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Nouvelle exposition de sensibilisation

C’est avec un très grand plaisir que nous vous retrouverons du 27 juin au 26 septembre 2020 à Château-Thierry (Aisne). Nos expositions sont toujours gratuites avec comme 1er message : la surpêche des requins.

De plus, ces photos,offertes par des plongeurs, démontrent la diversité des requins, et leur beauté.

Le contexte actuel, lié au Covid-19 risque de ne pas nous donner la possibilité de réaliser des interventions auprès des scolaires. Toutefois, des livrets ont été conçus et peuvent être téléchargés via l’onglet Téléchargements.

Merci et prenez soin de vous.

Agir en 2 clics pour stopper le finning

Pour voter,c’est ici

L’union Européenne a tardé à interdire le finning, pratique qui consiste à découper les ailerons du requin encore vivant et le relâcher à la mer. Cette pratique barbare permet aux pêcheurs et braconniers d’optimiser le stock dans leurs cales et de pêcher des espèces de requin « protégées ». Aujourd’hui, nous demandons l’arrêt du commerce des ailerons pour mettre un terme au finning.

Un bref retour en arrière…

2003, le règlement de l’UE interdit le finning mais permet des dérogations (largement utilisées par l’Espagne et le Portugal).

Novembre 2012 : Vote du Parlement européen en faveur de la correction des failles du règlement de 2003 suite à la pression d’associations.

L’interdiction du finning est validée en juin 2013 par le conseil des ministres.

Cependant, le commerce des ailerons de requins reste légal sur le territoire de l’UE.

L’Espagne, 1er pays pêcheur de requins de l’UE, et dans le Top 3 au niveau mondial continue d’ approvisionner les pays asiatiques.

Agir pour interdire le commerce des ailerons.

L’initiative citoyenne européenne : Depuis 2012, les citoyens européens ont le droit de s’adresser directement à la Commission européenne via une initiative citoyenne européenne pour proposer un amendement législatif concret.

Sharkproject et Sea Shepherd Global ont initié cette demande et ont été rejoins par d’autres associations dont Sauvegarde des Requins.

Les requins ont besoin de 1 million de signatures européennes. A vous de jouer, voter, partager, partager, partager…Cette victoire sera la vôtre.

Pour voter,c’est ici

Le site dédié #stopfinning, stop the trade : ici

#Stopfinning #Stopthetrade – ©stop-finning.eu

Livrets …apprendre en se requinquant

Notre association a créé 2 nouveaux livrets de sensibilisation, cette fois-ci à destination des enfants (mais pas que!) : 1 livret pédagogique et 1 livret « jeux ». Ils sont, comme l’ensemble de nos supports de sensibilisation gratuits et téléchargeables.

Une nouvelle exposition photo de sensibilisation se déroulera cet été. Elle a dû malheureusement être reportée une 2ème fois suite aux événements que vous connaissez.

N’hésitez pas à nous dire ce que vous pensez de ces livrets ou à nous poser vos questions à l’adresse mail suivante : sauvegardedesrequins@orange.fr.

Sauvegarde des Requins, une équipe 100% bénévole.

COP13 de la CMS

Gandhinagar, 22 février 2020 – La treizième session de la Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (COP13 de la CMS) s’est conclue aujourd’hui à Gandhinagar, en Inde, avec l’adoption d’un certain nombre de résolutions et de décisions importantes pour répondre aux besoins de conservation des espèces migratrices du monde entier et faire face aux menaces qui pèsent sur elles.

Concernant les espèces de requins :

Le requin océanique rejoint l’Annexe I qui offre la protection la plus stricte.

Le requin-marteau commun et le requin-hâ ont été inscrits à l’Annexe II, qui énumère les espèces migratrices ayant un état de conservation défavorable et pouvant bénéficier d’une coopération internationale renforcée et d’actions de conservation

A savoir

Le Requin océanique est en danger critique d’extinction. Le requin marteau commun et le requin Hâ sont considérés comme vulnérables.

Pour en savoir plus sur la Convention sur la conservation des espèces migratrices : ici

https://sauvegardedesrequins.fr/cites-cms/cms/

Les attaques de requins dans le monde en 2019

Le rapport de l’ISAF (The International Shark Attack File) pour l’année 2019 vient de paraître. Nous vous proposons de le découvrir.

The International Shark Attack File a enquêté sur 140 interactions Homme-Requin présumées dans le monde en 2019. L’ISAF confirme 64 attaques de requins non provoquées contre des humains et 41 attaques provoquées confirmées.

Rappel

Les «attaques non provoquées» sont définies comme des incidents où une attaque contre un être humain (vivant) se produit dans l’habitat naturel du requin sans provocation sur le requin.

Les «attaques provoquées» se produisent lorsqu’un homme initie une interaction avec un requin d’une manière ou d’une autre. Il s’agit notamment des cas où les plongeurs sont mordus après avoir harcelé ou tenté de toucher des requins, des attaques contre des pêcheurs pratiquant la pêche sous-marine, des attaques contre des personnes tentant de nourrir des requins, des morsures se produisant lors du décrochage ou du retrait d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Sur les 35 cas restants, 12 impliquaient des morsures sur des navires marins motorisés ou non (« attaques de bateaux »), 1 impliquait des morsures post mortem infligées par des requins et 1 cas impliquait un plongeur dans un aquarium public. 3 cas ont été considérés comme «douteux» ou incidents qui ne devaient probablement pas être imputés aux requins.

Enfin, 9 cas pour lesquels l’interaction requin-homme a été confirmée, mais la nature de l’incident est restée floue. Aussi, aucune affectation n’a pu être faite.

Aperçu de 2019

Il y a eu 5 attaques mortelles cette année, dont 2 confirmées comme non provoquées. Ce nombre correspond à la moyenne mondiale annuelle de 4 décès par an.

Le nombre total d’attaques de requins non provoquées dans le monde est nettement inférieur à la moyenne
Le total mondial de 64 cas confirmés non provoqués en 2019 est inférieur à la moyenne quinquennale la plus récente (2014-2018) de 82 incidents par an. Il y a eu cinq attaques mortelles cette année, dont deux ont été confirmées comme non provoquées. Ce nombre correspond à la moyenne mondiale annuelle de quatre décès par an.

Les points bleus représentent des incidents non provoqués (64) et les points oranges des décès (2).

L’ISAF n’accorde pas d’importance aux tendances à court terme, car les fluctuations annuelles des interactions requin-homme sont courantes. La variabilité d’une année à l’autre des conditions océanographiques, socioéconomiques et météorologiques influence considérablement l’abondance locale des requins et des hommes dans l’eau, augmentant les possibilité de rencontre.

Plus il y a d’humains dans la mer, plus il y a d’interactions homme-requin.

Le nombre d’interactions homme-requin est fortement corrélé au temps passé par l’homme dans la mer. À mesure que la population humaine continue de croître et que l’intérêt pour les activités récréatives aquatiques en plein air augmente, la fréquence des attaques de requins augmentera probablement. La sensibilisation du public aux problèmes liés aux requins a augmenté en raison de la couverture médiatique des requins et de l’amélioration des communications mondiales entre l’ISAF, les observateurs scientifiques et les organisations de sécurité des plages. Cela a conduit à une amélioration des données des interactions homme-requin.

Les États-Unis en tête en termes de nombre d’attaques non provoquées en 2019.

Les États-Unis ont connu, en 2019, 41 cas confirmés d’attaques de requins non provoquées. C’est plus élevé que les 32 incidents survenus aux États-Unis en 2018. Les 41 cas représentent 64% du total mondial. Il s’agit d’une augmentation par rapport à 2018, avec 48% des attaques non provoquées dans le monde ont eu lieu aux États-Unis.

Le total de 11 incidents non provoqués en Australie est inférieur à la moyenne annuelle quinquennale la plus récente et ses 16 incidents. 2019 compte 6 attaques en Nouvelle-Galles du Sud, 4 dans le Queensland et 1 en Australie-Occidentale.

Les îles Bahamas ont subi 2 attaques en 2019, dont 1 mortelle. Le dernier décès non provoqué de l’année s’est produit à la Réunion. Des incidents uniques se sont produits aux îles Canaries, aux Caraïbes, à Cuba, en Polynésie française, à Guam, en Israël, au Mexique, en Nouvelle-Calédonie et en Afrique du Sud.

Zoom sur les Etats Unis

La Floride connait le plus d’attaques non provoquées.

Pendant des décennies, la Floride a dépassé les palmarès mondiaux du nombre d’attaques de requins, et cette tendance s’est poursuivie en 2019. Les 21 cas de la Floride représentent 51% du total américain et 33% des attaques non provoquées dans le monde. Cependant, l’État a connu une baisse importante par rapport à sa moyenne annuelle quinquennale la plus récente avec 32 incidents.

Des attaques de requins non provoquées ont également eu lieu à Hawaï (9), en Californie (3) et en Caroline du Nord (3), avec des incidents uniques en Géorgie, en Oregon, au Rhode Island, en Caroline du Sud et dans les îles Vierges.

La plupart des attaques liées au surf et aux sports de glisse

Les surfeurs et les pratiquants de sports de glisse sont les 1ers concernés (53% du total des cas). Ces derniers passent beaucoup de temps dans la zone de surf, une zone fréquemment fréquentée par les requins, et peut attirer des requins involontairement en éclaboussant, pagayant…Les nageurs et les pêcheurs (à pieds) ont représenté 25% des incidents, les incidents restants étant divisés entre plongeurs en apnée / plongeurs libres (11%), body-surfeurs (8%) et plongeurs sous-marins (3%).

Le risque d’attaque de requin reste extrêmement faible

Le nombre total d’attaques de requins non provoquées dans le monde est extrêmement faible, étant donné le nombre de personnes qui pratiquent des loisirs aquatiques chaque année. Les taux de mortalité ont diminué pendant des décennies, reflétant les progrès de la sécurité des plages, des traitements médicaux et de la sensibilisation du public. Cela souligne l’importance des efforts mondiaux pour améliorer le sauvetage en mer, les soins médicaux et l’éducation des requins.

Les requins jouent un rôle clé dans la santé des océans

En moyenne, il n’y a que 4 décès attribuables aux attaques non provoquées de requins dans le monde chaque année

La plupart des populations mondiales de requins sont en déclin ou existent à des niveaux considérablement réduits, en raison de la surpêche et de la perte d’habitat. En moyenne, il n’y a que quatre décès attribuables aux attaques non provoquées de requins dans le monde chaque année. En revanche, les pêcheries éliminent environ 100 millions de requins et de raies chaque année.

En tant que prédateurs, les requins éliminent les animaux faibles et malades, améliorant la santé globale de leur environnement et aidant indirectement les stocks halieutiques du monde entier. Les données régionales montrent que lorsque les protections sont appliquées, les populations se rétablissent. Cependant, parce que les requins et les raies sont lents à se reproduire, les populations peuvent mettre plusieurs décennies à se remettre à des niveaux où elles n’ont plus besoin de protection.
Des rapports récents de pêcheurs commerciaux et de plaisance le long de la côte est des États-Unis font état de regroupements denses de requins. Ces observations ont conduit à affirmer que les populations de requins se sont déjà rétablies. Les données du recensement à l’échelle régionale ne soutiennent pas cette idée. Bien qu’elles soient souvent impressionnantes, ces agrégations sont très localisées et sont probablement le résultat d’une diminution de la distribution et de l’abondance des espèces de proies, plutôt que le reflet d’un rétablissement à plus grande échelle. Les requins et leurs habitats ont toujours un besoin critique de conservation pour assurer leur durabilité à long terme.

Source ISAF. Traduction Sauvegarde des Requins

Silence, on tue !

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Partie 5

Au final ce tissu de contre-vérités trouve son explication dans une déclaration du « responsable scientifique » du CSR (Quotidien du 19/12/19) : « la pêche doit se pratiquer partout et tout le temps ». La pêche à outrance est devenue le nouveau crédo du CSR et de l’Etat, incapables qu’ils sont de mettre en place des solutions alternatives non létales. 

Où sont passés les résultats des tests financés par le contribuable et entrepris par le CSR sur les barrières magnétiques, le sonar de détection, les équipements de protection individuels destinés aux surfeurs (tests réalisés en Nouvelle Calédonie) ? Aux oubliettes…

Tuer des requins, c’est beaucoup plus simple, ça calme une frange de l’opinion publique, et ça rapporte un maximum à certaines catégories de personnes.

Entre le début de la chasse aux requins en 2013 et le 30 novembre 2019, l’Etat a liquidé pas moins de 415 requins tigres et bouledogues dans les eaux réunionnaises. En pure perte.

Le ministère des outre-mer nous l’a bien confirmé : incapable de trouver une solution viable, l’Etat ne veut surtout pas que le public dise qu’il ne fait rien et reste les bras croisés. Et il veut encore moins être traîné en justice dans des procédures en responsabilité.

Alors il ouvre grand le parapluie, et il tue des requins, au moins là il fait quelque chose. 

Le CSR bénéficie de 2 millions d’euros de budget annuel, dont 800 000 euros rien que pour la pêche aux requins. Dans le prévisionnel 2020, le seul « coordonnateur du programme de pêche » est rémunéré 5000 euros mensuels. Pendant ce temps la SNSM locale (Société Nautique de Sauvetage en Mer) – qui fonctionne uniquement avec des bénévoles – a fermé boutique le 30/11/19, faute de subventions pour s’acheter…..des gilets de sauvetage conformes à la réglementation.

Lamentable !

En guise de conclusion, nous aimerions vous soumettre cette déclaration (Quotidien du 30/12/19) de Mme Alice Lemoigne, triple championne du monde de longboard ISA, une référence réunionnaise en matière de surf, qui est revenue vivre et s’entraîner sur son île fin 2018 :

« La réunion, ce n’est pas les Dents de la Mer ! Oui, il y a des requins. Et il faut faire très attention. Prendre ses précautions. Je m’entraîne soit avec la présence des vigies soit avec mon Shark Shield (un dispositif de répulsion électrique anti-requins, N.D.L.R.) en respectant toutes les règles de sécurité qui consistent à ne pas aller à l’eau quand les conditions ne sont pas bonnes, et j’arrive à m’entraîner sans problème. Toutefois, je précise que je n’incite pas les gens à aller surfer en disant cela. Je dis juste combien je mesure le risque et comment je prends mes responsabilités en sortant protégée. Il y a une psychose autour des activités nautiques à la Réunion ».

Une déclaration courageuse et empreinte d’honnêteté et d’un solide bon sens, les mêmes qui manquent cruellement au CSR et à l’Etat français dans cette affaire !

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Comment pêcher sans attirer : la recette du CSR

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Partie 4

Le CSR affirme que les engins de pêche ne sont pas dangereux et que « la pêche de prévention dans les zones côtières n’attire pas plus de requins dangereux à la côte ». Une affirmation qui serait étayée par « une analyse statistique rigoureuse » dont les résultats sont que « ni l’appâtage, ni les types d’appâts, ni la présence de captures sur les lignes, n’ont augmenté la présence et la durée de visite des requins dangereux détectés dans la zone d’étude ».

N’importe quel scientifique sait qu’on peut faire dire à peu près n’importe quoi aux statistiques.

Si l’appâtage n’attire pas les requins, comment se fait-il que le requin tigre, qui vit principalement au large, se retrouve pris sur les lignes à la côte dans des proportions 4 fois plus élevées qu’une espèce côtière comme le bouledogue ?!

Si les types d’appâts n’ont aucune importance, comment se fait-il que le CSR ait tenté, au départ, d’imposer aux pêcheurs des prescriptions relatives aux appâts sur les PAVAC (palangres verticales avec alerte de capture) : « Les critères usuels pour les appâts devront être respectés (longueur et poids minima des appâts respectivement de 30 cm et de 1 kg ; appâts préalablement congelés ; poissons entiers). Priorité n°1 : bonite » (rapport trimestriel d’observation RTO n°1) ?

Le non-respect systématique de ces dispositions a d’ailleurs conduit le CSR à les abandonner pour la plupart – un comble – à l’exception de l’obligation de congélation pour laquelle les observateurs indépendants précisaient à partir du 20/04/19 (RTO n°4) : « La prescription concernant la congélation préalable des appâts, mal comprise par les pêcheurs, est maintenue dans le but de limiter l’attractivité des engins à un périmètre restreint ».

Las, dans les mois suivants, cette obligation a elle aussi été abandonnée pour des appâts plus attractifs (RTO n° 5), les pêcheurs étant probablement soucieux de rentabiliser leurs sorties et le CSR désireux de tuer plus de requins bouledogues : « Pas de contrainte sur la pré-congélation des appâts, les pêcheurs pourront ainsi utiliser les appâts fraîchement pêchés par leurs soins. (…) Des appâts vivants peuvent également être utilisés (…) ».

Alors ils attirent ou ils n’attirent pas, ces engins de pêche ?

Et si l’on affirme que la présence de captures sur les lignes n’attire pas les requins, comment expliquer par exemple ce mérou croissant queue jaune et cette grande raie guitare attaqués par des requins en mai 2018 alors qu’ils étaient pris à l’hameçon (synthèse n°3) ?

Et ce commentaire du CSR lui-même en juillet 2018 (synthèse n° 7)  à propos des grandes raies guitares : « deux individus ont été retrouvés avec des blessures liées à des morsures de grands requins, illustrant le fait que cette espèce constitue une proie potentielle des grands prédateurs comme les requins bouledogues » ?

En clair, pourquoi s’encombrer d’appâts coûteux payés par le contribuable, si cela n’attire pas les espèces qu’on veut pêcher ? Autant pêcher avec des hameçons nus, non ?

Le CSR pêcherait des requins avec des appâts qui n’attirent pas les requins. Non, franchement ? Ils font comment ?

La justification de la pêche à outrance

Le « responsable scientifique » du CSR déclare dans le JIR du 19/12/19 : « Tous les requins prélevés sont disséqués et analysés par l’Université de la Réunion pour que nous puissions mieux comprendre leur comportement ». 

On ne comprend rien ou pas grand-chose au comportement d’un animal vivant en le tuant et en le dépiautant. C’est de la propagande. Tout au plus saura-t-on ce qu’il a mangé d’après le contenu de son estomac….

Pour justifier la pêche, le même « responsable scientifique » affirme que les prises de requins ciblés se font plus rares – et que par conséquent ce programme est efficace à ses yeux. Bizarre.

Sur les années 2013 à 2017 inclus – soit en 60 mois – les différents programmes de pêche (Ciguatera 1 et 2 – Valo Requin – Cap Requin 1 et 2) ont capturé 113 requins bouledogues et 137 requins tigres. En comparaison, sur 20 mois d’activité, le CSR a capturé 29 bouledogues et 114 tigres. A durée égale, si le nombre de bouledogues capturés pendant la période CSR a légèrement chuté, celui des tigres par contre a littéralement explosé en étant multiplié par un facteur 2.5 !

Qui plus est, entre avril 2019 et le 18/12/19, le nombre de captures – en majorité des tigres – s’est maintenu à un niveau élevé, atteignant même un pic à 12 requins ciblés en novembre, avec un retour en force des captures de bouledogues début décembre.

Alors comment le CSR procède-t-il à ses savants calculs ?? Vite, une étude statistique !

De la même façon il affirme que le nombre d’attaques a baissé de façon significative depuis la mise en œuvre du premier programme de pêche en 2013. 

Selon le site info-requin, il y aurait eu depuis le début du programme : 6 attaques en 2013 (dont 2 morts) ; 1 attaque en 2014 ; 4 attaques en 2015 (2 morts) ; 1 attaque en 2016 ; 3 attaques en 2017 (2 morts) ; 1 attaque en 2018 ; et 2 attaques en 2019 (2 morts). 

A noter que le chiffre élevé de 2013 est à tempérer par trois cas où il n’y a eu ni blessure ni décès : 

  • 1 chasseur sous-marin simplement chargé par un requin à cause du poisson pêché,
  • 2 surfeurs pour lesquels « l’attaque » s’est résumée à une « légère trace sur la planche ».

Alors honnêtement, au moins en nombre de morts, nous ne voyons pas où se situe la baisse « significative ». Les morts de la « crise requin » apprécieront…..

Pour le reste, il nous semble essentiel de souligner que si le nombre d’attaques a pu paraître diminuer, c’est aussi et surtout lié au fait que :

  • Depuis juillet 2013, un arrêté préfectoral interdit la baignade et les activités nautiques sur la quasi-totalité du littoral,
  • La fréquentation des spots par les surfeurs – principale communauté visée par les accidents – a considérablement chuté,
  • Ces derniers ont fini, bon gré mal gré, par modifier leur attitude en termes de pratique : ils sont devenus plus prudents, surfent moins n’importe quand, et sont souvent désormais équipés de dispositifs individuels de répulsion (cf. conclusion).

De ce fait, la probabilité de rencontre entre les requins et les surfeurs a donc aussi largement chuté, ce que le CSR se garde bien de mettre en avant : la pêche avant tout !

Partie 5 : Silence, on tue !

Chiffres et transparence…partie 3

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Des chiffres un peu bizarres

Le CSR affirme qu’au 18 décembre 2019 (date de la conférence de presse) le ciblage des espèces (% de requins ciblés capturés) était à la Réunion de 37% tandis que le taux de relâche (et non de survie comme l’affirme le CSR) des captures accessoires était de 85%. Au 30 novembre 2019, ces taux étaient respectivement de 33% et de 81%.

Remarquons déjà que depuis le 7 juillet 2018 (synthèse n°6), le taux de relâche des captures accessoires revendiqué par le CSR est systématiquement supérieur de 1 à 2% au taux réel. Erreur de calcul (systématique ??) ou tromperie volontaire, la question est posée.

Pour le reste, nous sommes contents de savoir que ces taux ont grimpé en flèche en 18 jours, juste avant la conférence de presse, en particulier le taux de relâche qui stagnait entre 79% et 81% depuis le 17 août 2018 (synthèse n°9)…..

Une « transparence » quelque peu opaque

Pour souligner sa « transparence », le CSR affirme que « des observateurs indépendants embarquent régulièrement afin d’évaluer le respect du cahier des charges et des préconisations de pêche. Ils établissent des rapports trimestriels disponibles en ligne sur info-requin.re. Des synthèses régulières des opérations de pêche sont publiées mensuellement sur info-requin.re ».

On se reportera aux synthèses en question : le constat est édifiant. Exemple pour novembre 2019 :

  • Sur 10 jours de pêche en baie de St-Paul, 1 seul jour avec observateur embarqué ;
  • Sur 15 jours de pêche à St-Pierre, 2 jours avec observateur embarqué, etc….

Et tout est à l’avenant.

Quant aux rapports trimestriels, ils précisent que les observations embarquées ont représenté depuis le 1er juillet 2018 entre 4.7% et 7.5% de l’effort de pêche.

En fait les sorties avec observateur embarqué représentent l’exception ! Alors où se situe la fameuse transparence ?

Qui plus est, les derniers rapports et synthèses de pêche ont été publiés avec deux mois et demi de retard….le jour même de la conférence de presse. Vivement la prochaine conférence !

Et ce nonobstant les erreurs qui émaillent les différentes synthèses et qui n’ont jamais été corrigées. Exemples :

  • La synthèse n° 15 fait état, dans le total cumulé, de 2 bouledogues + 1 tigre capturés pour cette période alors qu’il y a 2 bouledogues + 4 tigres capturés ;
  • La synthèse n° 20 fait état de seulement un tigre capturé mais comptabilise néanmoins 2 requins ciblés capturés ;
  • La synthèse n° 26 fait état de 9 requins ciblés capturés alors qu’il y a 2 bouledogues + 9 tigres capturés ;
  • La synthèse n° 31 mentionne : « 1 requin tigre vivant, échappé ». Mais le compte quand même dans les requins prélevés.
  • Le rapport trimestriel d’observation n°5 fait état de la capture d’un requin chagrin (Centrophorus granulosus) relâché fatigué. Or ce dernier n’apparaît nulle part dans les synthèses du CSR. Probablement confondu avec un requin sagrin (Loxodon macrorhinus).

Partie 4 : Comment pêcher sans attirer : la recette du CSR

Un impact minimal ?

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Suite …Partie 2

C’est ainsi que par exemple en 20 mois :

  • Sur 11 murènes capturées, 10 sont mortes,
  • Sur 41 carangues gros-tête capturées, 10 sont mortes et 4 ont été relâchées « fatiguées »,
  • Sur 10 requins sagrins capturés, 4 sont morts et 2 relâchés « fatigués »,
  • Sur 35 requins marteaux capturés (commun ou halicorne), 13 sont morts et 6 relâchés « fatigués ». Notez que le marteau halicorne a un statut UICN « mondialement en danger », tandis que le marteau commun est classé « vulnérable ».
  • 28 grandes raies guitares ont été capturées dont 1 est morte et 1 relâchée fatiguée (espèce classée « en danger critique d’extinction » par l’UICN).

Outre le fait que des individus relâchés « fatigués » ont peu de chances de survie à court terme, du fait des conséquences de la capture (manque d’oxygénation et paralysie des muscles par l’acide lactique lorsque le poisson a épuisé ses réserves d’énergie à force de tirer sur la ligne). S’ils ne sont pas tout simplement dévorés par d’autres prédateurs…..

Comme le précise le CSR à propos du requin marteau halicorne (synthèse n° 13), « cette espèce est une des plus fragiles parmi les requins car elle se paralyse vite en cas de capture ».

Sans parler évidemment des dégâts causés par les hameçons aux organes internes, lorsqu’ils sont accrochés en profondeur donc impossibles à retirer.

A ce propos le CSR avait bien tenté, dans le cahier des charges, d’imposer aux pêcheurs des préconisations concernant les hameçons, notamment l’utilisation d’hameçons en acier oxydable afin que, si l’hameçon était impossible à retirer, il puisse se dégrader assez vite au contact de l’eau de mer. Mais cette exigence n’a jamais été respectée et a été finalement abandonnée (synthèse n° 4, rapports trimestriels d’observation n°1 à 4).

Alors il est où le « respect de l’environnement » ?!

….Et « on restaure les équilibres »

Le CSR prétend que « la pêche de prévention « à la réunionnaise » (….) contribue à restaurer les équilibres entre espèces dans les eaux côtières ».

Affirmation gratuite et sans aucun fondement scientifique. Des technocrates imbus de leurs certitudes qui jouent aux apprentis-sorciers avec la Nature en détruisant systématiquement certaines espèces marines sans s’attaquer le moins du monde aux causes du problème : la pollution organique et terrigène des eaux côtières et la surpêche qui prive les requins de leur nourriture de base, le poisson. Qui plus est, le sous-préfet de Saint-Paul prétend maintenant aller systématiquement pêcher le requin dans les zones de protection renforcée de la réserve nationale marine ! Probablement pour restaurer les équilibres entre les espèces…..

Partie 3 : Des chiffres un peu bizarres

A propos de la campagne de « pub » du Centre Sécurité Requin…

Notre collectif d’associations contre cette chasse aux sorcières répond à la « propagande » de l’ancien CRA ( Centre de Ressources et d’Appui) devenu récemment CSR (Centre Sécurité Requin) et toujours autant financé par nos autorités.

Le Centre Sécurité Requin de la Réunion (CSR, ex-CRA) nous a gratifiés récemment (conférence de presse du 18/12/19) d’une campagne de « pub » destinée à justifier son bilan en matière de pêche aux requins. Nous avons appris à cette occasion nombre de choses intéressantes que nous aimerions partager avec le public. Chacun peut se reporter aux articles parus dans la presse les 18 et 19/12/19, ainsi qu’à la présentation de la conférence, aux synthèses mensuelles et aux rapports trimestriels des opérations de pêche publiés sur le site www.info-requin.re.

Sus aux bouledogues !

Dans les objectifs de son programme, le CSR se targue « de diminuer le nombre de requins bouledogues (principaux responsables des attaques mortelles) ».

Entre le 29 mars 2018 et le 30 novembre 2019, soit en 20 mois de pêche, le CSR a effectivement liquidé 29 requins bouledogues, mais aussi et surtout…..114 requins tigres !

Depuis le début de l’activité de pêche du CSR, la proportion de requins tigres tués est systématiquement 4 fois plus élevée que celle des requins bouledogues.

Pourtant – le CSR le reconnaît lui-même – le requin tigre est très peu impliqué dans les accidents.

Pourtant le requin tigre vit au large et se trouve attiré vers les milieux côtiers par les déchets ramenés par les cours d’eau, la pollution côtière (eaux usées), les rejets organiques (sacrifices animaux, déchets des pêcheurs et des poissonneries, rejets des industries de la pêche), les appâts immergés par le CSR, etc…, (cf. études CHARC et ECoReCo-Run sur le site info-requin).

Pourtant les études génétiques menées par l’université de la Réunion et des universités australiennes ont montré la grande vulnérabilité de ses populations dans la zone.

Pourtant il est déjà – comme le requin bouledogue – inscrit sur la liste rouge de l’UICN avec un statut « quasi menacé d’extinction » principalement du fait de sa surpêche.

En fait le requin tigre sert surtout au CSR à « faire du chiffre » pour gonfler ses statistiques de pêche….

« On respecte l’environnement » qu’ils disent….

Le CSR affirme qu’il s’agit d’« un programme respectueux de l’environnement ». Et se vante « de contribuer à préserver l’ensemble de l’écosystème avec un impact minimal sur les autres espèces de prédateurs fréquentant les zones côtières où cette pêche est déployée ». Sans rire ?!

Les requins tigres et bouledogues, en tant que prédateurs de fin de chaîne alimentaire, sont des maillons essentiels de l’équilibre des écosystèmes marins. Dire que leur élimination systématique contribue à préserver l’ensemble de l’écosystème est un mensonge éhonté.

Les requins – en particulier le requin tigre, véritable « éboueur des mers » – sont les garants de la bonne santé des populations d’animaux marins, en éliminant les cadavres et les animaux malades et/ou génétiquement faibles. Les détruire, c’est mettre en danger la ressource halieutique et la biodiversité marine.

Quant à l’impact « minimal » sur les autres espèces de prédateurs : en 20 mois, le CSR a pêché 29 requins bouledogues (7% des prises), 114 requins tigres (26%) et…..290 prises accessoires (67%) dont 56 (19%) étaient déjà mortes à l’arrivée des pêcheurs. Ce programme de pêche capture en priorité des prises accessoires. Effectivement l’impact est « minimal »…..

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Partie 2 : Un impact minimal ?

Partie 3 : Des chiffres un peu bizarres

Partie 4 : Comment pêcher sans attirer : la recette du CSR

Partie 5 : Silence, on tue !

Notre collectif d’associations : Sauvegarde des Requins – Tendua – Vagues – Requins Intégration – Sea Shepherd France – Longitude 181 – ASPAS – One Voice