Le Costa Rica utilise INTERPOL pour avertir d’une nouvelle pratique illégale de « Finning »

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Communiqué de presse, INTERPOL, 6 novembre 2013

LYON , France – Une alerte concernant une méthode de prélèvement des ailerons de requin visant à éviter la détection des pratiques illégales a été distribuée aux 190 pays membres d’INTERPOL après qu’un cas a été identifié par les autorités du Costa Rica.

Cette nouvelle pratique consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Cette méthode vise à contourner la législation interdisant le finning qui stipule que les ailerons du requin doivent être «naturellement attachés » à l’organisme.

San José Gustavo Chinchilla, responsable du BCN d’Interpol a déclaré: « C’est une occasion pour encourager d’autres pays membres à  partager les types de modes opératoires considérés comme crimes contre l’environnement, afin d’alerter les autorités. Je crois fermement que la coopération et l’utilisation des outils d’INTERPOL, nous permettent d’offrir une réponse plus coordonnée et plus efficace pour résoudre les problèmes de la pêche ».

 » C’est maintenant le deuxième avis Violet émis en relation avec la criminalité de la pêche, et nous espérons que cela encouragera d’autres pays membres à faire un usage accru des notices Interpol pour lutter contre tous les types de crimes contre l’environnement « , a ajouté M. Higgins, directeur de l’unité de sécurité de l’environnement d’INTERPOL.

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Le Costa Rica a demandé à Interpol d’émettre un « avis Violet » pour avertir les autres pays membres de l’apparition d’une nouvelle méthode illégale d’enlèvement des nageoires de requin.

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La méthode vise à contourner la législation interdisant la pratique du finning qui stipule que les ailerons du requin doivent être «naturellement attachés» à l’organisme.

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L’avis Violet a été publiée sous l’égide du programme Scale d’INTERPOL, une initiative mondiale visant à détecter, réprimer et combattre la criminalité de la pêche qui  coûterait à l’économie mondiale jusqu’à 23 milliards de dollars chaque année, et qui est liée à d’autres formes de criminalité organisée et transnationale y compris la corruption, le blanchiment d’argent, la fraude, la traite des êtres humains et le trafic de drogue. Ce programme a été lancé en Février 2013 et est financé par le ministère norvégien des Affaires étrangères, le Département d’État et les Pew Charitable Trusts US .

Source : INTERPOL

De lointains cousins des requins ont survécu plus longtemps qu’on ne le croyait

Une lignée de requins qu'on croyait disparue lors de l’extinction massive du Permien, il y a 250 millions d'années, vivait encore 120 millions d'années plus tard, à l'époque du Crétacé, si l'on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le sud de la France.(c) Afp

Une lignée de requins qu’on croyait disparue lors de l’extinction massive du Permien, il y a 250 millions d’années, vivait encore 120 millions d’années plus tard, à l’époque du Crétacé, si l’on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le sud de la France. (c) Afp

Paris (AFP) – Une lignée de requins qu’on croyait disparue lors de l’extinction massive du Permien, il y a 250 millions d’années, vivait encore 120 millions d’années plus tard, à l’époque du Crétacé, si l’on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le sud de la France.

C’est en cherchant des fossiles de requins modernes -lointains cousins, comme les raies, de ces requins aujourd’hui disparus- que des paléontologues du Muséum de Genève et de l’Université de Montpellier ont découvert six dents fossiles d’à peine 2 mm, dans un gisement fossilifère proche de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard).

L’équipe de Guillaume Guinot (Muséum de Genève) a établi que les caractéristiques de ces dents étaient propres aux Cladodontomorphes, une lignée de requins qu’on croyait entièrement disparue à la suite de la crise biologique survenue à la limite Permien-Trias.

Or les dents fossiles représentant trois espèces différentes de cette lignée de requins ont été trouvées dans des sédiments de roche datant du début du Crétacé (-130 millions d’années), lorsque l’océan recouvrait l’actuelle région de Montpellier.

Cette découverte, publiée mardi dans la revue Nature Communications, montre, selon les paléontologues, que les requins de Saint-Hippolyte-du-Fort ont survécu près de 120 millions d’années après la grande extinction du Permien, qui a décimé la vie océanique.

Les Cladodontomorphes étaient de mini-requins, qui ne dépassaient pas les 30 cm. « Ce n’était pas de grands prédateurs », a relevé Guillaume Guinot. Ils pouvaient en revanche présenter des « morphologies extravagantes », comme « une sorte de peigne dorsal » ou un « crochet au-dessus de la tête », à la place de la nageoire dorsale, selon les espèces.

Les fossiles ont été retrouvés dans des « sédiments qui se sont constitués dans une mer assez profonde », a raconté Guillaume Guinot à l’AFP. D’où l’hypothèse avancée par les paléontologues selon laquelle quelques espèces de Cladodontomorphes ont pu échapper à l’hécatombe en se réfugiant dans des eaux plus profondes.

La découverte montre « l’intérêt des milieux marins profonds dans la compréhension de la biodiversité », a souligné Guillaume Guinot.

Source : AFP, Octobre 2013

L’Inde interdit le finning pour protéger des espèces

A worker collects pieces of shark fins dried on the rooftop of a factory building in Hong Kong on January 3, 2013. File Photo

Un travailleur collecte les ailerons de requins séchés sur le toit d’un bâtiment de l’usine à Hong Kong le 3 Janvier 2013

Traduction de l’article : India bans shark ‘finning’ to protect species (26 août 2013)

L’Inde a interdit la pêche des requins uniquement pour leurs ailerons dans un mouvement visant à protéger les espèces menacées.

La pratique du shark  » finning « , ou à couper les nageoires des requins puis les jeter à la mer et les laisser mourir lentement de faim ou de l’impossibilité de se déplacer, a explosé dans le monde entier en raison de la demande en Chine, où la soupe d’ailerons de requin est considéré comme un mets de choix.

L’Inde énumère plusieurs dizaines d’espèces de requins dans ses eaux en voie de disparition, dont les marteaux, les requins à grandes ailes et les requins -baleine.

En vertu de la nouvelle politique du ministère de l’Environnement, annoncé lundi, les pêcheurs pris avec des ailerons seuls risquent jusqu’à sept ans de prison pour la pêche d’espèces en voie de disparition.

Dans le monde, les populations des requins sont en forte baisse, avec certaines espèces qui représentent aujourd’hui que dix pour cent de ce qu’elles étaient il y a trois décennies. Leur disparition menace la santé des écosystèmes océaniques, disent les experts, ces grands prédateurs sont essentiels pour maintenir l’équilibre des populations de poissons et de tortues. Des dizaines de millions sont capturés chaque année.

La croissance du finning pour alimenter le marché chinois a posé une menace majeure pour les requins.

L’Inde est le deuxième plus grand pays du monde dans la capture des requins derrière l’Indonésie, les deux pays représentant à eux seuls 20 pour cent des captures de requins chaque année, selon un rapport publié par l’agence TRAFFIC. (Voir article)

La plupart des pêcheurs indiens capturent des requins principalement pour la nourriture, mais ils exportent aussi les ailerons à l’étranger. Les ailerons doivent dorénavant être enlevés une fois que les requins sont à terre.

L’année dernière, les pêcheurs indiens ont exporté pour 4,8 millions de dollars d’ailerons de requins en Chine, un chiffre en baisse puisqu’il représente moins de la moitié des 11,3 millions de dollars en 2010, malgré une demande soutenue.

«Les pêcheurs disent que le nombre de requins qu’ils ont été en mesure d’attraper a réellement baissé « , a déclaré C. Samyukta de Humane Society International.

Les écologistes ont applaudi la décision du ministère comme la clé pour mettre fin à une pratique cruelle qui menace de pousser certaines populations de requins au bord de l’extinction.

«Compte tenu de la situation périlleuse de nombreuses espèces de requins , nous exhortons les gouvernements des États à agir rapidement et à travailler pour faire appliquer la politique « , a déclaré Belinda Wright, de la Société de protection de la faune de l’Inde (Wildlife Protection Society of India).

Les requins, pas si sanguinaires, menacés par l’homme

Monaco (AFP) Le requin est-il cet effrayant prédateur de l’homme qui hante l’imaginaire collectif? Des experts réunis lundi à Monaco dressent un constat préoccupant: l’espèce, pas si meurtrière, essentielle aux écosystèmes marins, est en passe d’être exterminée par l’homme.

« Chaque année plus de 100 millions de requins sont tués, dont 60 millions pour récupérer leurs ailerons très prisés en Asie, notamment en Chine et à Hong Kong », souligne Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco, qui avait rassemblé lundi scientifiques et associations environnementales.

« On peut penser que dans 10-20 ans, la population des requins va disparaître », s’inquiète le responsable. Or, « dans l’écosystème, les requins sont au sommet de la chaîne alimentaire, ils mangent des poissons malades et régulent les poissons carnivores ». « Sans eux tout s’écroulerait: l’océan serait plein d’algues et de méduses ».

La biologie spécifique des requins les rend vulnérables face à la surpêche: ces prédateurs des mers prennent leur temps pour se reproduire.

Au ban des accusés: la soupe aux ailerons de requins, plat traditionnel chinois et symbole de réussite sociale. L’explosion de la demande au sein de la classe moyenne entretient la pratique du « finning », qui consiste à découper leurs ailerons à bord des bateaux avant de rejeter les requins agonisants en mer.

La pratique, qui favorise la surpêche, commence à être plus encadrée. « Il n’y aura plus de découpe d’ailerons sur les navires européens », se félicite Nicole Aussedat, responsable française de « Shark Alliance », une coalition de 130 ONG européennes qui revendique six années de lobbying auprès des décideurs européens. Le « finning » pratiqué par l’Espagne et le Portugal vient d’être interdit au sein de l’Union européenne. Les requins pêchés seront débarqués entiers.

Elle évoque aussi quelques « avancées dans les mentalités en Chine, où certains hôtels ne veulent plus servir de soupe aux ailerons ».

Le requin est-il cet effrayant prédateur de l’homme qui hante l’imaginaire collectif? Des experts réunis lundi à Monaco dressent un constat préoccupant: l’espèce, pas si meurtrière, essentielle aux écosystèmes marins, est en passe d’être exterminée par l’homme.

Dépassionner le débat

Le message pourtant a encore du mal à toucher le grand public, nourri de films hollywoodiens peuplés de mâchoires assoiffées de sang. Et la médiatisation des décès de surfeurs, notamment sur l’île de la Réunion, n’est pas rassurante.

« Il y a une centaine d’attaques de requins par an dans le monde et moins de dix décès », tempère Robert Calcagno. Les méduses entraînent 50 décès par an, les frelons 500, les serpents 100.000, les moustiques véhiculant des maladies 800.000, les accidents de la route 1,2 million…

Sur 500 espèces de requins, 80% ne dépassent pas 1,60 mètre et ne sont pas dangereux. Seules six espèces, dont le grand requin blanc, présentent un risque.

« Le requin n’est pas ce tueur sanguinaire décrit dans +Les Dents de la mer+, ce n’est pas non plus un nounours inoffensif. La plupart du temps, il n’a pas envie de nous pourchasser », précise Robert Calcagno. « Le requin n’aime pas la chair humaine qui n’est pas assez grasse, il préfère les otaries ou les thons ».

Le requin est au centre d’une « explosion » de recherches depuis une quinzaine d’années, grâce à des nouveaux outils comme des balises, remarque Armelle Jung, biologiste marin.

Marc Soria, responsable depuis deux ans du programme « Charc », étudie ainsi l’écologie de leur habitat sur la côte ouest de la Réunion. Il suit 80 requins-tigres et requins-bouledogues, préalablement marqués, un travail qui a déjà permis de conclure que le risque pour l’homme n’était « pas permanent » mais circonscrit « à certaines périodes de l’année ».

Chez les surfers (cibles parfois trop mouvantes en eaux troubles) les règles de sécurité s’affinent. Le risque est aussi réduit par la présence d’apnéistes. Nathalie Van den Broeck, responsable d’une association environnementale de surfers, souligne que l’émotion forte à la Réunion ne doit pas « mener à un massacre de requins ».

Malgré les avancées, l’océanographe François Sarano se montre pessimiste sur l’image du requin auprès du grand public. « Dépassionner le débat est difficile », dans un monde « où l’on veut se couvrir contre tous les risques. » « Nous avons de moins en moins de contacts avec la vie sauvage, notre ignorance grandit », déplore-t-il.

AFP, 10 juin 2013

Le Japon va rejeter les nouvelles règles de protection des requins

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TOKYO – Le gouvernement japonais a décidé vendredi de rejeter la nouvelle régulation internationale de protection de cinq espèces de requins menacés par la surpêche.

Le Japon va émettre une réserve sur le renforcement des règles décidé par les 178 pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) lors d’une réunion en mars à Bangkok.

Les pays membres avaient voté, en séance plénière, pour la protection du requin océanique à pointe blanche (ou requin longimane), de trois requins-marteaux (halicorne, grand et lisse) et du requin-taupe.

Mais pour le gouvernement japonais, ces espèces doivent être gérées par les organisations de pêche existantes et non par la Cites, a expliqué un diplomate nippon.

Le Japon avait tenté en vain, aux côtés de la Chine, de bloquer le vote de cette nouvelle régulation à Bangkok. Les ailerons de requin sont vendus très cher en Asie où ils sont considérés comme un mets délicat.

Selon l’ONG Traffic, le commerce d’ailerons est estimé à plus de 480 millions de dollars par an. Environ 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde, selon l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui estime que 90% de la population de l’animal a disparu en un siècle.

La décision de Tokyo risque de soulever une vague de protestation contre le Japon, dont l’appétit insatiable pour les poissons et fruits de mer est accusé de menacer de nombreuses espèces, dont certains thons rouges.

Le Japon fait aussi l’objet de critiques régulières pour son programme de pêche baleinière, officiellement organisé à des fins scientifiques. La chair des baleines pêchées par les Nippons termine toutefois sur les étals.

(©AFP / 31 mai 2013 11h29)

La Chine ignore l’inscription à l’Annexe III de deux espèces de requins

Traduction de l’article de Helmut Nickel, Shark Year Magazine, (version originale : ici) 02. Mai 2013

« Selon une notification de la CITES (sorti le 09. Avril 2013), le Secrétariat de la CITES a été informé que, le 26. Février 2013, la Chine a émis des réserves concernant l’inscription du requin taupe commun (Lamna nasus) et le requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini) à l’Annexe III de la Convention.

La décision d’inscrire ces deux espèces de requins à l’Annexe III a été faite par l’Union européenne en Février 2012 (Lamna nasus) et par le Costa Rica en Mars 2012 (Sphyrna lewini).

L’Annexe III est la liste des espèces inscrites à la demande d’une partie (dans ce cas l’Union européenne, et le Costa Rica) qui réglemente déjà le commerce des espèces et qui a besoin de la coopération d’autres pays pour empêcher l’exploitation illégale ou non durable.

Le requin-taupe commun et le requin-marteau halicorne appartiennent aussi aux cinq espèces de requins qui ont été approuvés pour l’inscription à l’Annexe II à la conférence de la CITES 16 Parties à Bangkok récemment.

Mais la source indique clairement que les réserves de la Chine ne concernent que l’inscription des deux espèces de l’Annexe III. Fondamentalement, cela signifie que la Chine refuse de coopérer avec l’UE et le Costa Rica pour empêcher l’exploitation illégale ou non durable du requin-taupe commun et le requin-marteau halicorne.

Je suppose que ces réserves auront très probablement une incidence sur le commerce des requins uniquement pour les 17 prochains mois. Parce que l’inscription à l’Annexe II des espèces entrera en vigueur en Septembre 2014 et, jusqu’à présent, il semble qu’aucune réserve concernant les prochaines inscriptions à l’Annexe II n’ai été saisie …. PAS ENCORE!

Qu’est-ce que « réserves » veut dire?

Tout Etat membre de la CITES peut faire une déclaration unilatérale qu’il lui permet de ne pas être lié par les dispositions de la Convention relative au commerce d’une espèce inscrite aux annexes. Ces déclarations sont appelées réserves.

Bien que toutes les parties aient le droit de formuler des réserves, elles peuvent causer des problèmes de mise en œuvre. La Conférence des Parties recommande seulement que les parties qui ont émis des réserves à l’égard de l’inscription d’une espèce à l’Annexe I doit traiter l’espèce comme si elle était à l’Annexe II et doivent donc inclure ces espèces aux registres du commerce dans leurs rapports annuels.

Voici un tableau qui montre toutes les réserves  qui ont été saisis par les parties à la CITES (pour les requins), en vigueur à partir du 26 Février 2013. »

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Les autres articles concernant la CITES :

Comptes rendus résumés CITES 2013

Cinq espèces de requins entrent dans le gotha des animaux protégés

CITES : votes pour des règles robustes pour protéger les requins et raies manta contre la surexploitation

Accord international pour protéger quatre espèces de requins menacées

16ème conférence des parties : Convention sur le commerce international des espèces menacées

Baigneurs ou requins: le dilemme des plages de Durban

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DURBAN (Afrique du Sud) – Les filets installés au large des plages du KwaZulu-Natal, sur la côte est de l’Afrique du Sud, ont largement mis fin aux attaques des requins depuis soixante ans, mais leur utilité est remise en cause, d’autant qu’ils tuent plusieurs centaines d’animaux marins tous les ans.
Dans la banlieue de Durban, métropole touristique de la région, les visiteurs sont invités à tâter du requin au KwaZulu-Natal Sharks Board, l’organisme public chargé des filets.

Vous êtes les bienvenus pour l’enlacer, l’embrasser, faire tout ce que vous voulez!, lance à la plus grande joie des enfants la conférencière Trinity après qu’un malheureux squale pris quelques semaines plus tôt eut été disséqué sous leurs yeux.

Un requin peut sentir le sang à 1 km de distance. (…) Ne nagez jamais seul! Frisson dans l’assistance, qui a déjà vu dans le musée attenant tout un lot de planches de surf et de carapaces de tortues marines entamées par les dents de la mer.

Pourtant, il n’y a pas eu d’attaque sérieuse depuis des années.

Moins il y a de requins autour de la zone de baignade, moins il y a de chances qu’il y ait une attaque. Et pour réduire le risque (…), nous mettons ces filets, qui en gros pêchent les requins, explique Geremy Cliff, le responsable de la recherche.

En fait, une attaque de requin est quelque chose de très exceptionnel. C’est un événement très, très rare. Vu qu’il s’agit d’un événement très rare et que nous capturons ces animaux, nous réduisons la probabilité d’une attaque à quasiment zéro, ajoute-t-il.

Contrairement à ce que croient de nombreux baigneurs, les filets ne forment pas une ligne continue le long des 320 kms de côtes protégés. Il s’agit le plus souvent de filets parallèles –de 214 m sur 6 m chacun– fixés à 400 m de la plage face à 37 stations balnéaires de la région, là où l’eau est profonde de 10 à 14 m.

Les requins peuvent contourner les filets, reconnaît M. Cliff. Il y en a donc qui se promènent près des plages. Et une partie d’entre eux sont pris au piège à l’intérieur, quand ils veulent regagner le large.

Et c’est là que le bât blesse: les filets capturent plus de 500 requins tous les ans, et neuf sur dix ne survivent pas. En outre, des dizaines de dauphins, de tortues et de raies en sont les innocentes victimes collatérales.

Nous ne voulons pas tuer les requins, mais c’est le dilemme auquel nous sommes confrontés: nous sommes mandatés pour protéger la population, note Betty Hargreaves, responsable des programmes éducatifs du Sharks Board.

L’agence a fait des efforts, en réduisant de moitié la longueur cumulée des filets, de 44 à 23 km, et a introduit un nouveau modèle de lignes faites d’un grand hameçon appâté accroché à un flotteur, qui ne piège que les requins.

Réduire la voilure n’a pas pour autant rendu les plages plus dangereuses pour les baigneurs. Mais des défenseurs de l’environnement estiment que c’est encore trop et qu’il faut carrément tout enlever. D’autant qu’il n’y a pas plus d’attaques sur les plages non protégées… dont la plupart étaient laissées aux non-Blancs du temps de l’apartheid.

Il y a soixante ans, on pêchait à la dynamite. Durban était une importante station baleinière. On rejetait dans l’eau d’énormes quantités de viande, des milliers de requins venaient, et ce qui est fou, c’est que les gens nageaient juste à côté, raconte Mark Adisson, le chef de file des opposants aux filets.

Depuis, la chasse à la baleine a disparu, l’écosystème a changé, la température de l’océan Indien a baissé, les fleuves apportent moins d’eau douce, il y a moins de poissons à proximité immédiate des côtes… Autant de raisons qui font que les requins s’approchent moins, explique M. Adisson, qui fait plonger des touristes à la rencontre des squales depuis une petite plage au sud de Durban.

Le Sharks Board vend de la peur pour justifier sa propre existence, soupire-t-il, reconnaissant volontiers qu’il y aura toujours quelques morsures ici ou là. Et de citer la Floride, grande destination touristique où les autorités ont préféré laisser les requins tranquilles.

En outre, accuse Mark Adisson, certains employés de l’agence publique arrondissent leurs fins de mois en vendant sous le manteau des mâchoires ou des dents, un commerce théoriquement interdit. Le tiers des requins victimes des filets seraient ainsi discrètement rejetés en mer avant d’être comptabilisés, selon lui.

Au KwaZulu-Natal Sharks Board Geremy Cliff réagit sèchement, parlant de rumeurs: Il n’y a absolument aucune preuve de ça!

Source ©AFP 01 mai 2013

Lesley Rochat : « Stop the killing »

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