle inscription à l’Annexe II de plusieurs espèces d’élasmobranches, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

S’il vous plaît noter que ces réserves n’ont pas été encore confirmées officiellement par la CITES. Donc, l’information fournie dans le présent article peut être sujet à changement.

Liste des réserves concernant l’inscription à l’annexe II de cinq espèces de requin et de 2 espèces de raies manta:

Réserves émises par :

-Guyana:

Le requin taupe commun (Lamna nasus) – Annexe II

Requin océanique (Carcharhinus longimanus) – Annexe II

Requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini) – Annexe II

Requin-marteau lisse (Sphyrna zygaena) – Annexe II

Grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) – Annexe II

Raies Manta (deux espèces) – Annexe II

-Japon:

Le requin taupe commun (Lamna nasus) – Annexe II

Requin océanique (Carcharhinus longimanus) – Annexe II

Requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini) – Annexe II

Requin-marteau lisse (Sphyrna zygaena) – Annexe II

Grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) – Annexe II

-Yémen:

Requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini) – Annexe II

Requin-marteau lisse (Sphyrna zygaena) – Annexe II

Grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) – Annexe II

-Danemark (au nom du Groenland):

Le requin taupe commun (Lamna nasus) – Annexe II

-Islande:

Le requin taupe commun (Lamna nasus) – Annexe II

Qu’en est-il de la Chine?

Il semble que la Chine acceptera les listes de la CITES Annexe II de ces espèces et n’a pas formulé de réserves. Même s’ils ont encore des inquiétudes quant à la mise en œuvre des nouvelles inscriptions.

Si ces nouvelles se révèlent être vrai, le comportement de la Chine est très surprenant. Parce qu’il y a peu de temps, la Chine a émis des réserves concernant l’inscription à l’Annexe III (annexe le moins strict) du requin-taupe commun et le requin-marteau halicorne.

Ajout de Sauvegarde des requins :

Le communiqué de presse de la CITES du 14 juin précise :

« La date limite pour formuler des réserves sur les nouvelles listes d’espèces protégées par la CITES a pris fin le mercredi 12 Juin. Le Danemark au nom du Groenland (requin taupe), le Guyana ( les 5 espèces de requins et les raies manta), le Japon ( les 5 espèces de requins), l’Islande (le requin-taupe commun) et le Yémen (requins-marteaux) ont émis des réserves spécifiques.

La Chine n’a pas émis de réserves.

Communiqué de presse

Les autres articles sur ce sujet :

La Chine ignore l’inscription à l’Annexe III de deux espèces de requins
Le Japon va rejeter les nouvelles règles de protection des requins
Accord international pour protéger quatre espèces de requins menacées
 

Requins : Au-delà du malentendu

8 conférences au total sur l’année 2013

Entrée libre et gratuite

Maisons des Océans 195, rue Saint-Jacques, Paris 5ème

www.institut-ocean.org

Conférence 8 :  REQUINS et tourisme durable

Mercredi 11 décembre à 19H30

Conférence 7 : Soirée filmographie « Les seigneurs de la mer »

Présentée par Nicole Aussedat 

MERCREDI 13 NOVEMBRE À 19H30

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Conférence 6 : «L’enjeu de la pêche durable et de la consommation responsable pour la survie des requins»

Conférence d’Edouard le Bart et Jacques Le Cardinal,(vidéo : ici)

MERCREDI 09 OCTOBRE, 19H30

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Conférence 5 : «Soirée filmographie»

« Le mystère des requins baleines », MERCREDI 11 SEPTEMBRE, 19H30

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Conférence 4 : «Une mer sans requins»

BERNARD SÉRET, MERCREDI 12 JUIN À 19H30

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Conférence 3 : Plonger avec le grand requin blanc (Vidéo : ici)

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Conférence 2 : Dans les yeux des requins (Vidéo : ici)

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Conférence de Pierre Frolla

« Dans les yeux des requins » : Vidéo

Reportage sur Pierre Frolla : Vidéo

Conférence 1 : Requins : Au-delà du malentendu (Vidéo : ici)

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Robert Calcagno, Directeur général de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

Lien vers la vidéo complète de la conférence

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Télécharger le programme complet

Les requins de la Méditerranée et de la mer Noire menacés d’extinction

Des implications potentiellement graves pour les écosystèmes marins et au-delà

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4 mars 2013, Rome – Les populations de requins de la Méditerranée et de la mer Noire ont diminué de façon spectaculaire au cours des deux derniers siècles. Aujourd’hui, selon une étude de la FAO, elles sont menacées d’extinction, avec de graves implications pour les chaînes trophiques et l’ensemble du système marin de la région.

Il apparaît en effet qu’en mer Méditerranée, le nombre et le poids vif de requins ont chuté de plus de 97 pour cent au cours des 200 dernières années. Si la pression de pêche ne se relâche pas, ces grands poissons risquent l’extinction, affirme l’étude.

En mer Noire, malgré le peu d’informations disponibles, les prises des principales espèces de requin ont reculé de moitié environ par rapport au début des années 90.

Les auteurs de l’étude ajoutent que ce déclin des grands prédateurs pourrait avoir des conséquences lourdes sur l’ensemble de l’écosystème marin, en affectant grandement les réseaux trophiques de la région.

Intitulée Elasmobranchs of the Mediterranean and Black Sea: Status, Ecology and Biology, cette étude a été menée par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), l’un des organismes régionaux de la FAO intervenant dans le secteur de la pêche.

Gravement menacés d’extinction

D’après les observations de la CGPM, les poissons cartilagineux tels que les requins et les raies constituent de loin le groupe de poissons marins le plus menacé de la Méditerranée et de la mer Noire, où on en recense 85 espèces. Sur les 71 espèces étudiées en mer Méditerranée en 2007, 30 (42 pour cent) se sont avérées menacées, 13 pour cent étant gravement menacées, 11 pour cent menacées et 13 pour cent vulnérables. Par ailleurs, 18 pour cent ont été jugées proches d’être menacées.

Les poissons cartilagineux ont un squelette fait de cartilage, et non d’os. Au sein de ce groupe, les requins et les raies sont désignés par le terme scientifique d’élasmobranches. Leurs caractéristiques biologiques, dont une faible fécondité, une maturité tardive et un lent développement, les rendent encore plus vulnérables que les poissons osseux, puisque leur régénération est plus lente. En conséquence, la surpêche, l’usage d’engins non sélectifs et la dégradation des habitats affectent bien plus ces espèces que les autres.

En général, les requins et les raies ne sont pas délibérément ciblés en Méditerranée et en mer Noire, mais font l’objet de prises accessoires. Les débarquements annuels agrégés déclarés dans ces zones avoisinent actuellement 7 000 tonnes, contre 25 000 tonnes en 1985, écart qui souligne la gravité de l’appauvrissement des stocks.

Parallèlement pourtant, les activités de pêche ciblant les requins se sont intensifiées pour répondre à la demande accrue d’ailerons, de chair et de cartilage de requin.

Perturbation des habitats

A cette intensification s’ajoutent les perturbations – voire les dommages importants – que subissent les habitats de ces poissons du fait de la navigation, de la construction ou de l’exploitation minière sous-marines, ou encore de la pollution chimique, sonore et électromagnétique.

Les dernières mesures adoptées par la Commission pour protéger les requins et les raies incluent notamment l’interdiction de prélever les ailerons (puis de rejeter les carcasses à la mer) et l’interdiction du chalutage dans les 3 milles marins afin de préserver les stocks côtiers.

La Commission recommande également aux pays du bassin méditerranéen et bordant la mer Noire d’investir dans des programmes de recherche scientifique visant à identifier des zones de reproduction potentielles et d’envisager des fermetures par période et par zone pour protéger les requins et les raies juvéniles des activités de pêche.

Autres initiatives de la Commission: l’organisation de réunions et de cours visant à mieux comprendre ces espèces et leur habitat et à constituer une base de connaissances régionales pour guider les membres de la CGPM lors de l’élaboration de plans nationaux de protection de ces espèces primordiales.

Communiqué de presse FAO, Mars 2013

Comptes rendus résumés CITES 2013

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11 mars 2013: 9h00 – 12h05

Le Brésil, la Colombie et les Etats-Unis d’Amérique présentent la proposition CoP16 Prop. 42 visant à inscrire Carcharhinus longimanus (requin océanique) à l’Annexe II. Ils mettent en avant la vulnérabilité de l’espèce compte tenu de sa faible productivité, précisent que l’espèce fait généralement l’objet de captures accidentelles et insistent sur le fait que les communautés de pêche locales ne seraient pas pénalisées par son inscription à l’Annexe II. Ils pensent que cette inscription viendrait compléter les stratégies de gestion de l’espèce actuellement mises en œuvre par les Organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) mais indiquent que l’espèce ne fait pas partie de plans de gestion à l’intérieur de son aire de répartition. Ils expliquent qu’il est aisé d’identifier les ailerons et que le fait de retarder l’entrée en vigueur de l’inscription de 18 mois permettrait la mise en place des mesures d’application de la Convention et de lutte contre la fraude. L’Australie, les Bahamas, le Bénin, le Congo, la Guinée, le Honduras, l’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, le Libéria, le Mali, le Nigéria, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Pew Environment Group, s’exprimant également au nom de l’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), de WildAid et du WWF, la République bolivarienne du Venezuela et le Sénégal manifestent leur soutien à cette proposition. La Nouvelle-Zélande indique que nombre des actions requises au titre de la mise en œuvre de la CITES seraient semblables à celles déjà entreprises par les ORGP en matière de gestion des pêches. Elle fait remarquer que des changements dans les méthodes de pêche pourraient être introduits pour réduire les captures accidentelles. Le Libéria appelle les Parties à appuyer les efforts de lutte contre la fraude dans les pays en développement et la Norvège, avec le soutien des Bahamas, souligne l’importance de la participation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour veiller à ce que la proposition soit transparente et scientifiquement fondée. L’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, fait observer que l’Union européenne a engagé des fonds en faveur de l’appui au renforcement des capacités en vue de la mise en application des inscriptions aux annexes CITES d’espèces marines. Le Japon fait remarquer que les mesures mises en œuvre par les ORGP se sont considérablement améliorées et, avec l’appui de la Chine, pense que ces dernières seraient plus efficaces pour assurer une gestion durable qu’une inscription à l’Annexe II. Il note également que la mise en place des systèmes de documentation sur les captures s’est révélée difficile par le passé et craint que le délai supplémentaire de 18 mois pour l’entrée en vigueur de l’inscription soit trop court pour résoudre les problèmes de lutte contre la fraude, un point de vue partagé par la Chine et la Fédération de Russie. Il pense par ailleurs qu’il y a un risque que l’inscription de l’espèce aux annexes CITES entraîne une hausse de sa valeur marchande. La Chine fait part de difficultés rencontrées pour identifier les produits et distinguer les ailerons dans des cargaisons mixtes. L’Australie, en revanche, indique qu’en ce qui la concerne, l’identification des ailerons de cette espèce n’a pas posé de problème et le Pew Environment Group ajoute que ces ailerons sont les plus faciles à identifier parmi tous les ailerons de requins dans le commerce. Singapour, avec l’appui de la Coalition internationale des associations halieutiques, insiste également sur les difficultés potentielles d’application. La Grenade et Saint-Vincent-et-les-Grenadines s’opposent à la proposition et indiquent qu’ils redoutent un éventuel effet socioéconomique sur les petits Etats insulaires en développement. Ils pensent qu’il convient de faire porter les efforts sur la mise en œuvre concrète des mesures de gestion des pêches existantes. En réponse à une question de la Grenade sur les activités qui seraient nécessaires pendant la période de 18 mois précédant l’entrée en vigueur de l’inscription, le Secrétariat explique que le financement offert par l’Union européenne sera mis à profit pour aider les Parties ayant des difficultés à émettre des permis et des avis de commerce non préjudiciable. Le Brésil indique qu’il prévoit d’organiser un atelier sur le renforcement des capacités à l’intention de l’Amérique centrale et du Sud et de la région des Caraïbes; parallèlement, la Colombie affirme que la période de 18 mois permettra aux pays de définir leurs besoins en matière de capacités et ajoute qu’un soutien technique pourrait être offert à d’autres régions.  La FAO présente les résultats des discussions du Groupe d’experts sur la proposition d’inscription, soulignant que le groupe a conclu que l’espèce remplissait les critères pour l’inscription à l’Annexe II, les ailerons faisant l’objet d’une demande à des fins de commerce international, d’où la persistance des prises accidentelles. Le Japon demande un vote à bulletins secrets et reçoit le soutien de dix Parties. La proposition est soumise aux voix. Avec 92 voix en faveur, 42 contre et huit abstentions, la proposition est acceptée. Le Chili, le Congo, les Etats-Unis d’Amérique et le Niger indiquent avoir voté en faveur de la proposition.

La proposition CoP16 Prop. 43 visant à inscrire Sphyrna lewini (requin-marteau halicorne), S. mokarran(grand requin-marteau) et S. zygaena (requin-marteau lisse) à l’Annexe II avec une annotation est présentée par le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur, le Honduras, l’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, et le Mexique. Il est proposé d’inscrire S. lewini à l’Annexe II pour éviter que l’espèce ne remplisse, dans un avenir proche, les critères d’inscription à l’Annexe I, et les deux autres espèces pour des raisons semblables. Le Brésil pense que toute proposition d’inscription doit être évaluée sur la base de données scientifiques, en termes de possibilité d’application, et en tenant compte du contexte politique, de façon à ne pas aller à l’encontre de la volonté politique de la communauté internationale. Il estime que cette proposition remplit toutes ces conditions. Les co-auteurs de la proposition se déclarent persuadés que cette proposition remplit tous les critères scientifiques d’inscription et que l’inscription à l’Annexe II est une mesure adaptée pour gérer cette espèce, soulignant que cette inscription n’équivaut pas à une interdiction du commerce et qu’elle n’aura pas d’incidence sur les moyens d’existence. Ils pensent également que l’inscription à l’Annexe II viendra compléter les mesures prises par les ORGP, un point de vue que partage la Sierra Leone, précisant que cette proposition reçoit un large soutien en Afrique de l’Ouest. Le Yémen déclare qu’une protection durable des requins est indispensable dans sa région. Les Comores et la Nouvelle-Zélande appuient la proposition, cette dernière déclarant qu’une grande partie des commentaires qu’elle avait faits au sujet de la proposition précédente s’appliquent également à la présente proposition. Le Brésil et la Nouvelle-Zélande soulignent tous deux qu’ils sont prêts à contribuer au renforcement des capacités dans leurs régions respectives.

11 Mars 2013: 14h00-17h35 

Le Ghana, l’Inde et le Mozambique estiment que les données scientifiques actuelles ne permettent pas  d’appuyer la proposition CoP16 Prop. 43 visant à inscrire Sphyrna lewini (requin-marteau halicorne), S. mokarran (grand requin-marteau) et S. zygaena (requin-marteau lisse) à l’Annexe II. L’Argentine, le Canada, les Etats-Unis d’Amérique, les Maldives, le Niger, les Seychelles, la Somalie et la Wildlife Conservation Society sont tous en faveur de la proposition. Le Canada note qu’une inscription à l’Annexe II permettrait d’appuyer les mesures de gestion mises en place aux niveaux national et régional et l’Argentine précise que les Organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) ne réglementent que les activités de leurs membres et non de toutes les Parties à la CITES. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) présente les résultats des discussions du Groupe d’experts sur la proposition d’inscription, soulignant que le groupe a conclu que les espèces remplissaient les critères pour l’inscription à l’Annexe II.  Le Maroc est d’avis que les mesures actuellement mises en place au niveau régional portent leurs fruits. La Namibie s’oppose à la proposition, indiquant qu’elle applique des mesures plus strictes au niveau national et précisant qu’il est difficile de faire la distinction entre les différentes espèces de requins-marteaux. Le Japon pense qu’une inscription à l’Annexe II pourrait se transformer en une interdiction de facto du commerce en raison des difficultés d’application. Il estime que la gestion des espèces devrait être réalisée par l’entremise des ORGP. L’ IWMC World Conservation Trust s’interroge sur la question de savoir si une inscription à l’Annexe II aboutirait à une meilleure gestion.  La Chine demande qu’il soit pris note de ses craintes quant à l’inscription à l’Annexe II de Carcharhinus longimanus (requin océanique), exprimant des doutes au sujet de l’application de cette inscription compte tenu des difficultés à identifier les ailerons de requins au niveau de l’espèce.  La Présidente demande la mise aux voix de la proposition CoP16 Prop. 43, consciente de l’absence de consensus. La Chine demande un vote à bulletins secrets et reçoit le soutien de 10 Parties, conformément au règlement intérieur. Avec 91 voix en faveur, 39 contre et huit abstentions, la proposition CoP16 Prop. 43 est acceptée. Le Chili, les Comores, le Congo, le Costa Rica, El Salvador, les Etats-Unis d’Amérique, le Guatemala, le Honduras, le Mali, le Niger, le Panama, le Paraguay, la Sierra Leone et le Sénégal indiquent avoir voté en faveur de la proposition.

L’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, présente la proposition CoP16 Prop. 44 visant à inscrire Lamna nasus (requin-taupe commun) à l’Annexe II avec une annotation. En tant que co-auteurs de la proposition, le Brésil, les Comores et l’Egypte précisent que cette inscription ne correspondrait pas à une interdiction de la pêche et du commerce de l’espèce.  L’Islande, notant que les mesures plus strictes prises par l’Union européenne et les pays d’Amérique du Nord ont déjà un effet positif, pense que les Etats et les ORGP sont les instruments les plus adaptés pour réglementer le commerce de cette espèce et, aux côtés du Chili, attire l’attention sur l’absence de données scientifiques sur la population de l’hémisphère Sud. La Chine et le Japon sont d’avis que cette population pourrait être plus abondante que l’on ne croit et se disent inquiets face aux problèmes d’identification au niveau de l’espèce. Le Mozambique fait également part de ses craintes au sujet d’espèces semblables. Il ne soutient pas la proposition, à l’image de la Gambie, de la Guinée, du Maroc, de la République de Corée, de la Thaïlande et de Creative Conservation Solutions.  La Nouvelle-Zélande fait référence à un nouveau rapport selon lequel les populations de l’hémisphère Sud sont nettement moins nombreuses que celles de l’hémisphère Nord et informe les Parties qu’elle-même et l’Uruguay appliquent des mesures nationales plus strictes. Elle appuie cette proposition, à l’image de l’Argentine, du Burkina Faso, du Canada, de la Colombie, du Congo, d’El Salvador, des Etats-Unis  d’Amérique, du Honduras, du Libéria, du Mali, du Pérou, de la République démocratique du Congo, du Sénégal et du WWF.  La FAO fait observer que si la majorité des membres du groupe d’experts juge que les critères biologiques pour l’inscription à l’Annexe II sont remplis, de nouvelles informations indiquent que la population de l’hémisphère Sud pourrait être plus nombreuse qu’on ne le pensait. Il fait également part de difficultés en matière d’identification des parties et produits de l’espèce et dans l’émission d’avis de commerce non préjudiciable.  La Présidente demande la mise aux voix de la proposition CoP16 Prop. 44, consciente de l’absence de consensus. La Guinée demande un vote à bulletins secrets et reçoit le soutien de 10 Parties, conformément au règlement intérieur. Avec 93 voix en faveur, 39 contre et huit abstentions, la proposition est acceptée.  L’Australie, le Burkina Faso, la Colombie, les Comores, le Congo, le Costa Rica, le Danemark, l’Equateur, El Salvador, les Etats-Unis d’Amérique, le Guatemala, l’Inde, le Mali, le Mexique, le Niger, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la République démocratique du Congo, les Seychelles et la Suisse indiquent avoir voté en faveur de la proposition. Le Chili et le Danemark expliquent qu’ils ont voté contre la proposition, ce dernier s’exprimant au nom du Groenland. Le Danemark annonce par ailleurs émettre une réserve quant à l’inscription.

L’Australie explique qu’elle a voté ou votera en faveur des propositions CoP16 Prop. 42, 43 et 46.

El Salvador, l’Equateur, la République démocratique du Congo et la Suisse indiquent qu’ils ont voté en faveur des propositions CoP16 Prop. 42 et 43. Le Guatemala, le Mali, le Panama et le Pérou expliquent qu’ils ont voté en faveur de la proposition CoP16 Prop. 42. Le Mexique indique qu’il a voté ou votera en faveur des propositions CoP16 Prop. 43 t 45.

La proposition CoP16 Prop. 45 visant à transférer Pristis microdon (poisson-scie) de l’Annexe II à l’Annexe I est présentée par I’Australie. Celle-ci estime qu’en dépit d’un quota d’exportation zéro en vigueur depuis juin 2011, l’inscription de l’espèce à l’Annexe I renforcera son interdiction d’exportation au niveau national et enverra un message aux négociants susceptibles de prélever des spécimens en vue de leur commerce. L’Australie se félicite de l’appui à la proposition d’autres Etats de l’aire de répartition et indique que cette proposition est soutenue par le Secrétariat, le Groupe d’experts de la FAO et TRAFFIC.  Le Congo, le Costa Rica, les Etats-Unis d’Amérique, l’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, l’Inde, l’Indonésie, le Kenya, la Nouvelle-Zélande, les Samoa, la Sierra Leone et Humane Society International, s’exprimant aussi au nom de la German Elasmobranch Society, de Project AWARE, de Shark Advocates, du Shark Trust et du Réseau pour la survie des espèces (SSN) appuient tous cette proposition. La Nouvelle-Zélande déclare que l’espèce remplit les critères biologiques d’inscription à l’Annexe I, la Sierra Leone insiste sur son importance culturelle au plan national et les Etats-Unis d’Amérique, l’Inde et l’Indonésie signalent que cette espèce est déjà protégée au titre de leurs législations nationales respectives.  Le Japon est d’avis que le quota d’exportation zéro actuellement appliqué par l’Australie devrait suffire pour que le commerce international ne représente pas une menace substantielle et recommande d’accorder une plus grande attention au contrôle des prises incidentes. Après de plus amples précisions données par l’Australie, le Japon déclare qu’il ne s’opposera pas au consensus.

La proposition CoP16 Prop. 45 est acceptée par consensus.

Le Brésil, la Colombie et l’Equateur présentent la proposition CoP16 Prop. 46 (Rev. 2) visant à inclure Manta spp. (y compris Manta birostris, Manta alfredi et toute autre espèce éventuelle de Manta) (raies Manta) à l’Annexe II, avec une annotation. Ils expliquent que les raies Manta ont une très faible fécondité et que leurs populations restreintes et extrêmement fragmentées couvrent une vaste aire de répartition. Leur tendance à se rassembler les rend très vulnérables à la surexploitation et la valeur élevée des plaques branchiales ainsi que la demande en peaux et cartilage alimenteraient un commerce non durable, entraînant une diminution marquée de la population. La proposition d’inscription permettrait une surveillance appropriée du commerce et garantirait la durabilité des prélèvements.  L’Afrique du Sud, l’Australie, les Etats-Unis d’Amérique, l’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, le Libéria, le Mozambique, le Qatar, la Thaïlande et l’Uruguay appuient la proposition. L’Irlande, s’exprimant au nom des Etats membres de l’Union européenne et de la Croatie, signale que depuis 2012, le débarquement de raies Manta par tout navire enregistré au sein d’un Etat membre de l’Union européenne est interdit. L’Afrique du Sud, l’Australie et Divers for Sharks attirent l’attention sur la valeur substantielle des raies Manta pour le tourisme.  Le Cambodge, la Chine et le Japon s’opposent à la proposition, estimant que les critères pour l’inscription à l’Annexe II ne sont pas remplis. Le Japon pense que les auteurs de la proposition devraient faire part de leurs craintes au sujet des raies Manta au sein d’autres instances mieux placées pour traiter de cette question et que les prises accidentelles et non le commerce devraient être au centre des débats.  La FAO attire l’attention sur les résultats des discussions de son Groupe d’experts, insistant sur la pauvreté des informations relatives à la taille des populations et à leur évolution. Elle attire l’attention sur les facteurs de risque associés aux raies Manta, notamment sur l’absence actuelle de mesures de gestion et sur la valeur élevée des plaques branchiales, tout en admettant qu’aucun élément ne permet de conclure à une augmentation du commerce. Elle pense qu’une inscription de l’espèce aux annexes CITES ne portera ses fruits que combinée à un renforcement des réglementations nationales et à une gestion coordonnée au niveau régional. La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) fait remarquer que Manta birostris est inscrite à l’Annexe I et à l’Annexe II de la CMS.  La Présidente demande la mise aux voix de la proposition CoP16 Prop. 46, consciente de l’absence de consensus. Le Cambodge demande un vote à bulletins secrets et reçoit le soutien de 10 Parties, conformément au règlement intérieur. Avec 96 voix en faveur, 23 contre et sept abstentions, la proposition CoP16 Prop. 46 est acceptée. L’Argentine, les Comores, le Congo, El Salvador, les Etats-Unis, le Guatemala, le Honduras, le Mali, le Niger, le Panama, le Paraguay et le Pérou expliquent qu’ils ont voté en faveur de la proposition.

Source et documents officiels : CITES

Entre 63 et 273 millions de requins sont tués chaque année

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Une nouvelle étude* indique qu’entre 63 et 273 millions de requins sont tués chaque année, avec une moyenne de 100 millions de requins/an.

« C’est de loin l’estimation la plus complète sur la mortalité des requins, parce que nous considérons toutes les sources de mortalité, de la pêche directe, l’ enlèvement des nageoires (finning), et les rejets. l’estimation a été obtenue en prenant en compte près de 100 publications sur les captures et la mortalité des requins. » Propos de Boris Worm, biologiste marin à l’Université Dalhousie à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et auteur principal de l’étude.

Cette étude démontre la pêche excessive des requins, une surexploitation réelle. « Cette étude montre qu’une quantité phénoménale de requins sont tués.Nous estimons qu’un requin sur 15  meurt chaque année de la pêche. »  « Sur le plan biologique, les requins ne peuvent tout simplement pas suivre le rythme actuel de l’exploitation et de la demande », a déclaré Boris Worm

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 Worm et al. 2013. Total mortality = total catch – those that survived being released. Numbers are in 1,000 tons. IUU= Illegal, Unreported and Unregulated   =    Worm et al. 2013. La mortalité totale = total des captures – ceux qui ont survécu après avoir été relâchés. Les chiffres sont en 1.000 tonnes. INN = illicite, non déclarée et non réglementée

Les auteurs constatent que malgré une sensibilisation accrue du public et des défenseurs de la nature, il n’y a pas de baisse significative depuis 2000.

Pour lutter contre ce problème, les auteurs font plusieurs recommandations. Ils réaffirment notamment que se concentrer sur l’enlèvement des nageoires seule ne suffit pas parce que le problème est la surpêche, et recommande plutôt de mettre l’accent sur les espèces les plus menacées par l’intermédiaire de la CITES, d’instituer des quotas de pêche stricts à vocation scientifique, et la protection des habitats critiques. Les auteurs notent que les mesures de protection ponctuelles peuvent protéger les requins au niveau local, mais ont peu d’effet sur ​​la demande mondiale. En outre, ils suggèrent un accord international semblable à la Commission baleinière internationale (the International Whaling Commission).

Dans le communiqué de presse de cette étude, le Dr Worm précise :  « Des mesures de protection doivent être revues à la hausse afin d’éviter un nouvel appauvrissement et la disparition possible de nombreuses espèces de requins. »

Le Dr Worm a de grands espoirs pour la CITES:

«[Notre papier] montre que le problème de la pêche au requin  n’a pas été résolu par la réglementation en vigueur, et que la majorité des espèces de requins sont menacées par la surpêche. La CITES est un outil efficace dans la prévention de l’extinction de certaines des espèces les plus vulnérables. sur la terre, la CITES a été efficace à 100% dans la prévention de l’extinction de milliers d’espèces inscrites. J’espère que cela peut être effectivement appliquées aux créatures océaniques ainsi. »

Source : http://www.southernfriedscience.com/?p=14486

*Boris Worm, Brendal Davis, Lisa Kettemer, Christine Ward-Paige, Demian Chapman, Michael Heithaus, Steven Kessel, and Samuel Gruber (2013) Global catches, exploitation rates, and rebuilding options for sharks. Marine Policy

Le rapport de l’étude (en anglais) : http://pdf.lu/bm45

En savoir plus sur la CITES :

16ème conférence des parties : Convention sur le commerce international des espèces menacées

Cites 2013 : des français soutiennent les requins

Shark Stanley

Pierre Frolla et  Robert Calcagno Richard Allan Réunion shark alliance 13fev2013 007 Université Université

Photos : © Sauvegarde des requins et Sibylline Faune Marine

Pierre Frolla, auteur de quatre records du monde en apnée, Robert Calcagno, directeur de l’Institut océanographique, Richard Allan de Requins en Péril, ainsi que bien d’autres, soutiennent Stanley et ses amis.

Un grand merci à tous pour leur participation.

D’autres photos sur la page de Shark Defenders : https://www.facebook.com/SharkStanley/photos_albums

Voir aussi l’article : 

16ème conférence des parties : Convention sur le commerce international des espèces menacées